IV L’oral
Classe de sixième
Accompagnement des programmes de 6e
SommaireA. L’expression orale préparée
B. Echange oral et prise de parole
Tous les élèves pratiquent spontanément la communication orale : l’enseignement du français s’appuie ainsi sur ce qu’ils connaissent et pratiquent déjà. Partant du connu pour accéder au nouveau et à l’inconnu, cet enseignement doit initier les élèves à une pratique raisonnée de l’oral, et les familiariser avec des situations de communication variées. Il existe en effet plusieurs types de pratiques et de discours oraux : leur connaissance sera approfondie aux niveaux suivants.
En 6e, on éduque la capacité d’écoute aussi bien que la prise de parole. Les exigences d’une parole ordonnée sont essentielles : tours de parole, reformulations, dialogue entre les élèves. Les exercices oraux sont donc courts, fréquents et progressifs.
L’oral s’éduque aussi par l’entraînement à un oral préparé. Celui-ci voit donc sa place accrue. Mais le but principal des exercices oraux est, à terme, d’encourager et d’améliorer l’oral spontané de chaque élève.
1. Récitation
On poursuit la pratique de l’école primaire en faisant apprendre "par cœur" des textes de plus en plus longs, en prose ou en vers (par exemple un paragraphe, une fable ou une scène de théâtre courte avec des répliques brèves). Il est bon que les exercices soient fréquents, préparés et concernent tous les élèves.
La récitation permet aux élèves de mobiliser leur attention, d’entraîner leur mémoire mais aussi d’exercer leurs capacités de jugement : les textes dits font l’objet d’une évaluation commune – professeur et élèves –, qui accorde aux marques de l’oralité (intonation, rythme, articulation, volume) autant d’importance qu’à la mémoire dans la reproduction et la mise en relief du sens (voir les Modalités pédagogiques).
Jouer une fable ou une histoire, qu’il s’agisse de textes mémorisés ou seulement lus, aide à comprendre que mime, mimiques et attitudes corporelles, particulièrement signifiants au théâtre, le sont dans toute situation de communication. On peut aussi pratiquer sur ces textes, représentés seuls ou à plusieurs, un travail de mise en voix et de mise en gestes.
Les textes relevant des répertoires classique et moderne, l’élève se constitue peu à peu un corpus de textes littéraires. A les restituer fidèlement, il apprend à respecter la parole et la pensée d’autrui. La réalisation d’un recueil personnel des textes appris peut être utile : faisant appel à la calligraphie par l’élève lui-même, elle associe oral et écriture ; elle consolide la lisibilité et peut valoriser également l’expression graphique.
2. Lecture à haute voix, comptes rendus
La lecture à haute voix est pratiquée couramment au long de l’année, sur des textes courts, littéraires ou non. Il est bon qu’elle ait été précédée d’une lecture silencieuse. À l’occasion de lectures de récits, et plus encore pour des fragments de théâtre ou des poèmes, on fait travailler la mise en voix à livre ouvert. On demande à l’élève d’expliquer, en ce cas, pourquoi il propose telle ou telle intonation pour un passage, quel sentiment il a voulu transmettre.
On pratique également le compte rendu oral d’une visite, d’une lecture, d’un spectacle. En 6e, il se limite à quelques minutes. Les élèves apprennent à répondre aux questions Qui parle ? Où ? Quand ? De quoi s’agit-il ? avant d’exprimer éventuellement un jugement, une émotion, un sentiment. On alterne les comptes rendus préparés et improvisés.
Dans ce cadre, on initie les élèves à des descriptions orales simples. Toute description s’inscrit dans une situation de communication véritable, avec de courts échanges de questions et de réponses, les questions venant du professeur ou des élèves. La description doit être précise et ordonnée (par exemple de gauche à droite, du premier plan au second plan …). Cette initiation à la description et au dialogue sera poursuivie et complétée les années suivantes.
3. Jeux oraux
On peut avoir recours au jeu théâtral simple et aux jeux de rôles.
Le jeu théâtral se fait à partir d’une lecture : texte de théâtre, texte poétique ou passage de récit faisant intervenir des paroles rapportées au style direct. Il fait travailler la mise en voix (timbre, tempo), en espace (situation des personnages les uns par rapport aux autres, cadre, lumière) et en gestes (regards, mobilité corporelle). On ne cherche pas à mimer de façon artificielle, mais seulement à faire percevoir concrètement la situation d’énonciation pour que les élèves comprennent mieux comment elle implique, et éventuellement modifie, la signification des textes. Ces exercices sont fortement recommandés.
De même pour les jeux de rôles : les professeurs qui en maîtrisent les techniques minimales peuvent les utiliser selon les besoins de la classe, pour éveiller un oral réticent ou pour discipliner un oral désordonné. Ils permettent d’improviser à partir de situations variées, par exemple la visite chez le médecin, l’arrivée d’un correspondant… Ils constituent en cela une utile initiation à l’oral improvisé (voir en fin de chapitre, l’exemple des simulations globales).
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L’oral spontané se manifeste dans l’échange des questions et des réponses entre les élèves et le professeur, ainsi qu’entre les élèves eux-mêmes. Le professeur veille à faire circuler la parole pour éviter tout monopole. Les élèves sont invités à s’exprimer de manière ordonnée, à formuler leurs idées avec clarté et précision, et à réfléchir sur la pertinence de leurs réponses. Cette participation régulière et active les amène, même brièvement, à mobiliser leur attention, à prendre en compte la situation de communication définie par la consigne, à faire entendre leur voix, à parler de manière claire et audible, mais aussi à écouter les autres.
Tous les exercices travaillant le débit, le niveau sonore, l’expressivité, la diction (par repérage des groupes de souffle, des pauses légères et plus marquées), sont complétés par des exercices d’articulation.
Dans tous les cas, on veille à favoriser l’expression de tous.
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C. Modalités pédagogiques 1. Ecoute et co-évaluation
L’évaluation à laquelle la récitation donne lieu comprend un double aspect. On distingue les éléments qui portent sur la mémorisation et ceux qui, relevant de l’énonciation orale, concernent la mise en jeu du sens. Pour les premiers, une connaissance juste et complète du texte peut valoir la note maximale. Mais il est nécessaire de bien faire percevoir que réciter engage le sens, et que le sens engage la façon d’oraliser.
L’exercice de la récitation favorise alors l’apprentissage de la co-évaluation, qui prend en compte le point de vue des élèves aussi bien que celui du professeur. Quel que soit le mode d’évaluation choisi, les critères accordent la même importance à tout ce qui fait l’attrait d’un texte oral – ton, articulation, rythme, diction, volume… – qu’à la mémoire proprement dite.
La lecture à haute voix peut aussi être évaluée selon les mêmes procédures. Récitation et lecture à haute voix sont des temps où l’apprentissage de l’écoute est mis en valeur de façon méthodique. La co-évaluation participe ainsi de la valorisation de l’écoute.
2. La parole partagée
En cours d’année, les diverses pratiques de l’oral doivent être mises en œuvre de manière à ce que chaque élève ait plusieurs occasions de prise de parole, et reçoive une évaluation de sa prestation orale globale. Lors des prises de parole improvisées (comptes rendus qui n’ont pas été préparés, réponses à des questions dans l’instant même), on ne fait pas peser de contrainte grammaticale lourde : on n’intervient que pour souligner les incohérences qui rendent le propos inintelligible ou ambigu. En revanche, on profite de toute occasion de travail oral pour enrichir le lexique (voir Les outils de la langue). L’objectif de la communication orale est de faire partager le sens dans l’interaction.
En 6e, on se limitera à une initiation simple à l’oral en interaction entre les élèves, notamment pour ce qui est de l’oral spontané ; le dialogue sera en effet abordé et étudié de façon plus approfondie les années suivantes.
Esquisse de séquence 1.
En 6e, il est difficile que l’oral devienne le pivot d’une séquence entière, sauf avec une classe particulièrement motivée. En revanche, on aura soin de le faire intervenir aux diverses étapes d’une séquence ayant un autre objet principal : mise en voix et en espace d’un personnage qu’on prévoit de faire entrer dans un récit, lectures à haute voix, etc.
On peut combiner les pratiques de l’oral avec l’écrit et la lecture dans une simulation globale. Cette technique consiste à mettre en place un scénario cadre qui permet à un groupe d’élèves ou à une classe entière de créer un univers de référence (un village, un immeuble, un cirque, une île…), d’y installer des personnages en interaction et d’y simuler toutes les activités de discours que cet univers est susceptible de requérir. La rencontre d’une multiplicité de personnages dont les rôles sociaux peuvent être incarnés par les élèves suscite des événements prévisibles ou inattendus d’ordre romanesque. Dans le cadre d’une séquence pédagogique, ou la constituant, la simulation globale donne lieu à une gamme étendue d’activités langagières et discursives, orales et écrites : recherche et consultation de documents, activités de discussions et de débat, lettres échangées, articles de presse, écrits d’imagination, récits quotidiens et jeux de rôles, etc.
1. Les esquisses de séquence sont données à titre purement indicatif. Elles ne constituent ni des modèles, ni des obligations.
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Document d'accompagnement pour la classe de sixième :
II. Lecture (Objectifs - Textes à lire - Modalités pédagogiques)
III. Ecriture
IV Oral
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B.O.
