LE FRANÇAIS AU COLLEGE
Accompagnement des programmes de 6e
INTRODUCTION
Maîtrise des discours
Tous les adolescents poursuivant aujourd’hui leur scolarité jusqu’à la fin du collège, la formation du citoyen s’impose comme une finalité majeure. Pour l’enseignement du français, cette finalité se traduit par un objectif central : la maîtrise des discours. C’est l’enjeu, neuf et crucial, des nouveaux programmes.
Parler, écrire, lire
Si les objectifs des programmes précédents – savoir s’exprimer, acquérir une culture, accéder à la méthode et à l’autonomie –gardent bien entendu toute leur pertinence, ils sont désormais régis par l’apprentissage des formes de discours. Cet apprentissage donne aux acquisitions leur orientation générale et les situe dans leur contexte : la vie sociale est tissée de discours, la culture est par eux transmise, la langue se présente à tous, toujours, dans la réalité des pratiques discursives. Ce sont donc ces pratiques – parler, écrire, lire – qui structurent l’ensemble du programme.
Le programme invite le professeur à entrer davantage dans la perspective de l’élève, et à prendre en considération la réalité de ses pratiques langagières. Ainsi, parmi les innovations importantes, l’oral, qui est la forme première et la plus fréquente de l’activité discursive, voit sa place accrue. Il doit être compris comme un apprentissage de l’écoute aussi bien que de la prise de parole. De même l’écrit, au-delà des exercices de contrôle qui le mettent en œuvre, doit devenir un instrument naturel d’expression et de communication : l’accent est mis sur les productions personnelles des élèves à travers la plus grande variété possible de textes. La lecture est, quant à elle, envisagée dans la diversité de ses formes concrètes, depuis la lecture-évasion jusqu’à la lecture analytique. Il s’agit pour le professeur d’en reconnaître, d’en respecter et d’en enrichir les usages. Si apprendre à lire avec méthode est une démarche indispensable, elle ne doit pas être la seule : il est essentiel aussi de stimuler la lecture usuelle, "cursive".
La lecture littéraire occupe une place importante dans une pédagogie du sens. Les élèves devront avoir un contact personnel, même modeste, avec la réalité des œuvres intégrales; leur approche du fait littéraire ne sera donc pas limitée à la lecture de fragments isolés de leur contexte. Pour rendre les élèves sensibles aux singularités émotionnelles et esthétiques des textes sans leur donner l’impression pour autant que la littérature est étrangère aux autres pratiques langagières, le professeur proposera de mettre en regard les formes d’écriture littéraires avec celles d’autres textes : textes documentaires, sociaux, fonctionnels. L’étude des œuvres, qui est une nouveauté pour les élèves entrant en 6e, exige donc qu’on étende le champ de la lecture, et qu’on ne sépare pas celle-ci des activités orales et écrites.
La langue
La langue se présente, positivement, comme grille de lecture du monde et outil de la pensée et non, négativement, comme ensemble de contraintes arbitraires. L’exercice de la parole étant toujours une activité de construction du sens, l’importance du lexique, de sa précision et de son enrichissement, doit être soulignée. La maîtrise des discours exige que la grammaire soit envisagée dans la perspective d’une grammaire discursive, étudiée à travers ses réalisations textuelles et selon l’énonciation; l’étude de la phrase doit être également régie par cette perspective. Recommandation importante : pour les travaux sur la langue, on s’appuie le plus possible sur les productions des élèves.
La progression
La progression se fonde sur deux principes : celui des dominantes discursives et celui de la chronologie culturelle.
Liens entre les disciplines 1. Dominantes discursives. Toutes les formes de discours sont simultanément présentes dans la réalité ; néanmoins pour éviter les confusions et les redites d’un niveau à l’autre, l’accent est mis, selon les années, sur des dominantes différentes : en 6e,on étudie la narration et on repère l’argumentation ; au cours du cycle central, on s’attache davantage à l’étude de la description et du dialogue et on engage un travail sur l’argumentation qui constituera un axe important de la classe de 3e. Dans ce cadre général, la progression annuelle est laissée à l’initiative du professeur. En relation avec les dominantes discursives, la question des genres est abordée à travers les textes étudiés pour lesquels est suggéré un ordre progressif.
2. Chronologie culturelle. Acquérir une culture et former sa personnalité, c’est savoir se situer dans le temps et connaître les principaux modèles qui irriguent la culture dans laquelle on vit. En 6e, on initie les élèves aux textes de l’Antiquité gréco-latine et judéo-chrétienne ; en 5e, aux textes du Moyen Age et de la Renaissance, etc.
Dernière innovation importante : les liens entre les disciplines. La lutte contre les effets d’émiettement des savoirs est essentielle pour la structuration intellectuelle et la formation de la personnalité. Ces liens interdisciplinaires sont indiqués explicitement chaque fois qu’ils sont manifestes et indispensables. Les mises en œuvre relèvent de la collaboration du professeur de français avec les autres membres des équipes pédagogiques. Les perspectives nouvelles de ce programme, par leurs orientations méthodologiques et leurs contenus, manifestent le souci d’ajuster l’enseignement du français aux réalités sociales d’aujourd’hui, de maintenir ses exigences linguistiques, intellectuelles et culturelles, et de lui donner une force éducative accrue.
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Lire aussi le texte liminaire pour les Programmes de 6e.
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I. Objectifs et contenus (la maîtrise des discours – l’approche des genres de textes – les références culturelles – la lecture)Retour Sommaire B.O.II. Projet pédagogique et séquences (un projet des enseignants – les séquences didactiques)
III. Evaluation (l’évaluation initiale – les séquences et l’évaluation – les critères de l’évaluation)