Le français en classe de 3e
  Accompagnement pour la classe de 3e
III   Les activités et les séquences
Sommaire :
 
A. La lecture
  • la lecture cursive
  • la lecture analytique
  • les textes de littératures étrangères
  • la lecture de l'image, le cinéma
  • B. L'écriture
  • objectifs généraux
  • écriture à usage personnel
  • écriture pour autrui
  • écriture de récits complexes
  • C. L'oral
  • objectifs généraux
  • l'écoute
  • dialoguer, débattre, argumenter
  • exposer, dire des textes
  • évaluation de l'oral
  • A. La lecture

    L’essentiel, en 3e , est toujours de faire de l’élève un lecteur actif, capable, à partir de textes qui deviennent plus complexes, de repérer des détails pour les transformer en indices, de formuler des hypothèses, y compris à propos d’un texte argumentatif simple, de construire le sens en mobilisant des savoirs et des références culturelles.

    1. La lecture cursive

    Définie comme « la forme la plus usuelle de la lecture », la lecture cursive est l’enjeu capital. C’est elle qu’il s’agit de perfectionner avant tout : il est rare, dans les expériences de la vie quotidienne, que l’on ait à effectuer des lectures analytiques, alors que la pratique courante (lire un journal, une lettre, un prospectus, des œuvres littéraires, etc.) est de lire cursivement. Et c’est en la pratiquant qu’on peut la perfectionner.

    Un objectif essentiel de la classe de 3e est que les élèves soient capables de lire cursivement des textes variés : journaux, articles d’encyclopédie simples, mais aussi œuvres littéraires intégrales quand elles ne présentent pas de difficultés majeures, ou larges extraits d’œuvres plus complexes.
    « Lire cursivement » signifie que les élèves parviennent à indiquer, après une lecture sans adjuvant particulier, le sens global, la destination et les caractéristiques principales (forme, genre, registre majeur) de ce qu’ils ont lu. Les pratiques de lecture analytique, l’examen méthodique de textes, ont pour but de développer une lecture cursive efficace et non l’inverse : la lecture cursive n’est pas au service de la glose d’une œuvre, mais au contraire, les lectures détaillées sur une œuvre ou un extrait doivent enrichir ce qu’une lecture cursive en a saisi, développer l’aptitude des élèves à en lire d’autres, et surtout leur donner le désir d’en lire d’autres.

    Pour cela, la lecture cursive doit être pleinement intégrée aux activités de classe. Nombre d’élèves, en 3e, ont encore des difficultés de lecture, et du mal à lire personnellement des textes longs : manque de conditions correctes de travail à la maison, manque de motivation, compétences insuffisantes. Il convient donc de consacrer des plages de temps, de façon fréquente, pour soutenir et vérifier l’autonomie des élèves dans leurs lectures. On peut également lire en classe, de manière cursive, des textes complets assez courts, de larges extraits, des débuts de textes longs, lectures qui pourront ainsi être poursuivies en travail personnel.

    Ainsi définie, la lecture cursive est une activité centrale sur l’ensemble de l’année. Elle peut intervenir de diverses façons à l’intérieur des séquences et y occuper trois fonctions principales :

    L’élève de 3e, déjà formé aux techniques qui permettent d’explorer rapidement un livre avant de le choisir  (Accompagnement des programmes de 5e – 4e, p.17 : « 1. La lecture cursive »), peut progressivement découvrir et accepter d’autres critères de choix, comme la notoriété d’un écrivain ou l’importance — historique, sociale, culturelle — d’un ouvrage.
    Il peut également choisir de plus en plus en fonction de ses lectures passées et abandonner des genres très stéréotypés, comme le roman d’aventures, pour des œuvres qui surprennent et bouleversent quelque peu les univers littéraires auxquels il était habitué (de Stephen King à Mérimée ou Maupassant, ou de Conan Doyle à Edgar Poe…). Là encore, il doit rester libre de ses choix, mais un dialogue avec le professeur, envisagé comme un « conseiller en lecture », est indispensable.
    Le lecteur autonome met en jeu, de sa propre initiative, une série de compétences. Comment lire, quand, comment, combien de temps ? Et, en classe de 3e , comment avancer dans une œuvre dont la prévisibilité n’est plus aussi grande ?….
    En d’autres termes, comment développer un savoir-lire, le faire évoluer et l’adapter à des textes plus complexes ? C’est dans le cadre des séquences que ces savoir-faire sont travaillés.
    C’est grâce à la lecture cursive qu’ils se développent librement. Cette forme de lecture joue un rôle déterminant dans l’acquisition des références culturelles, la formation d’un lecteur autonome, donc la conquête de la liberté. Ainsi aura-t-on soin de ne pas pénaliser les éventuelles erreurs ou errances : une erreur de compréhension n’est pas une faute, commencer un livre et s’apercevoir qu’il rebute non plus ; nous le faisons tous. On visera donc à mettre les élèves en confiance face aux livres et aux documents.

    La lecture cursive est prise en compte, en classe, dans des activités d’échanges sur les livres lus. On insistera sur l’intérêt qu’il y a, en classe de 3e , à organiser des débats oraux sur les ouvrages découverts par les élèves. C’est en effet l’occasion d’exprimer un point de vue et de le justifier, donc de développer, dans une situation de communication authentique, une forme de discours argumentatif. On suggérera également au professeur de dialoguer individuellement avec ses élèves et de les aider à dépasser d’éventuelles difficultés de lecture. Ce sont donc des formes d’évaluation très souples et très formatives qui sont appelées par la lecture cursive.

    2. La lecture analytique

    La lecture analytique (ou méthodique) invite les élèves « à formuler des hypothèses que l’étude du texte permet d’infirmer ou de confirmer, dans un processus de construction du sens » (Accompagnement des programmes de 5e – 4e , p.17). On redéfinira donc le processus de la lecture analytique et l’on s’interrogera sur les spécificités qui peuvent être les siennes en classe de 3e .

    Le processus d’ensemble

    Après avoir découvert le texte par l’intermédiaire d’une lecture silencieuse ou d’une lecture à haute voix, les élèves proposent des hypothèses d’interprétation (ce que le texte signifie à leurs yeux) qui s’avèrent souvent différentes les unes des autres, voire contradictoires. La lecture analytique trouve ainsi sa justification : un examen attentif et réfléchi du texte permettra d’infirmer, de confirmer ou de négocier ces hypothèses.

    Des démarches extrêmement variées peuvent alors être retenues, en dehors de tout rituel, de tout modèle et de toute grille préfabriquée. C’est en fait le texte qui détermine la démarche « dans la mesure où il a une spécificité littéraire, historique, culturelle, esthétique », et parce qu’on ne peut étudier de la même façon et en utilisant les mêmes outils une poésie lyrique et une scène de théâtre. En réalité, il s’agit d’amener l’élève à observer et à interpréter, pour transformer les impressions ou hypothèses premières en directions de recherche et en axes d’interprétation.


    Spécificité de la classe de 3e : initiation à la lecture critique

    La lecture analytique est rendue plus aisée, en classe de 3e, par des outils conceptuels que les élèves découvrent et apprennent progressivement à utiliser.
    Le point de vue, les formes de modalisation, les reprises nominales, les aspects illocutoires et perlocutoires des actes de parole, la dimension axiologique du lexique, les figures de style (« comparaison, métaphore, métonymie, périphrase, antithèse » : Programme de 3e . ) sont autant d’éléments qui facilitent pour les élèves l’observation et l’interprétation des textes et c’est pour cette raison qu’ils figurent au programme. On redira cependant qu’il convient d’utiliser ces outils pour étudier les textes, et non les textes pour étudier les outils ; la connaissance du lexique spécialisé n’est pas un but, elle n’est pas même indispensable (voir chapitre IV, E : Vocabulaire).
    En 3e, comme dans les autres classes de collège, l’essentiel est l’étude des textes, leur observation et leur interprétation, sans érudition inutile, sans contenus culturels plaqués artificiellement. Cependant, les « textes porteurs de références culturelles » d’une part, les compétences exigibles des élèves dans le domaine de l’interprétation d’autre part, amènent à « éclairer le contexte des œuvres lues » pour parvenir à « la compréhension de leur sens » (Programme, I. La lecture. A. Objectifs). Certains repères culturels sont donc indispensables. Ils peuvent être historiques quand on étudie la poésie engagée ou des extraits des Mémoires d’outre-tombe, ou sociologiques, quand on aborde un roman du XIXe siècle, ou relever de la biographie d’auteur quand on aborde la poésie lyrique. Dans un processus de lecture analytique, il convient d’apporter ces informations « en situation», lorsqu’une question ne peut trouver sa réponse uniquement à partir du texte. Des lectures successives, voire plurielles, sont ainsi rendues possibles et les apports culturels participent au mouvement global de construction du sens.

    On citera, à titre d’exemple, la fable de La Fontaine Le Rat qui s’est retiré du monde. Elle autorise une première lecture, naïve, où les rats et les chats s’affrontent. Des précisions historiques peuvent ensuite être apportées (note de l’édition Garnier : « En 1675, le clergé régulier avait vivement protesté contre une constitution de 300 000 livres que lui imposait l’Assemblée du Clergé. Cette constitution entrait dans le « don gratuit » par lequel le Clergé contribuait aux dépenses de la guerre de Hollande »). Elles entraînent une seconde interprétation et font passer du texte narratif au discours argumentatif.
    S’ils sont livrés trop tôt, préalablement à l’étude et donc avant que les questions se posent, ils brisent ce mouvement.

    Le groupement de textes

    « Réunissant un nombre limité mais suffisant de textes (quatre à cinq paraît une bonne moyenne) », le groupement de textes « constitue une unité d’apprentissage autour d’une notion littéraire, culturelle ou fonctionnelle. Les élèves, que le professeur rend conscients de la cohérence de l’ensemble, établissent des relations d’un texte à l’autre, réinvestissent dans les recherches, dans les activités et les lectures afférentes à chaque texte les acquis mis en place lors de l’étude des textes précédents, rapprochent en distinguant, sont sensibles aux similitudes et aux différences, mesurent la spécificité de chaque élément au sein de la totalité. Il convient pour mener à bien le projet d’éviter la dispersion dans le temps : un groupement en collège construit une progression sur quelque cinq à six séances » (Accompagnement des programmes de 5e – 4e, p.18) , à l’intérieur d’une même séquence.

    Le programme de troisième appelle ce type d’approche puisque, dans la liste des « textes porteurs de références culturelles », figure « un ensemble de textes poétiques du XIXe ou du XXe siècle » et dans la mesure où le professeur «met l’accent sur la poésie lyrique et la poésie engagée y compris la chanson». C’est donc le groupement de textes qui permet d’étudier ces genres, tout comme il peut permettre de réunir quelques brefs exemples de textes argumentatifs pour en étudier l’organisation ou pour en comparer les visées. Le genre autobiographique appelle plutôt, quant à lui, une lecture intégrale, ou l’étude d’un ensemble d’extraits significatifs.
    Un groupement de textes permet cependant de rassembler et de faire comparer diverses écritures autobiographiques de Chateaubriand à Rousseau, de J.-P. Sartre ( Les Mots) à N. Sarraute ( Enfance).
    Enfin, l’étude de l’image peut très facilement se développer à l’intérieur d’un groupement de textes et de documents, en particulier si l’on envisage les différentes formes d’argumentation rendues possibles par les langages non verbaux. On veillera à ne pas multiplier ces groupements au delà de ce que le programme demande.

    L’essentiel, rappelons-le, est la lecture cursive de textes complets et d’œuvres intégrales.

    Lecture et étude de l’œuvre intégrale

    « L’étude de l’œuvre intégrale se distingue absolument de la lecture suivie. La lecture suivie mime passivement la découverte de l’œuvre en la faisant lire en classe, page après page, par les élèves et en commentant ce qui vient d’être lu » ( Accompagnement des programmes de 5e – 4e, p.19). L’étude de l’œuvre intégrale appelle, idéalement, une lecture cursive préalable de l’œuvre par les élèves, une évaluation de leur réception première, et une analyse de l’œuvre considérée comme un « tout de signification ».

    En classe de 3e, les élèves sont amenés à découvrir des œuvres plus complexes (autobiographie, textes argumentatifs ou à visée argumentative) qui peuvent susciter quelques difficultés, voire quelques découragements, lors de la lecture préalable. En préservant le principe de l’autonomie de cette lecture, le professeur peut ménager des étapes et proposer à sa classe des bilans de lecture intermédiaire. Sans jamais se préoccuper à cet instant d’interprétation, il vérifie la compréhension, réoriente certaines lectures confuses et relance l’intérêt si celui-ci a tendance à fléchir. S’il en vient à l’étude de l’œuvre, « l’étude d’une œuvre intégrale articule les analyses fragmentées (un extrait dont on justifie le choix et les limites, un chapitre, une scène, un poème issu d’un recueil) et les visions d’ensemble : éléments de la fiction, réseau de personnages, étude de l’espace et du temps, construction et progression dramatiques, thèmes dominants, choix narratifs, dramaturgiques, esthétiques ». En classe de 3e , les analyses fragmentées peuvent se faire plus précises et s’ancrer davantage dans le contexte des œuvres. Quant aux «visions d’ensemble », elles sont liées à la nature de l’œuvre étudiée, sans aucun point de passage obligé.

    Les écarts s’accentuent tout au long des cycles du collège ; d’une classe de 3e à l’autre, le niveau des élèves varie considérablement ; à l’intérieur d’une même classe de 3e , les compétences et les connaissances des élèves sont souvent très différentes. Comment, dans ces conditions, introduire par rapport au programme la part de souplesse qui garantit une faisabilité suffisante ? Le programme de 3e précise (b. Textes porteurs de références culturelles) : « Les méthodes de lecture mises en œuvre se répartiront, à parts égales, entre la lecture cursive, l’étude de l’œuvre intégrale, l’approche par un ensemble d’extraits ».
    Le professeur est donc libre dans le choix de la méthode. Il peut, dans une très bonne classe, multiplier les lectures cursives et l’étude des œuvres intégrales. Dans une classe plus moyenne, il limitera l’étude des œuvres intégrales (roman et nouvelle par exemple) et aura recours, par exemple pour aborder l’autobiographie, à un ensemble d’extraits. La lecture d’une pièce de théâtre, qui risque notamment de décourager des élèves en difficulté, sera précédée et accompagnée de l’enregistrement vidéo de sa mise en scène. Si la poésie engagée paraît trop complexe pour certains élèves, le professeur commencera par des chansons ( Chant des canuts, Chant des partisans) où les effets sont plus marqués. À la liberté dans le choix des méthodes s’ajoute la liberté dans le choix des titres. L’œuvre à dominante argumentative peut être un conte philosophique ( Jeannot et Colin de Voltaire par exemple), une lettre ouverte envisageant des problèmes contemporains ou, au contraire, un essai dont la complexité est plus affirmée. Les mêmes possibilités existent dans les domaines autobiographique et romanesque ( Le Grand Meaulnes dans une classe, Silbermann, de J. de Lacretelle dans une autre). De la sorte, la souplesse permet d’adapter les exigences du programme à la réalité des élèves et des classes.

    En ce qui concerne les textes choisis pour leur apport culturel, le programme de la classe de 3e s’inscrit dans la perspective chronologique des années précédentes: héritage antique en 6e, des œuvres du Moyen Âge aux grandes découvertes de la Renaissance en 5e , textes du XVIIe au XIXe siècle en 4e, œuvres du XIXe et du XXe siècle en 3e .
    Compte tenu de l’inscription d’une œuvre à dominante argumentative au programme de cette classe (conte philosophique, essai ou lettre ouverte), le professeur peut choisir des textes dans le corpus du XVIIIe siècle. Cette dimension historique qu’appelle l’étude d’œuvres représentatives est un des fondements de la formation culturelle des élèves. Elle n’impose pas une progression chronologique sur l’année. Le travail sur les textes privilégie les formes du discours qui s’y entrecroisent et les genres qui les spécifient. Le choix des œuvres, lues intégralement ou sous forme d’extraits resitués dans leur contexte narratif et culturel, est laissé à l’initiative du professeur.

    En 3e , les grands genres abordés relèvent du récit, de la poésie et du théâtre ; on introduit des œuvres théâtrales complètes ainsi que des ouvrages où s’exprime la distanciation critique. Conduite en liaison avec l’histoire, l’approche des œuvres permet aux élèves de se situer dans la culture de leur langue. Enfin, la lecture des œuvres littéraires, tournée aussi vers le plaisir du texte, vise à enrichir et à structurer l’imaginaire ; elle permet du même coup de stimuler, dans l’exercice de l’écriture, la créativité des élèves. Rappelons toutefois que les genres ne se limitent pas à la trilogie « roman, poésie, théâtre » et que, loin d’être seulement littéraires, ils codifient et caractérisent tous les discours, dont ils déterminent pour une part la structure et la prévisibilité.

    3. Les textes de littératures étrangères (notamment européennes)

    Parmi les textes à lire, le programme de la classe de 3e réserve une place particulière à « l’ouverture aux littératures étrangères, notamment européennes » et demande aux professeurs d’inclure dans les œuvres étudiées au cours de l’année « au moins un titre pris dans les littératures européennes ». Les élèves ont déjà eu accès, au cours des années précédentes, à des œuvres étrangères versées dans le patrimoine culturel général. Elles étaient lues et étudiées pour leur intérêt narratif et littéraire, indépendamment de leur origine linguistique et culturelle. La liste des œuvres en Annexe du présent document accorde une place particulière aux « classiques étrangers » et mentionne une vingtaine de titres, non limitatifs, parmi lesquels le professeur est invité à faire un choix. Ces titres privilégient les classiques européens, mais rien n’interdit au professeur de choisir une œuvre issue d’une autre culture, pourvu qu’elle réponde aux attentes, aux curiosités et aux compétences de ses élèves.

    La spécificité du travail proposé en 3e est de sensibiliser les élèves à des œuvres constitutives de références culturelles dans d’autres langues que le français, et participant de l’héritage culturel commun à diverses cultures. L’objectif est de susciter l’intérêt des élèves pour des formes culturelles autres que celles que l’école leur rend traditionnellement familières. C’est pourquoi le programme inscrit cette ouverture dans « la prise en compte d’autrui ».
    L’accès à ces textes se fait bien entendu par l’intermédiaire de traductions, sous forme de lectures cursives ou d’études d’extraits inscrites dans le cadre des séquences. Afin de rendre manifeste le phénomène de la traduction, d’exercer le regard critique des élèves et de motiver l’accès à la langue d’origine, certains extraits peuvent être présentés et lus simultanément à travers plusieurs traductions différentes : une scène d’une pièce de W. Shakespeare, un extrait de la Divine Comédie, un chapitre de Don Quichotte, etc. Les élèves découvrent ainsi que la traduction est déterminée par des choix de lecture et d’interprétation. Cette activité, à caractère interdisciplinaire, doit être réalisée en relation étroite avec les enseignements et les professeurs de langue vivante ; elle permet de faciliter l’établissement de passerelles entre le français et les autres langues.

    4. La lecture de l’image, le cinéma

    Afin de conduire progressivement les élèves à une approche raisonnée de l’image, les professeurs étaient invités, pour les classes du cycle central, à explorer particulièrement les relations entre le langage verbal et le langage visuel, dans la perspective du discours. Le document Accompagnement des programmes de 5e et 4e suggérait quatre orientations de travail :

    Ces quatre orientations générales restent pertinentes pour le travail sur l’image en 3e .

    Plus spécifiquement, on s’efforcera, d’une part, de privilégier l’étude de l’image pour elle-même, sans l’inféoder à l’écrit, en faisant découvrir aux élèves la complexité de sa lecture, liée à sa construction plastique, à la polysémie qui la caractérise et aux contextes historiques et socio-culturels qui la déterminent (étude de Guernica de Picasso, par exemple). Et on mettra l’accent, d’autre part, sur les visées argumentatives de l’image lorsque, en relation ou non avec le texte, elle tente de sensibiliser, de persuader, de critiquer, d’inciter à la réflexion, et peut-être à l’action. Cette fonction argumentative est au centre du dessin d’humour que le programme invite particulièrement à explorer.

    Le dessin d’humour

    Le dessin d’humour peut faire l’objet d’une brève séquence ou être inséré à l’intérieur d’une séquence plus large. Après avoir fait apparaître, au préalable et exemples à l’appui, l’extrême relativité du rire et du sourire qui varient d’une culture à une autre, d’une classe sociale à une autre, d’une génération à une autre, d’un individu à un autre, on choisira d’appréhender la dimension argumentative du dessin d’humour.

    Un groupement de quelques dessins (empruntés par exemple à Cabu, Searle ou Plantu) conduira, dans une première séance, à repérer les éléments constitutifs du dessin d’humour :

    Une seconde séance est consacrée à la mise en place du contexte (contexte de la publication, contexte historique, politique, événementiel, culturel). On peut établir des comparaisons avec des exemples anciens (comme le fameux portrait-charge de Louis-Philippe en « poire »), pour montrer comment le dessin d’humour est fortement ancré dans l’actualité qu’il saisit au bond et implique des savoirs supposés acquis et partagés par les destinataires. Les rapprochements qu’il effectue entre deux ou plusieurs événements simultanés (comme les dessins de Plantu par exemple) renforcent le caractère éphémère de sa lecture.
    Une dernière séance est consacrée à l’interprétation et à l’évaluation : effet d’ironie avec une cible désignée, humour plus radical (par l’absurde par exemple), dessin d’humour sans texte (comme ceux de Savignac), qui permet de comprendre que l’image peut à elle seule dénoncer, contester, polémiquer… ou se mettre parfois au service d’un pouvoir en place.

    L’image publicitaire

    L’image publicitaire (affiche, annonce télévisuelle) a déjà été abordée au cours des années précédentes. On mettra l’accent en 3e sur la force et les stratégies persuasives mises en œuvre par l’image dans le cadre d’une séquence consacrée aux techniques discursives de l’argumentation. On s’attachera, dans la mesure du possible, à comparer plusieurs publicités diffusées simultanément sur un même produit (les eaux minérales par exemple) ou sur une même institution (une radio par exemple). On cherchera ainsi à reconstruire les différentes formes de relation entre l’émetteur et la cible (complicité, provocation, flatterie, etc.) et à dégager l’image du destinataire induite par le message, en en précisant le type et en définissant son profil social, économique et culturel. On pourra également reconnaître les instruments discursifs du discours visuel étudié (modes d’énonciation, fragments de récit, métaphores, etc.). On s’interrogera enfin sur les différentes dimensions, aussi bien esthétiques que manipulatoires, du discours publicitaire.

    L’adaptation d’une œuvre littéraire au cinéma

    Un travail sur le cinéma peut être envisagé en classe de 3e, dans la mesure où les conditions matérielles du collège le rendent possible. On privilégiera alors l’adaptation filmique d’une œuvre littéraire : les adaptations filmiques puisent largement dans le corpus littéraire des XIXe et XXe siècles (E. Zola, G. de Maupassant, M. Pagnol, etc.) au programme en 3e ; elles donnent lieu à des débats plus ou moins stéréotypés (fidélité, trahison, appauvrissement, etc.), espace privilégié pour l’argumentation quotidienne. On pourra ainsi, sur pièces, après lecture et visionnement, orienter la réflexion des élèves sur les caractères propres de l’adaptation cinématographique : adapter, ce n’est pas seulement réécrire, c’est transposer dans un langage dont la production et la lecture n’obéit pas aux mêmes règles que celles de l’écrit littéraire. Une initiation à quelques aspects de la création cinématographique et une confrontation entre les deux langages permettra aux élèves de mieux construire un jugement et argumenter une opinion. La confrontation pourra d’abord prendre appui sur l’incipit d’un roman, les premières pages du scénario et les premières séquences du film qui l’adapte, avant d’envisager le caractère multiple du discours filmique, ses formes de récit et les modes principaux de sa narration.

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    B. L’écriture

    1. Objectifs généraux

    Prolongeant le travail du cycle central, les activités d’écriture en 3e mettent l’accent sur les dimensions énonciative (les élèves doivent maîtriser les différents modes d’énonciation, les registres de langue et la notion de point de vue), pragmatique (la visée du destinataire et l’effet à produire sur lui orientent la production du discours) et textuelle (concernant l’organisation, la cohérence et la progression du texte écrit).
    Mais au terme du collège les élèves doivent pouvoir opérer la synthèse des acquis des années précédentes. Leurs activités d’écriture associent les formes de discours dans leur diversité : narration, description, explication, argumentation sont intégrées dans les productions. Il ne s’agit plus de privilégier l’une ou l’autre, mais de les mettre ensemble au service d’un projet d’écriture, dans la rédaction notamment de textes narratifs pour cette raison qualifiés de « complexes ».

    La prise en compte des situations de discours, réelles ou fictives, fait partie intégrante de l’activité d’écriture. Les élèves ont déjà appris à introduire, au moment de la conception et de la rédaction du texte, l’image ou la personne de son destinataire. Ils doivent désormais comprendre, plus largement, que la situation de discours codifie la pratique d’écriture. Elle les conduit à choisir un ou des registres de langue et éventuellement à en assumer les variations, ainsi qu’à inscrire la réalisation de l’écrit à l’intérieur d’un genre : celui-ci peut être littéraire ou non littéraire, précisément répertorié (« nouvelle », « reportage ») ou non (« récit »), dans tous les cas l’écriture individuelle est plus ou moins directement déterminée par la codification culturelle des genres. Cette prise de conscience des genres d’écriture est un préalable à la possibilité de les associer, de les croiser, voire de les transgresser, dans la pratique concrète.

    Les exercices d’écriture doivent être très variés : écriture individuelle et écriture collective, textes longs et textes courts, productions à caractère littéraire (comme le récit complexe) et écrits de communication sociale courante (lettres, comptes rendus). Dans le cadre des séquences, ils doivent dans tous les cas donner lieu à des pratiques brèves et fréquentes. On peut suggérer, comme pour l’entraînement sportif, l’exercice ciblé de pratiques ponctuelles d’écriture destinées à maîtriser telle ou telle compétence spécifique (micro-dialogues, mini-portraits ou mini-récits, résumé de film, fragment de pastiche, exercice d’ironie, etc.) que le professeur proposera à ses élèves en précisant des contraintes formelles (temps limité d’exécution, dimension imposée, introduction d’un « passage obligé », contrainte de destinataire, etc.). Ces pratiques ne constituent pas des fins en elles-mêmes : elles donnent lieu à une évaluation formative, elles peuvent permettre de libérer les blocages de certains élèves face à l’écriture (qu’accentue souvent le travail d’une « rédaction » soumise à une évaluation sommative), et surtout préparent à l’exécution de textes complexes en fournissant aux élèves des matériaux et en les familiarisant à l’immense diversité des formes possibles.

    Parmi ces pratiques d’écriture ponctuelles, on peut suggérer celle du courrier électronique. Intermédiaire entre l’expression spontanée et l’écriture épistolaire, le courrier électronique impose peu à peu un nouveau genre de l’écrit : il peut être fonctionnel ou purement relationnel ; il s’inscrit dans une authentique situation d’échange, associant les avantages de la présence du destinataire (immédiateté possible de la réponse) et ceux de la distance (réponse différée possible) ; ses codifications sont allégées (pas de protocoles d’ouverture ni de clôture), invitant à la spontanéité, à la créativité et à l’humour. Cette forme d’échange, lorsque l’équipement le permet, peut être intégrée à l’enseignement : outre qu’elle familiarise les élèves avec un mode de communication écrite en plein développement, elle facilite une pratique souple, naturelle et déculpabilisée de l’écriture.

    Comme pour les cycles précédents, le programme distingue, parmi les textes à écrire, ceux dont les rédacteurs sont eux-mêmes les destinataires et qui sont destinés à l’usage personnel, et ceux dont autrui est le destinataire, qu’il s’agisse d’une personne individuelle ou d’un destinataire collectif.

    2. Écriture à usage personnel

    En classe de 3e , le professeur habitue ses élèves à prendre des notes en leur indiquant des techniques appropriées à l’écriture rapide aussi bien sur le plan de l’expression (abréviations, codages) que sur celui du contenu (sélection et hiérarchie des informations), sans pour autant imposer une méthode dans ce domaine. On s’y exerce à partir d’un cours, d’un enregistrement audio ou vidéo, d’un exposé oral d’un élève, ou de la lecture d’un support écrit. Cette prise de note doit être motivée par un projet d’utilisation précise : mémoriser des contenus, se préparer à reformuler, retenir les points qui seront repris dans une discussion, etc. La prise de notes doit pouvoir aussi donner lieu à un travail ultérieur de relecture et de remise en ordre des idées, par exemple sous la forme de la rédaction d’un texte (du type bref article de presse, ou compte rendu). Le rédacteur réinstalle alors sa propre énonciation et réorganise le discours de référence en fonction de ses objectifs et de ses destinataires. On poursuit en 3e le travail sur le brouillon, déjà pratiqué les années précédentes, mais en l’orientant plus particulièrement vers la structuration du texte (canevas d’idées, bribes d’écriture, élaboration d’un plan). On peut, pour ce travail, proposer l’examen de brouillons d’auteurs, et parcourir, même de manière élémentaire, les différentes étapes de la genèse et de la réalisation d’un texte. En développant avec les élèves, dans la mesure du matériel disponible, la pratique du traitement de textes, on leur permet de découvrir les possibilités nouvelles qu’offre l’informatique à l’élaboration, à la construction et à la présentation des textes.

    3. Écriture pour autrui

    Le programme de 3e met l’accent sur deux types de réalisations de l’écrit qui, sans être exclusives, doivent être maîtrisées en cours d’année par les élèves : l’écriture de textes narratifs complexes et l’exposé écrit d’une opinion personnelle.

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    C. L’oral

    1. Objectifs généraux

    L’objectif de « maîtrise des discours » qui oriente l’ensemble des programmes de français au collège implique une reconnaissance particulière de l’expression orale.
    Comme l’indiquait le document Accompagnement des programmes de 5e et 4e , « la visée particulière d’un apprentissage dans ce domaine consiste, en partant des réalités de l’oral spontané, à développer progressivement l’aptitude des élèves à envisager l’oral de manière réfléchie et raisonnée » (p. 32). Au cours du cycle précédent, ils s’étaient progressivement entraînés à pratiquer l’oral à travers l’échange à deux (le dialogue, en classe de 4e ) et l’expression orale individuelle. En classe de 3e , on continuera à travailler la maîtrise des échanges oraux, en privilégiant la situation d’échange à plusieurs (le débat) et la prise de parole devant un auditoire (compte rendu, exposé, récitation, théâtre).

    Envisagés dans la perspective des élèves, les objectifs peuvent être ainsi résumés :

    De manière générale, le travail de l’oral en classe de 3e doit permettre à l’élève de sortir des limites d’un discours exclusivement organisé autour de points de vue personnels, ou d’une sensibilité au monde qu’il suffirait d’affirmer sans chercher à la faire partager, pour prendre en compte l’univers de référence et de valeurs de ses interlocuteurs. Il évalue alors leur écoute et leur compréhension, et organise son intervention en conséquence. C’est à cette condition qu’il pourra rendre légitime et persuasive l’expression de soi dans son propos. L’éducation à la citoyenneté s’ancre dans cette capacité à se décentrer et à se projeter dans un autre univers que le sien propre : le travail de l’oral permet de favoriser une telle attitude.

    2. L’écoute

    La parole échangée est mise en communauté du sens. L’écoute est donc le symétrique obligé de la parole. Les programmes du collège insistent, depuis la 6e, sur cette dimension essentielle de l’oral. En 3e, le développement des capacités d’écoute peut répondre à des objectifs spécifiques, concernant à la fois la relation entre les interlocuteurs, les genres de l’oral, la maîtrise de l’échange.


    3. Dialoguer, débattre, argumenter

    La pratique du débat, initiée en 3e , vise à assurer un début de maîtrise de l’argumentation, en liaison avec les activités de lecture et d’écriture. Pour être efficace, cet apprentissage doit prendre place dans des échanges organisés, qui amèneront les élèves à mettre en œuvre des conduites de discours plus structurées que celles qu’ils pourraient être tentés d’adopter spontanément (si par exemple on leur demande simplement de dire ce qu’ils pensent de tel ou tel problème).
    Ces débats peuvent porter sur des problèmes authentiques ou être organisés dans le cadre de simulations.
    Dans la perspective du débat, réel ou simulé, on peut privilégier les objectifs suivants qui permettront aux élèves :

    À titre indicatif, on proposera ici deux suggestions de simulations globales : Pour être productive en terme d’apprentissage, ce type d’activité demande, dans la mesure du possible, un travail par petits groupes, les autres élèves étant alors observateurs (public ou journalistes). Les échanges peuvent être enregistrés, au camescope ou au magnétophone, pour permettre un retour sur un moment particulier de l’échange et l’analyser.
    De manière plus générale, on précisera au départ : On peut aussi organiser des débats sur des situations authentiques, liées à l’histoire ou à l’actualité, mais elles devront être préparées et conduites dans des conditions comparables à celles des simulations (définition des objectifs, dominantes argumentatives, apports de documents, etc.). Les simulations globales ont l’avantage d’associer à la reconstruction d’une réalité la dimension de la fiction et son ouverture sur l’imaginaire, offrant ainsi aux élèves une plus grande liberté d’invention.

    4. Exposer, dire des textes

    La maîtrise du discours long (même s’il ne doit durer que quelques minutes), c’est-à-dire l’intervention orale devant un public sans l’appui des interventions d’un interlocuteur, exige de planifier son propos en fonction des caractéristiques de l’auditoire, d’évaluer ses attentes et ses besoins d’information, de maintenir son intérêt. On ne raconte pas un match de football de la même manière à quelqu’un qui en connaît les règles et à quelqu’un qui les ignore, à quelqu’un qui connaît les équipes en présence et à quelqu’un qui ne les connaît pas. Cette pratique, qui constitue un aspect important de la maîtrise du discours, est loin d’être pleinement acquise en classe de 3e .
    On pourrait par exemple effectuer un travail ponctuel avec les élèves qui aura pour objectif de « s’adapter à un auditoire». Il s’agira d’expliquer, en un temps bref (cinq minutes environ), un phénomène donné en fonction du niveau de connaissance de l’auditoire (« l’effet de serre », « le système immunitaire », « la compression d’un fichier en informatique», etc.). Deux exposés différents pourront être effectués : l’un s’adressera à un auditoire qui dispose déjà d’une base de connaissances lui permettant d’accéder aisément à la compréhension du phénomène, l’autre à un auditoire ne disposant d’aucune connaissance particulière.

    Exposer

    Exposer à l’oral peut avoir pour objet de faire partager une vision personnelle des choses, de restituer verbalement une expérience dans sa singularité, de communiquer la séduction d’un monde imaginaire. L’information est ici associée avec l’expression de soi, et celle-ci ne saurait se confondre avec le discours simplement émotionnel.
    Exemples : le «Compte rendu de visite», «La Tribune des lecteurs».

    L’exposé oral peut aussi consister, à partir d’une séquence télévisée diffusée sans la bande-son (images d’une catastrophe naturelle, d’un conflit, etc.), à demander aux élèves de produire deux commentaires : l’un centré sur l’émotion à communiquer, l’autre sur l’information brute. Il pourra consister à reprendre de différents points de vue une même trame événementielle, pour varier les registres d’expression en fonction des effets recherchés : informatif, dramatique, pathétique, comique, etc. Il pourra se fonder sur un récit d’expérience personnelle ou sur la transposition de scènes empruntées à des ouvrages lus ou à des séquences de théâtre ou de cinéma. Les élèves apprennent à distinguer l’annonce d’une nouvelle et son commentaire, à rassembler sur une question donnée des points de vue variés dans lesquels le leur ne prend pas forcément place, à mettre en perspective les opinions et à les évaluer.
    Ces exercices conduiront les élèves à préciser et nuancer leur expression, entre l’implication et l’engagement d’une part (expression de l’opinion, de la conviction, de l’émotion) et la distanciation de l’autre (objectivité, distance critique, voire ironie). Ils sont réalisés avec l’appui de notes rédigées, mais le but est d’amener progressivement les élèves à s’en détacher pour parvenir à une expression orale improvisée, centrée sur l’attention de ses destinataires. On analysera les performances ainsi réalisées en fonction de leur effet sur l’auditoire.

    Dire des textes

    On poursuit en 3e la lecture à haute voix et la récitation. Par ces activités, l’élève se coule dans la parole d’un autre et doit, par les ressources de la voix, en faire partager les significations et les valeurs. L’écoute d’enregistrements de textes dits par des comédiens rend plus sensible au travail proprement vocal : diction, rythme, intonations, silences, mouvement prosodique, pose de la voix. La comparaison de plusieurs enregistrements d’un même texte ou d’un même fragment théâtral met en évidence les choix d’interprétation et conduit à en apprécier les effets sur l’auditoire. Les textes à réciter exigent un effort de mémorisation qui s’ajoute au souci de la mise en voix. On peut s’y préparer en recourant aux techniques de la reconstitution de texte. On saisit celui-ci au traitement de texte avec un large interlignage, et on propose aux élèves d’y inscrire un certain nombre de signes, comme sur une portée musicale et selon un code convenu, pour indiquer les liaisons, les mouvements intonatifs, les accents, les pauses. Un groupe d’élèves prépare le texte en y inscrivant les indications relatives à sa mise en voix. D’autres élèves lisent le texte à haute voix à partir des indications fournies. À l’inverse, on peut demander aux élèves, à l’écoute d’un texte dit dont ils ont une version écrite sous les yeux, de noter, par le même code, tout ce qui se rapporte à sa diction. Cette connaissance matérielle du texte prépare efficacement le travail de la mémoire. La récitation, portant sur des textes préalablement étudiés, permet d’enrichir le corpus des textes déjà mémorisés, entraîne à la fois la mémoire, l’attention et le jugement, affine le sens et le plaisir du signifiant, apprend à respecter et à aimer la parole d’autrui. Le travail de récitation doit être envisagé dans la perspective du discours. Les différents langages de l’espace et du corps (mime, mimiques, attitudes corporelles, installation dans l’espace de la classe, etc.) sont travaillés parallèlement à la mémoire et à la voix. La diction d’un texte étant à la fois interprétation et intervention sur un auditoire, les élèves apprennent à faire concourir l’ensemble des éléments signifiants en fonction des visées de la parole et des effets qu’ils cherchent à produire.

    Le théâtre

    Les indications données pour le cycle central restent valables pour la classe de 3e : « la préparation d’un ensemble de scènes ou la réalisation d’une pièce de théâtre peut constituer un grand projet pour un groupe d’élèves animés par des enseignants formés à cette activité ». Dans les situations de classe ordinaires, on visionnera des extraits de différentes mises en scène d’une pièce et, pour le travail d’expression des élèves, on choisira des extraits de pièces étudiées dans l’année. On y sélectionnera des scènes où des passions se manifestent de façon particulièrement vive, appelant un travail sur les traductions vocales de l’univers passionnel. On pourra également sélectionner des scènes d’argumentation, à caractère privé (relation amoureuse par exemple) ou à caractère public (politique par exemple). Dans tous les cas, le travail de théâtralisation, même modeste, doit, autant qu’il est possible dans le contexte scolaire, prendre en compte les différents langages de l’expression théâtrale : espace, lumière, mouvements corporels, voix.

    5. L’évaluation de l’oral

    Toute activité de classe donne lieu à une évaluation mais, s’agissant de l’oral, celle-ci ne peut prendre la forme de celles qui prévalent à l’écrit. De manière générale, il convient d’utiliser des formes d’évaluation positives et incitatives.
    Cette évaluation peut se fonder sur un certain nombre de critères objectifs, préalablement définis :

    – ceux liés à l’élocution proprement dite (articulation, accentuation, débit, intonation, mise en continuité des énoncés) ;
    – ceux liés à la dimension rhétorique (sélection des informations et des arguments, organisation des étapes du propos, adaptation de l’élocution et du registre à la situation d’échange, capacité à intéresser l’auditoire) ;
    – ceux liés à l’écoute (capacité à prendre place dans un échange, à situer son propos par rapport à ceux de ses interlocuteurs).
    Cette évaluation peut être prise en charge conjointement par les élèves et le professeur à l’occasion de chacune des activités d’oral.
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    Document d'accompagnement pour la classe de troisième :

  • I. Objectifs et enjeux du français en classe de 3e
  • II. Les séquences didactiques : agencements et progression
  • III. Les activités et les séquences
  • IV. Outils linguistiques pour la lecture, l'écriture et la pratique de l'oral
  • V. Le diplôme national du brevet et la liaison collège/seconde
  • VI. Action particulière : le français, langue seconde
  • Liste d'œuvres "classiques" et de littérature pour la jeunesse
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    Académie de Nancy-Metz