Le français en classe de 3e
  Accompagnement pour la classe de 3e
VI   Action particulière : le français, langue seconde
 
 
Le français langue seconde concerne les élèves allophones, souvent plurilingues, inscrits ici au collège en classe de 3e . L’objectif est de les conduire à un bilinguisme où le français devient pour eux la langue de communication scolaire et, progressivement, extra-scolaire. On développe la maîtrise de la langue tout en prenant en compte les programmes de français langue maternelle. Les élèves allophones inscrits au niveau du cycle d’orientation sont alors regroupés pour des séances d’apprentissage centrées sur les contenus linguistiques et culturels du programme de la classe de 3e .

Les objectifs à atteindre sont choisis parmi ceux du programme. Les élèves doivent donc être en mesure de prendre place progressivement dans le cursus de la classe de 3e pour pouvoir y suivre la formation dispensée. Ils doivent aussi pouvoir par la suite évoluer dans des domaines de compétence plus variés, ceux en usage dans les classes des lycées professionnels ou des lycées d’enseignement général et technologique.

Les objectifs retenus pour ce public d’élèves tiennent compte de leur degré de maîtrise du français, de leurs compétences cognitives et méthodologiques et seront atteints au travers des pratiques d’oral, de lecture et d’écriture, en relation avec la maîtrise des outils de la langue.

1. L’oral

L’oral constitue la forme privilégiée d’accès au français. Il permet en effet aux élèves de s’engager d’emblée dans des échanges variés, de se familiariser avec l’usage des outils de la langue. Le recours à des exercices de systématisation sous forme orale peut dans certains cas se révéler nécessaire. En classe de 3e , les élèves sont en contact avec des documents sonores authentiques et s’accoutument à la diversité des formes de l’oral, depuis l’oral spontané dans l’échange entre deux locuteurs, jusqu’à des formes plus élaborées telles que celle d’un débat, d’un exposé, d’un cours. Ils apprennent à repérer les faits de prosodie et d’intonation, certaines formes de syntaxe propres à l’oral, les éléments qui ponctuent le discours. Ils utilisent ces indices pour corroborer les hypothèses élaborées sur le sens du propos ou de l’échange entendu. Des enregistrements vidéo (journal télévisé, interview, débats, extraits de films, de feuilletons) permettent d’aborder l’oral dans la globalité de ses constituants (attitude des interlocuteurs, mimiques, gestuelles, intonation, etc.). En écoutant le commentaire de documentaires ou d’événements d’actualité, les élèves apprennent à mettre en relation un univers représenté et le texte oral destiné à l’expliciter. Ils s’entraîneront aussi à prendre place dans des échanges dialogués pour rapporter un événement, l’analyser, exprimer un point de vue en respectant les tours de parole et en situant leur intervention par rapport à celle de leur interlocuteur. Ils apprendront peu à peu à maîtriser le discours long pour rendre compte d’une lecture, d’une expérience vécue, pour rapporter différents points de vue sur une question. Ils s’entraînent également à prendre des notes, à des degrés variés de structuration, lors de l’audition d’un exposé ou d’un cours.

2. La lecture

Les élèves sont mis en contact avec les textes signalés dans les programmes (voir B. Textes à lire), plus ou moins longs selon le degré de maîtrise de la langue française de chacun. Ils peuvent ainsi acquérir un certain nombre de références culturelles et historiques. Ils lisent aussi des œuvres de littérature pour la jeunesse qui présentent des situations susceptibles d’intéresser des publics adolescents, situations qui font référence à des univers qui leur sont familiers (en lisant des ouvrages traduits ou des ouvrages des littératures francophones), puis des situations qui leur permettent de découvrir de nouveaux univers. Lecture et enrichissement du répertoire lexical sont conduits de pair. Les élèves se familiarisent avec toutes les conduites de lecture recommandées dans les programmes (lecture analytique et lecture cursive, lecture d’extraits et lecture d’œuvres intégrales). Si cela se révèle nécessaire, on aidera certains élèves à mieux maîtriser la relation son-graphie. Les élèves apprennent à exploiter tous les indices visuels qui facilitent l’accès au sens : mise en page, typographie, images, sommaires, etc. À côté des œuvres de fiction, ils lisent des ouvrages documentaires (dictionnaires, encyclopédies, usuels divers) et se familiarisent avec la présentation des manuels utilisés dans les différentes disciplines au collège.

3. L’écriture

Les élèves sont entraînés à écrire, aussi souvent qu’il est possible et, pour commencer, sous les formes qui leur sont le plus directement accessibles : prises de notes diverses, listes, tableaux, premiers états de textes rédigés, écriture de brouillons. La mise au net de ces notes est effectuée en fonction d’un projet d’écriture qui s’inscrit toujours dans un contexte pragmatique : on s’adresse à un destinataire donné, par rapport à une situation d’énonciation particulière et selon une visée que l’on aura à chaque fois soin de préciser (informer, expliquer, distraire, convaincre, etc.). Les élèves apprennent de la sorte à appliquer les règles de l’orthographe, à construire des phrases correctes, à organiser les phrases de façon à former des textes cohérents, à respecter un certain nombre de principes en matière de mise en page. Conformément aux orientations des programmes de 3e , ils s’entraînent à rédiger des récits à différents niveaux de complexité ou à exposer par écrit une opinion personnelle.

4. Les outils de la langue

La maîtrise des outils de la langue s’acquiert tout au long des séquences, sous la forme d’une grammaire implicite. On fait prendre progressivement conscience aux élèves des régularités dans les différents domaines de structuration de la langue : morphosyntaxe, syntaxe, orthographe. Ils apprennent à nommer les faits de langue ainsi repérés, à en examiner les propriétés, les conditions d’emploi. Ce travail d’analyse sera engagé à l’occasion d’activités d’oral, d’écriture, de lecture telles qu’elles prennent place dans les séquences. Des moments de synthèse seront organisés hors séquence. Les élèves se familiariseront avec l’usage des manuels de grammaire en vigueur dans leur classe de rattachement.
 
 

Suggestion de séquence
Héros de tradition, personnages de roman ou cyberhéros ?

Cette séquence est destinée à engager les élèves dans un travail sur l’argumentation et sur l’expression d’un point de vue. Ils doivent apprendre à pouvoir justifier un choix et à donner des raisons acceptables par l’interlocuteur à l’appui de ce choix.
Le support de la séquence peut être constitué par une réflexion sur les personnages, tels que les élèves ont pu les rencontrer dans leur culture d’origine ou en France (héros de la tradition, héros de légendes, héros mythiques), dans des romans (personnages ordinaires de la vie quotidienne approchés dans les œuvres de littérature pour la jeunesse par exemple) et dans les jeux vidéo d’aujourd’hui (cyberhéros tels que Atrus, Lara Croft, Zelda, etc.).
Dans un premier moment, on entreprend un inventaire de ces différents types de personnages, on les répartit en groupes, on les situe dans leur lieu d’origine ou de découverte. On les étudie à partir d’extraits de livres, de représentations imagées ou sur support cédérom. On les compare, oralement, puis par écrit (leur nom, leurs caractéristiques physiques, leur âge, leur lieu de vie, leurs qualités particulières ou leurs défauts, leurs formes préférées d’action ou d’intervention, etc.). Les élèves énoncent les valeurs qui peuvent être affectées à chacun des personnages ainsi répertoriés.
Dans un second moment, on leur demande de se constituer en trois groupes travaillant sur chacun des personnages-types. Chaque groupe aura à défendre le sien : le plus intéressant, le plus attachant, celui qui a la valeur exemplaire la plus forte. Ce travail se fera d’abord oralement à partir d’arguments qui auront été rassemblés dans chacun des groupes. Puis, les élèves s’engageront dans le débat, non seulement en présentant leurs propres arguments, mais en essayant de situer les leurs par rapport à ceux de leurs interlocuteurs. Le débat pourra être enregistré, puis réécouté pour en étudier l’organisation et le choix des formes de langues utilisées.
Un groupe d’élèves peut prendre des notes durant le débat. Ces notes seront ensuite reprises par ceux qui ont participé au débat pour être rédigées et constituer un compte rendu écrit.

 

Document d'accompagnement pour la classe de troisième :

  • I. Objectifs et enjeux du français en classe de 3e
  • II. Les séquences didactiques : agencements et progression
  • III. Les activités et les séquences
  • IV.Outils linguistiques pour la lecture, l'écriture et la pratique de l'oral
  • V.Le diplôme national du brevet et la liaison collège/seconde
  • VI.Action particulière : le français, langue seconde
  • Liste d'œuvres "classiques" et de littérature pour la jeunesse
  • Retour au Sommaire B.O.
    Académie de Nancy-Metz