Le français en classe de 3e
  Accompagnement pour la classe de 3e
  Le diplôme national du brevet
la liaison collège / seconde

Sommaire :

A. Le diplôme national du brevet

B. La liaison collège / seconde
 

A. Le diplôme national du brevet

1. Un changement nécessaire

Les raisons du changement

Le brevet sanctionne les quatre années de la scolarité en collège. Il se doit d’évoluer car il n’est plus, en français et sous sa forme actuelle, dans la logique des nouveaux programmes de collège.
En effet :

– puisque les nouveaux programmes conseillent de « valoriser les formes de graphie correctes » plutôt que de « sanctionner les erreurs » (Programmes des classes de 3e des collèges, B.0. n° 10 du 15 octobre 1998), puisqu’ils attachent plus d’importance au fait, pour l’élève, de « savoir écrire son propre texte » qu’à celui de « savoir réécrire le texte d’autrui » ( Accompagnement des programmes de 5e et 4e) et parce qu’ils envisagent l’orthographe comme un élément de la communication écrite avec autrui, il n’est plus possible de retenir la dictée comme la forme essentielle de l’évaluation ;
– puisque les outils de la langue pour la lecture, l’écriture et la pratique de l’oral sont envisagés au niveau du discours, du texte et de la phrase, il n’est plus possible de s’en tenir, en grammaire, à des questions appelant une réflexion purement phrastique ;
– puisque l’objectif central de l’enseignement du français au collège est la maîtrise des discours, il n’est plus possible de proposer deux sujets, l’un dit « de réflexion », l’autre « d’imagination», n’appelant pas une production discursive précise.


Les orientations actuelles

Dans l’esprit des nouveaux programmes de collège, le brevet évalue les acquisitions des élèves dans trois domaines essentiels :

– la maîtrise de la langue (lexique, syntaxe, orthographe) ;
– l’aptitude à comprendre un texte ;
– l’aptitude à s’exprimer clairement à l’écrit et à utiliser à bon escient les différentes formes de discours.
Il s’agit donc de mesurer des compétences dans le domaine de la lecture et de l’écriture en s’appuyant sur les trois niveaux d’analyse (discours, texte, phrase) proposés pour l’utilisation des outils de la langue d’une part, en affirmant clairement le choix d’un enseignement décloisonné d’autre part. Ces orientations différentes appellent une nouvelle épreuve.
Note : Cette évolution a déjà commencé dans certaines académies
et ces propositions s’appuient sur des pratiques existantes.
2. Une nouvelle épreuve

Cette épreuve se divise en deux parties, d’une heure trente chacune.

Première partie

Un texte de vingt à trente lignes, d’un auteur de langue française, est remis au candidat. Il constitue le support d’une série de questions visant à évaluer la compréhension. L’une au moins de ces questions porte sur le lexique et s’attache au sens de mots importants pour la compréhension du texte, envisagés en contexte. Des questions de grammaire portent sur la situation de discours, l’organisation du texte, la structure des phrases. Certaines questions peuvent inclure une part d’évaluation de l’orthographe, envisagée comme élément constitutif du sens (orthographe syntaxique, ponctuation).
La maîtrise de la langue et de l’orthographe est évaluée par une courte dictée et par la réécriture, en fonction de diverses contraintes grammaticales, d’un ou de plusieurs passages du texte. Le libellé de l’épreuve donne des consignes précises sur les modalités de cette reformulation (réécrire une phrase en changeant l’ordre des mots, le genre ou le nombre d’un sujet ou d’un COD, l’énonciateur ou l’énonciataire, la terminaison d’une ou de plusieurs formes verbales, etc.).
Dans tous les cas, les modifications indiquées entraînent des transformations orthographiques que le candidat doit effectuer.

Seconde partie

Un sujet de rédaction prenant appui sur le texte initial est proposé au candidat. Il fait appel à l’imagination de celui-ci et l’amène à produire un texte combinant plusieurs formes de discours (narration, description, explication ou argumentation).
Il peut s’agir d’une narration dans laquelle des passages descriptifs et / ou explicatifs sont insérés, d’une description avec des passages explicatifs, d’une argumentation illustrée par des séquences narratives, ou d’un dialogue. La situation de communication dans laquelle s’inscrit le texte à produire est toujours indiquée par le sujet. De la sorte l’élève de 3e est évalué par rapport à sa capacité à utiliser plusieurs formes de discours, et à les combiner entre elles. La production de texte est donc en liaison avec l’ensemble des compétences acquises dans ce domaine tout au long des cycles du collège.
Dans l’évaluation de la rédaction, il est tenu compte de la présentation, de la lisibilité et de l’orthographe, selon un barème déterminé par la commission de choix des sujets.
Enfin, pour cette seconde partie de l’épreuve, le candidat peut utiliser un dictionnaire de langue française.

3. Commentaires
 

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B. La liaison collège / seconde

1. La liaison collège / seconde professionnelle

À l’issue de la 3e , tous les élèves n’entrent pas en seconde générale ou technologique. Certains sont amenés, par choix ou après une procédure d’orientation, à rejoindre les classes de seconde professionnelle en LP ou en CFA. Quatre années d’études : deux années de BEP, deux années de baccalauréat professionnel, visent alors à les conduire à une insertion professionnelle et sociale.
L’enseignement du français dans cette filière présente une triple finalité qui doit permettre aux élèves de s’inscrire dans des situations de communication variées, d’enrichir leur culture pour épanouir leur personnalité, de se situer et d’évoluer dans la société pour y être des acteurs conscients et responsables, des citoyens engagés.
Pour les enseignants, ces finalités se concrétisent dans les objectifs suivants :

– donner aux élèves (ou apprentis) la maîtrise des principales formes de discours, à l’écrit comme à l’oral, en situation de production comme de réception, de façon à les aider à mieux appréhender les enjeux des situations de communication qu’ils rencontreront dans leur vie professionnelle et sociale ;
– les doter des connaissances culturelles nécessaire à la construction de leur identité personnelle et sociale ;
– les aider à comprendre la société dans laquelle ils vivent, en développant leur capacité de réflexion, d’expression, de raisonnement, de jugement.
Les programmes de collège et de LP convergent naturellement dans la construction de ces compétences et connaissances.

La perspective de l’élève

Comme dans les collèges, les programmes des filières professionnelles sont orientés vers les compétences nécessaires aux élèves dans les domaines de la lecture, de l’écriture, de l’oral, ce qui exige une bonne maîtrise de la langue. Compte tenu des difficultés spécifiques qu’ont rencontrées certains jeunes dans leur scolarité antérieure, des lacunes demeurent, notamment en étude de la langue, à l’entrée du BEP.
D’autres types d’activités sont prévus pour leur faire acquérir les notions et les connaissances qui leur font défaut. L’objectif général reste cependant le même pour l’enseignant de français qui est « le professeur de tous les discours » (Programme des lycées professionnels).

Les formes du discours

Le cadre général et les exigences s’inscrivent dans le prolongement de l’enseignement délivré au collège tout en empruntant au lycée certaines de ses approches. Le contexte professionnel invite cependant les enseignants de LP à porter aussi leur attention sur d’autres types de discours, dont la maîtrise est une garantie pour l’insertion professionnelle et sociale des élèves. L’accent est ainsi mis, dans les programmes de baccalauréat professionnel, sur l’étude spécifique des discours fonctionnels (lettres, discours d’entreprises, règlements, notices, tracts, rapports…). L’importance accordée au discours argumentatif, à l’écrit et dans les épreuves d’examen, s’inscrit dans le même type de préoccupation.
Les compétences que l’argumentation met en œuvre : repérer des points de vue, prendre en compte l’opinion d’autrui, déceler des procédés rhétoriques, se situer en tant que sujet, construire une argumentation, choisir une stratégie, être conscient des valeurs qu’on adopte… doivent conduire l’élève à mieux saisir les enjeux des discours et à s’inscrire ainsi en toute connaissance de cause dans le circuit des opinions.

Diversité des textes et place de la littérature

L’approche littéraire est favorisée en LP. Les séquences d’enseignement, qui ont été mises en pratique depuis longtemps dans ce secteur, associent souvent autour d’une même problématique des textes littéraires, des textes fonctionnels, des documents ou des images. Elles s’organisent à partir de groupements mais aussi d’œuvres intégrales (pièces courtes, nouvelles, romans, recueils de poèmes) relevant du domaine littéraire.
L’étude de la littérature poursuit plusieurs objectifs :

– permettre une appropriation par l’élève de l’œuvre étudiée (identification, projection, distanciation par rapport au cadre, aux personnages, à la vision du monde du ou des auteurs) ;
– favoriser une insertion dans une communauté culturelle, en se situant dans une perspective historique, sociale, géographique… L’inscription historique des textes met essentiellement l’accent sur l’évolution des idées, des mentalités, des conventions esthétiques ainsi que sur les conditions qui ont permis aux œuvres d’émerger et d’être comprises ;
– offrir la possibilité d’un rapport au monde différent de celui qui est habituellement entretenu dans les autres domaines du savoir. L’accès à un univers symbolique et à d’autres systèmes de signes peut aider l’élève à développer son imaginaire et exprimer sa créativité ;
– viser l’acquisition de méthodes d’analyse et d’expression qui favoriseront l’exercice d’un jugement personnel et rendront possible un regard critique sur les productions discursives, esthétiques ou culturelles de natures diverses.
Cet enseignement, qui utilise des entrées voisines de celles du lycée général et technologique, mais avec d’autres perspectives et d’autres finalités, s’appuie sur une approche des genres et des discours, d’époques et de courants variés : poésie, prose narrative, essais argumentatifs, choisis dans le patrimoine littéraire tant étranger que français.

Des pratiques interdisciplinaires

Lui-même situé au carrefour des disciplines, le français en LP trouve dans les autres disciplines (notamment celles qui relèvent du champ professionnel) à la fois une nouvelle source de motivation pour les élèves et une possibilité de finaliser les apprentissages. Ces pratiques peuvent s’articuler autour de plusieurs axes :

– un appui pour travailler les formes socialisées du discours : lettres, notices, articles, publicités… ;
– une mise en situation authentique : écrire pour demander une documentation, préparer une visite, s’informer sur un stage, rechercher un emploi… ;
– une construction de compétences communes de communication : raconter, décrire, argumenter, expliquer, transmettre des consignes, démontrer…;
– des contenus : codes linguistiques, visuels, picturaux…
L’enseignement du français peut mettre à profit les stages et périodes de formation en entreprises des élèves pour leur faire prendre conscience des langages, discours et codes sociaux qui traversent notre société. Il peut aussi s’appuyer sur le rapport de stage pour travailler sur la situation d’énonciation, les enjeux et les types de discours caractéristiques d’un objet discursif qui a ses lois et ses règles.

2. La liaison collège / seconde générale ou technologique

De par leur propre formation, de par leur expérience professionnelle parfois, les professeurs de collège connaissent mieux les secondes générales et technologiques que les secondes professionnelles. On indiquera donc seulement ici quelques principes essentiels d’une liaison maîtrisée entre le collège et le lycée d’enseignement général.

Un clivage dépassé

Le collège a pu apparaître, aux yeux de certains, comme le lieu où étaient privilégiés la grammaire, l’orthographe et l’étude de la langue, le lycée prenant ensuite le relais pour se préoccuper uniquement de littérature. Ce clivage est maintenant dépassé pour deux raisons essentielles :

– l’approche littéraire, à travers l’étude des textes porteurs de références culturelles et l’analyse des genres, occupe désormais une place importante au collège ;
– l’étude de la langue, telle qu’elle est redéfinie par les nouveaux programmes, a vocation à se prolonger au lycée, essentiellement aux niveaux textuel et discursif. La lecture méthodique, en particulier, appelle l’utilisation constante des « outils » découverts au collège. De ce fait, la classe de 3e ne marque pas la fin d’un processus d’apprentissage dans ce domaine et certaines notions (modalisations, point de vue, actes de parole, reprises, etc.) sont approfondies au lycée, en liaison avec les textes étudiés et les objectifs d’expression visés.


Un objectif identique

Le lycée comme le collège se fixe comme objectif central la maîtrise du discours pour la formation du citoyen. Certes les discours se font plus complexes et les analyses plus fines et plus savantes. Il n’en reste pas moins qu’il s’agit toujours de développer, au contact des œuvres et des écrivains, les facultés de compréhension, les capacités de jugement et, d’une façon générale, un indispensable esprit critique. Les pratiques de lecture et d’expression, orale et écrite, restent donc au premier plan.

Une nécessaire évolution

Si le collège se préoccupe davantage d’étude de la langue et le lycée de littérature, si la maîtrise du discours est l’objectif commun à ces deux niveaux d’enseignement, le lycée affirme cependant sa spécificité. Elle est à chercher dans la relation entre compétences et connaissances.
On peut en effet considérer, schématiquement, qu’au collège les savoir-faire sont mis en avant, à l’intérieur d’un enseignement centré autour de l’élève. Les grandes sections qui organisent les programmes portent sur les compétences que les élèves doivent maîtriser, dans les domaines de la lecture, de l’écriture, de l’oral.
Au lycée, sans négliger la mise en place des compétences, les programmes s’attachent davantage aux savoirs et, quels que soient les œuvres retenues ou les groupements de textes constitués, les dimensions historique, générique et rhétorique sont davantage présentes. L’histoire culturelle et littéraire, l’analyse des genres à travers l’étude des œuvres structurent un enseignement qui privilégie les contenus et s’attache à faire passer des connaissances. De ce fait, l’accent mis d’abord sur les compétences est ensuite davantage placé sur les connaissances. Il s’agit cependant bien d’une évolution et non d’une rupture : c’est en effet en prenant appui sur les compétences acquises au collège qu’il est possible, au lycée et en classe de seconde, de faire passer un nombre plus grand de connaissances. Il n’est donc pas souhaitable en 3e, de « préparer les élèves à la classe de seconde » en leur imposant, de façon anticipée, les exercices qu’ils découvriront progressivement au lycée (ou ceux dont l’importance a été réduite, comme le résumé…). En revanche, il est indispensable de mettre en place les compétences (savoir s’approprier des repères culturels, savoir lire un texte de façon autonome, savoir exprimer une opinion, savoir développer un argument concret ou abstrait) qui permettront ultérieurement aux élèves d’aborder ces exercices.

Lire, dans les documents d'accompagnement pour la classe de seconde,
les indications de démarche "de la troisième à la seconde".
 

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Document d'accompagnement pour la classe de troisième :

  • I. Objectifs et enjeux du français en classe de 3e
  • II. Les séquences didactiques : agencements et progression
  • III. Les activités et les séquences
  • IV.Outils linguistiques pour la lecture, l'écriture et la pratique de l'oral
  • V.Le diplôme national du brevet et la liaison collège/seconde
  • VI.Action particulière : le français, langue seconde
  • Liste d'œuvres "classiques" et de littérature pour la jeunesse
  • Retour au Sommaire B.O.
    Académie de Nancy-Metz