BREVET DES COLLÈGES
Français
"Annales zéro"
© CNDP–DESCO Annales "zéro" Français
Sommaire
Introduction
1 Luc PLAMONDON, Monopolis
2 Didier DAENINCKX, Le Jeu-Mystère
3 Collin HIGGINS, Jean-Claude CARRIÈRE, Harold et Maude
4 Arthur RIMBAUD, Les effarés
5 « LE MONDE », « La fracture sociale » 
6 Albert CAMUS, Le Premier Homme
7 Vincent HYPSA, L’éponge en porcelaine
8 CHATEAUBRIAND, Mémoires d’Outre-Tombe
9 LA BRUYÈRE, Les Caractères
10 « TELERAMA », Une vie de « panéliste »
11 CALVO, La Bête est morte
TEXTE 1
Monopolis :
Paroles de Luc Plamondon
Musique de Michel Berger
Polygram Music SARL / Éditions Mondon / 1978
A. TEXTE (cf. avertissement)

MONOPOLIS

De New York à Tokyo
Tout est partout pareil
On prend le même métro
Ver les mêmes banlieues
Tout le monde à la queue leu leu
 
Les néons de la nuit
Remplacent le soleil
Et sur toutes les radios
On danse le même disco
Le jour est gris la nuit est bleue

Dans les villes
De l'an deux mille
La vie sera bien plus facile
On aura tous un numéro
Dans le dos
Et une étoile sur la peau
On suivra gaiement le troupeau
Dans les villes
De l'an deux mille

Mirabel ou Roissy
Tout est partout pareil
Tout autour de la terre
On prend les mêmes charters
Pour aller où le ciel est bleu

Quand on ne saura plus
Où trouver le soleil
Alors on partira
Pour Mars ou Jupiter
Tout le monde à la queue leu leu
 

Dans les villes
De l'an deux mille
La vie sera bien plus facile
On aura tous un numéro
Dans le dos
Et une étoile sur la peau
On suivra gaiement le troupeau
Dans les villes
De l'an deux mille
 
Monopolis
Il n'y aura plus d'étrangers
On sera tous des étrangers
Dans les rues de
 
Monopolis
Marcherons-nous main dans la main
Comme en mille neuf cent quatre-vingts
Tous les deux dans
 
Monopolis
Quand nos enfants auront vingt ans
Nous on sera d'un autre temps
Le temps d'avant
 
Monopolis
Je me vois assise sur un banc
Seule au milieu de
Monopolis

Qui sont tous ces millions de gens
Seuls
Au milieu de
Monopolis
 

Paroles de Luc Plamondon, musique de Michel Berger,
© Polygram Music SARL/Éditions Mondon/1978. 

* PREMIÈRE PARTIE *

QUESTIONS (15 points)

RÉÉCRITURE  (4 points)
Réécrivez les vers 44 à 49 en remplaçant « nous » par « ils » et en faisant les modifications qui s’imposent.
DICTÉE  (6 points)
Dans son roman « Le Père Goriot », Balzac évoque un quartier de Paris au XIXe siècle…
Là, les pavés sont secs, les ruisseaux n’ont ni boue ni eau, l’herbe croît le long des murs. L’homme le plus insouciant s’y attriste comme tous les passants, le bruit d’une voiture devient un événement, les maisons y sont mornes, les murailles y sentent la prison. Un Parisien égaré ne verrait là que des pensions bourgeoises. Nul quartier de Paris n’est plus horrible, ni, disons-le, plus inconnu.
Balzac, Le Père Goriot, chapitre I
* SECONDE PARTIE *

RÉDACTION (15 points)

Imaginez le dialogue de deux adolescents, dans les rues de Monopolis, en 2050. L’un apprécie le cadre qui l’entoure et croit en un avenir heureux, l’autre déteste ce cadre et regrette le passé.
Votre texte est un dialogue.
Il combine des passages descriptifs (l’évocation de Monopolis), argumentatifs (regret du passé ou foi en l’avenir) et éventuellement narratifs (illustration des arguments).
Il sera tenu compte, dans l’évaluation, de la correction de la langue et de l’orthographe.
***
ÉLÉMENTS DE CORRIGÉ
1.a. et b. Le personnage qui s’exprime se situe en 1980. Il évoque l’an 2000.

2.a. Le texte fait alterner le présent et le futur.
2.b. Le présent est employé pour l’année 1980, le futur pour l’an 2000.

3. Dans les trois derniers vers le personnage se projette dans l’an 2000 et fait se rejoindre ces deux époques. L’expression « Je me vois… » permet cette rencontre.

4.a. « tout est partout pareil ».
4.b. « le même ».
4.c. Ces répétitions insistent sur l’uniformité de l’univers ainsi évoqué.

5.a. Dans les vers 1 à 43, « on » désigne les êtres humains en général, les habitants des villes de l’ensemble de la planète.
5.b. Dans les vers suivants, « nous » désigne un couple (« nos enfants »).
5.c. Nous : pronom personnel ; On : pronom indéfini. « Nous » englobe « je » et d’autres, « On » est généralisant.
5.d. « Je me vois assise sur un banc » : la présence du « e » final montre que la personne qui parle est une femme.

6.a. Les neuf vers suivants reviennent deux fois : « Dans les villes… de l’an deux mille ». C’est un refrain, caractéristique d’une chanson, qui apparaît ainsi.
6.b. En haut de la page, il est précisé que les « paroles de Luc Plamondon » sont accompagnées de la « musique de Michel Berger ».

7.a. Il s’agit d’une allusion au nazisme et à la déportation, des juifs en particulier, dans les camps de concentration.
7.b. « Suivre le troupeau » signifie se comporter comme le fait la majorité, agir comme tout le monde, sans réflexion personnelle. Dans ce contexte, l’adverbe « gaiement » prend valeur d’antiphrase. Il marque un recul ironique.
7.c. Il s’agit à nouveau d’un recul ironique et d’une forme d’antiphrase. La vie sera « plus facile »… mais les formes d’existence individuelles auront disparu.
7.d. L’univers ainsi évoqué est un univers déshumanisé, dans lequel l’individu n’a plus de place.

8.a. Deux personnages apparaissent dans les vers 44-46, un seul personnage reste présent à la fin du texte.
8.b. « Monopolis » est la ville où l’on est seul, la ville de la solitude.
8.c. L’auteur développe dans ce texte une vision pessimiste. La ville de l’an deux mille est la ville de l’anonymat et de la solitude parmi la foule.


Vers le texte N° 2
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