| BREVET
DES COLLÈGES
Français "Annales zéro" |
Sommaire
| Introduction
1 Luc PLAMONDON, Monopolis 2 Didier DAENINCKX, Le Jeu-Mystère 3 Collin HIGGINS, Jean-Claude CARRIÈRE, Harold et Maude 4 Arthur RIMBAUD, Les effarés 5 « LE MONDE », « La fracture sociale » |
6 Albert CAMUS, Le
Premier Homme
7 Vincent HYPSA, L’éponge en porcelaine 8 CHATEAUBRIAND, Mémoires d’Outre-Tombe 9 LA BRUYÈRE, Les Caractères 10 « TELERAMA », Une vie de « panéliste » 11 CALVO, La Bête est morte |
TEXTE 4 : Les effarés
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Arthur Rimbaud,
Les Effarés, Cahiers de Douai (1870) Noirs dans la neige et dans
la brume,
A genoux, cinq petits – misère ! – |
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5
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Le lourd pain blond. Ils voient le fort bras blanc
qui tourne
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| 10 |
Le boulanger au gras sourire Grogne un vieil air. Ils sont blottis, pas un
ne bouge,
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| 15 |
Quand, pour quelque médianoche
2,
Quand, sous les poutres enfumées, |
| 20 |
Et les grillons, Que ce trou chaud souffle
la vie,
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| 25 |
Les pauvres Jésus pleins de givre, Qu’ils sont là tous, Collant leurs petits museaux
roses
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| 30 |
Tout bêtes, faisant
leurs prières
Si fort, qu’ils crèvent leur culotte, |
| 35 |
Au vent d’hiver. 1 Effaré signifie
à la fois étonné, inquiet et « sauvage »
au sens de timide, qui s’enfuit dès qu’on le remarque. (du latin
fera,
bête sauvage).
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* PREMIÈRE PARTIE *QUESTIONS (15 points)
RÉÉCRITURE (5 points)
- LE BOULANGER ET SON LIEU DE TRAVAIL
1.a. Relevez les éléments du texte qui vous informent sur :
– le boulanger
– son lieu de travail
– ce qu’il produit (1,5 point)
1.b. Quelle est l’image du boulanger et de son travail donnée par ces éléments ? (0,5 point)2. Observez l’emploi du mot « souffle » dans les groupes « au souffle du soupirail rouge » (vers 14) et « ce trou chaud souffle la vie » (vers 22)
2.a. À quelle classe de mot appartient le mot « souffle » dans chaque cas ? (1 point)
2.b. Pourquoi, d’après vous, l’auteur a t-il repris le même mot ? (0,5 point)3. « Chantent les croûtes parfumées » (vers 20)
Expliquez l’image qui apparaît ici. (1 point)4. « […] ces lumières
Du ciel rouvert, » (vers 32-33).
Quelles expressions préparent cette image tout au long du poème ? (1 point)
- LE TABLEAU DES ENFANTS
5.a. Relevez les expressions qui précisent la position des enfants dans cette scène. (1 point)
5.b. « misère » (vers 4). Quelle ponctuation accompagne ce mot ? Que traduit cette construction ? (1 point)
5.c. Relevez dans le poème les autres notations liées à la misère qui confirment votre réponse. (1 point)6. « chaud comme un sein » vers 15 ; « on sort le pain » (vers 18).
Quels sont les trois éléments (rythme, rime, lexique) qui permettent d’associer ces vers ?
Quel est l’effet produit ? (2 points)
- LE REGARD DU POÈTE
7. Relevez dans la strophe 10 deux termes qui présentent les enfants comme des animaux.
Quelle relation pouvez-vous établir avec le titre du poème ? (1 point)
8. Relevez dans ce poème le champ lexical des couleurs. Quels contrastes observez–vous ?
Comment les interprétez-vous ? (1,5 points)
9. Comment les univers du boulanger et des enfants peuvent-ils (ou ne peuvent-ils pas…)
communiquer ? (2 points)Vous remplacerez l’expression « cinq petits » par « cinq petites » et recopierez les vers 1 à 15 en effectuant les modifications nécessaires.DICTÉE (5 points)Le gamin de Paris* SECONDE PARTIE *
« Ce petit être est joyeux. Il ne mange pas tous les jours et il va au spectacle, si bon lui
semble, tous les soirs. Il n’a pas de chemise sur le corps, pas de souliers aux pieds, pas de toit
sur la tête ; il est comme les mouches du ciel qui n’ont rien de tout cela. Il a de sept à treize
ans, vit par bandes […]. Il a dans l’âme une perle, l’innocence ».Victor Hugo, Les Misérables, 3 e partie, livre premier, chapitre 1.RÉDACTION (15 points)
Vous écrirez un récit proposant une suite et une fin à cette scène. Il comportera un dialogue et explicitera les « choses » que les petits « effarés » se disent entre les trous du treillage (vers 29-30).Votre texte sera un récit.
Il inclura un dialogue dont il présentera les caractéristiques essentielles : (verbes introducteurs, propositions incises, ponctuation, disposition typographique).
Il sera tenu compte, dans l’évaluation, de la correction de la langue et de l’orthographe.***
ÉLÉMENTS DE CORRIGÉ 1.a. Les éléments textuels
le boulanger : « le fort bras blanc », « au gras sourire », « grogne un vieil air » le lieu de travail : « Au grand soupirail qui s’allume », « trou clair », « soupirail rouge », « Chaud comme un sein », « poutres en fumées », « trou chaud », « treillage, « ces lumières / Du ciel rouvert »
ce qu’il produit : « le lourd pain blond », « (pâte grise) », « le bon pain », « comme une brioche», «croûtes parfumées ».
1.b. Image de la force, qui transforme la pâte grise en pain blond et produit la nourriture, image du bonheur, associée à la chaleur et à la lumière.2. « souffle du soupirail », « souffle la vie ».
2.a. Classe de mots : 1 substantif (nom), 2 verbe.
2.b. Association du mouvement de l’air chaud et du « souffle de vie », du sentiment de bien-être qu’il apporte aux enfants (« Ils ont leur âme si ravie »).3. « chantent les croûtes parfumées »
Association d’une odeur (parfum) et d’un bruit (celui des croûtes de pain qui craquent), lequel crée une impression auditive agréable (chantent).4. « ces lumières /Du ciel rouvert » (vers 32 et 33)
Expressions qui préparent cette image : « Au grand soupirail qui s’allume », « trou clair », « soupirail rouge ».5.a. Position des enfants : « dos en rond », « à genoux », « blottis », « repliés ».
5.b. « misère »
Ponctuation : entre tirets avec un point d’exclamation.
Mouvement de sensibilité (pitié, indignation) dans un commentaire de l’auteur.
5.c. Autres notations : « Noirs dans la neige et dans la brume », « sous leurs haillons », « Les pauvres Jésus pleins de givre », « Tout bêtes », «crèvent leur culotte», «leur chemise tremblote/Au vent d’hiver».6. Les trois éléments : 4 syllabes, même rime, champ lexical de la nourriture.
L’effet produit : l’image du pain et du sein nourricier se trouvent ainsi associées.7. Les deux termes : « museaux » et « grognant » marquent l’animalité des enfants. Une relation s’établit ainsi avec l’étymologie du mot effarés (fera : la bête sauvage).
8. Champ lexical des couleurs : « Noirs » s’oppose à « neige » et « givre », et ces trois termes qui désignent l’extérieur sombre et froid s’opposent à « s’allume », « blond », « clair », « rouge » qui désignent l’intérieur éclairé et chaud.
9. On admettra que les élèves répondent soit que les deux mondes ne communiquent que par la vue et la chaleur, soit qu’ils sont séparés par la grille du soupirail et ne communiquent pas.
Vers le texte N° 5
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