| BREVET
DES COLLÈGES
Français "Annales zéro" |
Sommaire
| Introduction
1 Luc PLAMONDON, Monopolis 2 Didier DAENINCKX, Le Jeu-Mystère 3 Collin HIGGINS, Jean-Claude CARRIÈRE, Harold et Maude 4 Arthur RIMBAUD, Les effarés 5 « LE MONDE », « La fracture sociale » |
6 Albert CAMUS, Le Premier Homme
7 Vincent HYPSA, L’éponge en porcelaine 8 CHATEAUBRIAND, Mémoires d’Outre-Tombe 9 LA BRUYÈRE, Les Caractères 10 « TELERAMA », Une vie de « panéliste » 11 CALVO, La Bête est morte |
TEXTE 8
TEXTE : François-René de CHATEAUBRIAND, Mémoires d’Outre-Tombe
| Dans les MÉMOIRES
D’OUTRE-TOMBE, publiés en 1849, François- René de
Chateaubriand raconte son enfance à Saint-Malo, en Bretagne.
Nous étions un dimanche sur la grève, à l’éventail
1
de la porte Saint-Thomas à l’heure
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| 5 | de coutume : plusieurs petites
filles se mêlaient aux petits garçons. J’étais le plus
en pointe vers
la mer, n’ayant devant moi qu’une jolie mignonne, Hervine Magon, qui riait de plaisir et pleurait de peur. Gesril se trouvait à l’autre bout du côté de la terre. Le flot arrivait, il faisait du vent ; déjà les bonnes et les domestiques criaient : « Descendez, Mademoiselle ! descendez, Monsieur ! » Gesril attend une grosse lame: lorsqu’elle s’engouffre entre les pilotis, il pousse l’enfant |
| 10 | assis auprès de lui
; celui-là se renverse sur un autre : celui-ci sur un autre : toute
la file s’abat
comme des moines de cartes 2 , mais chacun est retenu par son voisin ; il n’y eut que la petite fille de l’extrémité de la ligne sur laquelle je chavirai qui, n’étant appuyée par personne, tomba. Le jusant 3 l’entraîne; aussitôt mille cris, toutes les bonnes retroussant leurs robes et tripotant dans la mer, chacune saisissant son marmot et lui donnant une tape. Hervine fut repêchée ; mais elle |
| 15 | déclara que François
l’avait jetée bas. Les bonnes fondent sur moi ; je leur échappe;
je cours me
barricader dans la cave de la maison : l’armée femelle me pourchasse. Ma mère et mon père étaient heureusement sortis. La Villeneuve4 défend vaillamment la porte et soufflette l’avant-garde ennemie. Le véritable auteur du mal, Gesril, me prête secours : il monte chez lui, et avec ses deux soeurs jette par les fenêtres des potées d’eau et des pommes cuites aux assaillantes.Elles |
| 20 | levèrent le siège
à l’entrée de la nuit; mais cette nouvelle se répandit
dans la ville, et le chevalier5
de Chateaubriand, âgé de neuf ans, passa pour un homme atroce, un reste de ces pirates dont saint Aaron avait purgé son rocher 6 . 1 L’éventail : La
voûte. Il s’agit des fortifications de la ville de Saint-Malo.
Chateaubriand.
Mémoires
d’Outre-Tombe, 1849.
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* PREMIÈRE PARTIE *QUESTIONS (15 points)
LE CADRE
RÉÉCRITURE (5 points)
1. De la ligne 1 à la ligne 7, de nombreuses informations sont données sur le cadre dans lequel se déroule ce récit. Quel est celui des croquis suivants qui vous paraît reprendre exactement les informations données par le texte ?
(1 point)
2. Parmi ces informations, quelles sont celles qui sont essentielles pour comprendre la suite du récit ? (1,5 point)
3. Relevez dans le texte la phrase qui prouve que Gesril sait exactement ce qu’il veut faire. Justifiez votre réponse.
(1 point)LE NARRATEUR
4.a. Quel est le terme qui désigne le narrateur ? (0,5 point)
4.b. À quelle classe grammaticale ce mot appartient-il ? (0,5 point)
4.c. Comment le narrateur est-il ensuite nommé dans le texte et par qui ? (1 point)5. Quelle relation pouvez- vous établir, dans ce texte, entre le narrateur et l’auteur ? Que pouvez-vous en conclure sur le genre auquel appartient le texte ? (1 point)
LE RÉCIT
6.a. Expliquez les deux emplois différents du présent de l’indicatif dans les lignes 2 et 3 (« Au pied du château… contre la houle ») et dans les lignes 9 à 11 (« Gesril attend… par son voisin ») (1 point)
6.b. Quel est l’effet produit par ce second emploi ? (0,5 point)7. Quelles remarques pouvez-vous faire sur le rythme du récit dans la seconde partie du texte (ligne 9 à 22) ? En vous appuyant sur des exemples tirés du texte, précisez quels sont les moyens grammaticaux utilisés par le narrateur pour déterminer ce rythme. (1,5 point)
8. « Les bonnes fondent sur moi » (ligne 15). En vous appuyant sur le contexte, expliquez le sens de cette phrase. (0,5 point)
9.a. Relevez les trois termes qui, de la ligne 16 à la ligne 22, reprennent le mot « bonnes ».(1,5 point)
9.b. Quel est le champ lexical qui se construit ainsi dans le texte ? (0,5 point)
9.c. Quels autres termes pouvez-vous lui rattacher ? (2 points)10. Choisissez parmi ces termes celui qui vous paraît s’appliquer le mieux à la seconde partie du texte, puis justifiez votre réponse : (1 point)
– Poétique
– Ironique
– Comique.« Gesril attend…. tomba « » (ligne 9 à 12).DICTÉE (5 points)
Réécrivez ce passage en utilisant le passé simple et en remplaçant « Gesril » par « Gesril et Loïc ».« Je n’ai plus rien à apprendre, j’ai marché plus vite qu’un autre et j’ai fait le tour de la vie. Les heures fuient et m’entraînent ; je n’ai pas même la certitude de pouvoir achever ces Mémoires. Dans combien de lieux ai-je déjà commencé à les écrire, et dans quel lieu les finirai-je ? Combien de temps me promènerai-je au bord des bois ? Mettons à profit le peu d’instants qui me restent ; hâtons-nous de peindre ma jeunesse tandis que j’y touche encore ».* SECONDE PARTIE *Chateaubriand, Mémoires d’Outre-Tombe, 1849.RÉDACTION (15 points)
Prévenus par la rumeur publique, les parents de Chateaubriand reviennent à leur domicile. Ils demandent des explications à leur fils, lequel tente de les convaincre de son innocence…
Écrivez cette scène en faisant alterner dialogue et récit à la première personne.Vous produirez un récit faisant alterner les discours narratifs et descriptifs.
Vous ménagerez des temps de dialogue dans lesquels François argumentera pour convaincre ses parents.
Il pourra faire appel à des témoignages.
Il sera tenu compte dans l’évaluation de la correction de la langue et de l’orthagraphe.***
ÉLÉMENTS DE CORRIGÉ 1. Seul le croquis n° 2 reprend exactement les informations données par le texte.
2. Les informations suivantes sont essentielles :
- la marée montante
- l’emplacement des pieux
- la disposition des personnages.
3. « Gesril attend une grosse lame ». Gesril réfléchit avant d’agir, il choisit sa lame.
4. Le pronom personnel « je » désigne le narrateur.
Le narrateur est ensuite nommé « François » par Hermine et « le chevalier de Chateaubriand », terme dont on peut considérer qu’il est utilisé :
– par les habitants de Saint-Malo
– par le narrateur lui-même, parlant de lui à la troisième personne.
5. Chateaubriand est tout à la fois l’auteur et le narrateur d’un texte qui appartient au genre autobiographique.
6. Lignes 2 et 3 : présent de « vérité générale ».
Lignes 9 à 11 : présents « de narration », qui contribuent à la vivacité du récit.
7. Le récit se déroule sur un rythme extrêmement rapide. La parataxe et l’emploi des participes présents permettent cette accélération.
8. Les bonnes s’abattent avec impétuosité, se précipitent sur Chateaubriand (usage ici d’un terme de fauconnerie).
9. Les termes suivants reprennent le mot « bonnes » :
« l’armée femelle »
« l’avant-garde ennemie »
« les assaillantes ».
Le champ lexical du combat, de la guerre, se construit ainsi.
– Autres termes relevant de ce champ lexical :
« me pourchasse »
« défend vaillamment la porte »
« me prête secours »
« elles levèrent le siège ».
10. La seconde partie du texte relève d’un comique burlesque. On attendra seulement le premier élément de réponse : comique.
Vers le texte N° 9
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