Les langues anciennes au Baccalauréat


Note de service n° 97-170 du 22 août 1997, B.O. n° 30 du 4 septembre 1997 (Extrait)

 
A.   Epreuve écrite
Série L, épreuve obligatoire et de spécialité.

Durée : 3 heures.

Coefficient : 4.


L'épreuve porte sur un programme renouvelable annuellement par moitié et comportant deux œuvres, une en prose et une en vers. Ce programme annuel est publié au Bulletin officiel de l'éducation nationale. L'épreuve est composée de deux parties. Le dictionnaire est autorisé pour chaque partie.

Première partie : étude d'un texte extrait d'une œuvre du programme (cinquante points).

Questionnaire portant sur un extrait, donné avec sa traduction, de l'une des œuvres au programme (trente à quarante lignes ou vers environ selon la nature et les difficultés du texte).

Les questions ont pour but de vérifier que les candidats sont capables de procéder à une lecture pertinente du texte, c'est-à-dire à une lecture qui rende compte du texte, de sa spécificité, de sa portée, par exemple à partir de la structure, d'indices grammaticaux, lexicaux, stylistiques et prosodiques, des réseaux de formes et de significations, des références historiques, littéraires, culturelles...

On ne s'interdit pas de proposer un rapprochement avec une œuvre de la littérature française, moderne et contemporaine, dont un extrait est fourni aux candidats.

Une des questions peut faire appel à la scansion (uniquement hexamètre, pentamètre, trimètre ïambique), si l'intelligence du texte le demande.

Les questions sont au nombre de cinq. Le nombre de points attribués à chacune d'entre elles est indiqué.

Deuxième partie : version (cinquante points). Traduction d'un texte d'une soixantaine de mots. Ce texte forme un tout cohérent. Il est obligatoirement emprunté à l'un des deux auteurs du programme, mais en dehors des œuvres inscrites au programme.

Il est accompagné de tous les éléments utiles à sa compréhension, par exemple d'un titre, d'une notice de présentation si c'est nécessaire, de la traduction du passage qui le précède ou de celui qui suit, ou de l'un et de l'autre.
 

B.   Epreuves orales
Epreuve de contrôle du second groupe en série L.

Epreuve du premier groupe en série ES.

Epreuve facultative en séries L, ES et S.

Temps de préparation : 30 mn ; durée de l'épreuve : 15 mn


Le candidat présente à l'examinateur une liste de textes étudiés en classe terminale. Cette liste est signée par le professeur et visée par le chef d'établissement. Un exemplaire de celle-ci est annexé au livret scolaire du candidat.

Cette liste mentionne :

    1. Les méthodes, lignes directrices et contenus retenus pour l'étude de chacune des deux œuvres intégrales inscrites au programme ;
    2. les passages de ces œuvres qui ont donné lieu à traduction, explication et commentaire approfondies ;
    3. éventuellement des groupements de textes, extérieurs au programme, constitués par le professeur.
N.B. : L'ensemble des textes expliqués et traduits extraits des œuvres ou des groupements de textes, représente un total d'environ vingt pages de trois cents mots chacune.

L'élève dispose des œuvres du programme et des textes du groupement dans l'édition scolaire utilisée pendant l'année. La traduction est masquée. L'usage du dictionnaire est autorisé. L'épreuve porte sur un passage de douze à quinze lignes ou vers formant un tout cohérent. Ce passage est tiré de la liste de texte présentée par le candidat.

L'épreuve se déroule de la manière suivante : le candidat situe le texte, le lit, le traduit et dégage ce qui, à ses yeux, en constitue l'intérêt. Cette étude de texte est suivie d'un bref entretien au cours duquel l'examinateur pose des questions permettant au candidat de justifier ou de développer son interprétation et son commentaire. L'examinateur apporte son aide au candidat chaque fois qu'il le juge opportun.

Si l'interrogation porte sur un passage de l'une des œuvres au programme, l'examinateur ne s'interdit pas de vérifier la connaissance que le candidat a acquise de l'ensemble de l'œuvre. Si elle porte sur un texte du groupement, il peut élargir l'entretien à l'ensemble du groupement.

Dans son évaluation, l'examinateur prend en compte tous les éléments définis dans le programme : situation du texte, lecture, traduction, commentaire, entretien.

La note tient compte de l'ensemble de l'épreuve.

Recommandations pour l'épreuve écrite de langues anciennes

L'épreuve écrite de latin et de grec répond aux orientations imprimées à l'enseignement des langues anciennes par les instructions en vigueur. Dans le cadre précis d'un programme annuel, elle offre à tout élève ayant accompli un travail régulier pendant l'année la possibilité de faire la preuve qu'il a établi avec la langue, l'histoire, la civilisation et la littérature latine ou grecque un rapport vivant et fructueux.

Il conviendra, pendant l'année de préparation, de faciliter l'accès aux deux œuvres du programme par une présentation appropriée et centrée sur l'essentiel (cette approche peut donner lieu à un travail de recherche au CDI), de les faire lire intégralement en traduction avant d'en entreprendre l'étude (cette lecture sera contrôlée par un travail écrit), d'amorcer une réflexion sur la technique de la traduction et de comparer, par exemple, des versions différentes. On lit dans le texte toute la partie au programme en s'attachant aux passages jugés caractéristiques, ce qui implique que l'on module le rythme et que l'on joue notamment comme pour l'étude des œuvres intégrales en français, sur les méthodes propres à la lecture expliquée (analyse de courts passages) et à la lecture dirigée (étude d'un ensemble).

La composition en deux parties de l'épreuve assure un équilibre entre lecture, commentaire et traduction.

Les élèves devront avoir appris à bien doser leur effort pendant la durée de l'épreuve (trois heures), chaque partie étant notée sur cinquante points et le résultat global se traduisant par une notation sur vingt. Cela suppose un entraînement adapté à la spécificité des deux exercices de commentaire et de traduction.

La première partie (questionnaire portant sur un extrait dûment référencé de l'une des deux œuvres au programme, accompagné de sa traduction) mobilise l'aptitude à lire l'œuvre dans le texte latin ou grec en se servant de la traduction, mais sans s'asservir à celle-ci. Le candidat devra donc avoir acquis une connaissance suffisante de l'œuvre pour être capable de situer le passage proposé (l'extrait sera éventuellement précédé d'un titre ou d'une brève notice d'introduction), d'en identifier le statut et d'en apprécier l'intérêt. Les cinq questions sont de nature variée. Il n'y a pas entre elles de lien de dépendance. On admet qu'elles puissent être traitées dans un ordre indifférent.

Elles appelleront des réponses développées, rédigées et argumentées, qui s'appuieront uniquement sur le texte grec ou latin. Les citations seront faites en grec et en latin et pour le grec, elles respecteront les esprits et les accents. Aucune question de grammaire n'aura à être traitée pour elle-même et ne fera l'objet d'un exposé théorique : les questions de ce type seront en rapport étroit avec l'interprétation du texte. Certaines questions pourront être fondées sur des documents iconographiques.

C'est par la pratique régulière du commentaire, qui doit toujours accompagner en classe la traduction comme le prescrivent les instructions, et par l'enrichissement de leur information personnelle que les candidats se prépareront efficacement à cette partie de l'épreuve. On n'omettra pas de leur apprendre à scander hexamètre, pentamètre et trimètre ïambique, à repérer certains effets produits par la métrique ancienne. La version, courte (une soixantaine de mots), ne devrait pas surprendre le candidat familiarisé avec les deux auteurs du programme. Il est souhaitable que la fréquence d'entraînement soit au moins d'une version tous les quinze jours. On ne s'interdira pas de donner à traduire, de temps en temps, des textes empruntés à d'autres auteurs que ceux du programme.

On habituera les élèves à s'affranchir du dictionnaire lors du premier contact avec le texte, puis à s'en servir intelligemment.

On les entraînera à tenir d'abord le plus grand compte du paratexte (titre, notice de présentation, éclaircissements éventuels...) qui peut donner de précieuses indications sur le statut, le type d'énonciation, le registre du texte, à faire : ensuite, avant d'ouvrir le dictionnaire plusieurs lectures attentives du texte et à procéder à divers repérages d'ordre syntaxique, lexical, stylistique afin de dégager la ligne générale qui donne sa cohérence à l'extrait, à ne pas s'arrêter trop longtemps sur un passage qu'ils ne comprennent pas, la suite du texte ou la globalité du sens pouvant fournir un éclairage déterminant.

Le compte rendu des travaux devra être l'occasion de s'exercer à mettre au point une traduction nette, claire, intelligible, rédigée dans une langue usuelle.

En ce qui concerne les critères d'évaluation, il est évident qu'ils tiendront principalement compte de la pertinence des réponses et de la justesse de là traduction.

Ils s'appuieront corollairement sur la correction et la richesse de l'expression (orthographe, syntaxe, vocabulaire), sur la bonne connaissance du programme, sur la qualité et l'étendue de l'information linguistique, littéraire, artistique, historique et culturelle, sur la cohérence et la solidité de l'argumentation.

Pour la version, le barème, tout en sanctionnant les erreurs, valorisera les réussites et la totalité des points sera répartie par tranche sur l'ensemble du texte. Les commissions d'harmonisation fixeront les modalités d'appréciation.
 

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