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Copie romaine, IIe s. après J.C., d'après un original hellénistique du IIIe - IIe s (Pergame ou Rhodes) Marbre. Hauteur : 161,5 cm. ; longueur : 195 cm. |
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Révélée au début du XVIème
siècle (on en trouve mention en février 1512, mais on
ne connaît pas exactement le lieu de la découverte), cette
sculpture a pu faire partie, bien que ce ne soit pas certain, d'un ensemble
associant Ariane à Dionysos, dont le modèle premier pouvait
se trouver sur les peintures du temple de Dionysos à Athènes
(fin du Ve - début du IVe siècle avant J.-C. - Voir Pausanias, I, 20). Ici
en tout cas, le ruissellement abondant du drapé tout à la gloire
du corps féminin, dont la pose
à la fois pathétique et mélancolique n'est pas sans
rappeler l'inspiration d'un Scopas, est tout
entier imprégné de l'art de Pergame.
Un bracelet en forme de serpent enserrre le bras gauche. On y a vu pendant plusieurs siècles une image évoquant la mort de la reine d'Egypte Cléopâtre. L'identification du symbole chthonien et dionysiaque conduisant à Ariane s'imposera plus tard, d'abord grâce aux travaux de l'archéologue allemand Winckelmann (1717-1768) auteur de l'Histoire de l'art de l'Antiquité (1764) puis de l'archéologue italien Ennio Quirino Visconti (Il museo Pio Clementino, Milan, 1818-1827, vol.II). Cette statue fut d'abord visible - et offerte à l'admiration universelle -, associée à une fontaine décorative, dans le jardin de la cour du Belvédère au Vatican, œuvre de Bramante (1444-1514), où le pape Jules II installa ce qu'on peut considérer comme le premier noyau du "musée du Vatican". Dans cette cour en effet étaient également exposées des célébrités comme l'Apollon du Belvédère, le Méléagre, la Vénus felix, le Nil, le Tibre (aujourd'hui au musée du Louvre). ***
Bibliographie :Brummer, Hans Henrik, The Statue Court in the Vatican Belvedere. Stockholm, 1970. Wolf, Claudia Marie, Die schlafende Ariadne im Vatikan, Ein hellenistischer Statuentypus und seine Rezeption, Hamburg, 2002. Goethe, Voyage en Italie : Rome (1786 - 1787) Image : Fondation Jacques-Edouard Berger Etude, bibliographie, photographies
et histoire de la statue sur le site Monumenta
Rariora : la fortuna dell'antichita' nei repertori a stampa (Scuola
Normale Superiore di Pisa) :
http://mora.sns.it/center_opere.asp?Lang=ITA&id_obj=212 On y trouvera aussi 28 gravures extraites d'ouvrages du XVIème au XIXème siècle : http://mora.sns.it/rel_fonti_fonti.asp?Lang=ITA&id_txt=2769 |
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Réplique romaine (1ère moitié du IIe siècle) - H. : 58 cm. ; l. : 150 cm. Cette œuvre est significative de ces variantes issues d'un archétype plastique reconnu (et par le fait admiré) comme tel par les artistes de l'antiquité - et de la postérité, car il en ira ainsi dans toute l'histoire de l'art. On pourrait par exemple prendre la mesure des méandres parcourus par cette culture visuelle commune en rapprochant (en définitive pour les distinguer) cette statue alanguie du Louvre et des œuvres comme la Vénus de Dresde attribuée à Giorgione (1510, Gemäldegallerie Alte Meister) ou la "Vénus du Pardo" de Titien (de 1535 à 1560, musée du Louvre). Il faut bien entendu se reporter aussi aux deux compositions majeures étudiées par ailleurs sur notre site : Le Festin des dieux (Bellini, Dosso, Titien) et la Bacchanale du Prado (Titien). |
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Grèce hellénistique. Ariane endormie, Villa Corsini, Castello - collection du Musée archéologique de Florence. Marbre, 227 cm. 150 - 193 après J.-C. Bibl. : P.Moreno, La scultura ellenistica, I, Rome 1994, p.290-292. http://arachne.uni-koeln.de/item/objekt/6219 ***
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*** ![]() Pergame. Septime Sévère, Julia Domna, Ariane endormie .... 193-211 après J.-C. http://www.wildwinds.com/coins/ric/septimius_severus/t.html ***
Vers 1540, François 1er envoya Primatice en Italie afin d'y acheter des œuvres antiques. L'artiste s'arrêta aux plus célèbres statues de la cour du Belvédère et fit couler des moulages en creux. Les copies en bronze, dont l'Ariane endormie (encore identifiée à l'époque comme étant Cléopâtre), le Laocoon, la Vénus de Cnide et l'Apollon du Belvédère, furent réalisées dans une fonderie de Fontainebleau à partir de ces moules. Comme autant de points de repère canoniques, ces œuvres auront une importance considérable dans l'histoire du goût : leur renommée contribua à faire de Fontainebleau, comme le voulait François 1er, et selon l'expression de Giorgio Vasari, une "nouvelle Rome". ***
"Ce qu'il y a de spécifiquement féminin dans le pathos venait d'être révélé aux artistes de la Renaissance par la découverte d'une statue antique aussi belle qu'émouvante, l'Ariane du Vatican ; aucun des nus de Michel-Ange ne reprend son attitude, mais tous deux comportent le même mouvement fluide et langoureux. Cependant, en dépit de leur rythme féminin, ces nus sont entièrement privés de ces rapports essentiels de formes grâce auxquels les artistes avaient pu exprimer la passion physique à travers un ordre plastique. Ainsi la représentation des seins qui depuis le Ve siècle se situait à mi-chemin entre la géométrie et la sensualité (...) est réduite, dans La Nuit, à deux lamentables appendices et le ventre, au lieu d'être le doux écho des autres rondeurs du corps féminin, est un tronc informe barré par quatre sillons horizontaux. (...) Aussi étranges que nous paraissent ces figures si nous les jugeons selon les critères du nu classique, elles représentent, en tant qu'incarnations du pathos, des créations de génie. Chaque ligne du corps de L'Aube est une lamentation sur la toute puissance des sens." (Kenneth Clark, Le nu, chap.VI : "Le pathos". Traduit de l'anglais par Martine Laroche. Hachette Littératures, 1998 (réédition). Web
Gallery of Art
http://graphics.stanford.edu/projects/mich/lightfield-of-night/rblf7_0000_mat.jpg(graphics.stanford.edu )
L'œuvre de Raphaël abonde en références à
l'antiquité. C'est évidemment le cas dans les Trois
Grâces (musée Condé, Chantilly) visibles ailleurs
sur notre site, comme dans Le Triomphe de
Galatée (Villa della Farnesina, Rome).
Calliope et Sappho *** *** *** ***
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Quels secrets dans son coeur brûle ma jeune amie,
Ame par le doux masque aspirant une fleur ?
De quels vains aliments sa naïve chaleur
Fait ce rayonnement d'une femme endormie ?Souffle, songes, silence, invincible accalmie,
Tu triomphes, ô paix plus puissante qu'un pleur,
Quand de ce plein sommeil l'onde grave et l'ampleur
Conspirent sur le sein d'une telle ennemie.Dormeuse, amas doré d'ombres et d'abandons,
Ton repos redoutable est chargé de tels dons,
Ô biche avec langueur longue auprès d'une grappe,Que malgré l'âme absente, occupée aux enfers,
Ta forme au ventre pur qu'un bras fluide drape,
Veille ; ta forme veille, et mes yeux sont ouverts.Paul Valéry, Charmes.
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