Sur Ariane
Les textes anciens de référence
Pausanias, I, 20 ; V, 19 ; X, 29 : les représentations d'Ariane
Pausanias (2ème siècle après J.C.) nous dit avoir rencontré l'image d'Ariane plusieurs fois au cours de son périple en Grèce :
S'engageant dans la "rue des Trépieds" à Athènes pour parvenir, près du théâtre, au "plus ancien sanctuaire de Dionysos", Pausanias y découvre notamment une peinture représentant Dionysos "élevant Héphaistos jusqu'au ciel', tandis qu'une autre montre le châtiment de Penthée et de Lycurgue, une autre encore Ariane endormie alors que Thésée lève l'ancre et que le dieu s'approche ...(I, 20, 1-3  : Perseus ; traducton sur le site Méditerranées)

Dans sa description du temple d'Héra à Olympie, il ne cache pas son admiration pour le célèbre coffre dit de Kypselos, fait de bois de cèdre incrusté d'ivoire et d'or. C'est dans ce coffre que le futur tyran de Corinthe Kypselos passait pour avoir été caché par sa mère alors qu'une famille rivale de Corinthe menaçait sa vie après sa naissance. Parmi les multiples figures qui le décorent (leur description occupe trois chapitres dans les éditions modernes de la Periegesis), apparaissent Thésée tenant un lyre et à ses côtés Ariane saisissant une couronne (V, 19, 1 : Perseus ; traduction sur le site Méditerranées).
Voir : The chest of Kypselos (traduction anglaise également ici) et Françoise-Hélène Massa-Pairault, Le larnax des Cypsélides à Olympie. Essai d'interprétation des scènes mythologiques. In : L'image antique et son interprétation.École française de Rome , 2006 : http://digital.casalini.it/

Décrivant les œuvres du grand peintre Polygnote de Thasos (5ème siècle avant J.C.) exposées dans la Lesché des Cnidiens à Delphes, il s'arrête longuement aux tableaux des enfers qui mettent en scène tous les morts célèbres de la mythologie (X, 29, 3 : Perseus) :
"Si l'on continue à parcourir la peinture, on voit qu'il y a Ariane tout près de l'homme qui tord le câble ; elle est assise sur un rocher et regarde vers sa soeur Phèdre ; celle-ci se balance sur une corde à laquelle elle se tient des deux mains. Cette position montre, quoique ce soit d'une manière très gracieuse, les événements concernant la mort de Phèdre. En ce qui concerne Ariane, soit qu'il la rencontrât par hasard, soit qu'il l'eût guettée dans cette intention, Dionysos l'enleva à Thésée en s'élançant contre lui avec une force navale plus importante." (Traduction Michel Tichit dans Musagora).

Voir : 1) Sur le site Méditerranées : Les peintures de Polygnote dans la Lesché de Delphes. 2) Sur Perseus : Glynnis Fawkes, A Lost Painting by Polygnotos at Delphi : A Reconstruction Based on the Description by Pausanius (il semble toutefois que le lien ne soit plus actif)

Attribuant à Dédale la construction de l'oracle de Trophonios à Livadia (IX, 40, 3-4), Pausanias cite, parmi les nombreuses œuvres de l'artiste-architecte, deux xoana en Crète (Britomartis et Athéna), la "place de danse" de Cnossos, se référant à Homère, un xoanon d'Aphrodite à Délos, etc.

Malheureusement il ne nous reste rien de tout cela.


Pausanias, II, 23, 7-8 : Argos
[7] ἄλλα δέ ἐστιν Ἀργείοις θέας ἄξια: κατάγαιον οἰκοδόμημα, ἐπ᾽ αὐτῷ δὲ ἦν ὁ χαλκοῦς θάλαμος, ὃν Ἀκρίσιός ποτε ἐπὶ φρουρᾷ τῆς θυγατρὸς ἐποίησε: Περίλαος δὲ καθεῖλεν αὐτὸν τυραννήσας. τοῦτό τε οὖν τὸ οἰκοδόμημά ἐστι καὶ Κροτώπου μνῆμα καὶ Διονύσου ναὸς Κρησίου. Περσεῖ γὰρ πολεμήσαντα αὐτὸν καὶ αὖθις ἐλθόντα ἐς λύσιν τοῦ ἔχθους τά τε ἄλλα τιμηθῆναι μεγάλως λέγουσιν ὑπὸ Ἀργείων καὶ τέμενός οἱ δοθῆναι τοῦτο ἐξαίρετον : [8] Κρησίου δὲ ὕστερον ὠνομάσθη, διότι Ἀριάδνην ἀποθανοῦσαν ἔθαψεν ἐνταῦθα. Λυκέας δὲ λέγει κατασκευαζομένου δεύτερον τοῦ ναοῦ κεραμέαν εὑρεθῆναι σορόν, εἶναι δὲ Ἀριάδνης αὐτήν: καὶ αὐτός τε καὶ ἄλλους Ἀργείων ἰδεῖν ἔφη τὴν σορόν. πλησίον δὲ τοῦ Διονύσου καὶ Ἀφροδίτης ναός ἐστιν Οὐρανίας.
Les Argiens ont d'autres choses qui méritent d'être vues : une construction souterraine, où se trouvait la chambre en bronze qu'Acrisios avait jadis faite pour tenir sa fille* sous bonne garde, mais que Périlaos abattit lorsqu'il avait le pouvoir. Cette construction, donc, est le monument de Crotopos et le sanctuaire de Dionysos "Crétois". On dit en effet que le dieu, après avoir fait la guerre à Persée, en était venu à relâcher les hostilités : il en fut grandement honoré par les Argiens ; notamment ils lui firent don de cette enceinte de choix. Plus tard elle fut nommée "du Crétois", parce qu'ils y rendirent les honneurs funèbres à Ariane. Pour sa part Lycéas dit qu'à la reconstruction du sanctuaire on a trouvé un cercueil de terre cuite et que c'était celui d'Ariane ; il affirme l'avoir vu lui-même ainsi que d'autres parmi les Argiens. Près du sanctuaire de Dionysos il y a aussi celui d'Aphrodite Céleste.

*Danaë, qui sera néanmoins séduite par Zeus sous la forme d'une pluie d'or et donnera naissance à Persée. 


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