Michel
Ange, La chute de Phaéton, la douleur des Héliades,
vers
1533, British Museum |
Les
Héliades...
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Les
vers d'Ovide : Les métamorphoses, Livre II |
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La
lecture des latinistes |
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Complément
: iconographie |
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Les
Héliades
Phaéthon
a voulu conduire le char de son père Hélios. Mais l'aventure
menace le monde d'embrasement. Jupiter décide d'y mettre fin. L'ambition
du jeune héros sera punie.
At pater omnipotens, Superos testatus et ipsum
305 qui dederat currus, nisi opem ferat,
omnia fato
interitura graui, summam petit arduus arcem,
unde solet latis nubes inducere terris,
unde mouet tonitrus uibrataque fulmina iactat.
Sed neque quas posset terris inducere nubes
310 tunc habuit, nec quos caelo demitteret
imbres.
Intonat et dextra libratum fulmen ab aure
misit in aurigam pariterque animaque rotisque
expulit et saeuis conpescuit ignibus ignes.
Consternantur equi et saltu in contraria facto
315 colla iugo eripiunt abruptaque
lora relinquunt.
Illic frena iacent, illic temone reuulsus
axis, in hac radii fractarum parte rotarum
sparsaque sunt late laceri uestigia currus.
At Phaethon rutilos flamma populante capillos
320 uoluitur in praeceps longoque per
aera tractu
fertur, ut interdum de caelo stella sereno
etsi non cecidit, potuit cecidisse uideri.
Quem procul a patria diuerso maximus orbe
excipit Eridanus fumantiaque abluit ora.
325 Naides Hesperiae trifida fumantia
flamma
corpora dant tumulo, signant quoque carmine saxum :
« Hic situs est Phaethon currus auriga paterni
quem si non tenuit magnis tamen excidit ausis.»
Nam pater obductos luctu miserabilis aegro
330 condiderat uultus, et, si modo
credimus, unum
isse diem sine sole ferunt : Incendia lumen
praebebant aliquisque malo fuit usus in illo.
At Clymene, postquam dixit quaecumque fuerunt
in tantis dicenda malis, lugubris et amens
335 et laniata sinus totum percensuit
orbem
exanimesque artus primo, mox ossa requirens,
repperit ossa tamen peregrina condita ripa,
incubuitque loco, nomenque in marmore lectum
perfudit lacrimis et aperto pectore fouit.
340 Nec minus Heliades lugent et inania
morti
munera dant lacrimas et caesae pectora palmis
non auditurum miseras Phaethonta querellas
nocte dieque uocant, adsternunturque sepulcro.
Luna quater iunctis implerat cornibus orbem ;
345 illae more suo, nam morem fecerat
usus,
plangorem dederant. E quis Phaethusa, sororum
maxima, cum uellet terra procumbere, questa est
deriguisse pedes ; ad quam conata uenire
candida Lampetie subita radice retenta est ;
350 tertia, cum crinem manibus laniare
pararet,
auellit frondes ; haec stipite crura teneri,
illa dolet fieri longos sua bracchia ramos.
Dumque ea mirantur, complectitur inguina cortex,
perque gradus uterum pectusque umerosque manusque
355 ambit, et exstabant tantum ora
uocantia matrem.
Quid faciat mater, nisi, quo trahat impetus illam,
huc eat atque illuc et, dum licet, oscula iungat ?
Non satis est ; truncis auellere corpora temptat
et teneros manibus ramos abrumpit ; at inde
360 sanguineae manant, tamquam de uulnere
guttae.
"Parce, precor, mater" quaecumque est saucia, clamat,
"parce, precor ! Nostrum laceratur in arbore corpus.
Iamque uale." — cortex in uerba nouissima uenit.
Inde fluunt lacrimae, stillataque sole rigescunt
365 de ramis electra nouis, quae lucidus
amnis
excipit et nuribus mittit gestanda Latinis.
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Claude
Monet, Peupliers au bord de l'Epte, 1891, huile sur toile, National
Gallery of Scotland, Edinburgh.
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Origines
de l'ambre :
Alors
le père tout-puissant prit à témoin les dieux d’en
haut, et celui même qui avait donné son char : sans secours,
tout était voué à une terrible ruine. Il s'élève
au sommet des hauteurs d’où il a coutume d’étendre les nuées
sur le vaste monde, d’où il ébranle le tonnerre, brandit
et darde les éclairs.
Mais
il n’eut pas alors de nuages qu’il pût étendre sur le monde,
ni de pluies à lancer du ciel. Il tonne et, balançant l’éclair
à la hauteur de son oreille droite, il l’envoya sur l’aurige, le
délogeant du même coup du char et de la vie : par la furie
des flammes il étouffa les flammes.
Les
chevaux s’épouvantent, se cabrent d’un bond, arrachent du joug leur
cou, rompent les sangles et s’en dégagent. Là gisent les
brides, là l’essieu et le timon désassemblés, en cet
endroit les rayons des roues brisées, et les débris du char
disloqué sont disséminés au loin.
Quant
à Phaéthon, tandis que le feu ravage sa chevelure flamboyante,
il roule dans l’abîme, porté à travers les airs sur
une longue traînée, comme on peut voir parfois du ciel serein
la chute d’une étoile qui cependant ne tombe pas.
Loin
de sa patrie, à l’autre bout du monde, l'auguste Éridan le
reçut qui baigna son visage fumant. Les Naïades de l’Hespérie
livrent au tombeau le corps calciné par la flamme à trois
pointes et ajoutent sur la pierre une inscription en vers :
Ci-gît
Phaéthon, conducteur du char de son père.
S’il
ne l’a pas maîtrisé, du moins est-il tombé du haut
d’une grandiose audace.
De fait
son père, misérable sous les souffrances du chagrin, avait
couvert son visage d’un voile, et, à en croire du moins ce qu’on
rapporte, un jour s’écoula sans soleil ; c’est l’incendie qui donnait
la lumière et il y eut ainsi quelque chose d’utile dans ce désastre.
Quant
à Clyméné, elle donna libre cours à tout ce
qui dut s'exprimer dans une telle épreuve, puis, éplorée
à en perdre la raison, s'étant lacéré la poitrine,
elle explora le monde entier, en quête du corps sans vie d'abord,
mais bientôt après de ses ossements, ossements qu'elle finit
par découvrir, encore étaient-ils ensevelis en des bords
étrangers ; elle se jeta sur l'endroit et baigna de ses larmes le
nom qu'elle lisait sur le marbre, le réchauffant sur son sein découvert.
Non
moindre est l’affliction des Héliades ; vaines offrandes à
la mort, elles lui donnent leurs larmes, se frappent la poitrine de leurs
paumes ; de Phaéthon qui n’entendrait pas leurs misérables
plaintes jour et nuit elles appellent le nom et se couchent à son
tombeau.
Quatre
fois la lune, rejoignant ses cornes, avait empli son cercle ; elles, selon
leur coutume, car l’habitude avait fait la coutume, se livraient encore
aux coups de leur chagrin. Mais voici que parmi elles, Phaéthuse,
l’aînée des sœurs, voulant se courber au sol, se plaignit
que ses pieds s’étaient raidis ; l’éclatante Lampétie
tente de venir à elle, une soudaine racine la paralyse ; la troisième,
qui se disposait à s’arracher les cheveux, décroche des feuilles
; celle-ci gémit qu’un tronc arrête ses jambes, celle-là
que ses bras s'allongent en rameaux. Pendant qu'elles sont tout à
leur stupeur, l’écorce enserre leur taille ; par degrés,
elle enlace leur ventre, leur poitrine, leurs épaules et leurs mains
; ne ressortait que leur bouche implorant leur mère.
Que
faire pour une mère, sinon aller çà et là
où l’entraînent ses transports et, pendant qu’elle le peut,
joindre leurs baisers ? Ce n’est pas assez ; elle tente d’arracher aux
troncs les corps, elle brise de ses mains les tendres rameaux ; mais sanglantes
des gouttes s’en écoulent, comme d’une blessure.
«
Pitié, je t’en prie, mère », crie chacune de celles
qu’elle a meurtries, « pitié, je t’en prie ! c’est notre corps
qui est torturé dans l’arbre. C’en est fait, adieu ! » — l’écorce
est venue sur les dernière paroles.
Des
larmes s’en écoulent ; goutte à goutte aux branches nouvelles
le soleil durcit l’ambre, que les claires eaux du fleuve recueillent et
envoient pour parure aux jeunes femmes du Latium.
Professeur
: Claire Tardioli - Jougnot
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Iconographie
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Sur plusieurs
sarcophages : La chute de Phaéthon et la métamorphose
des Héliades, par exemple à Rome (Jardins de la villa
Borghèse, vers 290 après J.C.) ou à Copenhague (Ny
Carlsberg Glyptotek, IIIème s. après J.C).
Ovide,
Métamorphoses
(traduction anonyme), Belgique, Flandre, XVe
Métamorphose
des Héliades
Bibliothèque
Nationale de France Richelieu - Manuscrits occidentaux Français
137, Fol. 16
Histoire
de Phaéthon : La métamorphose des Héliades,
tapisserie de Bruxelles, vers 1540
Ecouen,
musée de la Renaissance
RMN
(Recherche : Phaéton)
Jean
Mignon, La chute de Phaéthon et la métamorphose des Héliades,
gravure, vers 1545
rubens.anu.edu.
Michel
Ange, La chute de Phaéthon et la métamorphose des Héliades,
1533 - Royal Library, Windsor (autre dessin, au British Museum, en haut
de cette page)
Zdravko
Jeremic et Web
Gallery of Art
-
Jan van
Eyck (avant 1395 - 1441), La chute de Phaéthon, Madrid, musée
du Prado : Centro
Virtual Cervantes
-
Giovanni
Bernardi (1494 - 1553), La chute de Phaéthon et la métamorphose
des Héliades, Castel Bolognese, Museo
Civico
Francesco
di Simone Mosca dit il Moschino (vers 1523 - 1578), La chute de Phaéthon
et la douleur des Héliades, marbre, 125 x 96 cm.,
Berlin,
Staatliche Museen Preussicher Kulturbesitz, Skulpturensammlung
ExibArt
-
Joseph
Heintz (1564 - 1609), La chute de Phaéthon, vers 1595, Leipzig,
Museum
der bildenden Künste
-
Guido
Reni, La chute de Phaéthon, 1596-1598, huile sur toile, Bologne,
Palazzo Rossi : artonline
Santi
di Tito (1536 - 1603), La métamorphose des Héliades,
1572, Florence, Palazzo Vecchio (studiolo)
THAIS
Johan
Wilhelm Baur (1600-1640), gravure pour les Métamorphoses
(v. 1639, réimpr. 1703) :
Heliades
in arbores
University
of Vermont - University
of Virginia
Claude
Gellée, dit Le Lorrain, Marine avec les Héliades,
v. 1645, Wallraf-Richartz
Museum, Cologne
(Web
gallery of Art ; Artrenewal)
-
Pierre
Brebiette (1598-1650), La Mort de Phaéthon et la transformation
des Héliades, ses soeurs en peupliers, musée du Louvre
: RMN (Recherche : Phaéton)
-
Gaspare
Diziani (1689 - 1767), La chute de Phaéthon et la métamorphoses
des Héliades, v. 1745-1750 : National
Gallery of Art, Washington
-
Giambattista
Tiepolo (1711 - 1770), La chute de Phaéthon, Barnard Castle
- Bowes Museum : Bildindex der Kunst
und Architektur (<Suche> <iconclass : 92 B 39 11)
-
Giambattista
Tiepolo, La chute de Phaéthon et la métamorphose des Héliades,
1719-1720, Massanzago,
Villa Baglioni
-
Sebastiano
Ricci (1659 - 1734), La chute de Phaéthon, 1704, Museo Civico,
Belluno : Web
Gallery of Art
-
Gérard
Bommel Hoet (1648 - 1733), Le tombeau de Phaéthon pleuré
par ses sœurs, dessin, musée du Louvre
-
Odilon
Redon (1840 - 1916), Phaéthon, 1900 : (xroads.virginia.edu/
; CGFA)
-
Gustave
Moreau, Phaéton, 1878 : Artcyclopedia.com/
; Beloit
College
-
Attribué
à Jean Mignon (entre 1535 et 1555), La chute de Phaéthon,
Musée des beaux arts, Rouen ; Jean-Jacques-François Le Barbier
(1738-1826), Phaéthon ; Nicolas-André Monsiau (1754-1837),
La
chute de Phaéthon (Les Métamorphoses d'Ovide,
Paris 1806). : Greek Mythology Link - Carlos
Parada
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Liens
sur Phaéthon
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