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Bulletin
N° 6
hiver 2004 |
En
marge d’un anniversaire : George Sand (1804-2004)
![]() « J'ai une autre passion pour le quart d'heure, c'est d'apprendre le latin et je ne me le fourre dans la tête qu’en apprenant des vers par cœur. Je divertis Maurice (1) en lui cornant aux oreilles tu, patulae, recubans (2) etc. Le Pôtu (3), qui est mon magister, est furieux de la rapidité avec laquelle je le pousse. Entre nous soit dit, c'est une langue qui n'a pas le sens commun, une langue, illogique, une langue de rhéteurs et qui n'apprend rien aux malheureux enfants condamnés à ne pas même l'apprendre pendant 8 ou 10 ans. Je prétends bien, en trois mois, en savoir autant que ceux qui ont fait leurs classes d'une manière ordinaire, vu que c'est une langue que personne ne sait jamais, puisqu'elle embrasse tant de siècles et se modifie pendant toute l'histoire de l'humanité. Le jeu n'en vaudrait pas la chandelle s'il ne s'agissait pour moi que de connaître les coquetteries ou la pompe des poètes. Mais j'ai été gênée toute ma vie pour lire des ouvrages du Moyen Age et de la Renaissance qui ne sont pas traduits ou qui le sont fort mal, et je veux me débarrasser de cet obstacle. En résumé, c'est toujours très amusant d'apprendre quelque chose. Cela rafraîchit le vieux cerveau. » Lettres
d’une vie.
Folio classique 2004, p. 600 sq. (4) 1. Maurice : le fils de George
Sand
Michel Pintz
Lycée Saint-Exupéry, Fameck |
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