Langues anciennes dans l'académie de Nancy-Metz Bulletin N° 9
printemps 2006
 

 
Idées ...

Une expérience de partenariat entre les latinistes de 4ème du collège Fulrad de Sarreguemines et du collège Bichat de Lunéville

Tout a commencé le 11 mai 2005 grâce à la visite de Bliesbruck proposée par M A Lefort aux professeurs de langues anciennes de l’académie. Cette journée très intéressante au point de vue archéologique nous a également permis de nous rencontrer au cours d’un repas romain. Cécile a lancé un appel : elle voulait mettre sur pied une correspondance en latin avec un autre collège. Bien que le fait d’écrire dans un latin vivant et moderne m’effrayât un peu, j’ai été séduite par l’idée d’un partenariat, moi qui souffre toujours d’isolement dans ma matière. Rendez-vous fut donc pris en été chez moi près de Deneuvre que nous avons visité. Nous avons alors décidé de faire se rencontrer nos élèves lors d’une sortie commune à Bliesbruck (près de Sarreguemines) en septembre. Cette visite automnale et inaugurale a enthousiasmé nos élèves : une incursion en Allemagne pour visiter la tombe de la princesse celte (certains 4èmes de Lunéville font un IDD sur les celtes), puis fabrication  et dégustation du pain antique sous l’œil attentif d’un archéologue, observation de la technique du potier et enfin visite des thermes. Du point de vue culturel, nous étions satisfaits. A midi, les Sarregueminois et les Lunévillois ont pu se mêler et même si la timidité ne leur a pas permis d’échanger beaucoup, ils se sont vus.

Cela a été le point de départ de notre correspondance : Sarreguemines a commencé. Nous avons reçu un premier courrier avec des photos et des lettres individuelles de présentation en latin. Les Lunévillois ont alors choisi leurs correspondants, selon leurs goûts. Après avoir obtenu l’autorisation des parents, nous avons créé des adresses gratuites à la poste et envoyé des photos ainsi que les réponses en latin. Pour relancer la discussion, chaque lettre comportait une question de civilisation du programme de 4ème. Les élèves, qui au départ hésitaient à écrire en latin, y trouvent maintenant du plaisir (les miens ne sont pas notés), ils me posent toutes les questions qu’ils veulent et je leur avoue humblement que pour moi aussi ce n’est pas facile : il se crée donc toute une complicité et cette activité se révèle à la fois ludique et grammaticalement efficace. Par exemple, une règle toute simple qui n’était pas acquise, Mihi est liber, a été utilisée spontanément dans toutes les lettres : Mihi est frater, Mihi est nomen etc. D’autre part, il m’est agréable de corriger leurs brouillons directement sur l’ordinateur : travail soigné, bien présenté. Ils peuvent facilement recorriger puis envoyer à leur correspondant.
L’expérience va se poursuivre jusqu’en juin. Mon seul regret est d’être obligée pour des raisons financières de renoncer à notre 2ème rencontre prévue au printemps à Grand. Elle aurait permis aux élèves de se retrouver et de mieux faire connaissance.
Dominique Müller - collège Ernest Bichat - Lunéville

Pour conclure le compte-rendu très complet de Dominique, j’ajouterai que ce travail de thème latin redonne vie à cette langue dite morte : tout comme l’anglais, l’allemand ou l’espagnol, les élèves apprennent à communiquer en latin vivant, et la traduction de mots modernes comme « rock n’ roll » ou « football » nous a beaucoup amusés ! Certains élèves d’ailleurs, dans leur brouillon, mêlaient des mots anglais dans leurs phrases en latin… emportés par leur élan ! Un partenariat de ce type peut être facilement organisé entre deux collèges : programme commun de sorties, échanges en latin, envois de compte-rendus etc. Une idée à suivre, donc.

Cécile Grauling - collège Fulrad - Sarreguemines

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Apprendre à compter en latin

N’est-ce pas ce que réclament régulièrement les débutants de 5ème, après avoir appris à dire leur prénom et « bonjour / au revoir » en latin ?
Vous vous penchez alors sur le tableau récapitulatif des cardinaux dans la grammaire …  Que la liste est longue ! Présentée ainsi, elle a de quoi décourager nos jeunes latinistes, curieux de tout, mais dont la motivation s’effrite souvent face au travail de mémorisation.
Pas de panique. Voici une méthode ludique pour se rentrer dans la tête les chiffres romains :
    -  Distribuez le tableau des adjectifs cardinaux avec en regard leur correspondance en chiffres romains, de 0 à 100 ou 1000/2000.
    - Faites-en avec les élèves une lecture rapide pour travailler la prononciation et mettre en évidence les mécanismes de formation des cardinaux.
    - Proposez dans la foulée un BINGO en latin   :

Il vous suffit de préparer environ 6 grilles différentes proposant une quinzaine de chiffres (arabes) et de les dupliquer pour en distribuer, au hasard, une par élève.
Listez en latin, à haute voix et à rythme adapté, dans le désordre, les chiffres des grilles dont vous avez le double sous les yeux. Les élèves doivent identifier les chiffres et les entourer s’ils figurent sur leur grille. Le premier qui a retrouvé tous les chiffres de sa grille crie « Bingo »… Il a gagné ; n’oubliez pas de prévoir quelque récompense pour le valeureux vainqueur !
Pour le tour suivant, vous pouvez confier l’énumération des nombres à l’élève qui vient de gagner afin d’éviter qu’il ne « truste » les récompense et pour faire travailler à son esprit l’exercice inverse.

Le mécanisme de traduction et de mémorisation se met ainsi en place petit à petit dans l’esprit des élèves. En début de jeu, leurs yeux font de fréquents allers-retours entre le tableau/leçon et leur grille, puis ils n’ont plus besoin d’aller rechercher systématiquement la traduction sur leur leçon et identifient les nombres de plus en plus rapidement.

Vous pouvez réactiver leur mémoire en leur demandant en début d’heure suivante de lire à haute voix des chiffres que vous inscrirez au tableau.

Réitérez l’opération du  BINGO latin  environ 3 fois dans l’année (c’est un jeu qui plaît toujours à la veille des vacances) et le tour est joué !

Bettina Bolle-Nicolas - collège Alphonse Cytère - Rambervillers

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Internet
De bonnes adresses pour l'étude des vases grecs

http://www.insecula.com/article/F0010216.html 
Dans ces pages, sont présentés de très beaux modèles de vases grecs, pièces maîtresses des plus grands musées du monde.
Outre leur nom, leur descriptif est indiqué, ainsi que leurs usages, leurs variantes : une quarantaine en tout.
Avantage non négligeable, on trouve, en fin de liste, les liens avec les musées d’origine.
Ce site peut s’utiliser pour un petit parcours dans l’histoire de la céramique (figures géométriques, figures noires, figures rouges…) ; pour une recherche sur les objets de la vie quotidienne, même sur la mythologie puisque en faisant apparaître les images agrandies de ces vases, on découvre souvent des scènes et personnages mythologiques. Les vases étant souvent photographiés sous plusieurs angles, on peut ainsi suivre les différentes scènes ou les cortèges : un « stamnos » nous livre par exemple des Ménades, un « lécythe » une assemblée divine…
A partir de certains modèles, d’autres photos sont données pour faire découvrir sous divers angles ou à différentes époques une même sorte de vase. Ainsi le « dinos » se décline en plusieurs versions.
Un parcours donc qui peut prendre toutes sortes de directions.
Attention : lire attentivement les conditions d'utilisation de ce site.

http://harpy.uccs.edu
Pour cette adresse, plusieurs accès possibles : sur la page d’accueil, en cliquant sur « Image collections »
Greek ou bien Roman selon les besoins.
On peut accéder directement aux pages consacrées à l’art grec avec l’adresse : http://harpy.uccs.edu/greek/greek.html
Elles proposent des grands sites archéologiques (Delphes Epidaure, Olympie…) mais aussi de quoi construire et illustrer toute l’histoire de la statuaire grecque.
On peut accéder directement aux pages consacrées à Rome avec l’adresse :
http://harpy.uccs.edu/roman/html/roman.html
 
Elles proposent des orientations plus historiques, de quoi illustrer nos heures consacrées, dans les années lycée, à l’Histoire, ne serait-ce que les portraits des empereurs romains à travers la statuaire antique.
On y trouve aussi des monuments, des autels et de belles pages sur la peinture, avec le passage obligé par Pompéi…
Pour une fois que les Harpies nous sont favorables…
Bonnes visites !
Franceline Binet, Lycée Margueritte, Verdun

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Nous avons lu pour vous

Les divins Césars (Idéologie et pouvoir dans la Rome Antique) de Lucien JERPHAGNON - Edition France Loisirs, 2004 (env. 30 € ) (533 pages)

Dans ce récit qui va d’Auguste à Justinien, c’est-à-dire de 27 avant Jésus-Christ à 529 de notre ère, Lucien Jerphagnon raconte, avec son humour habituel, les rouages de l’idéologie et du pouvoir dans la Rome impériale. Livre riche en histoires d’hommes mais aussi histoire de la pensée, dialogue entre le politique et le philosophique.
J’ai voulu le lire d’affilée, comme un roman, et, malheureusement, cela devient vite « un peu lourd », peut-être en raison du style parfois un peu pompeux et un humour parfois pesant ...
A petites doses, c’est-à-dire par périodes historiques, par exemple, c’est plaisant, très instructif car les références littéraires d’auteurs antiques ou modernes sont nombreuses. Travaillant sur les empereurs, cela m’a été d’une aide très précieuse.
Je conseille donc de le lire, non comme un roman mais plus comme un ouvrage de références sur l’Empire, pour mieux le comprendre.


César et Cléopâtre de Colleen McCULLOUGH - Edition France Loisirs, 2002 (env. 35 € )
 
Passionnée par les romans d’amour, l’auteur des Oiseaux se cachent pour mourir a décidé de raconter ici la passion amoureuse qui va naître entre César et Cléopâtre. Pompée, après sa défaite cuisante de Pharsale, vient de se réfugier  dans la Vallée du Nil, en pleine sécheresse. César, victorieux, se rend en Egypte pour faire la paix avec son adversaire… mais trop tard : Pompée est assassiné.
De son côté, Cléopâtre veut récupérer le pouvoir usurpé par son frère-époux… Et c’est le point de départ d’une passion entre ces deux « chefs » d’état.
Cela pourrait être une banale histoire de plus pour célébrer l’amour entre cette jeune princesse et César. Mais cela devient vite une intrigue presque policière, César devant ruser avec ses ennemis comme avec ses faux amis…
Et c’est finalement une fresque historique que nous offre Colleen McCullough dans ses 1280 pages qui se lisent avec un vrai plaisir, allant jusqu’aux débuts d’Octave. Intrigues politiques, amoureuses tissent des liens étroits puisque l’on voit Antoine, Octave et tous les « grands » Romains de cette époque.
 A lire vraiment comme un roman…

Denis Ferlin

 

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Coordination du bulletin :

M-A.Lefort, lycée H.Boucher - 57100 Thionville : Marie-Anne.Lefort@ac-nancy-metz.fr
M.Printz, lycée St Exupéry - 57290  Fameck : michel.printz@wanadoo.fr
D.Ferlin, collège Jacques Callot - Neuves Maisons : denisferlin@wanadoo.fr

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Rappel : La rubrique des lecteurs est ouverte à tous ! 
@M.T.

 
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