PNF : Technologies de l’information en collège. Nancy, 19/01/99.

J. Moussa, IGEN.

A la suite d’une visite au collège de Geispolsheim, où j’ai pu voir en œuvre diverses utilisations des moyens informatiques, je me propose, d’une part de décrire sommairement ce que l’on m’a montré, et d’autre part de proposer quelques pistes de réflexion. Monsieur Ourliac, ici présent, est un des principaux acteurs du collège de Geispolsheim en ce qui concerne l’informatique ; il a prévu deux exposés sur des points précis de son expérience. J’espère, cela n’est pas mon but, ne pas empiéter trop sur les sujets qu’il a choisis.

I.MATERIEL

 

Le collège est équipé d’un nanoréseau qui fut installé lors du plan informatique, depuis le début des années 80. Ce réseau a été utilisé en continu depuis sa création, avec une salle pluridisciplinaire. Les utilisateurs étaient principalement les scientifiques, technologie, maths, physique. Il est intéressant de remarquer que le plan "informatique pour tous", qui avait été critiqué au niveau global, a pu donner parfois de bons résultats au niveau local.

Le parc d’appareils a été modernisé une première fois en 1993 : d’une part les machines obsolètes ont été remplacées, d’autre part, des salles de classe ont été pourvues d’un poste raccordé au réseau.

La situation actuelle est la suivante, après une évolution importante depuis 1993 :

Nombre d’élèves pour l’année en cours : 876.

CDI : 8 postes.

Salle utilisée par la technologie : 12 postes à processeur type 496 installés en 1993

Salle multidisciplinaire : 10 postes à processeur pentium

Il y a actuellement 12 postes permettant d’accéder au réseau Internet. A moyen terme tous les postes permettront l’accès. Une personne a été recrutée au titre d’un emploi-jeune : " responsable du suivi des installations " ; il est présent, notamment au CDI, pour aider les utilisateurs.

Les problèmes financiers ont été résolus avec une part importante de fonds propres, et les frais et le financement de l’ouverture au réseau sont déjà négociés.

II. INTRANET

Le fonctionnement en réseau, depuis longtemps déjà, permet le fonctionnement de logiciels de SMAO dont nous avons pu voir la démonstration. Le suivi individuel de chaque élève, et de chacune de ses sessions est aisé.

Sur l’intranet, les élèves trouvent le navigateur central du collège, dont les pages sont déjà écrites en langage HTML, et donc seraient utilisables sur le réseau.

III INTERNET

L’accès reste réservé, et ne peut se faire que sous la responsabilité d’un enseignant.

Nous avons suivi une démonstration lors d’une activité de club, regroupant des volontaires de classes et de niveau divers. Cette démonstration avait lieu dans la salle informatique ; les élèves utilisent le moteur de recherche ISEF (Index des Sites Educatifs Francophones) auquel ils sont limités. Le site qu’ils visitent propose des visualisations du théorème de pythagore, comprenant en tant qu’activités des puzzles (pour le théorème proprement dit), et des applications (vues spatiales de diverses figures, et calculs de longueurs utilisant le théorème).

IV COMMENTAIRES

L’introduction des nouvelles technologies vient mettre en question, et est susceptible de modifier en profondeur, la pédagogie " classique ". Tout d’abord, un certain nombre de facteurs positifs doivent être notés :

  1. L’initiative individuelle est stimulée, ainsi que la curiosité ; l’élève ne reste pas passif.

     

  2. L’apprentissage de la recherche documentaire, bien que plus évident dans d’autres disciplines que les Mathématiques, est rendu très attrayant.

     

  3. La vision géométrique est bien plus sollicitée ; la géométrie retrouve un caractère ludique, comme d’autres domaines.

     

  4. L’autoévaluation est également un succès : les pages " à trous " où la machine attend les réponses de l’élève permettent à celui-ci une confrontation immédiate avec le résultat attendu, sans le regard direct ou obligatoire (et non immédiat) du professeur. Nous avons pu observer l’effet positif de ce mécanisme sur l’attitude des élèves.

     

  5. Nous n’avons pas vu (cela concerne d’autres disciplines comme le français ou les langues) l’usage du courrier électronique. L’échange de solutions à des problèmes mathématiques est évidemment possible.

Voici maintenant des points sur lesquels une réflexion pourrait être développée :

  1. (Conduite de la classe) Sur un site un tant soit peu riche, les occasions pour l’élève de s’évader vers des pages sans rapport avec le travail en cours sont nombreuses. Si l’on utilise la comparaison des documents HTML avec un manuel, dans le second aussi, on peut aller " se promener ". La tentation d’aller visiter des pages non prévues est-elle plus forte que la tentation de feuilleter le manuel ?

    Comment maintenir à un niveau suffisant la cohérence de la classe relativement au travail proposé ? Si le choix des documents rapatriés, dans le cas d’un usage en INTRANET permet tout au moins au professeur de cerner le champ de la séance, qu’en est-il dans le cas de sessions internet ?

     

  2. (Contraintes matérielles) Les contraintes matérielles (mise en route, instructions, fermeture, etc…) prennent un temps significatif. Le collège visité a choisi de transformer le rythme des séquences pour toutes les classes : elles durent 75 minutes. (il y a trois séquences dans la matinée, deux dans l’après-midi). Si les utilisateurs des ordinateurs sont satisfaits de cette organisation, en est-il de même pour tous ?

     

  3. (Vers le " collège virtuel ? ") L’accès à l’Internet permettrait aux élèves d’utiliser les documents en ligne en dehors des temps scolaires, et aussi en dehors du collège. Est-il souhaitable de développer cette utilisation ? Quels problèmes (égalité d’accès depuis l’extérieur, part de travail " à la maison " pouvant ainsi être proposée entre autres) poserait-elle ?

     

  4. (Contenu de la formation) La réponse à des questions posées par les logiciels, qu’ils soient du genre SMAO ou que ce soient des pages à trous du type HTML, n’exige apparemment pas de l’élève qu’il explicite sa démarche logique. Quels logiciels, quels types d’activité seraient propres à développer cette exigence, de réflexion et de rédaction ?

     

  5. (Evaluation, sélection, élitisme) L’efficacité des logiciels pour la remédiation (aide à la vision dans l’espace par exemple) est évidente ; mais elle n’est pas nécessaire à tous ; les logiciels sont-ils assez stimulants pour ceux qui n’ont pas de difficulté de représentation des objets mathématiques ?

 

 

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