| Menu |
Contact : Alain Blachair.
Propositions du groupe d'expert sur les programmes.
1- Séries générales : présentation, notions (en serie L, ES et S), liste d'auteurs, apprentissage de la réflexion philosophique.
2- Séries technologiques : présentation, notions, liste d'auteurs.
.
Projet présenté par le Groupe dExperts pour les Programmes Scolaires
relatifs à la Philosophie, constitué sous la présidence de Michel Fichant,
Professeur à lUniversité de Paris IV
I. 1.
Dans toutes les classes terminales, lenseignement de la philosophie doit favoriser laccès de chaque élève à lexercice du jugement, en lui donnant une culture philosophique initiale et les moyens de la mettre en uvre.
La formation philosophique élémentaire vise ainsi à développer chez les élèves, par lacquisition de savoirs et la maîtrise de la réflexion, une conscience critique du monde qui est le nôtre.
Par les connaissances quil dispense, lenseignement de la philosophie ne se propose pas dabord de fournir les matériaux dune information, mais de contribuer à la compréhension du réel. Par lexercice méthodique de la réflexion, il contribue de même à linstruction pratique dun citoyen éclairé.
Il a pour fin de former les élèves à la liberté, et dabord à une liberté de réflexion.
I. 2.
Dans les classes terminales conduisant aux baccalauréats des séries générales, les programmes se composent d'une liste de notions et d'une liste d'auteurs.
Ces deux éléments seront étudiés conjointement, de manière à respecter lunité et la cohérence du programme. Ils définissent un cadre général à l'intérieur duquel le professeur possède l'entière liberté du choix des modalités de construction et d'organisation de son cours.
Les notions philosophiques étudiées dans les classes terminales sont nécessairement élémentaires. Lenseignement philosophique a ainsi pour tâche première de prendre pour objet les éléments communs de pensée, avec lesquels tout homme, en deçà dune formation philosophique élaborée, entretient une relation vivante, dans ses jugements comme dans ses discours et dans ses actes. A son niveau dinitiation, il sen propose lélaboration critique par la problématisation et la conceptualisation des notions. A cette fin, le professeur choisit de poser et de traiter, avec le concours actif des élèves, les problèmes qui détermineront lexamen rigoureux des notions du programme par les relations quils établissent entre elles.
Les notions peuvent être interrogées à la faveur du commentaire d'une uvre ; le commentaire d'une uvre peut à son tour être développé à partir d'une interrogation sur une notion ou sur un ensemble de notions. Le professeur déterminera en toute liberté la démarche qui lui paraîtra le mieux correspondre aux exigences de son cours.
La liste des notions et celle des auteurs ne proposent pas un champ indéterminé de sujets de débats ouverts et extensibles à volonté. Elles nimposent pas non plus un inventaire supposé complet de thèmes détude que lélève pourrait maîtriser du dehors par lacquisition de connaissances spéciales, soit en histoire de la philosophie, soit en tout autre domaine du savoir. Elles doivent être exploitées comme des instruments dont lusage, tout en requérant lacquisition de connaissances rationnelles et lappropriation du sens des textes philosophiques, vise à lapprentissage autonome de la réflexion philosophique.
Les contraintes propres à lenseignement de la philosophie dans les classes terminales des séries générales excluent toute visée encyclopédique. Il ne saurait être question de résumer ou de condenser le tout de la philosophie en quelques notions. Le choix dun nombre restreint de notions na dautre principe que didentifier les plus communes et les mieux partagées. En outre, les notions retenues doivent constituer un ensemble suffisamment cohérent et homogène pour que leur traitement fasse toujours ressortir leurs liens organiques.
La liste de notions est présentée sous trois titres : la condition humaine, le savoir, lagir. Ces titres, pas plus que les autres notions, ne constituent, dans l'économie du cours élaboré par le professeur, des têtes de chapitre. La présence dune notion sous lun de ces titres ninterdit pas non plus que tout ou partie des développements qui lui seront consacrés soit conduit au sein dun autre groupement. L'articulation des notions entre elles et avec l'étude des uvres relève ainsi entièrement des choix philosophiques et pédagogiques du professeur. Il faut et il suffit que toutes les notions soient examinées.
La condition humaine
La conscience
Linconscient
Autrui
Le langage
Le désir
Le temps
Lexistence
Lart
La religion
La culture
Le savoir
La vérité
La raison
Lexpérience
La technique
La démonstration
Linterprétation
La connaissance scientifique
La matière
Le vivant
Lesprit
Lagir
Le travail
Lhistoire
La société
La justice
LEtat
La liberté
Le devoir
Le bonheur
II.1.2. Série économique et sociale
La condition humaine
La conscience
Linconscient
Le langage
Le désir
Lart
La religion
La culture
Le savoir
La vérité
La raison
Lexpérience
Linterprétation
La technique
La connaissance scientifique
Lagir
Le travail
Lhistoire
La société
La justice
LEtat
La liberté
Le bonheur
La condition humaine
La conscience
Linconscient
Le langage
Le désir
Lart
Le savoir
La vérité
La raison
Lexpérience
La connaissance scientifique
La matière
Le vivant
Lesprit
Lagir
Le travail
Lhistoire
La société
La justice
LEtat
La liberté
Cette liste détermine lensemble dans lequel seront choisis dune part les textes proposés à lépreuve écrite du baccalauréat, et dautre part ceux étudiés en cours dannée que lélève présentera, le cas échéant, à lépreuve orale. L'étude des uvres, dont le choix est laissé à l'appréciation du professeur, peut être conçue comme un approfondissement du cours en rapport avec les notions figurant au programme.
Bien entendu, le professeur peut toujours utiliser dans son enseignement des écrits dauteurs qui ne figurent pas sur cette liste.
Les uvres, étudiées de façon suivie, pourront l'être soit en totalité, soit par parties significatives, pourvu que celles-ci aient une certaine ampleur, forment un tout et présentent un caractère de continuité.
Deux uvres au minimum en série L, une au minimum dans les séries ES et S seront étudiées. Dans tous les cas où plusieurs uvres seront étudiées, elles seront choisies dans des périodes distinctes (la liste fait apparaître trois périodes : l'Antiquité et le Moyen Age, la période moderne, la période contemporaine). Luvre ou lune au moins des uvres choisies sera de lun des auteurs dont le nom est précédé dun astérisque.
*Platon ; *Aristote ; *Épicure ; Lucrèce ; Sénèque ; Cicéron ; *Épictète ; Marc Aurèle ; Sextus Empiricus ; Plotin ; *Augustin ; Averroès ; Anselme ; Thomas d'Aquin ; Guillaume dOckham.
Machiavel ; Montaigne ; Hobbes ; *Descartes ; *Pascal ; *Spinoza ; Locke ; Malebranche ; *Leibniz ; Vico ; Berkeley ; Condillac ; Montesquieu ; *Hume ; *Rousseau ; Diderot ; *Kant.
*Hegel ; Schopenhauer ; Tocqueville ; Comte ; Cournot ; Stuart Mill ; Kierkegaard ; *Marx ; *Nietzsche ; Freud ; Husserl ; *Bergson ; Alain ; Russell ; Bachelard ; *Heidegger ; *Wittgenstein ; Popper ; *Sartre ; Arendt ; Merleau-Ponty ; Levinas ; Foucault.
III. Apprentissage de la réflexion philosophique.
L'enseignement de la philosophie doit former les élèves à la réflexion, à lanalyse et à l'argumentation philosophiques. La maîtrise de ces démarches apparaît comme la garantie de l'autonomie de la pensée.
A cet effet, leffort doit porter, dans le cadre dune initiation à la philosophie, sur lappropriation dun ensemble dexigences de base. La dissertation et lexplication de texte sont les formes de discours écrit les plus appropriées pour évaluer le travail de lélève de la classe de philosophie. Elles permettent de former, dexercer et de vérifier la capacité de lélève à utiliser les concepts élaborés, les réflexions développées et les connaissances acquises dans le cadre de létude des notions. Ces concepts, ces réflexions et ces connaissances doivent être pour lui un appui dans le traitement du problème quil lui appartient de formuler de manière personnelle, à partir de la question posée.
Dissertation et explication de texte ne sont donc pas des exercices sans règle, au cours desquels il reviendrait à chacun de sabandonner à linspiration du moment, sans que le travail antérieurement accompli ait la moindre influence sur le résultat de lépreuve ; mais leur maîtrise ne saurait non plus se réduire à celle dun ensemble de recommandations formelles. Elle sacquiert par lexercice et à laide dexemples. Lagencement même du cours du professeur doit permettre aux élèves de développer un ensemble de capacités indispensables au travail de dissertation et dexplication de texte, qui seront aussi sollicitées lors des interventions orales des élèves. Ce sont elles qui seront appréciées à lexamen, tant à lécrit que dans le cadre des épreuves du second groupe.
Sans quil y ait lieu den donner une énumération exhaustive, on insistera sur lacquisition de capacités présupposées ou mobilisées dans le travail philosophique, sous sa forme écrite ou orale : introduire à un problème, construire ou analyser un raisonnement, apprécier la valeur dun argument, exposer et discuter une thèse pertinente par rapport à un problème bien défini, rechercher un exemple illustrant un concept ou une difficulté, établir ou restituer une transition entre deux idées, élaborer une conclusion. Progresser dans ces démarches demande par ailleurs que soient acquises un certain nombre de normes générales du travail intellectuel, telles que lobligation dexprimer ses idées sous la forme la plus simple possible, celle de nintroduire que des termes dont on est en mesure de justifier lemploi, celle de distinguer les différents sens dun mot lorsque le raisonnement que lon conduit repose sur lui, etc. Ces normes sont élémentaires, mais les faire acquérir est le moyen non seulement daméliorer les résultats des élèves aux exercices scolaires qui leur sont demandés, mais aussi de favoriser la clarification durable de leur pensée.
2- PROGRAMME DENSEIGNEMENT DE LA PHILOSOPHIE
EN CLASSES TERMINALES DES SERIES TECHNOLOGIQUES
Projet présenté par le Groupe dExperts pour les Programmes Scolaires
relatifs à la Philosophie, constitué sous la présidence de Michel Fichant,
Professeur à lUniversité de Paris IV
I. 1.
Dans toutes les classes terminales, lenseignement de la philosophie a pour fin de favoriser laccès de chaque élève à lexercice du jugement, en lui donnant les éléments dune culture philosophique initiale et les moyens de la mettre en uvre.
I. 2.
La réalisation de cet objectif dans les classes des séries technologiques comporte des conditions particulières de réussite. Lune delle est la reconnaissance du fait que les professeurs y dispensent leur enseignement dans des situations en partie spécifiques.
En effet, les élèves ont souvent développé des compétences particulières dans les disciplines technologiques quils ont pratiquées avant leur arrivée en classe terminale, mais elles restent pour eux bien souvent dissociées de ce quils sont à même dinvestir dans les disciplines denseignement général. Leur rapport à la langue, et notamment à la langue écrite, oppose une difficulté spécifique à leur accès à la réflexivité philosophique, sous les formes que celle-ci a prises dans notre tradition.
Cest pourquoi le professeur doit trouver les médiations, les exercices et les modes de participation sans lesquels les élèves ne sont pas mis en mesure de sapproprier réellement le travail sur les problèmes philosophiques et la lecture des textes. A cette occasion, il est amené à sinterroger sur la possibilité darticuler les compétences spécifiques des élèves avec la réflexion philosophique. Pour les apprentissages requis par lexercice de la dissertation, de lexposé oral et de létude des textes, il a été et il reste souvent indispensable dinventer des formes de travail avec les élèves qui ne sen tiennent pas au seul cadre de la leçon. Elles doivent être partagées et mises en patrimoine dans un retour continu dexpériences. Ce travail pédagogique, auquel lenseignement philosophique doit de maintenir sa fonction dans les séries technologiques, sera légitimé et encouragé dans la mise en uvre du présent programme.
II.
Le programme se compose dune liste de notions et dune liste dauteurs. Ces deux éléments seront étudiés conjointement.
Les notions philosophiques étudiées dans un enseignement propre aux classes terminales sont nécessairement élémentaires. Les mots qui les désignent appartiennent au langage ordinaire et expriment quelques-uns des « lieux communs » les plus fondamentaux de la pensée et du discours : ce caractère commun permet que sy rencontrent lintelligence quen a le professeur et celle quen a lélève. Lusage partagé de ces mêmes mots, fût-il dabord fruste ou trivial, ou même tenu pour erroné, rend possible la communication pédagogique qui sert à linstauration dun cours de philosophie.
Lenseignement philosophique a ainsi pour tâche première de prendre pour objet les éléments communs de pensée, avec lesquels tout homme, en deçà dune formation philosophique élaborée, entretient une relation vivante, dans ses jugements comme dans ses discours et dans ses actes. A son niveau dinitiation, il sen propose lélaboration critique par la problématisation et la conceptualisation des notions. A cette fin, le professeur choisit de poser et de traiter, avec le concours actif des élèves, les problèmes qui détermineront lexamen rigoureux des notions du programme par les relations quils établissent entre elles.
La liste des notions et celle des auteurs ne proposent pas un champ indéterminé de sujets de débats ouverts et extensibles à volonté. Elles nimposent pas non plus un inventaire supposé complet de thèmes détude que lélève pourrait maîtriser du dehors par lacquisition de connaissances spéciales, soit en histoire de la philosophie, soit en tout autre domaine du savoir. Elles doivent être exploitées comme des instruments dont lusage, tout en requérant lacquisition de connaissances rationnelles et lappropriation du sens des textes philosophiques, vise à lapprentissage autonome de la réflexion philosophique.
Les contraintes propres à lenseignement de la philosophie dans les classes terminales, et notamment lhoraire réduit dont il dispose dans les séries technologiques, excluent toute visée encyclopédique. Il ne saurait être question de résumer ou condenser le tout de la philosophie en quelques notions. Le choix dun nombre forcément limité de notions na dautre principe que didentifier les plus communes et les mieux partagées, dans lesquelles se réalise le plus universellement, et en dehors de toute spécialisation, la rencontre entre les interrogations que tout homme est à même de formuler pour son propre compte et les diverses modalités que la philosophie a développées pour en approfondir lexamen. Les notions retenues doivent constituer un ensemble suffisamment cohérent et homogène pour que leur traitement fasse toujours ressortir leurs liens organiques.
Les notions répertoriées sur la liste suivante ne constituent pas des titres de chapitres successifs et distincts. Elles indiquent les directions dans lesquelles la recherche et la réflexion sont invitées à sengager. Leur énumération nimpose aucun ordre obligatoire à leur étude : il faut et il suffit quelles soient toutes examinées.
La vérité
Le langage
Lart
La société
Le travail
La justice
La liberté
Le bonheur
La liste des auteurs a une double fonction : d'une part, elle détermine lensemble d'où devront être tirés les textes proposés à l'écrit du baccalauréat ; elle indique, d'autre part, les auteurs dont les uvres, étudiées en classe, seront à loral objet d'interrogation. Létude des textes, dont le choix est laissé à l'appréciation du professeur, sera adaptée à lhoraire de la classe. Elle ne prendra pas nécessairement la forme dune analyse suivie et systématique duvres.
Bien entendu, le professeur peut toujours utiliser dans son enseignement des écrits dauteurs qui ne figurent pas sur cette liste.
Les textes présentés par lélève à loral du baccalauréat seront choisis dans les uvres des auteurs dont le nom est précédé dun astérisque.
*Platon ; *Aristote ; *Épicure ; Lucrèce ; Sénèque ; Cicéron ; *Épictète ; Marc Aurèle ; Sextus Empiricus ; Plotin ; *Augustin ; Averroès ; Anselme ; Thomas d'Aquin ; Guillaume dOckham.
Machiavel ; Montaigne ; Hobbes ; *Descartes ; *Pascal ; *Spinoza ; Locke ; Malebranche ; *Leibniz ; Vico ; Berkeley ; Condillac ; Montesquieu ; *Hume ; *Rousseau ; Diderot ; *Kant.
*Hegel ; Schopenhauer ; Tocqueville ; Comte ; Cournot ; Stuart Mill ; Kierkegaard ; *Marx ; *Nietzsche ; Freud ; Husserl ; *Bergson ; Alain ; Russell ; Bachelard ; *Heidegger ; *Wittgenstein ; Popper ; *Sartre ; Arendt ; Merleau-Ponty ; Levinas ; Foucault.