ACADEMIE DE NANCY-METZ Nancy,le 21 mars 2000
Inspection Pédagogique Régionale
Le Recteur d’Académie de Nancy-Metz
à Mesdames, Messieurs les Principaux des Collèges
s/c Monsieur l’Inspecteur d’Académie
Réf
:IA-IPR/MS/AG/00Le développement de la culture
scientifique et technologique prévu dans le Projet Académique suppose qu’une
attention particulière soit portée aux équipements qui permettent aux
élèves de recevoir un enseignement concret basé sur des manipulations qu’ils
effectuent eux-mêmes, comme le prévoient les instructions officielles.
Ces installations sont fragiles,
leur vieillissement et quelques inévitables dégradations peuvent mettre en
cause la sécurité des usagers et les conditions nécessaires au déroulement
normal de l’enseignement.
Cette circulaire a pour but d’attirer
votre attention sur quelques principes qu’il conviendra éventuellement de
compléter par un retour aux textes réglementaires (décret du 30.08.85, code
du travail) ou au guide d’équipement des collèges
(www.ac-grenoble.fr/guides/).
Vous pourrez également
solliciter, chacun dans son domaine de compétence, l’inspecteur hygiène et
sécurité en poste, au rectorat de Nancy-Metz, et les Inspecteurs Pédagogiques
Régionaux des disciplines scientifiques.
1) Installations électriques :
Les élèves doivent disposer d’une
source de tension du secteur qui va leur permettre d’alimenter différents
appareils. Ces prises doivent être installées comme l’exigent les normes de
sécurité.
En aucun cas, ni les élèves, ni
le professeur, ne doivent brancher des appareils à carcasse métallique
démunis de prise de terre ou, des appareils ne portant pas le logo "
double isolation ", ou prendre des mesures visant à éliminer la mise à
la terre.
L’attention des Chefs d’établissement
doit se porter vers les appareils anciens, hors norme, hors sécurité, la
plupart du temps inutilisés, qui sont présents dans les laboratoires et qui
peuvent à tout moment être branchés par une personne non avertie. Ces
appareils doivent faire l’objet d’une procédure de réforme auprès du
Conseil d’Administration afin d’être remplacés.
Il reste évident que, ni le
professeur, ni les élèves, n’est (ne sont) autorisé(s) à effectuer des
manipulations avec des " fils volants " liés d’une manière ou d’une
autre (alternostat, autotransformateur) au secteur. Dans cette logique, malgré
des campagnes publicitaires, les douilles à double puits dites " de
sécurité " indispensables dans les établissements techniques sont
inutiles dans les collèges, puisque les expérimentations se font
essentiellement en très basse tension de sécurité.
Les manipulations des élèves se
font donc à l’aide d’un générateur redresseur individuel très basse
tension de sécurité, alimenté par une prise 220 V en bon état et à la
norme. Ces appareils doivent être en nombre suffisant. Les distributions
collectives de très basse tension avec l’utilisation de lignes " sèches
" se révèlent être onéreuses et peu utiles, et quelquefois dangereuses.
La puissance possible à chaque
paillasse étant de l’ordre du kilowatt, il est nécessaire d’envisager une
alimentation de l’ordre de 12 kilowatts par salle. Ceci peut entraîner un
renforcement de la ligne d’arrivée.
L’exercice de votre
responsabilité concernant l’hygiène et la sécurité dans l’ E.P.L.E, que
vous dirigez, vous invite à vous adresser périodiquement à un bureau de
contrôle et à solliciter la collectivité territoriale responsable des
équipements .
2) Installation du gaz :
Les élèves et le professeur
doivent pouvoir disposer d’une installation de gaz qui est généralement le
gaz de ville. Ce moyen de chauffage notamment utilisé en chimie demeure
indispensable pour réaliser certaines expériences prévues par les programmes.
La maîtrise de son utilisation en toute sécurité par les élèves est une
contribution à l’éducation du citoyen car l’énergie " gaz "
demeure une énergie d’avenir qui se situe en alternative au tout nucléaire
(voir à ce sujet la récente publication du CNDP " Textes et documents
pour la classe " n°772).
Depuis quelques temps, le
vieillissement des installations et la légitime recherche de la sécurité des
personnes et des biens ont entraîné la mise hors service ou le démantèlement
des installations de gaz des laboratoires, d’abord sur les tables des
élèves, puis sur les tables des professeurs. Cet état de fait a entraîné l’abandon
de certaines parties du programme et la recherche de solutions qui apparaissent
comme des expédients et qui sont dangereuses : brûleurs mobiles installés sur
des cartouches, bouteilles de butane, matériel électrique d’efficacité
douteuse, lampes à alcool ..! Dans cette logique, le Ministre a rappelé par la
circulaire du 8 mars 1999 (pièce jointe) l’interdiction
d’utiliser les brûleurs installés sur des cartouches ou des bouteilles. et
la nécessité d’alerter la collectivité territoriale responsable de la
viabilité des établissements d’enseignement afin qu’elle assure la
maintenance ( et non la suppression ) de l’installation défectueuse.
Là aussi, les normes de
sécurité sont parfaitement claires et connues des installateurs ; elles
comprennent notamment des vannes qui permettent la mise hors service des
robinets situés près des élèves ; leur présence est de nature à rassurer
le responsable de la sécurité des élèves présents dans I’E.P.L..E.
Les fabricants de matériel, dans
le cadre des normes en vigueur, et dans le but de faciliter les opérations de
maintenance, distribuent des accessoires de plomberie spécifiques " durcis
" qui résistent mieux à l’usage intensif ou au vandalisme.
L’absence d’installation de
gaz ( prévue dans le guide d’équipement des collèges pour certains cas
particuliers : bâtiments métalliques ou en forme de tour) doit être
considérée comme une situation difficile à assumer car les " brûleurs
électriques " actuellement proposés, d’une technologie encore
insuffisante, sont onéreux , pas sans danger et ne permettent pas de réaliser
toutes les expériences prévues par les instructions officielles. Sur cette
question il est important de consulter les inspecteurs pédagogiques régionaux
lors de la rédaction d’un projet .
L’exercice de votre
responsabilité concernant l’hygiène et la sécurité dans l’E.P.L.E. que
vous dirigez vous invite à vous adresser périodiquement à un bureau de
contrôle et à solliciter la collectivité territoriale responsable des
équipements.
3) Installation de l’eau courante :
Les élèves et le professeur
doivent pouvoir disposer d’une installation d’eau et de son évacuation. Le
laboratoire où est nettoyée la verrerie devrait pouvoir disposer de l’eau
chaude. Ces services, qui ne devraient pas poser de problèmes particuliers,
sont malheureusement absents dans de nombreux collèges, et il serait important
qu’un effort particulier soit consenti pour remettre en état la robinetterie
et les évacuations en repensant à leur caractère fonctionnel.
Les fabricants d’équipements
proposent là aussi des appareillages renforcés ou escamotables qui sont moins
faciles à dégrader.
4) Les produits chimiques :
L’enseignement des sciences
expérimentales suppose la présence, dans les laboratoires du collège, de
produits chimiques. Certains sont inoffensifs, d’autres toxiques. Ils doivent
faire l’objet d’une attention particulière. Seul l’emploi du benzène
fait l’objet d’une mesure d’interdiction réglementaire.
Cette attention particulière comprend notamment
:
* le rangement des produits dans les locaux inaccessibles aux élèves dans des armoires fermant à clef, et qui devront progressivement être conformes à la norme avec un dispositif de ventilation mécanique.
* l’étiquetage des produits au moyen d’étiquettes réglementaires signalant le danger (là aussi, il s’agit d’éduquer les futurs citoyens).
* la tenue d’un inventaire permettant de déterminer l’âge et l’état de conservation des produits, et de leur conditionnement, dans le but de parvenir à un stockage minimal (flux tendu).
* l’élimination des produits inutiles ou périmés, dans le respect de l’environnement (éventuellement par une société spécialisée).
* la mise à la disposition des usagers des fiches de données de sécurité normalisées (voir catalogue de fournisseurs).
* les bouteilles de gaz spéciaux (oxygène, gaz carbonique ...) doivent être conservées selon les règles en vigueur au moyen d’un dispositif destiné à empêcher leur chute : chariot ou fixation murale.
* les balances, particulièrement les balances électroniques précises utilisées en TP, qui sont actuellement l’objet de la convoitise des trafiquants de drogue, doivent être soigneusement rangées et mises sous clef après utilisation.
* les produits ou gaz toxiques ou irritants prévus par les programmes continuent à être utilisés en quantité raisonnable et en ayant recours aux dispositifs de sécurité requis (hottes fixes ou mobiles, sorbonnes, gants, masques, lunettes ...).
Je vous demande de bien vouloir me signaler les difficultés que vous pourrez rencontrer dans ce domaine.
Le Recteur
Joseph LOSFELD