Concours
de plaidoiries du 10 septembre au 18 décembre 2002
Concours
de plaidoiries du 09 septembre au 17 décembre 2003

Le professeur dispose pour les élèves identifiables sur les photos de documents signés contenant leur accord (et pour les élèves mineurs celui de leur famille) en vue d'un affichage sur ce site.
Remerciements
au Républicain Lorrain qui nous a autorisés à
publier les fac-similés des articles.
Cette expérience s'est déroulée au lycée Saint-Exupery de Fameck (Moselle) du 10 septembre au 18 décembre 2003. Il a été encadré par M. Meignel, professeur de Sciences Economiques et Sociales et par Melle Siebert, documentaliste .
La réalisation de ce projet doit beaucoup à l'enthousiasme
communicatif d'un autre enseignant-formateur de S.E.S : M. Freichel. Outre
ses précieux conseils, c'est surtout sa capacité à faire
ressentir toute l'émotion et la richesse de ce beau projet pédagogique
qui nous a guidés. Je vous incite donc très fortement à
lire les quelques lignes de présentation de cette action, en espérant
qu'elles vous donneront cette même envie. L'aventure est prenante mais
réellement exaltante.
De quoi s'agit-il ? Nous présentons donc successivement les objectifs
pédagogiques du concours, son déroulement et un bref bilan.
Activité : construction d'un argumentaire dans le but de le présenter à l'oral en public, et d'en présenter un résumé écrit.
Niveau : 1ère (l'expérience peut se mener également en seconde et en terminale). Parfaitement adapté aux programmes d'ECJS.
Objectifs :
| Savoir-faire : | ||
| recherche et extraction d'informations appropriation d'un sujet construction d'un argumentaire convaincant travail en groupe et en autonomie communication écrite communication orale gestion du stress. |
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| Savoirs : | ||
| Comprendre en profondeur un problème
concernant les droits de l'homme et dépasser le stade de la simple
indignation. Connaissance des associations de défense des droits de l'Homme |
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| Ressources : | ||
| Internet CDI et autres bibliothèques. Fond documentaire d'Amnesty International (mais on peut faire appel également à d'autres associations de défense des droits de l'homme). |
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| 1) L'objectif | ||
| Chaque année le musée pour la paix de Caen
organise un concours de plaidoiries réservé au lycéen
de seconde, première et terminale. " Les candidats doivent
rédiger une plaidoirie illustrant une situation d'atteinte aux
droits de l'homme. L'exposé devra porter sur une cause concrète
et d'actualité en France ou dans le monde. Il peut s'agir d'un
cas général ou d'un cas particulier concernant une personne
persécutée. " (article 3 du règlement du concours). Pour de plus amples informations on peut se reporter au site du mémorial : http://www.memorial-caen.fr |
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| 2) Les étapes du concours | ||
| 1° étape : | Sélection pour la finale régionale de Strasbourg : Sur la base de résumé écrit (en 2002, il devait être transmis avant le 6 novembre), le comité organisateur de Caen sélectionne les groupes retenus pour participer à la finale régionale qui a lieu au mois de décembre (14 jurys régionaux en 2002). Trois Groupes du Lycée ont réussi à franchir cette étape. | |
| 2° étape : | Sélection pour la finale nationale de Caen : chaque jury régional classe et récompense trois équipes participantes. Seul le premier prix permet d'accéder à la finale nationale (début janvier) qui regroupe donc les vainqueurs des 14 finales régionales. Aucun groupe du lycée n'a été primé. | |
| 3° étape : | Les candidats retenus pour la finale nationale présentent leur plaidoirie devant un jury composé de personnalités concernées par la défense des droits de l'homme : avocats, enseignants, écrivains, militants d'associations de défense des droits de l'homme, lycéens. Cinq prix sont décernés. | |
| 1) Les modalités du concours local | |
| Nous avons organisé au sein du lycée
une soirée où tous nos élèves ont du
présenter leur plaidoirie devant un jury composé de professeurs
mais aussi d'avocats, de journalistes et de militants d'association de
défense des droits de l'homme. Nous avions également invité
les parents des élèves qui ont pu décerner un prix
du public. La soirée fut un franc succès : plus de 100 participants
! Nous avons informé nos élèves de cet objectif dès la première présentation du concours. La participation de tous était obligatoire. L'accueil n'a pas été enthousiaste... ils ont pris leurs profs pour des fous ! Ce n'est qu'à la fin de leur travail et après une première présentation orale (à la classe) de leur plaidoirie que nous avons demandé aux élèves si ils désiraient renoncer à participer au concours du lycée. Seul un groupe sur 14 a décidé de ne pas participer, les autres élèves ayant déjà fait le travail ont tous voulu continuer l'aventure... |
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| 2) La nécessité du concours local | |
| Le concours national est un exercice réservé
à une très petite minorité de groupes candidats.
Seuls dix groupes peuvent être retenus pour la finale régionale
pour les académies d'Alsace et Lorraine, et un seul de ces dix
groupes participe à la finale nationale. De plus la sélection
à ces différentes étapes échappe totalement
aux enseignants organisateurs. C'est pourquoi, seule la mise en place d'un concours local permet d'insuffler le défi à l'ensemble des élèves. Le concours national demeurant le " petit plus espéré " mais non indispensable à la poursuite des objectifs pédagogiques. |
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| 3) les vertus du concours local. | |
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La pression exercée sur les élèves par le concours local est énorme. Il s'agit de ne pas décevoir ses copains, sa famille et d'assurer une prestation de bonne qualité devant des professionnels et des professeurs. Cette pression inhabituelle entraîne beaucoup de stress le jour de l'épreuve mais elle favorise aussi une très grande implication. La participation obligatoire de tous les élèves
permet : De plus le concours local est une répétition générale fort instructive en vue du concours régional. Nous avions d'ailleurs donné à chaque membre du jury, le jour du concours, une grille d'évaluation des différentes prestations. Cette grille permettait de classer les plaidoiries mais aussi de donner des conseils pour améliorer le travail des élèves. Ces différentes grilles ont été dépouillées par les élèves concernés, ce qui a permis aux groupes retenus à la finale régionale d'avoir une nouvelle base de travail. |
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Le travail mené avec les élèves a permis de remplir
les objectifs pédagogiques (cf supra) avec une efficacité plus
grande qu'à l'accoutumée. Les vertus du concours local sont
nombreuses mais tiennent surtout à une implication plus grande liée
au stress (cf supra).
Les élèves ont réussi à impressionner leur public
(cf les articles de presse de N. Bastuck en 2002 et de P. Jacquemot
en 2003 dans le Républicain Lorrain), ils se sont eux même surpris
à faire des choses dont ils ne se sentaient pas forcément
capables. Ils ont dù pour cela beaucoup travailler et se dépasser
en se confrontant à des exercices qu'ils n'apprécient pas toujours
(exposé oral devant un public ). Ils ont vaincu leur appréhension
: un élève redoublant qui refusait toujours de passer à
l'oral (l'année dernière, il ne s'était pas présenté
à l'oral de français, ni au bac blanc du lycée, ni au
bac de fin d'année...) a joué le jeu. Sa prestation honnête
a été un grand motif de fierté pour lui et ... pour son
professeur. Des élèves souvent silencieuses ont trouvé
l'énergie pour vaincre leur timidité...Certains élèves
ambitionnent d'intégrer Sciences-Po Paris (dans le cadre du partenariat
Sciences-Po/ZEP) et se sont trouvés confrontés à une
sorte de grand oral...
L'objectif principal d'un tel exercice reste donc celui de la prestation orale
(même si tous les éléments évoqués dans
le I - cf supra - ont été atteints). Cela a été
l'occasion d'un véritable travail sur ce thème, d'y consacrer
des séquences entières. Cela permet également de gagner
du temps dans l'apprentissage des techniques de recherche d'information pour
les TPE.
Pour le professeur d'ECJS c'est également l'occasion d'ancrer la problématique
des droits de l'homme dans une réflexion citoyenne concrète
et qui fasse sens pour les élèves (il faut voir leur capacité
de conviction et d'identification à leur cause !).
L'organisation du concours au lycée a demandé dans un laps
de temps très réduit (les résumés des plaidoiries
devaient être envoyés avant le 6 novembre) un gros investissement
en temps. L'horaire d'ECJS, une heure quinzaine n'a pas permis de faire face
à tous les besoins (préparation aux concours mais aussi organisation
du concours local et de la sortie au concours régional), il a donc
fallu utiliser des horaires de cours ou de TPE. De plus la constitution du
jury local demande la réalisation et le suivi d'un mailing qui exige
aussi beaucoup de temps de la part des professeurs.
Pour les élèves, le concours régional a donné
lieu à un bilan plus mitigé, aucun des trois groupes participants
n'ayant été primés. Les élèves du lycée
ont vécu assez douloureusement ce qu'ils ont ressenti comme une injustice.
Ils ont à cette occasion accusé le jury d'avoir volontairement
"sacqué les élèves de Z.E.P " ... Le cadre
du concours régional était très prestigieux : la cour
européenne des droits de l'homme. Nos élèves ne se sentaient
pas ici à leur place !
Devant ces réactions, nous avons tenté de proposer une grille
de lecture sociologique à cet échec. Nous ne partagions pas
leur vision d'un complot volontaire et si les prestations de nos élèves
avaient été bonnes, nous avions trouvé que dans l'ensemble,
ils leur manquaient un peu de confiance, un peu de cette aisance naturelle
qui fait souvent la différence à l'oral. Dans notre cours sur
la culture et la socialisation, nous avons alors proposé une réflexion
sur le caractère inégal de l'exercice oral : existe-t-il
une inégale maîtrise de la prestation orale selon le milieu social
? (cf documents de P. Bourdieu1 et de
J-F Amadieu2 sur le thème : l'oral
est-il un exercice inégal ?). Ce travail les a beaucoup intéressés
mais il a rendu certains élèves fatalistes, d'autres plus volontaires
pour pallier ce manque d'aisance naturelle ...
Le bilan global est largement positif. Il faut cependant insister sur deux points. Premièrement, la dynamique du concours local est de loin la plus intéressante, même si c'est la perspective du concours régional et national qui tire et justifie le concours interne au lycée. Deuxièmement, la participation au concours régional est plus délicate, elle exige de modérer l'ambition (et les rêves) des candidats mais surtout elle exige une forme particulière de préparation.
PS : Ce bref mais déjà long exposé n'a pas permis d'aborder toutes les dimensions du projet. Il n'a pas été permis notamment de donner le détail de la démarche pédagogique (les différentes séquences réalisées avec leurs objectifs). Si vous le désirez vous pouvez toujours nous contacter (stephane.meignel@libertysurf.fr).
1 Pierre Bourdieu : article "le marché linguistique" (p 121-137) paru dans l'ouvrage Questions de sociologie, éditions de minuit, 1984.
2 J-F Amadieu : Le poids des apparences (sous titre : beauté amour et gloire), éditions Odile Jacob, mars 2002, p 80-81.
télécharger le document original : concourspresentation2003.doc, 40 ko
Voir les vidéos de la finale nationale sur le site du Mémorial de Caen.