Description
Synthèse de la loi relative aux salaires, au temps de travail et au développement de l’emploi (loi Fillon)
Texte
Par décision du 13/01/03, le conseil constitutionnel a déclaré la loi relative aux salaires, au temps de travail et au développement de l’emploi conforme à la constitution.
La loi a donc été publiée au JO le 18/01/03. Pour le texte de la loi : www.legifrance.gouv.fr
Pour une synthèse du recours déféré au conseil et du contenu de la loi, voir document joint
Vous trouverez de nombreuses analyses sur la toile. A titre d’exemple le point de vue de Denis CLERC http://www.alternatives-economiques.fr/site/nouvelles_pages/208_002.html
Pour
le groupe de la lettre de l'économie et du droit (ecogest@ac-nany-metz.fr) :
Brigitte DELACOURT Anne CAPRIO Gismonde CUNY Pascale DAVID Elisabeth FURLAN Suzanne HALTERMEYER Gérard MARTY
1) Le recours déféré au conseil
constitutionnel
La contestation portait sur les conditions de sécurisation des conventions et accords conclus avant la réforme.
Il s’agissait, plus précisément, des articles 2 et 16 de la loi qui, selon les requérants, étaient contraires au principe de faveur (les conventions et accords peuvent déroger à la loi au sens large que dans un sens favorable aux salariés) et à la liberté contractuelle.
Pour plus d’informations à ce propos, nous vous conseillons de consulter le site du conseil constitutionnel (décision du 13/01/03) sur lequel vous trouverez, outre la décision, un dossier documentaire et un commentaire : http://www.conseil-constitutionnel.fr/
(rubrique actualités)
2) Le contenu de la loi
PREMIER VOLET. « Les dispositions
relatives au salaire minimum de croissance »
· La loi vise à une harmonisation totale des SMIC au 01/07/05 ; sous l’effet des garanties de rémunération mensuelle (cinq GRM), six SMIC coexistent aujourd’hui.
· Il s’agit d’aligner le SMIC horaire le plus bas sur le plus haut (c’est à dire au niveau de la GMR la plus élevée) d’ici 5 ans (01/07/02), ce qui correspond à une hausse sur 3 ans de 11, 4 % pour le premier.
· Les règles actuelles de revalorisation du SMIC sont provisoirement suspendues ; seule l’indexation sur l’indice des prix à la consommation est préservée (suppression temporaire de l’intégration des fruits de la croissance ou hausse moyenne du pouvoir d’achat des salariés)
Jusqu’au 01/07/05, le SMIC horaire sera donc revalorisé chaque premier juillet en fonction du coût de la vie (inflation) et d’une majoration spécifique (« coup de pouce ») permettant d’atteindre la revalorisation totale de 11,4 ¨%
Après le 01/07/05 le mécanisme actuel de fixation du SMIC s’appliquera de nouveau.
Si
la loi ne remet pas en cause le principe de la durée légale de 35 heures, elle
assouplit le régime (recours aux heures supplémentaires facilité, allégement
des obligations des petites entreprises…) et renforce la responsabilité des
partenaires sociaux en faisant de la loi un élément subsidiaire aux
accords (fixation du coût des heures supplémentaires, du contingent déclenchant
le droit au repos compensateur obligatoire…)
· La majoration en argent est préférée au
repos compensateur. Désormais toutes les HS donnent lieu « en principe »
à une majoration de salaire (auparavant le principe était le repos compensateur
de remplacement pour les quatre premières heures). « En principe » =
les partenaires sociaux peuvent, par accord, transformer cette majoration de
salaire en repos compensateur de remplacement.
· Désormais le principe est que les taux de
majoration sont fixés par une convention ou un accord de branche étendu
dans la limité d’un plancher de 10 %. Ce n’est donc qu’à défaut d’accord que la
loi s’applique :
-
majoration de 25 % pour les huit premières (de
36 à 43)
-
majoration de 50 % à partir de la 44 e
-
SAUF pour les petites entreprises de
20 salariés et moins = prorogation jusqu’au 31/12/05 du taux réduit de 10 %
de la 36e à la 39e heure, 25 % de la 40e à la
43e heure, 50 % à partir de la 44e.
(Remarque :
ces petites entreprises emploient 4,5 millions de salariés)
·
Le contingent annuel réglementaire a été fixé à 180 heures par un
décret du 15/10/02 (130 heures auparavant). Le texte sera réexaminé le 01/07/04
au vu du résultat des négociations dans les branches.
(Remarque : de 130 à 180 = 4 HS par semaine, raison pour laquelle certains parlent « d’un retour masqué aux 39 heures »)
·
Ce contingent réglementaire ne s’applique qu’à défaut de contingent
conventionnel plus faible
·
C’est le dépassement du contingent conventionnel qui déclenche l’autorisation
de l’inspecteur du travail (solution antérieure) mais aussi
(nouveauté) le droit au repos compensateur obligatoire
·
Le seuil d’effectif permettant de bénéficier du droit au repos
compensateur passe de 10 à 20 salariés
·
Durée du repos compensateur obligatoire
|
|
Plus
de 20 salariés |
20
salariés ou moins |
|
HS effectuées dans
le cadre du contingent |
50 % au-delà de 41
heures dans la semaine |
Pas de repos
compensateur |
|
HS effectuées
au-delà du contingent |
100 % au-delà de
35 heures dans la semaine |
50 % au-delà de 35
heures dans la semaine |
c) La modulation
·
La loi supprime la référence à la durée moyenne de 35 heures hebdo pour
ne retenir que le plafond de 1 600 heures année. Les conventions ou
accords peuvent fixer un plafond inférieur.
·
Sont considérées comme heures supplémentaires :
-
les heures effectuées au-delà de la limite
maximale hebdomadaire légale ou conventionnelle,
-
les heures effectuées au-delà du plafond de 1
6000 heures année ou du plafond conventionnel.
d) Autres dispositions
Elles
concernent :
-
le régime du forfait annuel (cadres et
itinérants non cadres)
-
les astreintes (suppression du paiement
des astreintes assimilées à du repos lorsque le salarié n’a pas effectué
d’intervention pendant la période où il est à la disposition de l’employeur)
-
les conditions de sécurisation des
conventions et accords conclus avant la loi
-
le compte épargne-temps. Les salariés
ont désormais la possibilité de choisir entre l’accumulation des droits à
congés et la constitution d’une épargne en argent. On peut toutefois douter de
l’intérêt des salariés pour une telle forme d’épargne, la loi n’ayant prévu
aucune incitation fiscale.
TROISIEME VOLET. « les dispositions relatives au développement de l’emploi »
La
loi crée une nouvelle réduction des cotisations patronales destinée
à compenser le coût lié à l’harmonisation des SMIC
Applicable à compter
du 01/07/03 (mise en place progressive jusqu’au 01/07/05), cette nouvelle
réduction remplace les réductions antérieures
A
terme, cette réduction s’appliquera à l’ensemble des salariés dont la
rémunération est inférieure à 1,7 fois le salaire minimum. Le taux maximal
d’exonération sera de 26 % (correspond à une rémunération égale au SMIC) puis
dégressif jusqu’à 1,7 fois le SMIC
Remarques :
-
les entreprises bénéficient de cette réduction
quel que soit le nombre d’heures travaillées
-
aucune contrepartie (RTT, embauche…) n’est
exigée
-
l’enveloppe des allégements passera de 15
milliards d’euros en 2002 à 21 en 2005.