LABORATOIRE

LA SÉCURITÉ AU LABORATOIRE DE BIOLOGIE - GÉOLOGIE

S.wmf (13482 octets) ommaire  

I/ Décrets et textes sur la sécurité :  rappel de quelques textes

2. Principales règles de sécurité

        1.1 Prévention

A. Connaissance du travail à effectuer
B. Affichage de sécurité et matériel de protection général

C. Comportement au labo

D. Protection personnelle

- protection oculaire
- blouses et chaussures

- gants

E. Entreposage, étiquetage et élimination de produits chimiques

1.2 Intervention

A.  Renversement sur le sol
B.  Projection sur une personne
C.  Marche à suivre en cas d'accident

3. Risques inhérents aux produits chimiques        

3.1 Dangers des produits chimiques

Intoxication, brûlure, irritation
Feu
Explosion et réactivité
Précautions générales

3.2  Risques d'explosion
3.3  Risques de feu
3.4  Risques d'intoxication et de brûlures

A. Produits très toxiques
B. Produits toxiques et irritants

C. Produits nocifs

D. Produits cancérigènes

E. Produits à effets cumulatifs nocifs

3.5  Risques inhérents aux réactifs non organiques et organométalliques
3.6  Règles d'étiquetage et symboles de danger

A. Symboles internationaux
B. Informations codées de la Communauté Européenne

C. Informations codées de la NFPA

4. Risques associés aux manipulations

4.1  Montage d'appareils
4.2  Réactions chimiques
4.3  Appareillages divers

lampe ultraviolette
Bain-marie

Centrifugeuse
Autoclave

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D'autre part, n'hésitez pas à consulter le site de l'académie de Toulouse sur la sécurité au labo, il est très bien fait

 


1. Décrets et textes sur la sécurité :  rappel de quelques  textes     Diplomes1.wmf (1172 octets)

1. Décret n° 82-453 du 28 mai 1982 relatif à l'hygiène et à la sécurité du travail ainsi qu'à la  prévention médicale dans la fonction publique
2. Loi n° 78-633 du 15 juillet 1975 - article 2 concernant les déchets et les rejets

Vous pouvez consulter tous les textes de loi sur le site Legifrance  

2. Principales règles de sécurité       

Le travail en laboratoire  requiert parfois le montage d'appareillages complexes ou l'exécution d'opérations délicates ; il entraîne aussi la manipulation de produits qui peuvent être toxiques, inflammables ou explosifs. L'exécution de ces travaux peut donc être à l'origine d'accidents ou d'intoxications graves dont les effets sont immédiats ou insidieux. Tout le personnel de laboratoire, soucieux de développer un esprit de sécurité, devrait donc connaître et appliquer rigoureusement les règlements de sécurité, être au courant des implications et des risques associés à la manipulation en cours et être capable d'intervenir efficacement en cas d'accident ou d'incendie. Toute personne au travail dans un laboratoire, qui ne tient pas compte des règles de sécurité, court un risque élevé dont les conséquences pour elle-même et ses collègues peuvent être catastrophiques. Sa responsabilité est donc très engagée.

2.1. Prévention

La prévention est la première démarche élémentaire de sécurité. Prévenir les accidents, c'est tout à la fois avoir une bonne connaissance du travail à effectuer, respecter l'affichage de sécurité, avoir un bon comportement au laboratoire, exercer une protection personnelle efficace, étiqueter, entreposer et éliminer correctement les produits chimiques.

A. Connaissance du travail à effectuer    
Il faut rechercher le maximum d'informations sur les produits et le rnatériel employés, de même que sur les techniques et les réactions chimiques mises en oeuvre. En cas de doute sur les risques associés à une manipulation, on doit procéder à une recherche bibliographique et, si possible, solliciter les conseils d'une personne compétente.

B. Affichage de sécurité et matériel de protection général    
Le respect des symboles de dangers (solvants inflammables, haute tension, etc...) est essentiel pour la prévention des accidents
; en entrant dans le laboratoire, il faut donc localiser ces avertissements et s'assurer de bien connaître leur signification. Certains numéros d'appel téléphoniques utiles, tels ceux de l'ambulance et du médecin, devraient être affichés en permanence dans un endroit accessible à tous.

prmaide1.wmf (3926 octets)    Il doit exister une pharmacie dans chaque laboratoire avec les produits de première nécessité, coton,  pansements, solutions désinfectantes, biafine pour les brûlures, éosine. On doit connaître l'emplacement et le mode de fonctionnement des extincteurs, de la douche d'urgence, des bains oculaires, de la couverture ignifugée et de la trousse de premiers soins.
Enfin, il est essentiel de connaître l'emplacement des sorties d'urgence et des dispositifs d'alarmes.
   

C. Comportement au laboratoire    
Au laboratoire, il faut être attentif et éviter tout comportement irréfléchi ou précipité ;
de plus, il faut avoir connaissance du travail réalisé par ses voisins et être conscient des dangers qu'il peut présenter.
Les accidents de laboratoire sont fréquemment provoqués par l'exécution trop rapide des opérations . Le chimiste ou technicien  doit donc adopter une approche méthodique, prudente et soignée, se concentrer sur ce qu'il est en train de faire, ne pas se laisser distraire.

Pasboire.wmf (1748 octets)     Sauf en cas d'urgence, on doit donc éviter de courir, de se presser inutilement et de se bousculer. Il faut proscrire la préparation, la consommation et la conservation dans le laboratoire de nourriture et de boissons, afin d'éviter leur contamination accidentelle par des produits toxiques.
Pasfume1.wmf (10734 octets) Dans un laboratoire,  on ne doit jamais fumer à cause du voisinage fréquent de substances inflammables.
Le laboratoire doit être équipé d'un système de ventilation efficace.

Pour éviter les chutes ou les glissades accidentelles, on tient fermés les tiroirs et les portes d'armoires, on garde les allées libres en ne laissant pas traîner par terre de petits objets comme des morceaux de verre, de la glace ou des bouchons et on assèche  immédiatement les endroits mouillés.

D. Protection personnelle

Protection oculaire     Scientif.wmf (7364 octets)
Au laboratoire et en salle de Travaux Pratiques, le personnel et les élèves doivent toujours porter des lunettes de sécurité dont le modèle dépend de la manipulation à effectuer. Des lunettes munies de côtés transparents suffisent pour la majorité des travaux. S'il y a danger de projection ou si une réaction se produit à haute température, le port de lunettes à coque étanche ou d'une visière protectrice est recommandé.
Les verres de contact ne devraient pas être portés dans le laboratoire : des vapeurs organiques ou corrosives peuvent les endommager de façon irréversible ou s'infiltrer sous la lentille.
  

Blouses et chaussures
Les  blouses doivent être en tissu de coton résistant et équipés de boutons pression, ce qui permet de les enlever rapidement si nécessaire ; ils doivent être assez longs pour protéger les jambes. Il faut toujours porter des chaussures qui recouvrent entièrement le pied.
    

Gants
Le port de gants peut être recommandé ou indispensable pour certaines manipulations, telles celles de :

- produits corrosifs ( bases et acides forts, oxydants puissants ...)
- produits très toxiques par voie cutanée ( dérivés nitrés, amines aromatiques ...)
- récipients très chauds ou très froids. Il en existe différents types fabriqués avec des matériaux naturels ou synthétiques (caoutchouc, polyéthylène, vinyle, Néoprène, amiante).
   

Masque
Un masque à poussière doit être utilisé pour manipuler certains  produits signalés dangereux en cas d'inhalation des particules solides  ( ex. pesée du dichromate de Potassium   =   cancérigène pulmonaire )

Pipetage
L'aspiration avec la bouche doit faire l'objet d'une interdiction stricte. Cette opération peut être facilement réalisée avec du matériel peu onéreux : pro-pipettes, poires aspirantes.
 

E. Entreposage, étiquetage et élimination de produits chimiques

On ne doit pas laisser les produits chimiques s'accumuler sur les tables du laboratoire ni sous les hottes plus de 2 jours dans les salles de préparation.
Aucun produit ne peut être stocké dans les salles qui accueillent les élèves
.

Si on garde des produits susceptibles de réagir entre eux, il faut les entreposer de telle sorte qu'ils soient le plus éloignés possible les uns des autres dans des armoires métalliques, ventilées et fermées à clé.


Pour assurer une sécurité maximum, le local d'entreposage doit être bien ventilé et se trouver à l'extérieur des salles de préparation ou de T.P et, si possible, à température contrôlée.

Tous les flacons de réactifs doivent toujours porter une étiquette
qui les identifie clairement, même ceux qui ont été préparés au laboratoire. L'étiquette a pour rôle d'informer l'utilisateur sur les propriétés dangereuses des substances pures. Elle doit comporter le nom du fabricant, ses coordonnées, le nom de la substance et le pictogramme ou sigle correspondant aux risques encourus.
On peut trouver un logiciel pour réaliser ces étiquettes réglementaires avec sigles légaux :

Logiciel Cléopâtre, Sécurinfo,  12, rue Michel Faraday ZA la Vigie 67540 OSWALD TEL 03.88.66.87.00.    

becher.wmf (2166 octets)

Dans le cas de produits préparés au laboratoire, la date de fabrication doit être indiquée. Pour les produits provenant d'un fabricant extérieur, il est recommandé de marquer la date de leur arrivée.    

Un inventaire précis des produits chimiques doit être fait et remis au Proviseur ou Principal de l'Établissement. Il doit être remis à jour régulièrement.


Les produits chimiques ne doivent pas être stockés de manière prolongée, ils peuvent se dégrader ( polymérisation, attaque du récipient .. ) et devenir très dangereux ( production de gaz, éclatement, explosion ..). Il faut renouveler le stock régulièrement.


L'élimination des produits chimiques doit être soigneusement planifiée.

En général, de petites quantités de substances solubles dans l'eau et peu toxiques peuvent être éliminées par l'égout de l'évier, en faisant circuler de l'eau. Consulter les manuels spécialisés concernant l'élimination des déchets. Il est souvent possible de rendre inoffensif un produit chimique toxique par un traitement approprié et de pouvoir ainsi l'éliminer par l'égout de l'évier.  Deux exemples :  on peut neutraliser acides et  bases  ou  encore après avoir ajouté du thiosulfate à l'iode, on peut le jeter dans l'évier.

Certains volumes spécialisés décrivent des procédés d'élimination simples par transformation chimique
(Aldrich catalogue)
Pour recueillir les autres types de déchets chimiques, on doit disposer de récipients résistants, en plastique  pour les entreposer avant de les éliminer. (Opération « Bidon Futé » ).

2.2. Intervention

 Malgré le respect des mesures préventives, il peut arriver que des produits soient renversés sur le sol ou projetés sur des personnes. Les risques de feu, d'explosion ou d'intoxication peuvent alors augmenter, selon la nature de ces produits.    

A. Renversement sur le sol
Lorsque le sol ou la table de travail sont contaminés par un produit peu toxique ou peu volatil, on nettoie en employant du papier absorbant ; pour les acides, on neutralise préalablement avec du phosphate de sodium ou avec une solution d'hydrogénocarbonate de sodium. Il faut porter des gants de protection pendant le nettoyage ; l'espace affecté doit être rincé à l'eau, puis asséché.    
Lorsque la substance répandue est volatile, inflammable ou toxique et que la quantité renversée est importante, on doit éteindre les brûleurs, couper le courant des appareils électriques et quitter le laboratoire.

Les substances suivantes sont particulièrement dangereuses : les amines aromatiques, les dérivés nitrés, le brome, le disulfure de carbone, les hydrazines, les nitriles, les éthers  et les halogénures d'alkyle. Dans ce cas, la décontamination et le nettoyage doivent être effectués par une personne compétente.

B. Projection sur une personne
Si des projections d'une substance atteignent une personne et que des éclaboussures s'étendent sur une grande partie du corps, on doit utiliser immédiatement la douche de sécurité et retirer aussitôt que possible les vêtements contaminés ; chaque seconde compte et toute perte de temps doit être évitée. En retirant les vêtements, on doit s'assurer de ne pas contaminer d'autres parties du corps, spécialement le visage et les yeux.
La région affectée doit être arrosée avec de l'eau froide durant environ quinze minutes ; il ne faut jamais se servir de neutralisants chimiques, d'onguents, de crèmes ou de lotions. Aussitôt que possible, on doit consulter un médecin.    
Ambulnc11.wmf (6070 octets)    

Si les éclaboussures n'affectent qu'une petite surface de la peau
, rincer abondamment à l'eau froide, puis à l'eau savonneuse ; retirer les bijoux qui nuisent à l'élimination des produits chimiques pendant le nettoyage. Si par la suite, on observe une réaction  cutanée, consulter un médecin.
  
 oeil2.wmf (8566 octets) Dans le cas de projections dans les yeux,
laver immédiatement l'oeil avec de l'eau pendant au moins quinze minutes à l'aide du bain oculaire ou d'un autre appareil conçu pour cet usage. Pour le lavage, on doit tenir l'oeil ouvert, le faire rouler constamment en rinçant abondamment la muqueuse des paupières ; il est souvent plus facile de se faire aider par une autre personne. Il est  recommandé, le plut tôt possible, d'appeler le médecin ou de conduire le blessé à l'hôpital.  

C. Marche à suivre en cas d'accident
La première action à faire en cas d'accident grave est de protéger la victime et, s'il persiste un risque (électrocution, incendie, asphyxie), tenter d'éliminer le danger (interruption du courant électrique, utilisation de l'extincteur). Il faut ensuite appeler à l'aide. Si la personne blessée est inanimée, la soustraire au danger, l'examiner et lui prodiguer les soins élémentaires (respiration artificielle, garrot, etc...) pendant qu'on fait alerter le personnel compétent qui prendra la personne blessée en charge.

 

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3. Risques inhérents aux produits chimiquesBechers2.wmf (9192 octets)

3.1. Dangers des produits chimiques

Les dangers, plus ou moins élevés, que présentent les produits chimiques sont les suivants :
     Intoxication, brûlure, irritation

Certains produits chimiques présentent un risque d'intoxication, de brûlure ou d'irritation, soit par action immédiate, soit après une exposition prolongée ou répétée. Ils peuvent alors affecter l'organe ou les tissus qui sont en leur contact, (comme l'oeil, la peau ou une muqueuse), un organe éloigné (comme le foie ou les poumons) ou l'organisme tout entier, en entraînant alors des maladies très graves, telles que le benzolisme ou le cancer.
Leur pénétration dans l'organisme s'effectue par inhalation, absorption cutanée ou ingestion.    
Feu
allumtt.wmf (8310 octets) Certains produits chimiques présentent un risque d'incendie à cause de leur inflammabilité et de leur volatilité.
Explosion et réactivité
    bombe.wmf (9558 octets) Certaines substances peuvent exploser en raison de leur extrême sensibilité ou réagir brutalement avec d'autres substances, comme l'eau.    

On trouvera dans les ouvrages de sécurité et sur le serveur  Physique-Chimie Lorraine des indications utiles sur les risques inhérents aux produits chimiques ;
ces risques sont classés nuls, faibles, moyens ou élevés, selon la nature du produit.

Précautions générales
À moins de posséder des informations claires sur la nature inoffensive d'un produit, il vaut mieux le considérer comme dangereux soit à cause de sa toxicité ou de son inflammabilité, soit à cause de sa réactivité.

I1 est essentiel de lire attentivement l'étiquette du récipient contenant un produit chimique ; celle-ci donne des renseignements utiles, la plupart du temps codés, sur les risques inhérents à ce produit, les moyens de protection et les premiers soins à dispenser en cas de contact, d'ingestion ou d'inhalation accidentels.

On doit éviter d'inhaler les vapeurs des solvants organiques dont l'indice de toxicité par inhalation est élevé
. À moins d'indication contraire, on ne goûte jamais un produit chimique et on évite son contact avec la peau et les yeux, car certaines substances entraînent des irritations cutanées, provoquent des brûlures ou encore sont absorbées rapidement par la peau.
    

On ne doit jamais pipeter avec la bouche
, mais employer une poire ou une pipette automatique en s'assurant que la pointe de la pipette est immergée sous la surface du liquide.
 

Après avoir manipulé des produits chimiques et avant de quitter le laboratoire pour le personnel ou la salle de T.P pour les élèves, il est fortement recommandé de se laver les mains avec du savon et de l'eau :  l'introduction de contaminants dans l'organisme s'effectue souvent par les mains.

La manipulation de substances toxiques ou de produits risquant d'affecter le système respiratoire doit être faite sous une hotte.

 

3.2. Risques d'explosion  bombe.wmf (9558 octets)

Certaines préparations en laboratoire peuvent exiger la manipulation de substances explosives ou conduire à la formation de telles substances. L'ignorance des risques associés à ces manipulations conduit souvent à des explosions ou à des incendies. Certaines substances ou  mélanges de substances risquent d'exploser en raison de leur sensibilité à la chaleur, à la friction, aux chocs, aux étincelles, à la lumière, aux oxydants ou aux réducteurs.    

Les substances organiques facilement oxydables
comme les alcools, les glycols, les sucres, la cellulose (papier, bois, tissu), de même que les métaux en poudre, le phosphore et le soufre, peuvent réagir violemment ou provoquer des explosions s'ils sont mélangés avec les oxydants suivants:
  • acide perchlorique, chlorates et perchlorates ;
  • chromates, dichromates, trioxyde de chrome ;
  • acide nitrique concentré et nitrate d'ammonium ;
  • permanganates.    


Pour nettoyer un récipient contenant un résidu carbonisé ou une masse gommeuse, on ne doit jamais chauffer une solution d'acide chromique ou d'acide nitrique concentré. De telles solutions doivent toujours être utilisées froides. De plus, le contact entre de l'acide nitrique concentré et de l'éthanol ou de la propanone (acétone) est explosif.

3.3. Risques de feu  Feu.wmf (4108 octets)

Les liquides et les solvants manipulés dans un laboratoire de chimie organique sont souvent volatils et inflammables, constituant ainsi des sources importantes d'incendie. L'indice d'inflammabilité d'un liquide se mesure par le point d'éclair, c'est-à-dire, la plus basse température à laquelle un liquide émet suffisamment de vapeur pour former avec l'air un mélange inflammable au contact d'une flamme ou d'une étincelle. Plus un liquide est inflammable, plus son point d'éclair est bas.

Pour minimiser les risques d'incendie, on doit empêcher le plus possible la vapeur d'un liquide volatil de se dissiper dans le laboratoire, limiter la quantité de liquide entreposée et garder toujours les récipients bien fermés.

Il faut limiter l'usage de brûleurs dans un laboratoire de chimie organique et, chaque fois que c'est possible, le remplacer par un moyen de chauffage moins dangereux. Avant d'allumer un brûleur, on doit vérifier l'absence de liquides volatils et inflammables dans le voisinage.Une étincelle provenant d'un appareil électrique peut enflammer la vapeur qui s'accumule à proximité. Il faut donc s'assurer d'une bonne ventilation près des agitateurs mécaniques actionnés par des moteurs électriques, près des pompes à vide, des séchoirs et des étuves. Il est également dangereux d'entreposer des liquides volatils dans un réfrigérateur domestique, non conçu à cet effet, à moins qu'ils ne soient contenus dans des récipients bien fermés.

3.4. Risques d'intoxication et de brûlures    

Un nombre considérable de produits chimiques manipulés dans un laboratoire de chimie organique sont toxiques.
Ils peuvent pénétrer dans l'organisme, le plus souvent par inhalation et par absorption cutanée, plus rarement par ingestion. L'effet toxique peut être intense et immédiat, comme celui du chlore et du sulfure d'hydrogène : l'effet est tellement évident qu'il devient facile d'éviter son contact.
Malheureusement, l'effet de certains produits chimiques est insidieux, ne se révélant qu'après une longue exposition, même à de faibles quantités de substances ; ce type d'intoxication est donc difficile à détecter et à prévenir.
Les lésions qu'ils occasionnent peuvent dans certains cas être très graves et parfois mortelles. Les symptômes sont divers : nausées, vomissements, somnolence, douleurs diverses, etc.

Les personnes travaillant dans un laboratoire de chimie organique doivent donc respecter scrupuleusement les précautions générales déjà citées,  en évitant plus spécifiquement les contacts cutanés et l'inhalation des vapeurs.
Il faut retenir comme règle générale que tout produit chimique est dangereux, à moins d'être certain du contraire.    

Le risque associé à une substance chimique se mesure par sa valeur-seuil, exprimée en parties par million ou en milligramme par mètre cube, représentant la concentration maximale à laquelle une personne peut être exposée à cette substance, à plusieurs reprises et sans danger.


Nous avons regroupé sous cinq catégories les produits chimiques rencontrés dans un laboratoire de chimie organique et qui présentent un risque d'intoxication.

. La première catégorie contient des substances très toxiques dont l'effet à court terme est rapide.
. Dans la deuxième catégorie, se trouvent des substances dont les vapeurs sont très toxiques et irritantes et dont les effets toxiques sont chroniques.
. Le troisième groupe réunit des substances nocives, mais moins dangereuses que celles des catégories précédentes.
. La quatrième catégorie regroupe les substances cancérigènes.
. Le cinquième groupe réunit des substances dont les effets cumulatifs sont très nocifs. La lettre c précédant certains noms des substances des trois premières catégories indique que la substance est cancérigène.

A. Produits très toxiques
De faibles quantités de ces substances peuvent provoquer la mort. Dans le cas de solides, éviter l'inhalation des poussières et l'absorption cutanée ; le port de masques à poussières est recommandé. Si elles sont gazeuses, ne les employer que sous hotte aspirante.
Quelques exemples :

Cyanure d'hydrogène  HCN
Composés du mercure  Hg+, Hg++
Fluorure d'hydrogène   HF
Sulfure d'hydrogène  H2S
Acide oxalique et ses sels  HOOC– COOH
Dioxyde d'azote  NO2
Ozone
Monoxyde de carbone  CO
Dioxyde de soufre  SO2 Chlore  Cl
Fluor  F2


B. Produits toxiques et irritants    
Les vapeurs de ces substances sont très toxiques, très irritantes pour les voies respiratoires et les yeux dans la plupart des cas.


L'absorption cutanée de ces produits est nocive et une exposition prolongée, même en présence de faibles quantités, peut entraîner des effets insidieux graves.
Le méthanol par exemple, est un alcool toxique. A court terme, il a un effet narcotique immédiat propre à tous les alcools. A long terme, il provoque des troubles visuels pouvant entraîner une cécité totale.

C. Produits nocifs    
Les composés appartenant à ce groupe sont nocifs par inhalation ou absorption cutanée, même en faibles quantités,
lorsqu'on est soumis à leur vapeur ou à leurs poussières. De plus, plusieurs d'entre eux sont cancérigènes.

D. Produits cancérigènes      
Les substances reconnues cancérigènes
ou soupçonnées de l'être doivent être toujours manipulées sous la hotte et en portant des gants de protection.
De plus, il faut éviter tout contact cutané et l'inhalation de leurs vapeurs.

En plus des produits déjà mentionnés dans les catégories précédentes et portant l'indice c, les substances cancérigènes les plus dangereuses sont le benzène, les amines aromatiques et leurs dérivés (même une faible exposition peut provoquer la formation de tumeurs), les nitrosamines et les nitrosamides, certains agents alkylants, certains hydrocarbures aromatiques polycycliques et certains composés sulfurés.

E. Produits à effets cumulatifs nocifs     
Benzène

L'effet de l'inhalation des vapeurs de benzène est cumulatif : il entraîne l'anémie et le cancer. On ne doit pas l'employer comme solvant d'usage courant, car un empoisonnement chronique est possible par suite de l'inhalation répétée de faibles quantités de benzène. On peut presque toujours le remplacer par le toluène, qui est moins toxique.     

Tétrachlorométhane (tétrachlorure de carbone)
Ce produit présente également des risques particuliers. Outre qu'il soit cancérigène, il est absorbé rapidement par la peau et entraîne des désordres fonctionnels au niveau des reins et du foie. Chaque fois que c'est possible, on le remplace par un autre solvant chloré : trichloroéthène (trichloroéthylène), tétrachloroéthène (tétrachloroéthylène), dichlorométhane, par exemple.
    

Dérivés du plomb et du mercure
Les dérivés du plomb, particulièrement les composés organiques, sont des produits très toxiques.
La toxicité des dérivés du mercure est variable, mais en général, les sels de mercure II sont plus toxiques que ceux de mercure I.
L'effet cumulatif et toxique des vapeurs de mercure métallique est également très élevé.
   
Les préparations qui requièrent la manipulation de mercure doivent donc être effectuées sous la hotte
. Il faut être très prudent lors de la manipulation de manomètres à mercure reliés à des pompes à vide : une manipulation inadéquate peut provoquer l'aspiration de mercure dans la pompe ; celui-ci se mêle alors à l'huile chaude de la pompe et est libéré en vapeur dans l'atmosphère. Si un tel accident survient, il faut nettoyer immédiatement la pompe.

3.5. Risques inhérents aux réactifs non organiques et organométalliques
    
Certains réactifs non organiques  sont très réactifs et très corrosifs
. Il est fortement recommandé de porter des gants de protection quand on les manipule, d'opérer sous la hotte s'il y a risque d'inhaler des vapeurs corrosives, et de procéder avec très grande prudence quand on les mélange avec d'autres substances. En cas de contact avec la peau, il faut rincer immédiatement avec beaucoup d'eau.
 
Quelques exemples :

Acides forts

Chlorure d'hydrogène,  acide nitrique, concentré ou fumant
Acide sulfurique, concentré ou fumant (quand on le mélange à l'eau, on doit toujours le verser  lentement dans l'eau froide)
    

Bases fortes

Hydroxyde de potassium, hydroxyde de sodium, ammoniac, gaz ou en solution,
Chlore, brome, iode
Trioxyde de chrome, chromates et dichromates

  3.6. Règles d'étiquetage et symboles de danger

En plus des renseignements analytiques habituels, l'étiquette apposée à un récipient contenant une substance chimique, comporte soit des informations relatives aux risques inhérents à cette substance ou associés à sa manipulation, soit des conseils de prudence ou de premiers soins. Ces informations peuvent prendre les formes suivantes. Consultez le serveur Physique-Chimie Lorraine.

A. Symboles internationaux
    Chaque symbole est un pictogramme ayant une signification précise.

B. Informations codées de la Communauté européenne
   
Pour identifier les risques particuliers
présentés par une substance chimique et Ies conseils de prudence correspondants, outre les symboles de dangers déjà cités, la Communauté européenne a prescrit un système d'étiquetage codé comportant une lettre suivie d'un indice numérique :


la lettre R se rapporte au risque et le chiffre qui la suit le spécifie ;
la lettre S se rapporte à des conseils de prudence et le chiffre qui la suit les précise.


C. Informations codées de la NFPA
   
Le système d'étiquetage de plus en plus répandu en Amérique comprend les symboles de dangers déjà cités et le code de la NFPA. Il est formé d'un losange divisé en quatre parties et dont trois sont colorées et chiffrées de zéro à quatre. Une valeur de quatre représente un risque extrême, alors que zéro signifie que le produit ne présente pas de risque dans cette catégorie.
L'étiquetage contient aussi des informations codées concernant l'équipement de protection ou les directives de premiers soins.

 

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4. Risques associés aux manipulations

Certaines manipulations, conduites de façon incorrecte, peuvent provoquer des accidents qui surviennent soit au moment de l'assemblage ou de l'utilisation d'appareils, soit au cours de réactions chimiques, soit encore pendant le traitement d'un mélange réactionnel

4.1. Montage d'appareils
Au moment de réaliser l'assemblage, il est important de disposer le matériel et les produits sur la table de travail de manière à travailler avec aisance.
Il faut s'assurer que la verrerie est en bon état
, propre et, si nécessaire, sèche. Les pièces d'un montage (ballon, réacteur, réfrigérant, raccords, etc.) doivent être fixées solidement à l'aide de pinces et de supports verticaux, en veillant à ce que les joints rodés soient lubrifiés et que le robinet des ampoules de coulée ne présente pas de fuites. Dans le cas d'ampoules lourdes, un support peut être nécessaire pour prévenir un risque de chute.
Quand on fait circuler de l'eau
, on doit vérifier que les tubes de caoutchouc sont insérés à fond dans les tubulures latérales du réfrigérant, pour éviter tout déversement d'eau accidentel ; de plus, le débit d'eau doit être modéré.     Avant de commencer une opération, la solidité du montage est vérifiée et son étanchéité contrôlée.
Lors de la distillation
de grandes quantités de liquides volatils, inflammables ou toxiques, il est recommandé d'opérer sous hotte aspirantes. Si un bouchon de liège ou de caoutchouc est nécessaire pour un montage, sa dimension doit être telle qu'on puisse l'enfoncer du tiers à la moitié de sa hauteur dans le col. Pour percer le bouchon, on se sert d'un perce-bouchon bien aiguisé et d'un diamètre légèrement inférieur à celui de l'objet inséré.
Si le bouchon est en caoutchouc, il est préférable de lubrifier le perce-bouchon avec de l'eau savonneuse ou de la glycérine. Pour insérer une tige de verre ou un thermomètre dans un bouchon, on lubrifie d'abord avec de l'eau ou de la glycérine ; en se protégeant les mains avec un linge ou des gants épais, on tient la tige de verre à moins de 5 cm de l'extrémité à insérer, puis, avec une faible pression, on pousse la tige dans le trou du bouchon en appliquant un léger mouvement de rotation.
Les tables et paillasses
doivent être équipées d'un nombre suffisant de prises permettant des liaisons courtes pour limiter l'encombrement par les câbles.
 
4.2  
Réactions chimiques 
Certaines réactions chimiques sont dangereuses
, soit parce qu'elles exigent la manipulation de substances explosives ou pouvant réagir de façon brutale, soit parce qu'elles conduisent à la formation de telles substances.
Entre autres, les réactions de nitration et d'oxydation
. La conformité aux conseils de prudence ci-dessous devrait éliminer certains risques d'accident.     
- Si l'utilisation d'une substance explosive ou très réactive est requise, ne l'employer qu'en quantité la plus petite possible.     
- Si on présume qu'une réaction peut provoquer une explosion, ne l'essayer d'abord qu'à une échelle réduite ; il est également préférable de la renouveler plusieurs fois à cette échelle plutôt que de tenter un essai avec des quantités plus importantes de produits.     
- Dans le cas de réactions très exothermiques, le mode opératoire le plus sûr consiste à ajouter le réactif goutte à goutte en agitant vigoureusement ; on doit éviter de trop refroidir le réacteur, car on risque alors de trop ralentir la réaction et d'accumuler dangereusement le réactif introduit : dès que la température s'élèverait de nouveau légèrement, la réaction deviendrait incontrôlable.


4.3  Appareillages divers

Lampe ultraviolette

    La peau et les yeux peuvent subir de graves dommages, s'ils sont soumis directement à des radiations ultraviolettes. On doit, dans ce cas, utiliser des gants, une crème de protection et des lunettes absorbant ces radiations.
De plus, une bonne ventilation est nécessaire pour éliminer l'ozone qui se forme près d'une source de radiation ultraviolette ; l'ozone est un gaz toxique et très irritant. On doit enregistrer le temps d'utilisation d'une lampe U.V., car lorsqu'elle arrive à terme, il se dépose une pellicule sur la surface interne qui absorbe la radiation et provoque une hausse dangereuse de la température.
Bain-marie

    Afin d'éviter tout incident, ne pas trop remplir le bain, s'assurer de sa stabilité, ne pas plonger un récipient en verre ordinaire dans un bain très chaud : utiliser de la verrerie en Pyrex.
Utiliser des dispositifs d'isolation thermique ne dégageant pas de fibres inhalables. ( Amiante à proscrire ).
Centrifugeuse

    Afin d'éviter les accidents, répartir les charges symétriquement par rapport au centre et les équilibrer soigneusement.
Une centrifugeuse doit être pourvue d'un système de verrouillage empêchant qu'elle puisse être mise en marche si le couvercle n'est pas fermé, et que celui-ci puisse être ouvert si le rotor est en mouvement ( norme française NF E 40-010 ).
Autoclave

    Il est impératif de faire vérifier périodiquement l'autoclave par du  personnel spécialisé.  

 

D'autres sites à consulter :

1.
Nos collègues physiciens de l'Académie Nancy-Metz ont un site très bien documenté sur produits chimiques :

 
~ les fiches de sécurité avec pour chaque produit son identification , sa propriété physico-chimique et toxicologique, ses dangers, les 1ers secours en cas d'ingestion ou d'aspersion, son élimination.
~ les étiquettes et symboles, les risques et conseils de prudence et de stockage, la toxicité des produits
~ les mélanges à éviter
~ l'opération "Bidon Futé"

2.
D'autre part, n'hésitez pas à consulter le site de l'Académie de Toulouse sur la sécurité au labo.

3. Ces pages ont été réalisées en partie,   grâce aux documents de  l'INRS.   http://www.inrs.fr  


Page réalisée par Brigitte FLECK aide technique de laboratoire au lycée A. Malraux de Remiremont

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