Ressoures régionales

LA RESERVE NATURELLE GEOLOGIQUE
d'HETTANGE GRANDE


Historique

Les grès de la carrière Gries furent exploités jusqu’au milieu du XXème siècle pour l’extraction de matériaux de construction (pavés, moellons, sable).

Gravure de A. Miguette de la carrière en exploitation
photo : Musée de la Cour d’Or _ METZ
En 1864, un géologue suisse, Eugène Renevier, a proposé de retenir cette carrière comme référence internationale (= stratotype) d’un nouvel étage géologique (= dépôts d’un âge donné), l’HETTANGIEN. Cette suggestion a été suivie, et cet étage, qui se situe à la base du système Jurassique (ère secondaire), a été daté de -205 à -201 millions d’années. Les dépôts contemporains de ceux d’Hettange sont qualifiés, dans le monde entier, d’hettangiens.

Le milieu naturel
A l’Est de la côte de Moselle qui, dans le paysage, détermine un relief boisé orienté à peu près nord-sud, la Réserve se situe dans une dépression prolongeant la vallée de la Moselle où passe la grande faille d’Hettange. Dans cette région à dominante calcaire et marneuse, le site présente des dépôts gréseux, ce qui confère à la flore et à la faune un caractère local.

Géologie

A l’Hettangien, la région d’Hettange se trouve sous la mer, à faible distance d’une terre emergée située plus au Nord et qui forme aujourd’hui les massifs de l’Eifel, le Hünsrück (Allemagne) et l’Ardenne (France, Belgique, Luxembourg). Dans cette mer, chaude et peu profonde, se déposent en alternance des boues argilo-carbonatées et des sables carbonatés à l’origine des bancs pluridécimétriques de calcaires et de marnes du CALCAIRE À GRYPHÉES (mollusques de type bivalves proches des huîtres actuelles).

 
Lumachelle
echelle 1 photo M. HANZO

Dans ce dernier s’intercalent d’autres sédiments : au large de l’embouchure d’un fleuve important, les dépôts sont essentiellement des sables quartzeux, à l’origine du GRÈS D’HETTANGE, massif, épais de 25m à Hettange et qui s’amincit et disparaît rapidement vers le Sud ; seule la partie supérieure, formant l’Hettangien supérieur (à -201 millions d’années environ), est visible dans la carrière ; le reste est connu par sondage. Parfois, des tempêtes entraînent et déposent des coquilles d’animaux et des galets, formant des lits de sables coquilliers aujourd’hui cimentés en une roche dure : la LUMACHELLE ; c’est cette roche très fossilifère qui a motivé le choix d’E. Renevier.