CELLULES IMMUNITAIRES ET PRÉSENTATION
DE L'ANTIGÈNE
Un macrophage cellule présentatrice d'antigène
peut-il être détruit par un lymphocyte T cytotoxique capable
de reconnaître le soi modifie ?
Existe-t-il des mécanismes empêchant cette lyse assez surprenante
?
Les macrophages, comme toutes les cellules nucléées, expriment
des antigènes de classe I et peuvent donc présenter des
peptides à des lymphocytes T cytotoxiques. Ils peuvent aussi être
reconnus par des cellules NK. Ce sont des mécanismes importants
pour pouvoir éliminer des cellules malades, mais dans la majorité
des cas, les macrophages sont des cellules saines qui phagocytent tranquillement
et présentent les peptides d'origine exogène sur leurs molécules
de classe II.
Si un lymphocyte cytotoxique ou une cellule NK prennent pour cible un
macrophage, les granzymes qu'ils lui "administrent" initient
l'apoptose. On peut imaginer que les mécanismes d'inhibition de
l'apoptose peuvent éventuellement prévenir la mort de la
cellule, mais cela implique la mise en jeu de signaux moléculaires
accessoires.
Lymphocyte T suppresseur : Je cherche des renseignements
sur ces gentilles bébêtes que sont les lymphocytes T suppresseurs
: leurs fonctions en particulier.
On a longtemps considéré comme "tabou" dans
le milieu immunologique la mention de cellules suppressives, après
que les travaux des années 70 ont été stoppés,
notamment suite au décès d'un des leaders du domaine. La
découverte plus récente des phénomènes de
tolérance orale, et plus globalement, des "non-réponses"
spécifiques et actives qui se déroulent dans les muqueuses
a fait renaître le concept de cellules suppressives : les
cytokines qu'ils produisent induisent la délétion de clones
réactifs ou leur anergie (ces cellules persistent mais ne s'activent
pas).
Le Thymus joue un rôle important dans l'immunité
concernant la maturité des lymphocytes T . Comment évolue-t-il
au cours de la vie de l'organisme ?
Il involue classiquement après la puberté et se fibrose
mais sans disparaître totalement puisqu'une greffe de moelle osseuse
permet de reconstituer aussi des réponses T : des cellules immatures
qui terminent leur éducation dans le thymus. On parle aussi de
thymus métaplasique(s) qui serai(en)t une/des petites formations
thymiques ectopiques.
C'est dans le thymus que s'effectue l'étape centrale
de la maturation des lymphocytes T.
Cet organe régressant au cours de la vie, le nombre de lymphocytes T
matures diminue-t-il?
Non, le thymus diminue effectivement de taille, mais il reste fonctionnel
toute la vie, et le nombre de lymphocytes reste extrêmement stable et
régulé.
Quelle est la durée de vie des lymphocytes
T ?
On n'en sait rien de façon précise. Certains modèles
animaux d'immunisation avec un antigène parfaitement synthétique
que les animaux n'ont aucune chance de rencontrer dans leur environnement
suggèrent que des cellules sensibilisées (mémoire)
peuvent persister plusieurs années.
J'aimerais avoir des renseignements précis
à propos des peptides du soi (ou du non-soi) :
- ce sont
des séquences de combien d'acides aminés ?
7 à 9 dans le sillon présentoir
des molécules CMH de classe I, jusqu'à une vingtaine pour
les classe II.
- le nombre est-il constant ?
Non, il dépend des enzymes
qui ont "découpé" les molécules, et, pour
les classe I, de ce qu'ont laissé passer les transporteurs de peptide
TAP1 et TAP2 qui régulent l'entrée des molécules
du cytosol dans le réticulum endoplasmique. De plus, la séquence
du peptide est importante pour la sélection de ceux qui ont le
plus d'affinité pour le sillon présentoir d'une molécule
donnée, et les peptides immunodominants d'une protéine peuvent
ainsi être différents d'un individu à l'autre.
- suivant quel "programme" les protéines
de nos propres cellules ou celles des cellules phagocytées sont-elles
fragmentées ?
Il n'y a pas à proprement parler de "programme". Les
protéines cytosoliques doivent d'abord être fixées
par l'ubiquitine, puis elles sont découpées en petits peptides
dans le protéasome, qui "traite" n'importe quelle protéine
liée à l'ubiquitine. Pour les protéines phagocytées,
tout dépend de la richesse de la cellule phagocytaire en enzymes
Les LT8 peuvent-ils être induits directement
par un cellule infectée par un virus (exemple du schéma de
synthèse bordas ), ou doit on passer par une CPA (exemple du schéma
de synthèse de Nathan). Si oui en est il de même pour un LT4
?
Les lymphocytes cytotoxiques ont besoin d'être activés
par des interleukines produites par des cellules CD4+. Ils peuvent ensuite
quitter l'organe lymphoïde secondaire où cette activation
a lieu, et se fixer sur les molécules de classe I présentent
des peptides viraux qu'ils reconnaissent.
Un gentil macrophage présente un peptide étranger
sur son CMH 1 à un futur méchant LT8, voici ma question :
- pouvez-vous me confirmer que ce type de présentation
n'est pas franchement classique et que cette situation aboutira à la lyse
(à plus ou moins long terme) du macrophage en question, qui se trouve
dans la situation de n'importe quelle cellule infectée?
Un "gentil" macrophage présente les peptides étrangers sur son CMH II.
Il présente ses propres peptides (du soi) sur ses CMH I, et s'il n'est
pas infecté par un virus, n'a aucune raison de se faire tuer pas un méchant
lymphocyte CD8.
- un LT8 possède des CMH 2 (yes ?). A quoi cela
lui sert-il ? Je veux dire, comment peut-il exprimer un peptide étranger
sur son CMH 2 et le présenter éventuellement à un LTh (yes ?) Le mode
d'association du peptide étranger et du CMH 2 serait-il différent de ce
que je connais dans le cas d'un macrophage ou d'un LB par exemple ? Serait-il
capable d'internaliser le peptide étranger ?????? Si cette situation existe,
le LT8 peut -il présenter l'AG (sur son CMH 2) directement au TCR du LT4
?
Les lymphocytes T activés, et uniquement eux, expriment un peu de CMH
II. Ils ne sont doués que d'une activité d'internalisation minime, et
cette expression ne leur sert probablement à rien. Il peut s'agir du mécanisme
universel de dérégulation de l'expression des CHM II sous l'influence
de l'interféron gamma (comme sur les cellules épithéliales ou endothéliales).
- Au fait, à quel niveau cette association (peptide
étranger/CMH 2) se fait-elle précisément pour un macrophage ou un LB?
REG, Golgi ?
Dans les vésicules d'endocytose transformées en phagolysosomes par la
fusion avec les lysosomes. (Cf. schéma du croque notes d'immunologie).
- Enfin, les cellules dendritiques sont des CPA
pour les LT4 mais aussi pour les LT8, non ? En ce cas, que se passe-t-il
pour ces cellules une fois qu'elles se retrouvent au contact de LT8 différenciés
(cytotoxiques) ?
Même réponse que pour la première question : la cellule dendritique présente
des peptides du soi sur ses CMH I, donc ne sera la cible des lymphocytes
CD8 que si ces peptides sont anormaux.
Comment un macrophage reconnait-il un antigène ?
Je connais les récepteurs B des lymphocytes B , les récepteurs T des Lt
Mais rien sur les macrophages ...
Les macrophages ne "reconnaissent" pas de façon spécifique les antigènes.
Ils mangent tout ce qu'ils trouvent, et mangent avec encore meilleur appétit
si leur repas est recouvert d'anticorps ou de complément (phénomène d'opsonisation).
Ils possèdent en effet des récepteurs pour le Fc des immunoglobulines
et pour certaines fractions du complément. Ils ont aussi des récepteurs
membranaires qui interagissent directement avec certains composants bactériens
ou des cellules apoptotiques. Tous ces récepteurs facilitent la
phagocytose.
Comment, lors de la réaction immunitaire non spécifique,
les macrophages distinguent-ils le non-soi du soi ? Puisqu'ils phagocytent
un peu "tout ce qui traîne", pourquoi ne phagocytent-ils pas nos propres
globules rouges, plaquettes, cellules etc ?
Ils phagocytent tout cela, bien sûr, et heureusement car ils nous débarrassent
tous les jours des cellules en fin de vie (dans la rate). Ils ne sont
par contre pas capables de se fixer aux cellules humaines vivantes qui
se protègent notamment contre le complément.
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LE COMPLÉMENT
Le complément peut-il détruire le
soi modifié ?
OUI, des anticorps cytotoxiques peuvent réaliser une lyse complément-dépendante
de cellules anormales, s'ils reconnaissent un antigène exprimé
à la surface de celles-ci.
Ces phénomènes existent dans le cadre de la cytotoxicité
de cellules tumorales par exemple. Ils peuvent aussi survenir vis à
vis d'antigènes du soi exprimés à la surface de cellules,
comme les globules rouges dans les anémies hémolytiques
auto-immunes des anticorps peuvent aussi se fixer sur des cellules tumorales
ou infectées par des virus tel le VIH et déclencher des
phénomènes d'ADCC par le biais de cellules NK différentes
des lymphocytes T cytotoxiques, possédant des récepteurs
pour le Fc des IgG, indépendamment du complément.
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REJET DE GREFFE, DOUBLE RECONNAISSANCE,
HLA
Problème concernant l'intervention des
LT cytotoxiques dans les rejets de greffe, en particulier lors des xénogreffes
(programme de Terminale S ).
Si l'on admet la théorie de la délétion
clonale qui s'effectue dans le thymus pour les LT et qui stipule que lors
d'une première phase de sélection clonale, tous les LT incapables
de reconnaître le CMH de l'organisme dont ils sont issus, sont éliminés,
comment les LT cytotoxiques immunocompétents peuvent-ils reconnaître
le CMH présenté par les cellules appartenant au greffon,
la double reconnaissance étant indispensable ?
C'est effectivement une question qu'on nous pose fréquemment,
car il est difficile de comprendre le rejet de greffe quand on essaie
de le replacer dans les mécanismes immunologiques. Voici une réponse
que j'avais envoyée à un de vos collègues il y a
quelques semaines :
Il y a beaucoup de littérature sur ce sujet compliqué du
rejet des greffes. C'est assez clair dans le livre de Janis Kuby "Immunology".
Plusieurs mécanismes peuvent intervenir :
- les lymphocytes T du receveur reconnaissant très bien son propre
CMH (avec une forte affinité) ont été détruits
dans le thymus mais ceux qui reconnaissent très bien (avec une
forte affinité) d'autres CMH, et donc modérément
(avec une faible affinité) le CMH du soi n'ont pas été
délétés et donc circulent ;
- d'autre part il peut y avoir une présentation de peptides issus
des cellules du receveur ensuite reconnus dans les molécules de
classe I du greffon avec suffisamment de similitude entre les différentes
molécules du CMH pour une reconnaissance ;
- il y a aussi la possibilité d'une sensibilisation du receveur
par ses propres cellules présentatrices d'antigènes (cellules
dendritiques ou macrophages) à partir de cellules du greffon dégradées.
.... Il faut beaucoup lire pour y voir plus clair !
L'expérience classique (Zinkernagel, 1974)
de la restriction H2 est utilisée en TS pour amener le modèle
de la double reconnaissance rec.T /HLA+Ag. Dans cette expérience,
une cellule, viralement infectée, de lignée génétique
x n'est pas lysée par un LT de lignée génétique
y.
Question de Nicolas Zaragoza, élève de TS : Mais alors, dans
le cas d'une allogreffe, comment les lymphocytes T d'un receveur peuvent
ils reconnaître les cellules du greffon ?
L'activation lymphocytaire, secondaire à la reconnaissance d'un
complexe peptide / CMH, est fonction de l'affinité de l'interaction,
qui doit être maintenue un temps suffisant pour que le lymphocyte
T puisse répondre. Du fait de la sélection thymique, par
les molécules du CMH du Soi, les lymphocytes T matures possèdent
une affinité suffisante pour le CMH autologue, qui va autoriser
les "communications".
Mais une molécule allogénique peut se présenter au
lymphocyte T, au niveau des régions exposées de la niche
- hélices alpha 1 et 2 - de la même façon que le CMH
autologue. Le lymphocyte T n'y verra que du feu. Le peptide sélectionné,
par contre différent, sera vu comme un peptide étranger
présenté par un CMH autologue, ce qui peut être ennuyeux
et conduire à la destruction de la cellule allogénique si
cette reconnaissance implique un lymphocyte CD8 cytotoxique et des molécules
de classe I présentant des peptides du "soi" du donneur.
Une autre hypothèse serait qu'un certain degré de variabilité
des régions exposées du CMH pourraient à l'inverse,
renforcer les interactions avec le récepteur T ; et de ce fait
transmettre un signal activateur. On pense que cette reconnaissance forte
du CMH par le TCR est un des moyens de délétion des lymphocytes
autologues dans le thymus. A l'évidence, les TCR qui pourraient
reconnaître avec une forte affinité un CMH allogénique
ne sont pas éliminés pendant cette phase de sélection.
Au moment d'une transplantation, ils peuvent donc se trouver soudain en
contact avec des cellules exprimant un CMH pour lequel ils sont très
affines.
Enfin, s'il n'y a vraiment aucune affinité entre un lymphocyte
T et des molécules du CMH du donneur, il n'y a pas de reconnaissance.
Ceci concerne vraisemblablement une partie du répertoire de lymphocytes
T circulants du receveur."
Réponse collégiale avec la participation de Noelle Genetet
Laboratoire Immunologie
Université Rennes1
Une cellule sans marqueurs HLA sera t elle reconnue
comme non-soi ? C'est-à-dire : est-ce que "le système
immunitaire s'attaque à toutes les cellules sauf celles reconnues
comme soi", ou bien est ce que "le système immunitaire
ne s'attaque qu'aux cellules/corps reconnus comme non-soi ?"
Normalement, toutes les cellules nucléées de l'organisme
portent des molécules HLA de classe I. Toutefois, une cellule sans
molécule HLA de classe I peut échapper à certaines
réponses immunitaires cytotoxiques T dépendant d'une reconnaissance
par le biais du TCR. C'est un mécanisme
utilisé par les cellules cancéreuses pour ne pas être
détruites par le système immunitaire.
Par contre les cellules NK tuent spécifiquement les cellules qui
ne portent pas ces molécules HLA de classe I ou qui portent des
molécules HLA de classe I anormales (parce qu'elles contiennent
un peptide viral ou tumoral, ou parce qu'elles proviennent d'un autre
individu (globules blancs en
transfusion, transplantation d'organes).
Lors d'une transfusion sanguine, il faut s'assurer
de la compatibilité des groupes sanguins concernant donc les hématies...
Mais ne se préoccupe-t-on pas des marqueurs HLA se trouvant sur les
leucocytes du donneur ?
Très bonne question ! L'alloimmunisation liée à
la transfusion a été mise à profit positivement pour
générer des sérums "polysensibilisés"
qui sont utilisés pour la détermination sérologique
des groupes HLA (en utilisant le sérum de sujets polytransfusés
contenant des taux élevés d'anticorps dirigés contre
le HLA de leurs donneurs). C'est par contre un des grands inconvénients
de la transplantation d'organes, en particulier rénale : les dialysés,
polytransfusés pour leur anémie, et les multipares présentent
souvent des taux élevés d'anticorps contre diverses spécificités
HLA.
Ceci conduit à sélectionner soigneusement leurs donneurs
potentiels, en récusant ceux qui présentent des spécificités
correspondant à ces anticorps. Le problème tend à
disparaître d'une part par l'utilisation d'érythropoïétine
chez les dialysés qui ne sont donc plus transfusés, d'autre
part par le fait que les établissements de transfusion sanguine
ne distribuent plus maintenant que du sang déleucocyté.
Quelqu'un pourrait-il m'expliquer comment s'effectue
le rejet d'une allogreffe ou d'une xénogreffe. Plus précisement, les lymphocytes
T interviennent-ils, et comment ?
En effet, comment les lymphocytes T peuvent ils intervenir
sachant que leur action n'est possible qu'après une reconnaissance du soi
(double reconnaissance). Un lymphocyte T peut-il agir sur une cellule d'un
organe greffé alors que les marqueurs HLA sont différents de ceux du soi.
La réponse est déjà sur le site. Les lymphocytes interviennent directement
dans le tissu du greffon où on observe des infiltrats de lymphocytes en
cas de rejet. C'est un des éléments du diagnostic, sur une biopsie du
greffon.
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VIH, SIDA
Lors d'une émission de Cavada (marche du
siècle), l'invité Jean-Claude Cherman qui travaille sur un
vaccin anti-VIH a évoqué que lors de la libération
des virions hors de la cellule qui leur a permis de se reproduire, ces derniers
affichaient à leur surface des éléments empruntés
(glycoprotéines sans doute) à la membrane plasmique de la
cellule.
Qui pourrait m'apporter plus d'info sur ce point ? Merci.
Je tente de répondre à ma propre question : Le virus de
type VIH est un virus à ENVELOPPE, c'est-à-dire que sa capside
est entourée elle-même d'une double couche phospholipidique
(prélevée dans la membrane plasmique au moment où
le virus quitte la cellule hôte) et garnie de glycoprotéines
dont il a commandé la synthèse. Ces glycoprotéines
s'affichent et se regroupent en plaques à la surface externe de
la cellule avant la sortie du virus. (JC Le Hir)
Je pense que Jean Claude voulait parler des molécules d'origine
non virale qui accompagnent le virus lorsqu'il s'enveloppe : celles que
l'hôte exprime sur ses propres cellules.
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IMMUNITÉ MUQUEUSE
Lors d'un coït, les spermatozoïdes sont-ils
attaqués par le système immunitaire de la femme ?
Les voies génitales féminines disposent en effet d'un
système immunitaire muqueux, largement inconnu jusqu'à des
travaux récents secondaires à l'apparition du SIDA.
Des anticorps anti-spermatozoïdes ont été décelés
dans le sérum et dans les sécrétions génitales
féminines dans certaines formes de stérilités, mais
leurs conditions d'apparition ne sont pas encore expliquées. A
l'état physiologique, il n'y a pas de réponse immunitaire
locale connue.
Comment peut-on expliquer la tolérance
de l'organisme humain vis à vis des bactéries de sa flore
intestinale, alors que celles-ci peuvent devenir pathogènes lorsqu'elles
contaminent les voies urinaires ou génitales ?
Les infections en question proviennent d'une rupture de l'équilibre
avec la flore saprophyte locale. Les muqueuses développent des
réponses immunitaires spécifiques, notamment d'IgA sécrétoires,
assurant l'équilibre avec la flore locale.
Les bactéries qui vivent dans notre estomac
(et qui aident à la digestion) sont-elles attaquées par le
système immunitaire ?
Il n'y pas normalement de flore dans l'estomac sauf Helicobacter pylori
qui est un germe pathogène décrit il y a une dizaine d'années
à l'origine d'ulcères et de cancers. En cas d'infestation
par H pylori, il existe une réponse immunitaire locale et systémique,
cellulaire et humorale. La recherche d'anticorps spécifique est
utilisée d'ailleurs sur le plan diagnostique.
En ce qui concerne la flore intestinale, très riche et essentiellement
colique (nous hébergeons 10 fois plus de bactéries que nous
n'avons de cellules !), le sujet est à peine abordé. Il
semble qu'on puisse détecter une réponse anticorps, essentiellement
muqueuse (IgA sécrétoires). Il semble en fait exister un
état de tolérance réciproque. A noter que le développement
du tissu lymphoïde muqueux, notamment digestif, dépend de
la colonisation par la flore.
Ceci a été montré dans des modèles d'animaux
germ-free élevés en l'absence de bactéries.
Qu'est-ce qui fait la différence entre une bactérie
pathogène et une non pathogène ? Une bactérie de l'intestin qui entre dans
le milieu intérieur et qui prolifère devient-elle pathogène? Pourquoi les
bactéries qui ne produisent pas de toxines sont-elles pathogènes ( ou pas
) ?
C'est une question de microbiologie !!! Les bactéries pathogènes disposent
en général de mécanismes sournois leur permettant de faire du mal à leur
hôte : altération de la perméabilité intestinale, invasivité importante,
toxines… Les bactéries non pathogènes comme les très nombreuses
bactéries de la flore intestinale sont généralement non invasives et produisent
de nombreux métabolites bénéfiques à l'hôte, voire des substances dirigées
contre les bactéries pathogènes. Par leur nombre, elles ont également
un effet régulateur limitant les capacités de prolifération des bactéries
pathogènes et facilitant leur élimination sans maladie. Par contre, si
cette flore est altérée, l'équilibre peut être rompu au bénéfice des bactéries
pathogènes.
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VACCINATION
Comment peut-on comprendre que Pasteur ait réussi
à sauver un enfant de la rage en le vaccinant alors que la vaccination
développe une réaction primaire, ce que l'organisme développe
normalement et que la rage l'emporte sur une réaction primaire ?
Comment expliquer que certains individus étaient résistants
à la peste lors des grandes épidémies ?
Une fois encore plusieurs questions dans ce message !
Le système immunitaire fait intervenir plusieurs niveaux de défense,
une immunité innée (molécules peptidiques et inflammation
non spécifique..) et une immunité acquise humorale et cellulaire.
Les capacités de réponse spécifique des individus
sont très variables et dépendent de la façon dont
les peptides antigéniques seront présentés par leurs
molécules HLA de classe II aux lymphocytes T CD4+/auxiliaires.
Ce grand polymorphisme génétique est utilisé par
les espèces pour survivre, car il implique que certains individus
pourront survivent en cas d'épidémie en générant
une réponse immunitaire efficace, même si beaucoup d'individus
disparaissent faute de pouvoir présenter des peptides efficaces
pour générer une réponse protectrice. Les populations
actuelles et leur polymorphisme génétique ont ainsi été
sélectionnées par les épidémies ancestrales.
Le problème de l'efficacité de la vaccination contre la
rage réalisée par Pasteur demande une lecture historique
d'un événement peut être trop médiatisé.
La prophylaxie actuelle d'individus non protégés, suite
à une exposition au virus de la rage associe un traitement local
de la morsure, une immunisation passive avec un sérum antirabique
et une vaccination antirabique. La période d'incubation de la maladie
est habituellement de 20 à 60 jours ce qui permet à la fois
aux anticorps du sérum antirabique (demi-vie 21 jours) et aux réponses
immunitaires post-vaccinales ( délai d'apparition des IgG : 9 à
15 jours) d'être efficaces.
Quand on fait une séro-vaccination, antitétanique
par exemple, on injecte une anatoxine (tenant lieu d'antigène) afin de vacciner
plus des anticorps dirigés contre la toxine naturelle. Comment se fait-il
qu'antigènes et anticorps ne s'agrègent pas ?
On ne parle pas de sérovaccination, mais de vaccination tout court. Quand
tout se passe bien, l'antigène disparaît rapidement dans les cellules
présentatrices d'antigène qui le phagocytent, le dégradent, et en présentent
des peptides aux lymphocytes T qui ensuite activent la prolifération des
quelques lymphocytes B qui ont reconnu l'antigène tout seuls, grâce à
leur Ig de membrane. Quand les anticorps sont produits, quelques jours
plus tard, il n'y a en principe plus d'antigène. L'agrégation entre ce
qui peut rester d'antigène, ou de l'antigène qui aurait été administré
de façon répétée peut induire une maladie que l'on appelle maladie sérique,
car elle survient quand on s'immunise contre les immunoglobulines animales
des anti-sérums
Des adresses :
Association des enseignants d'Immunologie
des universités de langue française
Société Française d'Immunologie
Faculté de Médecine de Nancy