|
|
Ressoures scientifiques
SCIENCES NATURELLES ET MEDECINE AU SIECLE DES LUMIERES document élaboré par : Marianne Wojcik -lycée Loritz Nancy-; Roger Chalot, Christian Friderich-lycée Chopin Nancy-; Emmanuel Perrignon - collège Ferdinand Buisson Thiaucourt-; Isabelle Filippini -lycée Georges De La Tour Nancy-; Jean Marie Charles -collège la Haie Griselle Gérardmer-
Sommaire: Les sciences de la Nature au Siècle des Lumières en France et en Europe Evolution de la médecine au siècle des Lumières Les Sciences Naturelles en Lorraine au Siècle des Lumières La médecine en Lorraine au 18ème siècle
d'après le siècle des Lumières : l'Essor 1715-1750 de A.Soboul, G.lemarhand, M.Fogel- chapitre III le système du monde pages 468 à 503 PUF 1977 et Le Kiosque des Sciences : les grandes dates de l'histoire du monde http://www.sciencepresse.qc.ca/kiosque.html
Ces sciences naturelles se sont heurtées à des problèmes de méthode : expérimentation difficile à conduire, théorisation hasardeuse. Buffon écrit " Amassons toujours des expériences, et éloignons nous s'il est possible, de tout esprit de système, du moins jusqu'à ce que nous soyons instruits ; nous trouverons aisément un jour à placer ces matériaux……la seule et vraie science est la connaissance des faits… rassemblons les faits pour nous donner des idées. ". Ces difficultés expliquent sans doute que les Sciences Naturelles semblent avoir progressé moins vite que les sciences physiques ou mathématiques.
QUELQUES REPERES DANS L'HISTOIRE DES SCIENCES DE LA VIE ET DE LA TERRE AU SIECLE DES LUMIERES Sciences de la Terre : Elles se heurtent à une censure très forte de l'Eglise. Les scientifiques accumulent des observations et échafaudent des théories qui souvent s'affrontent. - Ecole italienne, Lazzaro Moro. Il observe l'apparition d'une île volcanique de 500m dans la baie de Santorin et attribue alors à l'action des volcans et des tremblements de terre toute la sédimentation et les bouleversements. Les phénomènes anciens s'expliquent par des causes toujours actuelles (1749)
- L'école suisse s'intéresse aux fossiles : Zchenchzer publie un catalogue de 1500 espèces (des plantes aux mammifères). Il tente une classification des ammonites. (1716) - L'école française s'intéresse aussi aux fossiles :
La connaissance du système solaire et de l'Espace progresse : - Maupertuis met en évidence l'aplatissement de la Terre aux pôles (1736). - Herschel, construit de nouveaux télescopes et découvre Uranus (1781) puis deux satellites d'Uranus (1787) et deux satellites de Saturne (1789). Il explore aussi le ciel au-delà du système solaire et explique la constitution de la Voie Lactée. - Laplace introduit la notion de mécanique céleste. Il précise les mouvements de la Lune - la distance Terre-Lune est mesurée par La Caille et Lefrançois de Lalande (1751). Sciences de la Vie De la fin du 17ème siècle au milieu du 18ème c'est un long combat contre le mécanisme a priori L'être vivant était considéré comme un ensemble de rouages inertes et passifs juste capables de transmettre le mouvement reçu donc commandés par l'extérieur… PHYSIOLOGIE ANIMALE Le modèle mécanique subsiste mais le modèle chimique permet peu à peu d'expliquer les phénomènes ; les physiologistes sont d'abord des médecins (première moitié du siècle) ce n'est qu'ensuite qu'ils s'affranchissent de la médecine :
Pour la fonction circulatoire : les seuls travaux importants dans ce domaine = Stephen Hales Hemastatic (1733) qui met en évidence les propriétés fondamentales de la circulation sanguine comme la différence de tension entre artère et veine. Pour la contraction musculaire : on est dans une vision toute mécanique (Keil) ou bien métaphysique où l'âme dirige les mouvements via le sang (Stahl). C'est Haller 1753 qui à partir d'expériences sur des animaux décapités démontre les propriétés de contractilité, de sensibilité… des muscles et des tendons. Il distingue ainsi les propriétés des muscles de celles des nerfs. Pour le système nerveux : pas de grandes avancées… Haller a trop raisonné en dissociant muscles et nerfs ce qui a " obscurci " le débat. Mais peu à peu la notion de mouvement réflexe s'est construite. Jean Astruc (1684-1766) construit un modèle mécanique où certaines zones du cerveau commandent certains mouvements. Robert Wytt (1714-1766) d'Edimbourg bâtit un modèle où il y a l'âme inconsciente qui est logée dans le cerveau et commande certains mouvements. Mais les premiers progrès décisifs apparaissent avec Barthez, Galvani et Lavoisier. BOTANIQUE ET BIOLOGIE VEGETALE
L'anatomie et la physiologie firent peu de progrès. 1711 Geoffroy confirme que les fleurs fabriquent des semences s'il y a fécondation. Needham observe les grains de pollens ; Hales (1727) réalise 140 expériences et démontre l'action du soleil sur la montée de sève. Les flores lointaines commencent à être étudiées grâce à des expéditions : flore de l'Amérique équinoxiale, (P.Charlevoix 1744) Histoire naturelle du Sénégal (Adanson 1757),… L'arbre qui fournit le caoutchouc, nommé plus tard Hévéa, est identifié (Fresneau 1747)… Le 18ème siècle est aussi l'époque de l'introduction des agrumes en Europe. ZOOLOGIE ET BIOLOGIE ANIMALE Buffon (1707-1788) cité plus haut, commence en 1749 la publication de son " Histoire Naturelle ". D'Aubenton, médecin, collabore à ce traité en tant qu'anatomiste. Il décrit près de deux cents mammifères en utilisant une méthode comparative. Geoffroy Saint-Hilaire, professeur de zoologie au Muséum (1793) étudie particulièrement les Vertébrés. Il participe à l'expédition de Bonaparte en Egypte où il recueille des observations sur diverses espèces animales. Dans son œuvre du début du 19ème siècle, il montre le rôle de l'embryologie pour comprendre la structure de l'être vivant.
DES QUESTIONS EN SUSPENS : ORIGINE DES ESPECES ? La classification de Linné entraînait une vision fixiste du monde vivant : chaque espèce était une entité immuable. La nature comportait autant d'espèces que celles créées à l'origine (1736). Cette vision domina pendant plus d'un siècle… mais comment alors expliquer les variations au sein même d'une espèce ? Marchant (1715-1716) pressent la notion de transformation des formes en observant les dentelures des feuilles chez deux espèces de mercuriales différentes de l'espèce typique. Maupertuis, mathématicien, en 1745 émet des idées très précises sur l'apparition et la disparition des anomalies héréditaires : " …nous voyons paraître des races de chiens, de pigeons, de serins, qui n'étaient auparavant pas dans la nature. Ce n'ont été d'abord que des individus fortuits ; l'art et les générations répétées en font des espèces " " ne pourrait-on pas expliquer par là comment de deux seuls individus la multiplication d'espèces les plus dissemblables aurait pu s'ensuivre… chaque degré d'erreur aurait fait une nouvelle espèce ; et à force d'écarts répétés serait venue la diversité des animaux que nous voyons aujourd'hui " (Essai sur la formation des corps organisés)… par simple réflexion philosophique, Maupertuis a établi bien avant l'heure les notions modernes de la génétique. Jean-Baptiste de Monet, chevalier de Lamarck (1744-1829) d'abord botaniste étudie ensuite les mollusques, insectes et vers au Muséum. Il est frappé par la variabilité des espèces actuelles. Ses observations le conduiront plus tard (publications du début du 19ème siècle) à formuler une théorie sur l'évolution des êtres vivants : selon lui, le monde vivant évolue progressivement, le besoin faisant naître les organes. PROBLEME DE LA REPRODUCTION ? Jusqu'à 1745 on croit à un germe contenant un individu miniature présent dans l'œuf de la femme ou dans le sperme. Un disciple de Réaumur, Charles Bonnet croît démontrer cette théorie grâce à ses travaux sur la parthénogenèse des pucerons… mais Maupertuis le contredit en se basant sur des observations d'hybridations ou bien de la transmission d'anomalies dans l'espèce humaine. On s'émerveille à l'époque sur les capacités de réparation de membres perdus (pattes des écrevisses, hydres sectionnées…) sans l'expliquer. On s'interroge sur les monstres (tératogenèse). On se questionne sur la génération spontanée (eau croupie) Spallanzani (1729-1799) s'oppose à la théorie de la génération spontanée. Il réalise des expériences avec des infusoires et inaugure les débuts de la microbiologie un siècle avant Pasteur. Par ailleurs, il étudie la reproduction des batraciens en réalisant des fécondations artificielles et démontre que le sperme est nécessaire à la reproduction. Dans tous ces domaines : formation des espèce, génération d'individus, le 18e siècle a vu des écoles s'affronter. Buffon, en 1749 publie son premier volume de l'histoire naturelle ; il domina dans le domaine des sciences de la Nature toute la suite de siècle.
CONCLUSION Quoi qu'il en soit, les connaissances nouvelles ne débouchèrent pas sur des applications pratiques. Les données ont été utilisées très lentement. Il a fallu attendre la fin du siècle pour que le mouvement s'inverse un peu. Exemple : l'électricité étudiée et comprise au 18e siècle n'a été utilisée qu'au 19e. Donc le siècle des Lumières tire son originalité non pas de découvertes spectaculaires mais de son ouverture vers des horizons nouveaux, par une curiosité accrue et par des liens mieux perçus entre sciences et techniques. C'est là que l'on trouve les fondements de la science moderne qui commença à s'édifier au 19e siècle.
D'après Le Kiosque des Sciences : les grandes dates de l'histoire du monde http://www.sciencepresse.qc.ca/kiosque.html et La médecine au siècle des Lumières : http://perso.wanadoo.fr/saint-sevin/pagea7.htm
La pratique médicale d'alors était basée sur la théorie humorale d'Hippocrate, vieille de vingt siècles. On peut la résumer ainsi : le corps humain est composé de quatre humeurs : le sang, la bile, la pituite, qui comprenait tous les fluides séreux et muqueux, et la mélancolie ou bile noire. La maladie provenait d'un déséquilibre entre les quatre humeurs naturelles. L'art du médecin consistait à rétablir entre elles le mélange harmonieux nécessaire à l'état de santé. Purges, saignées et lavements étaient des traitements traditionnels.
Les nouvelles méthodes rencontrent beaucoup d'opposition et ne seront généralisées qu'au 19ème siècle " …tant ce système [l'ancien humorisme] offre de séductions aux médecins d'un esprit borné qui trouvent en lui un facile moyen de se rendre raison des phénomènes les plus grossiers des maladies, et de capter la faveur du public en caressant ses préjugés ". -Coutanceau- La chirurgie exercée jadis par les barbiers, ne réclamait pas des étudiants la culture de base exigée des étudiants en médecine. C'est François Gigot de La Peyronnie (1678-1747), premier chirurgien du roi, soutenu par Louis XV, qui, par paliers successifs, à partir de 1731 avec la création de l'Académie Royale de chirurgie, réussit à mettre en route le processus qui devait aboutir à faire des chirurgiens les pairs des médecins. C'est l'époque où paraissent pour la première fois des ouvrages exclusivement consacrés à la question des maladies mentales. Le 18ème a ouvert les yeux sur la situation épouvantable où se trouvait l'aliéné et l'on commence à considérer les fous avec compassion. Le plus célèbre de ces médecins philanthropiques fut Philippe Pinel en France. Il abolit les méthodes thérapeutiques brutales et jeta les premiers jalons de la psychothérapie. Le même mouvement se produit en Espagne, en Italie et en Allemagne. La seconde moitié du 18e siècle a vu la publication de nombreux ouvrages de vulgarisation médicale. Ils révèlent des soucis d'hygiène publique. Le Dictionnaire portatif de santé décrit très minutieusement plusieurs dizaines de maladies professionnelles. Il propose des remèdes adaptés, recommande des régimes alimentaires et étend ses préconisations dans le domaine vestimentaire et dans celui de l'hygiène de vie. Témoignant de sensibilité à l'égard de la souffrance sociale, le Dictionnaire portatif de santé constitue, au siècle des Lumières, un ouvrage précurseur de la médecine du travail.
Informations extraites de "encyclopédie illustrée de la Lorraine: sciences de la vie" Ed Serpenoise, 2000 Des Sociétés savantes : A Nancy, en décembre 1750, Stanislas décide la création d'une bibliothèque publique et de 2 prix pour récompenser des Lorrains : un littéraire et un scientifique. Il nomme des censeurs pour désigner les lauréats et très vite des personnalités renommées postulent pour ce rôle. Cette structure devient donc une Académie, en moins d'un an, et acquiert une renommée dans les domaines des sciences, des arts et des Lettres. Parmi les membres de cette nouvelle "Société royale des sciences et belles lettres de Nancy " on trouve des membres prestigieux comme Montesquieu ou Fontenelle, mais aussi comme membres associés : Buffon et Daubenton. Cette Société fut supprimée en 1793 pour 9 ans. Puis elle continua d'exister ensuite sous des noms divers pour devenir " Académie de Stanislas " en 1850. Si au départ, la même Académie s'occupait de toutes les activités intellectuelles, peu à peu, à mesure que Nancy se développait, de nouvelles sociétés plus spécialisées se sont mises en place au cours du XIXe siècle : Société d'agriculture, d'horticulture (1876), société des sciences (1863), héritière en fait de la société d'histoire naturelle de Strasbourg (crée en1828), de biologie (1906), de médecine (1842)… toutes plus ou moins directement héritières de cette Académie de Stanislas… Pendant tout le XIXe siècle, la Lorraine a donc été le siège d'une intense activité intellectuelle notamment dans le domaine scientifique. Cette activité incontestablement a ses fondements dans l'Académie de Stanislas, qui avait posé les bases d'une telle émulation. Metz n'est pas resté en reste : en 1757 apparaît la Société des sciences et des arts (au sens Arts et métiers). Grâce à la protection du Duc de Belle-Isle, cette société accède, elle aussi au statut d'Académie en 1760. Beaucoup de membres influents de cette Académie sont des officiers du corps de Santé Royal, ou bien sont des propriétaires fonciers qui s'attachent à perfectionner l'agriculture sous toutes ses formes. Plus tard, viendront s'adjoindre des enseignants, ecclésiastes, ingénieurs (jusqu'au XIXe siècle où on s'intéresse à la sidérurgie). Les académiciens messins sont surtout préoccupés par l'agriculture qu'ils considèrent comme principale source de richesses (physiocratie = courant de la philosophie); Ainsi cette Académie est considérée avant tout comme une société d'agriculture (1789) : Louis XVI lui a conféré des missions dans ce sens. Parmi les membres de cette société on trouve des noms éminents comme celui de Parmentier, le marquis de Mirabeau (père du tribun), Lacepède, démonstrateur des jardins du roi….. Comme à Nancy, du fait des bouleversements révolutionnaires elle fut supprimée en 1793 puis après reconstitution, on a assisté à des restructurations et des changements de noms successifs : société d'agriculture des arts et du commerce, Nouvelle société des amis des lettres, sciences et arts….Mais la place prépondérante dans le domaine agricole des sociétés issues de l'Académie royale de Metz se maintiendra tout au long du XIXe siècle. Ce foisonnement scientifique en Lorraine à partir du siècle des Lumière et sa place non négligeable dans la pensée de la France et en Europe a été rendu possible non seulement grâce à la volonté du roi Stanislas pour Nancy et du Duc de Belle-Isle pour Metz, mais aussi grâce à de nombreux scientifiques lorrains amateurs éclairés, qui se sont illustrés dans des domaines variés depuis longtemps déjà. Quelques naturalistes lorrains au temps des Lumières
o A Metz, depuis le moyen âge, une grande tradition de jardins botaniques perdure avec des cultures de plantes médicinales notamment. o Anuce Foës (1528-1590) : médecin, traducteur d'Hippocrate mais aussi auteur d'une Pharmacopée Messine. Ses travaux furent utilisés pour l'une des premières tentatives de classifications naturelles des plantes par Gaspard Bauhin o 1553 : étude de la faune, de la Flore et des poissons de la Région par Pierre Belon, originaire du Mans et médecin de Monseigneur de Vielleville, un des premiers naturalistes éclairés " mosellans " o Benoît de Maillet (1616-1738), né à Saint Mihiel : il affirme que la mer a façonné la Terre et que les êtres vivants d'abord aquatiques sont devenus terrestres. Ces idées transformistes auraient influencé Buffon et séduit Voltaire
o Jean Baptiste Bécoeur : 1718-1777 : pharmacien et taxidermiste réputé o Laurent de Chazelles (1724-1808), rassemble de grandes collections de plantes exotiques notamment dans ses orangeries. o Philippe François Sido (1752-1816), son élève : ornithologue, botaniste, apothicaire. Il publie en 1777 un ouvrage sur l'usage des pommes de terre. o Thirion né en 1720, chimiste et apothicaire. Il constitue une collection minéralogique et géologique. Son élève le plus célèbre est Pilâtre de Rosier (1756-1785) chimiste et aéronaute. o Un Index des plantes du jardin botanique de Pont à Mousson (Marquet 1727) pose les bases de la botanique Lorraine o Joseph-Pierre Buc'hoz (orthographes du nom variables) -1731- 1807- publie en 1758 un catalogue des fossiles du pays messin et en 1759, un discours sur la botanique. Il devient médecin, avocat, agrégé et démonstrateur en botanique au collège royal de médecine de Nancy où il ouvre son premier cours de botanique sur le principe de Linné. Il devient médecin ordinaire du roi Stanislas. Il publie de très nombreux ouvrages (environ 200) sur des domaines variés dont le Traité des plantes qui croissent en Lorraine (13 volumes dédiés à Stanislas). Il a été très controversé par Daubenton et Jussieu et il ne parvient pas à rentrer à l'institut, à Paris. o Nicolas Joseph-Thiery de Mannonville (1739-1780) de Saint Mihiel introduit en France et à saint Domingue le Nopal ou figuier de barbarie. Il l'utilise pour l'élevage de cochenilles dont on tirait le carmin o Philippe-Victor Lévêque de Vilmorin (1746-1804) originaire de Landrecourt, fait des études de médecine à Paris, s'intéresse à la botanique : il développe la culture de la betterave et du rutabaga puis il développe le commerce " scientifique " de graines dans son entreprise (Vilmorin-Andrieux) dont la renommée perdure aujourd'hui. o Claude Fleurant d'Azerailles (1744-1802) rédige un journal d'observations d'insectes en 2 tomes (bibliothèque de Saint-Dié) o Le baron Jean-Baptiste Théodore de Tschudy (1734-1784), né à Metz, philosophe très sensible aux idées de Rousseau, il réalise une riche collection suite à une herborisation dans les montagnes suisses et françaises. Il introduit de nombreuses plantes exotiques et des arbres nouveaux (résineux surtout) dans le parc du domaine de Colombey hérité par mariage. Il publia de nombreux articles sur les problèmes agricoles (prairies artificielles, culture de la luzerne, pisciculture, sylviculture). Il traduisit le traité des arbres résineux conifères de Miller o Son fils, Jean-Joseph (1764-1822) botaniste distingué écrivit un ouvrage qui fit autorité sur les greffes. Il introduisit le rosier thé à Metz. o 1779 : publication en 3 livres des cours de Michel du Tennetar (Messin : 1742-1800) : un pour le règne animal, un pour le règne végétal, un pour le monde minéral o 1783 : Cadet après des expéditions en Corse et Italie publie des travaux de géologie à la société royale de Metz o 1785 : Parmi les communications de la société royale des sciences et des arts (Metz) on retient un travail de traduction du dictionnaire des jardiniers (The Gardener's Dictionnary) de l'Anglais Miller (8 volumes) o 1789 : ajout de 5 volumes au dictionnaire du jardiniers Supplément au dictionnaire du jardinier (planches illustrées) par Laurent de Chazelles (1724-1808), disciple de Linné. Il travaille avec Jean-Chritophe Couthier, né à Strasbourg en 1750 et élève de Spielmann (Strasbourg) et ensuite de Miller. Il cultive des amandes servies pour la première fois à la table de Joséphine en 1807. o François Holandre, médecin, publie en 1790, 8 volumes d'une Histoire naturelle des vivipares et des ovipares. C'est l'un des premiers systèmes de classification raisonné. Il collabore aussi au dictionnaire des jardiniers. o François le Vaillant (1753-1824) entreprit des expéditions scientifiques dans le mode entier (Afrique méridionale notamment). Il publia en 1796 un traité des l'histoire naturelle des oiseaux d'Afrique. Et introduit la première girafe naturalisée à Paris. o JB.Mougeot (1776-1858), médecin de village à Bruyères, passionné de botanique : description de la flore des Hautes Vosges qui a fait longtemps autorité dans le domaine des plantes d'altitude ; il collectionne aussi les cryptogames
Conclusion : Les sciences d'observation se portent bien en Lorraine au siècle des lumières. Les savants ont souvent des connaissances variées qui recouvrent plusieurs domaines. En revanche, on note que les sciences expérimentales qui nécessitent des laboratoires bien équipés ne se sont pas réellement développées dans notre région à cette époque. Si les animaux ne sont pas ignorés par les lorrains, la région est avant tout renommée pour ses travaux dans le domaine de la botanique. Ces connaissances sont motivées par une curiosité évidente mais aussi par la volonté d'améliorer les pratiques de cultures. Ce sont des préoccupations que l'on trouve très tôt (1500- Jean Pellerin : culture du mûrier pour le ver à soie) et qui ont perduré ensuite. La plupart des collections botaniques messines ont été décimées lors des guerres successives. En revanche Nancy conserve des traces du passé et la tradition botanique de Nancy est l'héritière des Lumières. A la fin du XVIe siècle, l'université Lorraine de Pont à Mousson s'est dotée d'un jardin Botanique comme outil scientifique de pointe. Un Index des plantes de ce jardin (Marquet 1727) constituera les bases de la botanique lorraine. Un autre jardin est installé par Stanislas en 1756 à Nancy (à la demande de Bragard, médecin) : c'est l'actuel jardin Dominique Alexandre Godron qui recevra les collections de Pont à Mousson en 1768. Il est confié successivement à différents directeurs dont Braconnot (chimiste), mais c'est Godron qui lui donne dès 1837 l'impulsion fondamentale qui marquera tout un siècle de botanique à Nancy. Cette tradition est sans aucun doute en grande partie à l'origine du foisonnement intellectuel scientifique et artistique qui s'est développé au sein de l'Ecole de Nancy au tout début du XXe siècle.
En Lorraine, les villes épiscopales sous dépendances françaises obéissent à l'autorité du 1er chirurgien du Roi tandis que le Duc Léopold ou même Stanislas vendent des brevets de Dentiste Ordinaire. La dentisterie est une part de l'activité des Maîtres-chirurgiens et des opérateurs souvent ambulants. C'est l'époque de l'arrivée en Lorraine des charlatans qui pratiquent quelques actes mais surtout vendent des drogues. 1712 : MANSARD, dit RAINVILLE, est mentionné dans le livre " des comptes, des gages et pensions de l'Hôtel de S.A.R. aux officiers de la couronne, domestiques et autres ", comme " dentiste ", et à ce titre, il lui est alloué une somme de 25 livres pour chaque trimestre. 1718 : GERAULDY est un français qui est envoyé en mission en Lorraine. 15 mai 1721 : Léopold délivre à Jacques MOREAU un brevet de dentiste ordinaire ainsi qu'en 1725 à GRIMALDY... En France, FAUCHARD déclare en 1728 dans son ouvrage de référence "Comment voulez-vous faire de la véritable chirurgie dentaire ? On ne connaît ni cours publics ou particuliers de la chirurgie où la théorie des maladies des dents soit amplement enseignée et où l'on puisse s'instruire à fond de la pratique de cet art si nécessaire à la guérison de ces maladies et de celles qui surviennent aux parties dont les dents sont environnées". 1734 : LATOUR est rémunéré comme Dentiste ordinaire et décorateur de la comédie de la Duchesse Elisabeth Charlotte. Vers 1738 : Nicolas RAFFLET est Dentiste ordinaire de STANISLAS à Commercy. 1746 : Lecluze de THILLOY devient dentiste de Stanislas le jour, dit-il, où celui-ci perdait sa dernière dent. Il séjourne à Lunéville jusqu'en 1752. Pendant cette période, il fait éditer à Nancy son premier traité qui concerne la prévention. Il préconise les visites systématiques chez le dentiste et, pour l'hygiène, de se brosser les dents tous les jours au matin. J. Fidéle LAFORGUE, Dentiste ordinaire de Stanislas, appartient à une lignée de Maîtres-chirurgiens. Il est reçu Expert pour les dents à Nancy en 1772.
1766 : La Lorraine est intégrée à la France. 1769 : Transfert de la Faculté de Médecine de Pont-à-Mousson à Nancy.
1795 (an IV) : création d'un corps d'Officiers de Santé, rapidement formés. 1797 : HALDAT DU LYS rejoint l'enseignement de SIMONIN.
Livres et sites internet :
| |||||||||||||||||||||||