PRENDRE LA PAROLE.

SOMMAIRE GENERAL

Introduction P

1. La formation des délégués : 6 et 7 janvier 1995 P

2. Le théâtre P

3. Les présidentielles P

4. La gestion des activités personnelles en bac professionnel P

5. Les commissions : presse et vidéo P

Annexes

Accès Sommaire détaillé

SOMMAIRE DETAILLE

Introduction P

Cinq axes

1. La formation des délégués : 6 et 7 janvier 1995 P

La première partie: connaissance, organisation du lycée et définition du projet d'établissement.

La deuxième partie : communiquer : techniques de la communication ;devoirs et droits des délégués

à travers les représentations qu'en ont les délégués.

2. Le théâtre P

Trois pôles ont été définis

La première séance.

La séance suivante

3. Les présidentielles P

Le cadre

L'objectif

Les matériaux

L'évaluation

Les lieux

L'organisation des quatre heures

Observations

les suites

4. La gestion des activités personnelles en bac professionnel P

Cadre

Acteurs

Objectifs

Démarche

5. Les commissions : presse et vidéo P

Annexes

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PRENDRE LA PAROLE.

Parce qu'à l'école, on apprend tout mais on n'a pas assez de temps pour apprendre à parler de et pour soi...

Parce que prendre la parole dans un lieu quel qu'il soit c'est communiquer et faire acte de pouvoir, pas seulement en terme de puissance mais aussi en terme de capacité à ...

Parce que prendre la parole c'est aussi et surtout avoir grandi, au point qu'on ait droit à l'écoute, à l'attention et à l'existence, à la consistance.

Pour ces raisons entre autres, il semble essentiel d'aider les élèves à faire ce passage en utilisant l'école non pas comme un hall de gare où l'on stationne en attente d'un train sans destination précise, mais comme un lieu de vie, de ressources, d'imagination.

Comment parvenir à approcher de ce but au plus près ?

L'émission TV semble un prétexte pour donner la parole .Ce serait la réalisation concrète de cette prise de pouvoir de la parole ; mais encore faut-il d'une part amener les élèves à avoir envie de réaliser une émission et d'autre part leur donner les atouts techniques, critiques, culturels pour y parvenir. Sur le chemin il y aura des égarés, des réfractaires ou tout simplement d'autres modes d'expression plus directs plus simples qui seront choisis. L'essentiel, en fait, ce n'est pas de réaliser un support matériel mais de faire des progrès vers la condition d'adulte responsable, de citoyen .

Ainsi il y a eu des occasions de prendre la parole ou de susciter ce besoin au cours de cette année scolaire :

Cinq axes donc :

1. La formation des délégués

2. Le théâtre

3. Les présidentielles

4. La gestion des activités personnelles en bac professionnel

5. Les commissions : presse et vidéo

Une émission présentation de "sa " formation professionnelle (en gestation )

Ces axes ne sont ni modélisables ni hiérarchisables . On peut les ressentir comme des chemins vers le même but . Il s'agit de créer la brèche et de trouver l'opportunité. La brèche dans le mur des "représentations" dans lesquelles sont enfermés les actants (élèves, professeurs, personnel d'éducation et autres). L'opportunité en utilisant avec le plus de rendement possible les programmes, les passions, les matériels, les institutions...

Deux principes sont fondamentaux : la confiance et l'ouverture d'esprit.

La première parce qu'elle permet la responsabilisation, la seconde parce que les projets ne sont plus les nôtres et qu'il faut faire la chasse aux préjugés sans se départir de son rôle d'adulte et de sa fonction "d'autorité".

Ces cinq points ont nécessité et nécessitent de la part du personnel d'encadrement : de la disponibilité, des démarches, des compétences (parfois à acquérir )

retour.

1. La formation des délégués : 6 et 7 janvier 1995

Telle qu'elle a été pensée et vécue, elle entre directement dans cet apprentissage de la prise de la parole et peut servir d'amorce à des initiatives individuelles ou collectives.

D'abord elle a été voulue hors cadre scolaire, en internat , encadrée par une équipe d'enseignants et le proviseur , le proviseur - adjoint , deux CPE , une CE, et l'assistante sociale.

Le cadre choisi à Vigy était plaisant et les locaux comportaient tout le confort associé à une relative autonomie. Un week-end a été choisi pour ce"stage ".

Le choix du lieu est important car il permet de faire un pas vers la communication en échappant au cadre scolaire qui est très codifié et induit des règles de communication censurantes.

Le moment était aussi important parce qu'il fallait que tous les partenaires acceptent de "sacrifier " un week-end , un moment à eux pour travailler et construire et respecter un mode de fonctionnement à appliquer dans l'établissement.

Les participants étaient importants eux aussi parce qu'il fallait qu'ils soient représentatifs donc nombreux : le taux de participation a été de 40.54 %, soit 30 délégués sur 74 .

Le programme de cette formation s'est articulé autour de deux pôles :

- connaissance de l'établissement et de son organisation , définition du projet d'établissement

- communiquer : les techniques de la communication, les devoirs et les droits des délégués à travers les représentations qu'en ont les délégués.


La première partie: connaissance, organisation du lycée et définition du projet d'établissement.


Elle a fait l'objet de deux séquences de travail : l'une de 17h00 à 19h00 , l'autre de 20h00 à 22h00, soit pendant des plages horaires inaccoutumées pour les élèves .
Le travail de départ consiste à partir de la perception que les élèves ont de l'établissement . La consigne est d'établir l'organigramme du lycée. Puis naturellement on confronte les organigrammes et on essaie d'expliquer les différences. On met aussi en évidence les différences de conceptions qu'implique chaque organigramme. Ces organigrammes sont au nombre de deux.

Deux groupes ont donné cette représentation de l'établissement :

Deux autres groupes ont donné cette représentation de l'établissement :

A la suite de cette confrontation, et après analyse des représentations que chaque groupe avait de l'établissement et de leur signification au niveau individuel, ont été fournis aux élèves la composition du conseil d'établissement pour 1994-1995, et un exposé sur les principes généraux du fonctionnement d'un lycée.
La fonction première est l'enseignement à laquelle se greffent les fonctions complémentaires d'information (C.D.I.), d'orientation (C.I.O.), de vie scolaire, de gestion et de comptabilité, et enfin les fonctions sociales et médicales.

Les grandes orientations sont décidées par le conseil d'administration qui comprend :

- les membres de l'administration,

- la région,

- la commune,

- le personnel d'enseignement, de surveillance, de documentation, de direction,

- le personnel administratif, social et de santé, technique, ouvrier et de service,

- les élèves,

- les parents d'élèves.

Ces décisions sont soumises au recteur, au préfet de région, à la région. Leur application est vérifiée par ces instances.

Le conseil des délégués est amené à donner son avis et à formuler des propositions sur toutes les questions ayant trait à la vie et au travail scolaires, notamment à l'occasion de l'élaboration du projet d'établissement.

Le conseil de direction prend les décisions journalières.
L'intendance est responsable de la comptabilité, des commandes matérielles, de l'entretien courant des locaux et de la restauration. Après cette seconde phase les individus sont à même de se situer selon les différentes strates du système et de mieux saisir leur place . Ils peuvent ainsi mieux appréhender les possibilités et les limites des actions de chacun.

Mais les délégués aspirent dans l'ensemble à un établissement centré sur l'élève et évoquent le problème du manque de communication.

La transition est donc toute trouvée pour aborder le moyen institutionnel mis à la disposition des partenaires pour insuffler une politique au sein de l'établissement. Politique qui tiendrait compte de toutes les aspirations et saurait évaluer les besoins. Mais surtout pour présenter et faire accepter les responsabilités des instances engagées dans le fonctionnement de l'établissement. Enfin permettre aux délégués de s'exprimer et de s'engager réellement dans un travail constructif de gestion et d'organisation, d'analyse, de réflexion et d'élaboration en proposant, comme dans tout groupe, la possibilité de mettre en place des commissions spécialisées dans le lycée.

Après le repas le Projet d'établissement est donc présenté. Les animateurs sont au nombre de six : proviseur, proviseur-adjoint, gestionnaire, conseillère d'éducation, et deux professeurs.

La méthode de travail est légèrement différente puisque cette fois on part d'une séance plénière pour arriver à des travaux de groupes (disséminés dans les locaux) et un compte-rendu d'équipe.

Séance plénière

Chaque délégué est invité à déterminer le pouvoir décisionnel et les responsabilités de chacun dans la gestion de l'établissement. Un questionnaire, ci-joint, lui est proposé à cette fin. Cette phase permet de contrôler si le transfert de savoir s'est bien fait et de corriger d'éventuelles "idées fausses". Elle permet aussi de préciser des notions fort mal maîtrisées par les délégués qui ont, pour certains, eu beaucoup de mal à répondre à ce questionnaire.

Après cet échange, les travaux de groupes ont été entamés.

Travaux de groupes

Ceux-ci sont centrés sur : la restauration, le règlement intérieur, la santé, la communication, les aménagements extérieurs.

Chaque groupe va donc travailler sur la question et constituer une ébauche d'analyse transmise au bureau des délégués. Ce dernier réunira les commissions et étudiera l'application de propositions en collaboration avec les partenaires concernés.

Bilan : 11 mai 1995 :

La plupart des commissions mises en place après le week-end de Vigy ont été très dynamiques.

La commission presse :

L'équipe vidéo a su tirer partie du matériel professionnel mis à sa disposition ; a pu visiter RTL9 et assister au journal en direct. Mais surtout elle prépare pour la rentrée la mise en forme des matériaux récoltés et les travaux seront montrés aux élèves.

L'équipe de rédaction du journal a réussi à produire trois numéros depuis janvier et ce grâce au travail des rédacteurs et à l'assistance bienveillante de certains membres de l'établissement auxquels se sont ajouté des visites, notamment celle du R.L. de nuit (22h00 à 1h00 ).

La commission restauration :

est restée sans effet faute de personnes intéressées.

La commission Santé :

malgré son peu de participants a su se faire entendre et a participé activement au Forum Santé qui a permis de montrer des logiciels, des expositions sur des thèmes variés dont le sommeil, le tabac... Lors de cette action des conférences ont été animées par des médecins spécialistes.

La commission Règlement Intérieur

ne sera pas reconduite dans la mesure où ses propositions ont été entendues et prises en compte dans l'élaboration du nouveau Règlement Intérieur lequel entrera en vigueur à la rentrée prochaine.

La commission Aménagement :

a permis grâce aux enquêtes-classes réalisées de dégager deux priorités : l'installation de bancs et la plantation d'arbustes et de végétaux .

A ces actions se sont ajoutés d'autres initiatives : achat d'un distributeur de préservatifs et opération "cercle de qualité".

Toutes ces initiatives et ces actions sont le résultat de l'impulsion envoyée lors de la formation.

Mais il y a eu d'autres résultats non quantifiables lors de la deuxième partie de la formation et qui était, elle, plutôt axée sur la communication.


La deuxième partie : communiquer : techniques de la communication ;devoirs et droits des délégués à travers les représentations qu'en ont les délégués.


Le samedi 07-01-1995 de 9h00 à 12h00 et de 13h30 à 16h30

Cette partie du travail est construite en deux temps.

D'abord premier temps : prendre rapidement conscience des contraintes de la communication entre un individu et un autre individu ou un groupe ciblé. Puis improviser un sketch autour d'axes définis au préalable, et filmer le sketch

Enfin, deuxième temps présenter aux autres le sketch pour en faire une lecture critique. Cette lecture critique constitue le point le plus important du travail,.avant tout travail d'analyse. Quelques documents sur les composants de la communication sont distribués de même qu'un extrait paru dans le Figaro magazine qui représente les critères d'évaluation qui sont en usage dans certaines entreprises lors des entretiens de recrutement. (documents ci-joints).

D'abord premier temps.

Un tour de table est effectué. Chaque délégué doit se présenter à l'assemblée en veillant à permettre au groupe de le situer au sein de la formation mais aussi à être entendu et compris de tous.

Le constat est que certains se présentent très succinctement pour échapper au regard des autres, d'autres donnent des informations privées superflues _ ils sont rares_, et quelques uns sont tout à fait inaudibles.

Après le tour de table on remarque ces différences et on réfléchit à la manière de corriger ces défauts :

- un tri préalable des informations est nécessaire car il faut tenir compte de l'objectif pré défini ;

- un travail sur le corps et la respiration peut aider à contrôler la voix et à donner de l'intensité et une impression d'assurance : position des jambes qui doivent être solidement ancrées au sol ; dégagement du thorax : dos droit , mains à plat, respiration ventrale.; contrôle des gestes parasites : balancement des pieds, mains en mouvement, mimiques : mèches rebelles, langue sortie.

Une fois ces remarques faites , on recommence le tour de table qui est un peu plus performant.

Une fois les présentations terminées , on définit le jeu de rôle et ses objectifs les plus immédiats .

Il s'agit par groupes, de simuler une situation dans laquelle un délégué est amené à intervenir face à des interlocuteurs variés.

Il faut dégager le canevas de la situation (schéma actantiel : situation de départ, situation d'arrivée), les objectifs de la négociation et/ou du compte-rendu, le profil des partenaires.

Il faut distribuer les rôles et répéter en veillant à respecter le caractère vraisemblable de la situation. Ce sont des cas que l'on est amené à rencontrer durant son mandat.

Il faut faire tourner les rôles. Un élève assumera dans chaque groupe deux rôles, de manière à pouvoir ressentir les problèmes selon la place occupée dans la structure scolaire.

Puis on enregistrera au caméscope les différentes scènes.

Avant de former les groupes on définit en séance plénière les différentes situations que l'on veut réaliser.

Les délégués dégagent les rapports possibles suivants:

- délégué face à la classe

1.Compte-rendu d'un conseil de classe

2. Préparation d'un conseil de classe

3. Présentation du bulletin d'information (ce dernier est un organe hebdomadaire de communication interne des actions, informations, initiatives...ayant trait à l'établissement )

- délégué face au professeur

4. Essai de régler un problème de discipline dans la classe par son délégué

5. Déplacement d'une heure de cours.

- délégué face à l'administration

6. Problème de discipline dans la classe

Chaque groupe choisit un thème et occupe l'espace de manière à pouvoir répéter sans gêne. Là encore les consignes sont précises. Il faut absolument après la phase de construction du jeu de rôle, qu'il y ait prise de possession de l'espace. Ainsi il faut se donner des contraintes et des repères spatiaux.
Les adultes présents : professeurs, personnel de direction et d'encadrement circulent dans les locaux et proposent un regard critique sous forme de questionnement.
Ainsi on peut mettre en évidence l'absence de codification, de repères dans les "personnages" présentés.

On peut mettre en lumière des incohérences donc introduire la notion de règles à respecter. Annoncer le travail sur la représentation et la fonction dont l'individu est porteur et commencer à amener la prise de conscience de l'écart entre le moi et le rôle dont on est investi. En bref on commence à préparer à savoir se" décentrer".

Au bout d'une heure on commence à filmer, chaque groupe vient jouer son sketch dans un lieu défini. Le caméscope étant utilisé sur le secteur la liberté de création en matière de prise de vue est limitée et cela évite une présentation trop subjective des sketchs. Il s'agit plus d'une trace à relire que d'une création.

A douze heures trente tout est enregistré. On peut déjeuner avant d'analyser.

L'ensemble de cette phase s'est déroulée dans la bonne humeur mais aussi dans le sérieux.

On a pu constater que chaque groupe a veillé à remplir son contrat même si parfois il a fallu les pousser un peu.

Des dérives se sont installées telles que la tendance à la parodie et à la caricature mais aussi la catharsis. Elles ont été évacuées lors du tournage par autocensure ou recentrage suggéré par les adultes.

Enfin le deuxième temps

La séquence commence par la lecture de documents. L'un des documents est une grille-type de cabinet de recrutement passant en revue les aspects de personnalité de chacun des candidats . Elle est extraite du Figaro économique.

L'autre document est inspiré du travail de Jean-Pierre Veyrat du groupe Icare. Il permet d'appréhender rapidement mais quelque peu schématiquement l'importance des gestes et des mimiques dans l'art de convaincre ou d'exprimer des sentiments.

Il s'agit ici de permettre aux élèves d'avoir quelques critères "objectifs " d'analyse de leur prestation et de celle des autres.

L'analyse de l'acte de communication repose sur les trois schémas possibles développés et analysés dans : Communiquer pour enseigner de Bruno Ollivier chez Hachette éducation.

Il présente la communication comme un espace possible :

Mais il peut y avoir des cas où la communication ne passe pas .

Soit parce que l'émetteur utilise un code plus riche que le récepteur l'intersection prend alors la forme d'une inclusion :

Soit parce que l'émetteur et le récepteur n'ont pas de codes communs :

C'est le dialogue de sourds.

La communication c'est l'interprétation d'un message et il y aura toujours des parasites mais à un degré plus ou moins élevé car il y a toujours la part de subjectivité inhérente à la condition humaine.

                                                                               
    L'émetteur avec ses                              Le récepteur avec ses     
  présupposés construit un                         présupposés construit un    
          message                                           message            


codes et                                         Codes et                      
  Expression                                     Connotations                  
Contenu                                          Erreurs                       
idéologie                                        idéologie                     
   ambiguë                                       associations                  
ambigu                                           d'inter=                      
de l'émetteur                                    du récepteur                  
                                                 non prévues                   
                                                 prétation                     

                                                             par l'émetteur    


  Message = expression de                         Message= contenu interprété  
    l'émetteur et source                              par le destinataire      
       d'informations                                                          

<------->                                         


Les deux pôles                                  
d'interprétation                                 
  Connaissance du monde ,        du message        Connaissances réelles du    
    et de la langue que                            destinataire (langage et    
    l'émetteur prête au                                    réalité)            
         récepteur                                                             



Tous ces graphiques sont repris tout ou partie de l'ouvrage cité soit : Communiquer pour enseigner de Bruno Ollivier chez Hachette éducation.

Naturellement il ne s'agit pas de donner aux élèves ces documents trop complexes pour travailler l'analyse. Les axes proposés seront plus directement abordables, puisqu'ils font partie de leur programme tant de français que de matières professionnelles.

Pour la réflexion sur le délégué on proposera un travail sur :

- le projet de parole : le message énoncé est-il valide en fonction des propositions de départ ?

- le type de texte est-il adapté à la nature de la communication ( texte argumentatif, informatif, explicatif...) ?

- le niveau de langue est-il adapté et recevable en fonction de l'émétteur ?

- le contenu du texte produit est-il suffisant, satisfaisant ...?

- la voix, les mimiques, la gestuelle sont-elles en accord avec le projet ?

Pour la réflexion sur les autres acteurs on travaillera sur les mêmes données mais on essaiera de faire émerger la manière dont les élèves perçoivent ces partenaires.

Dans les deux cas, on essaiera pendant l'analyse de faire formuler les représentations qu'ont les élèves du rôle de délégués mais aussi des professeurs, des conseillers d'éducation, du proviseur-adjoint, du proviseur.

On essaiera d'aller aussi loin que possible dans la signification que porte certaines représentations.

Il serait trop long de passer en revue le déroulement de l'analyse, seuls certains aspects nécessitent qu'on s'interroge _la formation aura eu cet effet interrogation réciproque sur son image_.

On constate que selon le degré d'avancement de la formation dans l'établissement l'écart entre la fonction incarnée et la manière d'être des délégués se rétrécit. Donc un bon point pour l'enseignement qui permet aux élèves de mieux comprendre et maîtriser la codification de la communication.

Effectivement, on constate que les élèves issus de baccalauréat professionnel maîtrisent mieux les codes tout en étant plus bloqués, plus réticents. Pour leur part les élèves de BEP présentent de grandes différences selon qu'ils sont en première ou deuxième année de formation et selon leur choix professionnel :les vendeurs sont plus volubliles mais peut-être pas toujours plus efficaces.

Un autre aspect frappant c'est le coté catharsis de cet exercice et certains passages de la bande vidéo surtout le premier sketch dégage beaucoup de violence verbale, une forte revendication au niveau de la reconnaissance, peut-être même un appel à l'aide.

Au point que la notion de réalité et de vraisemblance a été évoquée : Est-ce votre univers que vous peignez ? Est-ce votre quotidien ?

Peut-on vivre dans le même établissement et ne pas partager la même réalité ne
serait-ce que par l'information?

Des revendications sont sous-entendues aussi :

- un délégué est seulement un élève pour ses camarades, jusqu'où son rôle peut-il aller ?

Quelques uns dépassent leurs prérogatives. Attention abus de pouvoir ! Un délégué a le droit à l'aide des adultes.

- un délégué est un élève pour son professeur : comment être crédible aux yeux de l'enseignant ? Comment ne pas glisser vers des procès d'enseignants ? Cela fut effleuré dans le sketch quatre.

Les questions sont posées ainsi à partir de la grille de lecture proposée et petit à petit tombent les représentations, affluent les codes, les droits, les devoirs...Aucune prise de pouvoir d'une partie ou de l'autre mais une réflexion et une mise en chantier.

Qui suis-je ? Comment suis-je perçu ? Comment est-ce que je perçois les autres ? Pourquoi ?

Pas à pas on progresse vers la reconstruction de soi. On amorce seulement. La graine est semée.

Mais surtout on constate :

1. que l'individu ne peut dans un mandat comme celui de délégué laisser parler toute sa personnalité

2. que ses besoins ne sont pas premiers, que le groupe passe avant,

3. que savoir s'abstraire et devenir porte-parole c'est difficile mais que c'est un signe de maturité.

Les devoirs du délégué sont clairs ou plus clairs :

* Etre le porte-parole de la classe

* Etre l'animateur du groupe-classe

* Provoquer des réunions lors de la préparation du conseil de classe par exemple

* Participer à l'amélioration de la vie du lycée ( projet d'établissemnt)

* Assister aux différents conseils.

Le week end se termine mais l'envie de travailler à prendre la parole est née. Elle demeurera et s'illustrera comme nous l'avons déjà évoquée plus haut. Et ce n'est pas terminé d'autres projets prendront le relais en 95-96.

Pour clore ce chapitre, l'évaluation qui a été faite de cette formation auprès des délégués montre un bon niveau de satisfaction mais aussi un grand niveau d'exigence.

Elle traduit un souhait général : recommencer et si possible répéter ce genre d'initiative car à l'unanimité cela permet de trouver plus facilement un espace de communication.

(voir document ci-joint).

Pour continuer cet essai d'incitation à la prise de la parole, certains professeurs ont introduit, dans leur pratique pédagogique, le théâtre.

retour.

2 Le théâtre :séquence de six semaines au deuxième trimestre.

La pratique théâtrale à l'école n'est pas une innovation ; cependant ici, elle a pour fonction à la fois de faciliter la compréhension d'une oeuvre intégrale et d'aider l'élève à prendre conscience de son rapport au groupe-classe, de son mode de fonctionnement, et de l'image qu'il donne et qu'il renvoie.

Mais commençons par le commencement...

Deux classes de baccalauréat première année ont été concernées cette année. C'est le travail effectué avec une classe de "commerce et services" dont il va être question.

Le programme de français prévoit l'étude des textes dramatiques à travers la lecture d'une oeuvre intégrale mais aussi de groupements de textes. Les connaissances littéraires sont ciblées mais aussi la capacité à analyser ce type d'écrits.

La séquence en s'appuyant sur une pratique théâtrale dans la classe restitue au théâtre sa vraie dimension et essaie de rendre ces textes plus attrayants.

Trois pôles ont été définis :

- lecture intégrale et analyse de l'oeuvre de Musset, Lorenzaccio avec à l'appui un support vidéo : Le Lorenzaccio de Zeffirelli interprété par Francis Huster ( Lorenzo). Plus tard, après quelques séances avec Mme Primus-Calvier, comédienne, les élèves seront capables de travailler sur l'interprétation et d'en faire une analyse-critique

- s'informer et informer les autres en faisant un exposé oral sur l'évolution du théâtre à travers les siècles. Utilisation du CDI et des bases de données numériques: Axis, littérature (CDROM) .Constitution d'un lexique alphabétique (Axis, Word sous windows)

Ce travail développe la maîtrise des sources d'informations, et la capacité à discerner l'essentiel et à le reformuler.

- travail accompagné et dirigé par une comédienne de formation et de métier qui a eu une pratique scolaire : Mme Primus-Calvier. Ce travail s'appuie sur le thème du "double" développé dans la pièce. C'est le professeur qui fournit un groupement de textes.

Au départ les trois pôles sont morcelés mais très vite une trame va se tisser entre ces différents axes et les connaissances et le savoir faire vont venir s'éclairer, s'enrichir.

Les interventions de la comédienne se font tous les mercredi de 9h30 à 11h30 (pas de récréation) pendant quatre semaines.

Le choix de textes compte trois extraits de Lorenzaccio, deux extraits de Hamlet de Shakespeare et la Nuit de décembre ( poème ) de Musset.

Les trois extraits de Lorenzaccio sont :

dans l'acte IIl la scène 4 : le rêve de Catherine

dans l'acte III; la scène 3 : Pourquoi je tue Alexandre.

dans l'acte IV. la scène 3 : Le monologue de Lorenzo.

Les extraits de Hamlet sont :

dans l'acte I. la scène 5 : L'apparition du spectre à Hamlet

dans l'acte III; la scène 1 : Le monologue d'Hamlet, "être ou ne pas être".

La nuit de Décembre apporte un éclairage biographique au thème sur le double.

Ce choix de textes est donné à l'actrice avant la première séance , une discussion sur les objectifs à atteindre a également eu lieu .Outre les objectifs de l'examen écrit, à préparer, d'autres objectifs plus centrés sur la communication, l'image de soi sont ciblés.

Depuis quelque temps déjà, et lors d'autres initiatives le théâtre est apparu comme un moyen assez efficace pour amener les élèves à réfléchir sur leurs faiblesses :

- voix faible, mauvaise articulation de la langue, voix trop aiguë trop sourde. (voir vidéo séquence théâtre début, et fin de la représentation générale)

- perte d'énergie due à un mauvais contrôle de la stabilité du corps, nervosité, bougeotte.(idem)

- fou-rire intempestif

- manque d'énergie, faiblesse de conviction marquée par un relâchement du corps une gestuelle désorganisée ou nonchalante, des gestes mous voire désarticulés.

- manque de confiance en soi, repli sur soi traduit par la position du corps, par l'agressivité, par la fuite derrière ses cheveux, ou par une attitude statufiée.

Ainsi cette intervention va permettre de régler ou du moins de faire émerger les vrais problèmes du groupe-classe qui sont bien souvent liés à une problématique individuelle.

Dire que tous les problèmes seront résolus est faux mais déjà des résultats sont enregistrés pour certains et ce qui est sûr c'est que l'efficacité du groupe-classe au niveau professionnel (commercial) s'est accrue.

Naturellement,il faut préparer les élèves à accepter cette intervention qui va enfreindre les codes de la communication traditionnelle, sans une préparation préalable.

Aussi, dès le premier trimestre, lors du travail sur la communication orale, des exercices ont été introduits. Par là, il faut que l'élève, se familiarise avec son nouveau cadre scolaire : la classe (ce sont des entrants ). Il faut également que des barrières de protection soient levées, non pas au bulldozer, mais légèrement pour faciliter la communication, la reconnaissance et surtout gagner un peu de temps.

Ces exercices consistent, à partir du travail précisé plus haut sur la gestuelle et les mimiques, à mettre "en jeu " d'abord son corps face au groupe, puis à y associer la voix l'intonation et enfin la capacité à communiquer des informations implicites ou présupposées que les spectateurs retrouvent.

L'évaluation se doit d'être formatrice et non censurante : l'exercice est réussi à des degrés exprimés sous forme d'appréciation qui tiennent compte de la bonne volonté, de l'originalité, du respect des consignes, il peut être recommencé sur le champ ou plus tard.

Exercice 1.

Sur son classeur l'élève inscrit le sentiment que sa mimique et sa gestuelle* (*si on choisit de l'autoriser) doivent exprimer ; la voisine ou le voisin est dans le secret ; les élèves identifient et la voisine confirme. On analyse les causes d'échec et les raisons de la réussite.

Exercice 2.

Même consigne, mais on associe la voix, si possible à travers une phrase sans verbe ou même une interjection. On analyse..

Exercice 3.

On associe le corps, la voix et l'espace. L'élève doit se placer dans l'espace, produire une phrase complexe ou plusieurs permettant de situer : le niveau social, le niveau professionnel et culturel, la situation et les acteurs.

Des élèves ont proposé :

une scène de flirt à la terrasse d'un café entre adolescents.

une grande bourgeoise qui recevait ses pairs

une femme "ignorante"chez son garagiste...

Ce dernier exercice est le plus difficile, parce que c'est le plus complexe, mais les élèves aiment le dépaysement qu'il procure. Ils découvrent les talents de certains. Ils n'ont pas l'impression d'apprendre et pourtant c'est ce qui se passe.

Après ce travail sur la communication l'atmosphère est généralement plus détendue dans le groupe, la prise de parole se fait plus spontanée pour certains et les interventions sont plus nombreuses.

Le travail sur le théâtre vient compléter cette amorce et il introduit, sur le groupe, un regard extérieur, hors cadre, hors code, d'un autre monde que certains contestent en lui refusant toute pertinence.

La première séance.

Le travail sur le double commence par des exercices qui vont développer la concentration, l'écoute, la perception de l'autre.

Le premier exercice qui n'est pas le moins important ,permet de comprendre les règles du théâtre. Il faut respecter l'espace théâtral, le dégager de ce qui l'encombre à chaque séance : faire un espace vide. Puis il faut l'investir, les trente élèves montent sur la scène et se déploient en demi-cercle. Ils doivent être présents dans le cercle : pas de dos au mur , pas de chuchotement, pas de fou-rire. Il faut l'écoute.

Une fois ce résultat obtenu, la comédienne explique le but de l'exercice. Il s'agit de comprendre la notion de double, de la sentir dans son corps pour mieux en assimiler toute la charge affective et toute la tension psychologique que cela peut générer.

L'exercice proposé alors est le miroir. Les élèves se groupent par deux et se font face. L'un est la personne, l'autre est le reflet. Le reflet est au service de la personne, il doit exécuter avec le plus d'efficacité possible les gestes du modèle. La coordination doit approcher la perfection.

Ceci permet d'une part de faire prendre conscience de l'attention et donc de la tension (dépense d'énergie) qui est nécessaire pour réussir la coordination; d'autre part cela oblige l'une des deux personnes à se soumettre à l'autre, à faire abstraction de tout ce qui est personnel, à devenir une image vide, sans volonté.

Après quelque temps, on inverse les rôles de manière à ce que le reflet puisse goûter à l'impression de force que procure la sensation de diriger l'autre. On fait ainsi émerger la complexité de la relation duelle : dominé/ dominant: Où suis-je ? dans quel rapport est-ce que je me sens le mieux ? Pourquoi ?

Le dernier exercice est la marionnette. Il va plus loin dans la mise en évidence de ce rapport car l'un actionne des fils qui font bouger l'autre. Ainsi les élèves se sont amusés à mettre leur partenaire dans les positions les plus fantasques, parfois grotesques. Mais surtout ce qui est intéressant dans cet exercice c'est qu'il réduit l'espace vital de chacun ; ainsi on s'introduit presque dans la "bulle" de l'autre.

Encore une fois chaque groupe inverse les rôles au bout d'un moment.

Et la première séance s'achève. Les élèves sont partagés certains trouvent cela intéressant, d'autres sont sceptiques et dénoncent l'inutilité de l'exercice.

Au bout d'un moment, on s'accorde tout de même sur quelques points : la concentration demande une grande dépense d'énergie parce qu'elle mobilise le corps. On remarque qu'il est difficile de s'abstraire totalement pour envisager l'autre dans son intégrité, on a du mal à ne pas s'exprimer d'abord et rejeter l'autre. Et puis on remarque qu'il est difficile d'agir sur autrui parce qu'on est bloqué : on n'a pas l'habitude de toucher ou d'approcher de trop près quelqu'un.

Ici on peut faire prendre conscience aux élèves de la" proxémie" (sans toutefois avoir recours à des termes trop complexes) qui est un terme avancé par l'Américain E.T. Hall ( anthropologue). Cette théorie étudie l'usage que l'homme fait de l'espace et du temps en tant que produit culturel spécifique.
Hall classe les distances: distance intime (0-40cm) ; distance personnelle (45-65cm) ; distance sociale (120-160cm) ; distance publique (plus de 360cm) .

S'il est important pour l'élève de prendre conscience de ses rapports proxémiques pour lui faire découvrir et admettre des codes parfois différents de sa propre culture, il est bon aussi, pour l'enseignant de connaître les différences de manière à ne pas se braquer sans raison pour des manières d'être différentes. cela permet d'aborder le problème différemment.

Et justement dans cette classe, c'est le cas pour un élève d'origine turque qui arrive systématiquement en retard et ce, dans tous les cours et même lors de compétitions sportives d'assez haut niveau. Cet élève est d'ailleurs celui que l'on voit en train de travailler avec la comédienne dans l'enregistrement vidéo ci-joint.(voir vidéo séquence théâtre début, et fin de la représentation générale)

On comprend mieux cette nonchalance quand on sait que les cultures anglo-saxonnes gère leur temps de manière linéaire et objective alors que les cultures méditerranéennes ont, elles, une gestion plus éclatée, plus subjective. Or notre temps scolaire est linéaire d'où ces décalages sources de conflits.

Cette séance est le lieu privilégié pour faire émerger ce protocole qui met en jeu le regard, la voix, le geste, le toucher;

Et selon le degré de développement que l'on veut apporter à cette question on peut se référer aux deux tableaux suivant :

Les huit distances selon E.T.HALL


                                                                              
              1. Proche                 Corps à corps, bruits et  
DISTANCE INTIME                                chuchotements,            
                                        odeurs : sexualité,       
              2. Eloignée               lutte.                    
                                                                  
                                                    Dans la mouvance          
                                                    corporelle (la bulle),    
                                                    odeur, parfum,            
                                                    mi-voix : intimité,       
                                                    famille.                  

                                                                  
              3. Proche                 A portée de geste,        
DISTANCE                                    parfum,                   
INTERPERSONNELLE                                voix normale :            
              4. Eloignée               familiarité.              
                                                                  
                                                                  
                                                    Regard de pied en cap,    
                                                    limite du parfum.         
                                                    voix pleine: arrivée, au  
                                                    revoir.                   

                                                                  
              5. Proche                 Relations                 
DISTANCE SOCIALE                                professionnelles de       
                                        bureau, réception.        
                                        voix pleine et            
              6. Eloignée               distincte.                
                                                    

                                                    Coefficient hiérarchique  
                                                    PDG, supérieur élevé.     


                                                                  
              7. Proche                 Signifier la présence à   
DISTANCE PUBLIQUE                               la collectivité.          
                                        Equilibre entre           
                                        plain-pied et la          
              8. Eloignée               visibilité.               
                                                    
                                                    Solenniser le             
                                                    coefficient               
                                                    hiérarchique.             




Ce deuxième tableau renseigne sur la relativité des codes et le fonctionnement des sociétés.

Les origines proxémiques selon les cultures et les organisations.


                                                                             
Pays à distance                       Pays à distance                        
hiérarchique courte                   hiérarchique longue                    
Pays anglo-saxons                     France et pays latins                  
Pays scandinaves.                     Tous pays du tiers monde.              
                                                                             


Les enfants apprennent des choses     Les enfants dépendent des parents et   
que leurs parents n'ont jamais        des personnes âgées.                   
apprises.                                                                    

                                      Les professeurs sont omniscients et    
L'enseignement se fait sur une base   enseignent ex cathedra.                
de dialogue.                                                                 
                                      D'une façon générale on ne             
                                      s'interroge pas sur la distribution    
D'une façon générale l'autorité est   de l'autorité                          
remise en cause.                                                             

                                      Les supérieurs sont inaccessibles.     
Les supérieurs sont facilement                                               
accessibles.                                                                 
                                      Un conflit latent existe entre ceux    
                                      qui ont le pouvoir et ceux qui ne      
Une harmonie latente existe entre     l'ont pas.                             
ceux qui ont le pouvoir et ceux qui                                          
ne l'ont pas.                                                                
                                      Le groupe a moins besoin de procédés   
                                      techniques.                            
Le groupe a plus besoin de procédés                                          
techniques.                           Les subordonnés ont de forts besoins   
                                      de dépendance.                         

Les subordonnés ont de faibles                                               
besoins de dépendance.                Les supérieurs ont de forts besoins    
                                      de dépendance vis à vis de leurs       
                                      propres supérieurs hiérarchiques.      
Les supérieurs ont de faibles                                                
besoins de dépendance vis à vis de                                           
leurs propres supérieurs.                                                    





Cette prise de conscience des systèmes de conditionnement culturel peut aider l'enseignant et ici, l'élève à lire objectivement une réalité qu'il se contente souvent de juger. C'est le seul moyen d'avoir du pouvoir sur celle-ci.

Ces tableaux et ces réflexions sont extraits ou inspirés de l'ouvrage : les outils de la PNL à l'école de Jean-Luc Canal, Pascal Papillon, Jean-François Thirion.

La séance suivante sera différente.

La comédienne a choisi de travailler sur la nuit de décembre de Musset.Le poème est situé dans la vie de l'auteur, il est lu plusieurs fois et les vers sont distribués. Il y a deux groupes : les" individuels" qui disent un vers et se placent dans l'espace et le choeur qui scande quelques vers et répète en écho les vers de la strophe finale.

Chaque moment évoqué dans la vie du narrateur est joué par deux élèves qui incarnent le narrateur et son spectre.

Il est intéressant de voir les élèves travailler à la recherche de l'attitude juste du double face à lui-même et surtout réfléchir aux moyens physiques de restituer leur interprétation.

Rarement, ils osent s'insurger contre les conseils de l'adulte, mais au fil de la séance ils n'hésiteront pas et quelques uns prendront suffisamment d'aplomb pour relever des incohérences ou proposer d'autres modes d'interprétation.(voir vidéo séquence théâtre début)

La séance se termine sur une représentation du poème mis en scène. Mais dans cette phase de l'exercice, il n'y a pas eu de spectateurs car ils ne l'ont pas voulu.

A l'issue de cette séance, la satisfaction est grande. En effet, mettre en action un poème en permet une lecture différente, mais surtout avoir réfléchi sur le rapport au double : identité, différence, ennemi, ami...a donné une autre dimension au travail sur la pièce. Il est plus facile de comprendre la part personnelle, la projection du créateur dans son oeuvre. De plus, pour l'élève, il est plus facile de comprendre le regard qu'on a sur soi-même, celui qu'on imagine que les autres vous portent, celui qu'ils vous portent.

On comprend mieux la complexité de la communication ses interdits, ses possibilités, ses pouvoirs, ses constituants. On peut se représenter plus clairement les dédales de la personnalité humaine, son évolution. On peut aussi et c'est là le but influer sur l'image de soi et la corriger ; on peut découvrir qu'on a quelque chose à exprimer.

Les deux dernières séances.

Le travail porte, cette fois, sur la tirade de Lorenzo "Pourquoi je tue Alexandre ?".

Les élèves interprètent chacun une partie du texte et un double vient porter son regard tantôt complice, tantôt désapprobateur sur le personnage. L'interprétation est beaucoup plus difficile parce qu'il s'agit de représenter la part d'adéquation du personnage avec lui-même, la part d'hypocrisie, d'impuissance, de révolte. C'est une sorte de représentation de la conscience, de l'inconscient.

Dans la cassette vidéo jointe qui restitue les toutes dernières étapes du travail, on trouve la représentation finale de la tirade.

On remarque la violence voulue et contrôlée de l'actrice qui reprend en particulier l'élève qui vient tourner autour de Lorenzo. Cette attitude n'est acceptée que parce qu'elle appartient à un autre univers , un univers étranger dont les élèves ont une représentation particulière. Sa parole est entendue, parce qu'elle est cautionnée par une pratique, une expérience qui confère de l'autorité.

Ainsi l'élève un peu mou fait quelques efforts, l'élève qui n'a pas de voix va crier et apprendre à lancer son cri au travers de la salle, l'élève enroulée sur elle-même va se déployer sur la scène et enlacer sans fausse pudeur un camarade ou une camarade. Les espaces entre les autres, entre soi et soi, sont quelque temps abolis.

Et surtout l'admirable spectre de Lorenzo tout de noir vêtu va sortir de son cocon.

C'est sur ce cas, qu'il faut s'attarder. Voilà une éléve recroquevillée, perdue dans ses cheveux, qui présentent des lacunes dans les connaissances de base, qui ne s'exprime jamais, qui rend des travaux lapidaires.Et sur scène , elle est pleine d'initiative , aidée des autres mais seule aussi elle trouve la juste attitude, le rire adéquat. Elle déploie de la grâce et habite l'espace.Tout le monde la découvre et surtout elle-même.

Depuis, ses devoirs se sont étoffés, elle prend la parole, exprime ses besoins, elle participes aux activités culturelles, elle assiste aux représentations hors classe...

Elle sourit en classe, elle ne fait plus le dos rond, ne joue plus derrière ses cheveux, elle est remarquée en magasin, en cours professionnel, elle a trouvé une consistance.

Que s'est-il passé ?

Ce cas n'est pas isolé. Après ce genre de travail, la dynamique du groupe -classe change mais aussi son rapport aux autres.

On ne peut pas affirmer que cette expérience soit le révélateur, la solution à tous les problèmes mais c'est un instrument qui permet à l'élève de grandir.
Ainsi ils ont tous accepté sans récriminations la présence du caméscope, ils ont même accepté le regard d'invités adultes (professeur de la classe, gestionnaire, autres...)

Et ils ont tous trépigné d'impatience quand il s'est agi de se voir jouer. L'idée de se regarder est à la fois fascinante et perturbante, car il faut s'accepter. Il semble qu'ils avaient déjà fait du chemin sur cette voie.

L'exploitation de la cassette va servir d'évaluation et c'est le groupe qui va évaluer le groupe et les individus. Cette évaluation n'est pas notée, il s'agit d'une lecture critique de la représentation, lecture critique d'autant plus nécessaire que la prestation de Francis Huster est encore en mémoire.

On constate déjà qu'on peut faire une interprétation classique du rôle, ou une interprétation symbolique. Selon que l'on choisit, l'une ou l'autre, la prestation de l'acteur véhicule des idées différentes.

On constate que certains élèves n'ont pas entendu la consigne de tenir quelques secondes à la fin de la représentation. Le relâchement trop rapide a provoqué de la frustration tant chez le spectateur que chez les acteurs parce que l'on était parvenu à créer un instant fort et plein et qu'on l'a cassé trop vite . Pourquoi ? Parce que certains, mal à l'aise sur scène, avaient hâte que cela soit terminé : manque de confiance en soi, absence de solidarité de groupe, difficulté de concentration ? ...

On constate la différence entre ceux qui tiennent leur rôle et ceux qui s'en "débarrassent" : le corps est tendu, le regard également : il y a transformation et réussite dans le dépassement de soi.

On constate encore la fatigue et la détente associées à la prestation : être "partie prenante" c'est fatigant. L'attention, l'implication s'accompagnent d'une dépense réelle et importante d'énergie même si l'on est immobile.

Ces constats successifs permettent à chacun de faire son propre itinéraire, de mieux comprendre ce que l'on attend quand on dit écoute, attention, implication. Chaque élève saura parce qu'il l'a constaté que la communication passe par la position générale du corps, le regard et la voix entre autres.

La position générale du corps

Le regard :

Le regard traduit, surtout dans notre société occidentale notre rapport à la réalité.

Ce qui a été montré dans le jeu du double autour de Lorenzo. Interroger le regard de l'autre, c'est être capable de s'interroger sur son propre regard, donc sur soi.

Utiliser le regard par ailleurs pour des commerciaux, c'est mieux gérer ses relations avec son environnement.
Dans tous les cas, la maîtrise du regard passe par la maîtrise de la respiration.

La voix

La voix traduit l'adhésion mais aussi tous les sentiments. Elle se travaille à partir de la respiration , nécessite un bon aplomb et plus on est capable de déployer de registre plus la marge de manoeuvre sur les autres est étendue.

Dire de telle action que c'est une réussite est ambitieux , disons que ce travail donne des résultatspositifs :

- au niveau de la maîtrise du texte dramatique (compréhension, mémorisation, plaisir...)

- au niveau de la communication : les rapports évoluent, le dialogue est facilité.

- au niveau de la personne : des déblocages ont lieu, des prises de conscience...

- au niveau de la culture : des élèves vont aller au théâtre.

- au niveau de l'engagement des élèves veulent la parole et réclament des responsabilités :action commerciale (groupe dirigeant).

L'évaluation de l'acquisition des connaissances et des compétences a été faite de deux manières.

Dans un premier temps, l'étude méthodique de la scène 1 de l'acte I Des Précieuses ridicules deMolière, a permis à la fois d'enrichir l'acquis et de tester la maîtrise de notions telles que l'exposition, l'action, l'intrigue, les didascalies...

Dans un deuxième temps, l'utilisation de la salle multimédia Edulip a permis aux élèves de tester les mêmes connaissances mais sans le pilotage direct du professeur ; de consolider leur pratique du traitement de texte sous windows ; de voir et revoir une séquence vidéo à leur rythme en appui au texte proposé.

Le travail consiste en l'analyse de la scène 1 de l'acte I; de Dom Juan de Molière avec deux supports : la mise en scène de Bluval et celle de Manuel.

Chaque poste de travail élève permet de charger le fichier texte introduit par les consignes de travail ( analyse d'une scène d'exposition). Les élèves disposent d'une page vierge pour formuler leurs réponses. Ils peuvent utiliser la fonction couper/coller, la fonction copier/coller ou la fonction souligner, ou caractère gras. A leur charge de fournir une légende claire et lisible.

Au poste maître, l'enseignant envoie une séquence vidéo à tout le groupe, il s'agit de la mise de scène de Manuel.

Ce premier contact avec la pièce permet aux élèves de mieux comprendre la scène grâce au support vidéo, donc à la gestuelle, aux mimiques et aux jeux de scène. Puis les élèves peuvent rechercher le lexique dans Axis et enfin revoir la scène .

Par la suite, chaque élève peut redemander d'avoir accès à la vidéo ; le professeur peut capturer l'écran de chaque élève, souligner les fautes, poser des questions sur le travail et ce, sans déranger les autres puisque les élèves ont des casques qui permettent l'isolement, la communication de tout le groupe, d'un petit groupe , de deux élèves, ou seul avec le professeur.

Cette expérience malgré quelques problèmes techniques, permet de travailler une autre dimension de la communication. En effet , l'existence d'un canal de transfert en distanciant l'acte de communication le facilite parfois. Les élèves travaillent à leur rythme épaulés par le professeur qui est omniprésent mais aussi effacé, la manipulation de matériel technologique de pointe valorise (même si c'est un phénomène fugace) l'acte d'apprentissage. Les élèves peuvent appeler le professeur (sonnette) à leur gré, hors regard des autres.

Les travaux plus lents au départ, ont tous été pertinents.

La dernière partie du travail consiste à comparer la version de Manuel à celle de Bluval et à laisser les élèves noter leurs "critiques" et leur compréhension de l'intention du metteur en scène. Enfin, on voit et on lit les trois dernières scènes de la pièce, on vérifie si le hypothèses émises à partir de la scène 1 sont pertinentes.

L'évaluation du travail est faite par le professeur à partir des fichiers élèves imprimés

Les axes suivants seront l'objet d'une présentation plus succinte

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3.Les présidentielles ou comment s'approprier la parole d'autrui et la restituer aux autres en respectant " l'esprit de la parole".

Le cadre

C'est la semaine de la presse à l'école du 3 au 10 avril. C'est le cours de CMC (connaissance du monde contemporain) d'une classe de baccalauréat professionnel, première année, commerce et services.
Plus précosément quatre heures cours sont conscrées à ce travail mais les élèves disposent de leur temps personnel pour l'enrichir et le compléter entre deux séances.

L'objectif

- Produire des panneaux clairs et lisibles, si possible attrayants autour des
Présidentielles d'avril 1995

-Se documenter et savoir compléter sa documentation, donc savoir détecter ses
besoins

- Savoir situer un texte, savoir le citer, l'utiliser.

- Reformuler clairement et fidèlement des documents

- Acquérir des connaissances sur le sujet ( programme de 1ère année)

- Maîtriser l'écriture et le lexique

Les matériaux

- documents de presse : journaux, magazines

- livres : manuels scolaires, ouvrages spécialisésl

- ciseaux, colle, crayons de couleur ou feutres...

- des panneaux cartonnés mis à disposition par le professeur d'éducation artistique

- les bases de données sur CD_ROM : Axis, Zyzomys.(constitution de paniers prêts à imprimer)

L'évaluation

Elle est soumise d'emblée aux élèves. Il s'agit d'une évaluation critériée : Soin, Recherche, Enrichissement, Langue ( qualité, cohérence et maîtrise des notions), Formulation, Lisibilité du produit final.

Les lieux

D'abord à la maison dans les kiosques à journaux : de février à mars sur une durée d'un mois environ, les élèves effectuent des recherches et se constituent une base de textes. Ils peuvent déjà s'organiser en groupes

en classe : lieu de réalisation du travail et de communication de l'état des travaux et des recherches

au CDI : lieu de travail accessible pendant la séance classe (selon un roulement codifié)et utilisé entre les deux séances de deux heures.

en salle de remédiation : Salle informatique où peuvent être consultées les bases de données et où l'on peut imprimer ses recherches pendant la séance classe.

en salle libre-service : Salle d'informatique reliée au réseau et où les élèves peuvent effectuer des travaux en totale autonomie. Ce lieu de travail est accessible pendant la séance classe (selon un roulement codifié) et utilisé entre les deux séances de deux heures..

L'organisation des quatre heures

Mise en route :

- constitution des groupes par affinité puis refonte par objectif (par exemple le désir de travailler sur un thème particulier)

- lecture des documents et tri, suivi de l'énonciation précise du thème sur lequel on est en mesure de travailler précisément.

- recensement des thèmes proposés : discussion , argumentation et changement de direction de travail pour éviter les redondances.

Les trente élèves proposent sept thèmes :

1. Les candidats de droite

2. Les candidats de gauche

3. Les autres

4. Les trois leaders, leur évolution dans les sondages et leur programme

5. Les attentes des Français et les réponses trouvées dans les programmes.

6. Un mode d'emploi pour devenir président.

7. L'institution ses devoirs et ses droits.

Les élèves utilisent des sources, parmi celles-ci, on peut citer :

- L'Evénement du Jeudi,

- Le Nouvel Observateur,

- Le Figaro,

- L'Express,

- Le Républicain Lorrain,

- Le Monde,

- Phosphore,

- Des manuels scolaires.

Les élèves doivent présenter une maquette précise de leur projet écrit. Cela leur permet d'une part de recenser les matériaux et d'autre part de faire l'état de leurs besoins.

Une semaine s'écoule...

Les besoins recensés ont été satisfaits.Les élèves ont travaillé à la production de définitions, au réajustement de leur maquette, au lexique à chercher, parfois ils ont changé d'optique.

Maintenant , il faut mettre en forme

Observations

Le professeur devient : personne ressource, conseiller

observateur et médiateur des conflits des groupes

aplanisseur du terrain , il négocie, définit les relations avec la
documentaliste, le chef des travaux, les surveillants et les CPE.

Les groupes évoluent : selon les compétences, les besoins, les moments et les caractères

Dans une première phase, l'observation des groupes montre un groupe de pairs qui trie, rassemble, organise, recense en commun.Puis un ou deux leaders expriment leurs idées et reformulent à voix haute celles du groupe. A la suite de quoi on discute mais, même si on fait des concessions, les leaders orientent le travail du groupe.

Dans une seconde phase, l'observation des groupes montre une spécialisation plus poussée des répartitions de tâches. On remarque un scribe organisateur , des exécuteurs de commande ( découpage, surlignage, traitement de texte) et des lecteurs/correcteurs/critiques.

Cependant l'intervention du professeur est nécessaire pour provoquer la communication dans le groupe afin d'éviter un morcèlement du travail mais surtout une appréhension décousue de la réalisation par l'élève.Chacun doit maîtriser l'ensemble du projet.

Dans une troisième phase, l'observation des groupes montre que certains élèves s'impliquent au point de vouloir "surveiller" et diriger l'affichage des travaux au CDI.
Quatre ou cinq élèves vont donc assurer le lien entre la classe et l'exposition, d'autres iront les épauler spontanément.

Les suites

Une enquête orale, auprès d'une classe de baccalauréat et d'une classe de BEP, montre que les élèves ont apprécié ce travail pour sa clarté , son souci d'expliciter des notions parfois ardues et surtout pour le débroussaillage qu'il a fourni au niveau des candidatures. Les votants jeunes et inexpérimentés ont trouvé là des sources de renseignementsplus faciles.

Une évaluation de même type : interrogation écrite pendant laquelle des documents fournis sur les institutions sont à reformuler sous forme de schéma, de tableaux ou de textes. Travail complémentaire et de réinvestissement.

Les élèves, quant à eux, se sont sentis valorisés par l'exposition ,parfois aussi méjugés ( la critique existe, il faut apprendre à la recevoir) ; indirectement ils ont investi durablement le CDI ; ils ont aussi été amenés à manipuler des sources nouvelles et à explorer des thèmes auxquels ils sont généralement réfractaires.

Le bilan est globalement positif, malgré la difficulté à maîtriser certaines dérives : passivité, exécution sans compréhension ni mémorisation...

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4.Gestion des activités personnelles : essai d'amener les élèves à investir leur lieu de travail volontairement ,en fonction de leurs besoins.

Cadre

Les élèves de baccalauréat professionnel ont à produire ,dans le cadre de l'examen, un dossier professionnel ( différent selon les spécialités). L'épreuve est évaluée par un jury qui note l'écriture du dossier et la soutenance orale. Ce dossier doit se réaliser en autonomie totale, les professeurs sont les instigateurs d'abord du projet puis ils s'effacent et deviennent des ressources.

Dans le même esprit, une autre épreuve porte sur la réalisation de fiches relatant une activité professionnelle.

Acteurs

Le professeur d'enseignement professionnel, le professeur de français, la personne ressource en informatique, le chef des travaux et les élèves, naturellement

Objectifs:

Inciter les élèves à rester dans l'établissement pendant la demi-journée qui leur est consentie chaque année pour travailler leurs activités professionnelles.

Amener les élèves à communiquer leurs demandes et leurs besoins auprès des partenaires

Responsabiliser les élèves en leur confiant le matériel sans surveillance.

Apprendre à se faire entendre mais aussi savoir entendre les autres.( par exemple respect du règlement : ne pas manger dans les salles).

Démarche

Travail encadré : - fournir le support informatique : canevas de la fiche vierge.

- découvrir, redécouvrir, le traitement de texte. ( collaboration planifiée
avec le professeur de comptabilité et d'informatique qui initie à works sous windows)

- étudier les techniques de la fiche :types de textes, mise en forme,
nominalisations, phrases sans verbe...

- faire une impression de la fiche modèle qui subit une double
correction ( professionnel et français).

Pour fidéliser les élèves

Aide à l'obtention de salles,

Relance fréquente des délais à respecter,

Encadrement des novices,

Dépannages en cas de perte de fichiers,d'impossibilté de les afficher, de problèmes de sauvegerde, de copie.

Petit à petit un groupe d'une quinzaine d'élèves sur 27 prend l'habitude de réserver la salle et de l'occuper.

Rester à l'écoute et disponible

C'est peut- être le plus difficile, car à n'importe quel moment de la semaine,les élèves ont pris l'habitude de solliciter le professeur de français, le chef des travaux ou la personne ressource.

Cependant on note une évolution dans le contact, le fossé s'efface pour un rapport de coopération, avec plus de patience, d'écoute et plus de respect du temps de l'autre.

Les élèves sont courtois, aimables et même parfois détendus.
Les images ne sont plus les mêmes.

Il arrive à des élèves de venir solliciter l'autorisation de rester en cours de français avec une autre classe dans la salle d'informatique quand les ordinateurs ne sont pas utilisés.

Là aussi la classe en cours d'abord déroutée, accepte des intrus _ en fait leurs aînés_.Et tout se passe bien : ils travaillent sans déranger. Au contraire, ils apportent un exemple, du poids, de l'épaisseur au travail autonome.

Il arrive au professeur, retenu pour une réunion tardive d'accepter de rester avec eux en ressource au cas où...

De plus en plus , ils occupent les salles. Ils donnent du temps et tous leurs mercredi après-midi et leurs vendredi après-midi sont occupés à travailler dans l'établissement à partir de février et ce jusqu'au 5 juin au soir.

Le taux de fréquentation s'élève à mesure que le temps passe, le pourcentage d'élèves présents aussi.

Le bilan pour cette année est positif. Au niveau de l'examen les délais sont respectés. Au niveau des dossiers, les présentations sont convenables.A niveau humain, pour quelques uns il est inestimable.Ils ont appris à travailler ensemble et séparément. Ils ont appris à se concentrer longtemps, à négocier leur accès aux salles, à respecter le cadre qui leur était alloué, et inspirent le respect.

Les commissions presse et vidéo.

Ces deux activités et leurs sources ont déjà été évoqué dans l'axe un : formation de délégués.

Si elles sont citées encore une fois c'est pour présenter leurs travaux réalisés et à venir.
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5 La commission presse :

L'équipe vidéo a su tirer partie du matériel professionnel mis à sa disposition ; a pu visiter RTL9 et assister au journal en direct. Mais surtout elle prépare pour la rentrée la mise en forme des matériaux récoltés et les travaux seront montrés aux élèves.

L'équipe de rédaction du journal a réussi à produire trois numéros depuis janvier et ce grâce au travail des rédacteurs et à l'assistance bienveillante de certains membres de l'établissement auxquels se sont ajouté des visites, notamment celle du R.L. de nuit (22h00 à 1h00 ).

En fait cette commission s'est scindée en deux groupes ou deux commissions. L'une a consacré son travail à produire un journal dont les trois exemplaires sont joints au dossier.
Elle a travaillé en collaboration avec des professeurs, le proviseur, le proviseur adjoint et les documentalistes mais ses productions ont été gérées par elle-même. Elle compte continuer son travail à la rentrée.

L'autre commission a travaillé à produire des documents vidéo et à se former au matériel vidéo disponible dans l'établissement. Elle a trouvé des partenaires : le chef des travaux, Le conseiller d'éducation, les personnels responsables du matériel ...

Elle a notamment interviewé un metteur en scène russe lors d'un festival et suivi quelques manifestations (antiracistes) .

Ces travaux seront montrés à la rentrée.En effet, le LP vient de se doter de matériel de montage et à cette occasion un des membres ( élève de BEP première année) a participé à la formation avec les adultes pour être à même de former ses camarades.

Cette commission envisage de proposer ses services aux enseignants ou aux classe qui ont des projets, or c'est le cas avec les élèves de baccalauréat commerce.

Le projet consisterait à communiquer aux élèves de troisième de collège, par l'intermédiaire d'un bande vidéo, le contenu de leur formation en entreprise. La classe envisage de se filmer pendant les activités professionnelles en entreprise après avoir obtenu l'accord de celles-ci.

Ceci sera l'objet d'un travail sur l'argumentation et l'information à travers l'image et le texte.

Les élèves qui ont travaillé pendant la séquence théâtre seraient aptes à fournir les acteurs et les voix.
Mais cette action est en projet et il faudra attendre le premier trimestre 95 pour essayer de la mettre en oeuvre.

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ANNEXES : VOIR DOSSIER