La forteresse de Phuyupatamarka

LE CHEMIN DE L'INCA

Le site de Patallacta

L’appellation de”Chemin de l’Inca” est récente., elle désigne un itinéraire pédestre vers le Machu Pichu. Cuzco était le centre de l’état Inca et quatre chemins partaient de l’ Huaccapayta, la place principale , vers les Quatre Directions: Chinchasuyu au nord , Collasuyu au sud, Antisuyu à l’est et Contisuyui à l’ouest. Celui qui nous interesse est un itinéraire secondaire qui devait être connu par très peu de personnes , peut-être seulement par les grands prêtres, et qui menait à la “Cité Qu’on ne Nomme pas” (ce qui sous entendait son caractère secret), c’est-à-dire au Machu Pichu.

 

Les montagnes de Vilcanota et de Vilcabamba sont sillonnées d’une multitude de ces chemins jalonnés de ruines. La plupart sont en mauvais état et envahis par une végétation luxuriante depuis leur abandon lors de l’effondrement de l’empire. L’itinéraire part non pas de Cuzco, mais du kilométre 82 ou 88, en bordure de la voie ferrée qui relie le Machu Pichu à Cuzco. Pour notre part, nous sommes partis de Chilca (kilométre 82). Le chemin suit la vallée de l’Urubamba à travers une végétation très aride jalonné de cactus de toutes sortes. Puis nous atteignons la première forteresse inca qui défendait le site de Patallacta.

 

Montée au col de Warmiwarnunsca

Orchidée.Découvre les fleurs du Chemin de l'Inca

En ces premiers jours le temps ne semble pas être de la partie: nuages, pluie, soleil alternent et au-dessus de nos têtes les sommets sont anormalement enneigés; nous ne savons pas encore si nous pourrons passer au col de Warmivanunsca à 4200 métres ! Ensuite le chemin s’enfonce dans des gorges au milieu d’une végétation luxuriante. Après une deuxième nuit au bord d’un torrent tumultueux, nous nous enfonçons dans une forêt de plus en plus dense. Le sentier monte, monte, les escaliers succèdent aux escaliers. La marche devient de plus en plus pénible, l’altitude commence à se faire sentir, pourtant nos porteurs avec des charges de plus de trente kilos nous doublent.

 

Au sortir de la forêt tropicale d’altitude, les premières neiges apparaissent. Deux heures plus tard c’est sous la neige que nous atteignons le col de Warmivanunsca à 4200 métres, incroyable ! Il y a deux heures nous suions dans la moiteur de la forêt tropicale et là haut nous avons enfilé laine polaire et anorak ! Nous ne restons pas là, pas la peine de faire nos offrandes à l’apacheta (lieu de culte) situé à coté du col. Derrière le col, nous dévalons les marches. mais comment faisaient les chasquis, pourtant plus petits que nous pour franchir ces marches de cyclopes ? Bientôt nous nous retrouvons sous le soleil et dans un champ d’orchidées au bord du chemin.

 

 

Abra de Runkarakay

Après une nuit réparatrice au campement très humide de Pacay Mayo nous montons vers l’abra de Runcurakay, un de ces tambos ou tours de guet qui jalonnent le chemin. Au programme ensuite le col à 4000 métres, nous escaladons de nouveau des marches et des marches.... comment donc faisaient ces chasquis ? Les chasquis étaient en quelque sorte les postiers de l’empereur. Ils habitaient dans des chuclas le long des routes (uniquement réservées aux piétons, puisque les Incas ne connaissaient pas l’usage de la roue). Ces chuclas étaient construites tous les deux à cinq kilométres. Les chasquis transmettaient les nouvelles à l’aide des quipus (ces cordes de noeuds sur lesquelles tout était répertorié et seulement déchiffrables par les quipucamayoc) en courant d’une chuclas à l’autre ou d’un tambo à l’autre.

Sayacmarka

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