Lecture/analyse du texte initial.

Le violon magique (texte initial)

Il y a bien longtemps vivait dans la ville de Echternach un drôle de paysan très grand et très maigre. Mais son visage était si beau, ses yeux brillaient d'une si grande douceur que personne ne pensait à se moquer de lui. Les gens de la ville avaient pris l'habitude de l'appeler Guy-le-long.
Un jour, Guy tomba amoureux d'une jeune fille qui s'appelait Marianne. Aussitôt après leur mariage, Guy et Marianne décidèrent de partir en voyage à Jérusalem.
Au moment de partir, Guy demanda à ses cousins de prendre soin de ses terres pendant son absence. Les saisons, les années passèrent, Guy et sa femme ne revenaient pas. Leurs oncles et leurs cousins pensèrent qu'ils étaient morts, alors ils décidèrent de se partager les terres de Guy. Et la vie continua. Dix ans plus tard, un jour de Pâques, Guy reparut à Echternach. Il était toujours aussi grand et aussi maigre, pourtant il avait bien changé: ses cheveux blonds avaient blanchi, et son regard était bien triste à présent. Ses cousins et ses cousines l'accueillirent avec méfiance. Pour eux, Guy et Marianne étaient morts depuis des années et surtout ils n'avaient pas envie de lui rendre ses terres. Ils l'invitèrent pourtant à partager le repas.

- Et ta femme? demanda une cousine.

- Elle est morte, elle est tombée gravement malade, répondit Guy en s’essuyant les yeux.

Personne ne dit rien, pensant à la pauvre Marianne. Puis un cousin plus curieux que les autres, demanda :

- Tu as apporté quelque chose de Jérusalem dans ce grand sac que tu portes ?

- Non, je reviens plus pauvre que je ne suis parti. Je n'ai rapporté que ce violon, dont j'ai appris à jouer. Il le sortit, le montra et murmura :

- J'ai trouvé ce violon à Jérusalem le jour où ma femme est morte.

Personne à Echternach n'avait jamais vu de violon ! Plus tard, Guy demanda des nouvelles de ses terres mais personne ne voulut répondre. Guy était fatigué par le voyage, alors il alla se coucher.

Lorsque Guy fut endormi, les cousins et les cousines cherchèrent un moyen de ne pas lui rendre ses terres. Ils auraient pu tout simplement les racheter à Guy, mais ils étaient si avares qu'ils ne voulaient pas dépenser un sou ! Ils réfléchirent un bon moment. Puis un cousin dit :

- J'ai trouvé ! On va l'accuser d'avoir tué sa femme. C'est le juge qui va nous débarrasser de lui.

Tout le monde était d'accord avec cette idée. Dès le lendemain, les femmes répandirent la rumeur chez le boucher, à la fontaine, au marché :

- Guy est revenu sans sa femme.

- Ah ! Que lui est-il arrivé, à cette pauvre Marianne ?

- On ne sait pas, Guy est bien muet, tellement muet qu'on se demande si ce n'est pas lui qui...

- Vous croyez que Guy l'aurait tuée ?

La rumeur se répandit dans toute la ville. Le soir on continuait à chuchoter derrière les volets fermés :

- Guy a tué sa femme ! Sa propre cousine le dit !

Quelques jours plus tard, les cousins de Guy se rendirent chez le juge pour l'accuser d'avoir tué sa femme. Et le juge convoqua le malheureux Guy qui se défendit de l'accusation. Pour prouver son innocence, le juge demanda à Guy-le-long de se battre contre l'un de ses accusateurs. S'il gagnait le combat, Guy serait libéré. Par contre, s'il perdait, il serait pendu. Il fut amené sur la place où il devait affronter le plus fort de ses cousins. C'était un énorme bûcheron qui l'assomma d'un seul coup de poing. Quand il se releva, Guy fut déclaré vaincu et donc coupable. Le lendemain matin, on l'emmena sur la place du marché pour être pendu. La foule des spectateurs attendait. Guy tenait dans sa main son violon. Le bourreau lui demanda s'il voulait exprimer une dernière volonté :

- Je voudrais offrir une danse à ceux qui sont venus me voir mourir, répondit-il.

- Grâce accordée, dit le juge.

Guy se pencha, prit son violon, l'installa au creux de son cou et se mit à jouer. Du violon sortirent des notes tristes comme des sanglots. Une musique magique ensorcela lentement les spectateurs. La foule tomba à genoux pour demander pardon. Mais Guy jouait encore, les notes sautillaient en une danse échevelée et violente. La foule était soulevée par des mains invisibles, les gens se mirent à danser, à lever les bras au ciel, à se tordre en criant. Alors, Guy-le-long, sans cesser de jouer, s'avança lentement vers la foule qui s'écarta pour le laisser passer. Il disparut sans que personne ne put l'arrêter. Les cousins et les cousines de Guy dansaient toujours comme si le violon jouait encore. Guy les avait ensorcelés. Ils dansèrent cinq jours et cinq nuits. On fit venir le curé d'Echternach qui pria pour faire cesser la magie noire. Les cousins et les cousines de Guy avouèrent leur mensonge et moururent le lendemain. Personne ne revit jamais Guy-le-long mais pendant longtemps, on entendit, portée par le vent, sa musique magique qui rendait fous les méchants.

Après plusieurs lectures de ce texte et le rappel d'autres contes lus auparavant, j'ai fait une leçon sur les invariants du conte:

Les grandes caractéristiques d’un conte ( leçon ) :

1. Un conte a toujours un titre.

Exemple : « Le violon magique ».

Autres contes : « Le petit Poucet », « Barbe Bleue », « La Belle au Bois Dormant ».

2. Un conte commence très souvent par les formules : « Il était une fois, jadis, il y a bien longtemps.»

3. Classification des personnages du conte :

a). Héros : Guy-le-long.

b). Opposants : les cousins de Guy.

Dans d'autres contes : l'Ogre, le Loup, la Sorcière.

c). Adjuvants : le violon.

Dans d'autres contes : les Fées.

d). Neutres : le juge.

4. Un conte intègre souvent une part de merveilleux grâce aux objets magiques. Exemple : « le violon ».

Autres contes : le miroir, la baguette magique, le balai.

5. Les principales structures narratives du conte :

a). Faute + punition + sauveur : Le Petit Chaperon Rouge.

b). Faute + punition : Le violon magique.

c). Quête : Cendrillon.

6. L'écriture du conte :

a). La narration ( majoritaire ) : « Au moment de partir, Guy demanda à ses

cousins de prendre soin de ses terres.»

b). La description : « Mais son visage était si beau, ses yeux brillaient

d'une si grande douceur.»

c). Les dialogues : «- Et ta femme ? », « - Elle est morte »

7. Les temps du conte: ( le conte emploie les temps du récit ) :

a). Imparfait : descriptions et actions d'arrière plan.

b). Passé simple : actions de premier plan.

c). Présent et passé composé : dans les dialogues.

Suite à cette leçon, les élèves ont légendé le texte initial à l'aide d'un code de couleur afin de mettre en évidence certains invariants du conte tels que son mode d'écriture ou ses types de personnages:

 

L’écriture du conte « Le violon magique »

Narration / Description / Dialogue

Le violon magique

Il y a bien longtemps vivait dans la ville d'Echternach un drôle de paysan très grand et très maigre. Mais son visage était si beau, ses yeux brillaient d'une si grande douceur que personne ne pensait à se moquer de lui. Les gens de la ville avaient pris l'habitude de l'appeler Guy-le-long.
Un jour, Guy tomba amoureux d'une jeune fille qui s'appelait Marianne. Aussitôt après leur mariage, Guy et Marianne décidèrent de partir en voyage à Jérusalem. Au moment de partir, Guy demanda à ses cousins de prendre soin de ses terres pendant son absence. Les saisons, les années passèrent, Guy et sa femme ne revenaient pas. Leurs oncles et leurs cousins pensèrent qu'ils étaient morts, alors ils décidèrent de se partager les terres de Guy. Et la vie continua. Dix ans plus tard, un jour de Pâques, Guy reparut à Echternach
. Il était toujours aussi grand et aussi maigre, pourtant il avait bien changé: ses cheveux blonds avaient blanchi, et son regard était bien triste à présent.
Ses cousins et ses cousines l'accueillirent avec méfiance. Pour eux, Guy et Marianne étaient morts depuis des années et surtout ils n'avaient pas envie de lui rendre ses terres. Ils l'invitèrent pourtant à partager le repas.
- Et ta femme? demanda une cousine.
- Elle est morte, elle est tombée gravement malade, répondit Guy en s'essuyant les yeux.

Personne ne dit rien, pensant à la pauvre Marianne. Puis un cousin plus curieux que les autres, demanda :

- Tu as apporté quelque chose de Jérusalem dans ce grand sac que tu portes ?

- Non, je reviens plus pauvre que je ne suis parti. Je n'ai rapporté que ce violon, dont j'ai appris à jouer. Il le sortit, le montra et murmura :

- J'ai trouvé ce violon à Jérusalem le jour où ma femme est morte.

Personne à Echternach n'avait jamais vu de violon ! Plus tard, Guy demanda des nouvelles de ses terres mais personne ne voulut répondre. Guy était fatigué par le voyage, alors il alla se coucher.

Lorsque Guy fut endormi, les cousins et les cousines cherchèrent un moyen de ne pas lui rendre ses terres. Ils auraient pu tout simplement les racheter à Guy, mais ils étaient si avares qu'ils ne voulaient pas dépenser un sou ! Ils réfléchirent un bon moment. Puis un cousin dit :

- J'ai trouvé ! On va l'accuser d’avoir tué sa femme. C'est le juge qui va nous débarrasser de lui.

Tout le monde était d’accord avec cette idée. Dès le lendemain, les femmes répandirent la rumeur chez le boucher, à la fontaine, au marché :

- Guy est revenu sans sa femme…

- Ah ! Que lui est-il arrivé, à cette pauvre Marianne ?

- On ne sait pas, Guy est bien muet, tellement muet qu'on se demande si ce n'est pas lui qui...

- Vous croyez que Guy l'aurait tuée ?

La rumeur se répandit dans toute la ville. Le soir on continuait à chuchoter derrière les volets fermés :

- Guy a tué sa femme ! Sa propre cousine le dit !

Quelques jours plus tard, les cousins de Guy se rendirent chez le juge pour l’accuser d'avoir tué sa femme. Et le juge convoqua le malheureux Guy qui se défendit de l'accusation. Pour prouver son innocence, le juge demanda à Guy-le-long de se battre contre l'un de ses accusateurs. S'il gagnait le combat, Guy serait libéré. Par contre, s'il perdait, il serait pendu. Il fut amené sur la place où il devait affronter le plus fort de ses cousins. C'était un énorme bûcheron qui l'assomma d'un seul coup de poing. Quand il se releva, Guy fut déclaré vaincu et donc coupable. Le lendemain matin, on l'emmena sur la place du marché pour être pendu. La foule des spectateurs attendait. Guy tenait dans sa main son violon. Le bourreau lui demanda s'il voulait exprimer une dernière volonté :

- Je voudrais offrir une danse à ceux qui sont venus me voir mourir, répondit-il.

- Grâce accordée ! dit le juge.

Guy se pencha, prit son violon, l'installa au creux de son cou et se mit à jouer. Du violon sortirent des notes tristes comme des sanglots. Une musique magique ensorcela lentement les spectateurs. La foule tomba à genoux pour demander pardon. Mais Guy jouait encore, les notes sautillaient en une danse échevelée et violente. La foule était soulevée par des mains invisibles, les gens se mirent à danser, à lever les bras au ciel, à se tordre en criant. Alors, Guy-le-long, sans cesser de jouer, s'avança lentement vers la foule qui s'écarta pour le laisser passer. Il disparut sans que personne ne put l'arrêter. Les cousins et les cousines de Guy dansaient toujours comme si le violon jouait encore. Guy les avait ensorcelés. Ils dansèrent cinq jours et cinq nuits. On fit venir le curé d'Echternach qui pria pour faire cesser la magie noire. Les cousins et les cousines de Guy avouèrent leur mensonge et moururent le lendemain. Personne ne revit jamais Guy-le-long mais pendant longtemps, on entendit, portée par le vent, sa musique magique qui rendait fous les méchants.

 

Les types de personnages du conte « Le violon magique »

Gentils / Méchants / Neutres

Le violon magique

Il y a bien longtemps vivait dans la ville Echternach un drôle de paysan très grand et très maigre. Mais son visage était si beau, ses yeux brillaient d’une si grande douceur que personne ne pensait à se moquer de lui. Les gens de la ville avaient pris l'habitude de l'appeler Guy-le-long.
Un jour, Guy tomba amoureux d'une jeune fille qui s'appelait Marianne. Aussitôt après leur mariage, Guy et Marianne décidèrent de partir en voyage à Jérusalem.
Au moment de partir, Guy demanda à ses cousins de prendre soin de ses terres pendant son absence. Les saisons, les années passèrent, Guy et sa femme ne revenaient pas. Leurs oncles et leurs cousins pensèrent qu'ils étaient morts, alors ils décidèrent de se partager les terres de Guy. Et la vie continua. Dix ans plus tard, un jour de Pâques, Guy reparut à Echternach. Il était toujours aussi grand et aussi maigre, pourtant il avait bien changé: ses cheveux blonds avaient blanchi, et son regard était bien triste à présent. Ses cousins et ses cousines l'accueillirent avec méfiance. Pour eux, Guy et Marianne étaient morts depuis des années et surtout ils n'avaient pas envie de lui rendre ses terres. Ils l'invitèrent pourtant à partager le repas.
- Et ta femme? demanda une cousine.
- Elle est morte, elle est tombée gravement malade, répondit Guy en s'essuyant les yeux.
Personne ne dit rien, pensant à la pauvre Marianne. Puis un cousin plus curieux que les autres, demanda :

- Tu as apporté quelque chose de Jérusalem dans ce grand sac que tu portes ?

- Non, je reviens plus pauvre que je ne suis parti. Je n'ai rapporté que ce violon, dont j'ai appris à jouer. Il le sortit, le montra et murmura :

- J'ai trouvé ce violon à Jérusalem le jour où ma femme est morte.

Personne à Echternach n’avait jamais vu de violon ! Plus tard, Guy demanda des nouvelles de ses terres mais personne ne voulut répondre.Guy était fatigué par le voyage, alors il alla se coucher.

Lorsque Guy fut endormi, les cousins et les cousines cherchèrent un moyen de ne pas lui rendre ses terres. Ils auraient pu tout simplement les racheter à Guy, mais ils étaient si avares qu'ils ne voulaient pas dépenser un sou ! Ils réfléchirent un bon moment. Puis un cousin dit :

- J'ai trouvé ! On va l’accuser d’avoir tué sa femme. C'est le juge qui va nous débarrasser de lui.

Tout le monde était d'accord avec cette idée. Dès le lendemain, les femmes répandirent la rumeur chez le boucher, à la fontaine, au marché :

- Guy est revenu sans sa femme.

- Ah ! Que lui est-il arrivé, à cette pauvre Marianne ?

- On ne sait pas, Guy est bien muet, tellement muet qu'on se demande si ce n'est pas lui qui.

- Vous croyez que Guy l'aurait tuée ?

La rumeur se répandit dans toute la ville. Le soir on continuait à chuchoter derrière les volets fermés :

- Guy a tué sa femme ! Sa propre cousine le dit !

Quelques jours plus tard, les cousins de Guy se rendirent chez le juge pour l'accuser d'avoir tué sa femme. Et le juge convoqua le malheureux Guy qui se défendit de l'accusation. Pour prouver son innocence, le juge demanda à Guy-le-long de se battre contre l'un de ses accusateurs. S'il gagnait le combat, Guy serait libéré. Par contre, s'il perdait, il serait pendu. Il fut amené sur la place où il devait affronter le plus fort de ses cousins. C'était un énorme bûcheron qui l'assomma d'un seul coup de poing. Quand il se releva, Guy fut déclaré vaincu et donc coupable. Le lendemain matin, on l'emmena sur la place du marché pour être pendu. La foule des spectateurs attendait. Guy tenait dans sa main son violon. Le bourreau lui demanda s'il voulait exprimer une dernière volonté :

- Je voudrais offrir une danse à ceux qui sont venus me voir mourir, répondit-il.

- Grâce accordée dit le juge.

Guy se pencha, prit son violon, l'installa au creux de son cou et se mit à jouer. Du violon sortirent des notes tristes comme des sanglots. Une musique magique ensorcela lentement les spectateurs. La foule tomba à genoux pour demander pardon. Mais Guy jouait encore, les notes sautillaient en une danse échevelée et violente. La foule était soulevée par des mains invisibles, les gens se mirent à danser, à lever les bras au ciel, à se tordre en criant. Alors, Guy-le-long, sans cesser de jouer, s'avança lentement vers la foule qui s'écarta pour le laisser passer. Il disparut sans que personne ne put l’arrêter. Les cousins et les cousines de Guy dansaient toujours comme si le violon jouait encore. Guy les avait ensorcelés. Ils dansèrent cinq jours et cinq nuits. On fit venir le curé Echternach qui pria pour faire cesser la magie noire. Les cousins et les cousines de Guy avouèrent leur mensonge et moururent le lendemain. Personne ne revit jamais Guy-le-long mais pendant longtemps, on entendit, portée par le vent, sa musique magique qui rendait fous les méchants.

 

Les différentes unités événementielles du conte « Le violon magique »

Afin de faciliter le travaille de réécriture du conte et d'en faire un texte théâtral, nous en avons repéré les différentes parties que nous traiterons par la suite en véritables scènes.

Objectif principal : l'élève doit être capable de lire un conte afin d’en repérer les différentes unités événementielles.

Sous objectif : l'élève doit être capable de proposer des sous-titres aux différentes parties du conte, en cohérence avec leur contenu.

Consigne orale : « je vous demande de lire le texte et d'encadrer à l'aide d'un crayon à papier et d'une règle, les différentes parties de l'histoire. Pour vous aider à repérer ces différentes parties, posez-vous la question : - que fait Guy-le-long ? ou bien - que font les cousins et les cousines ? ».

Déroulement : pendant que les élèves se mettent au travail, je circule dans la classe afin de:

- de reformuler la consigne à tel élève.
- d'éclaircir un point de vocabulaire.
- d'aider un élève en difficulté.

Phase collective orale :

- je demande à chaque élève de m’indiquer où commence et où se termine sa première partie.
- les élèves confrontent et justifient leur réponse, puis, lorsque tout le monde est d’accord, je note la première partie au tableau : « Il y a bien longtemps...mariage ».

- je demande : « Que fait Guy-le-long dans ce passage du texte ? ». La réponse à ma question dicte le sous-titre, en l’occurrence, nous avons convenu d’intituler ce passage : « Le mariage ». J'ai procédé de la même façon pour les autres parties du texte.

Finalement, parmi les différentes propositions des élèves, nous avons retenu onze parties intitulées :

1. Le mariage

2. Le départ

3. Le partage des terres

4. Le retour

5. Le repas

6. Le complot

7. Le jugement

8. Le combat

9. La pendaison

10. La magie noire

11. L'aveux et la mort des cousins

Les différentes parties du conte :

Mariage / Départ / Partage des terres / Retour / Repas /Complot / Jugement / Combat / Pendaison / Magie noire / Aveux et mort des cousins.

 

Le violon magique

Il y a bien longtemps vivait dans la ville Echternach un drôle de paysan très grand et très maigre. Mais son visage était si beau, ses yeux brillaient d'une si grande douceur que personne ne pensait à se moquer de lui. Les gens de la ville avaient pris l'habitude de l'appeler Guy-le-long.
Un jour, Guy tomba amoureux d'une jeune fille qui s'appelait Marianne. Aussitôt après leur mariage
, Guy et Marianne décidèrent de partir en voyage à Jérusalem.
Au moment de partir, Guy demanda à ses cousins de prendre soin de ses terres pendant son absence.
Les saisons, les années passèrent, Guy et sa femme ne revenaient pas. Leurs oncles et leurs cousins pensèrent qu'ils étaient morts, alors ils décidèrent de se partager les terres de Guy. Et la vie continua.
Dix ans plus tard, un jour de Pâques, Guy reparut à Echternach. Il était toujours aussi grand et aussi maigre, pourtant il avait bien changé: ses cheveux blonds avaient blanchi, et son regard était bien triste à présent. Ses cousins et ses cousines l'accueillirent avec méfiance. Pour eux, Guy et Marianne étaient morts depuis des années et surtout ils n’avaient pas envie de lui rendre ses terres. Ils l'invitèrent pourtant à partager le repas.

- et ta femme? demanda une cousine.

- Elle est morte, elle est tombée gravement malade, répondit Guy en s’essuyant les yeux.

Personne ne dit rien, pensant à la pauvre Marianne. Puis un cousin plus curieux que les autres, demanda :

- Tu as apporté quelque chose de Jérusalem dans ce grand sac que tu portes ?

- Non, je reviens plus pauvre que je ne suis parti. Je n'ai rapporté que ce violon, dont j’ai appris à jouer. Il le sortit, le montra et murmura :

- J'ai trouvé ce violon à Jérusalem le jour où ma femme est morte.

Personne à Echternach n’avait jamais vu de violon ! Plus tard, Guy demanda des nouvelles de ses terres mais personne ne voulut répondre. Guy était fatigué par le voyage, alors il alla se coucher.

Lorsque Guy fut endormi, les cousins et les cousines cherchèrent un moyen de ne pas lui rendre ses terres. Ils auraient pu tout simplement les racheter à Guy, mais ils étaient si avares qu'ils ne voulaient pas dépenser un sou ! Ils réfléchirent un bon moment. Puis un cousin dit :

- J'ai trouvé ! On va l’accuser d’avoir tué sa femme. C’est le juge qui va nous débarrasser de lui.

Tout le monde était d'accord avec cette idée. Dès le lendemain, les femmes répandirent la rumeur chez le boucher, à la fontaine, au marché :

- Guy est revenu sans sa femme…

- Ah ! Que lui est-il arrivé, à cette pauvre Marianne ?

- On ne sait pas, Guy est bien muet, tellement muet qu'on se demande si ce n'est pas lui qui...

- Vous croyez que Guy l'aurait tuée ?

La rumeur se répandit dans toute la ville. Le soir on continuait à chuchoter derrière les volets fermés :

- Guy a tué sa femme ! Sa propre cousine le dit !

Quelques jours plus tard, les cousins de Guy se rendirent chez le juge pour l'accuser d’avoir tué sa femme. Et le juge convoqua le malheureux Guy qui se défendit de l'accusation. Pour prouver son innocence, le juge demanda à Guy-le-long de se battre contre l'un de ses accusateurs. S'il gagnait le combat, Guy serait libéré. Par contre, s'il perdait, il serait pendu. Il fut amené sur la place où il devait affronter le plus fort de ses cousins. C'était un énorme bûcheron qui l'assomma d'un seul coup de poing. Quand il se releva, Guy fut déclaré vaincu et donc coupable. Le lendemain matin, on l'emmena sur la place du marché pour être pendu. La foule des spectateurs attendait. Guy tenait dans sa main son violon. Le bourreau lui demanda s’il voulait exprimer une dernière volonté :

- Je voudrais offrir une danse à ceux qui sont venus me voir mourir, répondit-il.

- Grâce accordée, dit le juge.

Guy se pencha, prit son violon, l'installa au creux de son cou et se mit à jouer. Du violon sortirent des notes tristes comme des sanglots. Une musique magique ensorcela lentement les spectateurs. La foule tomba à genoux pour demander pardon. Mais Guy jouait encore, les notes sautillaient en une danse échevelée et violente. La foule était soulevée par des mains invisibles, les gens se mirent à danser, à lever les bras au ciel, à se tordre en criant. Alors, Guy-le-long, sans cesser de jouer, s’avança lentement vers la foule qui s'écarta pour le laisser passer. Il disparut sans que personne ne put l'arrêter. Les cousins et les cousines de Guy dansaient toujours comme si le violon jouait encore. Guy les avait ensorcelés. Ils dansèrent cinq jours et cinq nuits. On fit venir le curé Echternach qui pria pour faire cesser la magie noire. Les cousins et les cousines de Guy avouèrent leur mensonge et moururent le lendemain. Personne ne revit jamais Guy-le-long mais pendant longtemps, on entendit, portée par le vent, sa musique magique qui rendait fous les méchants.