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Scène
1
RAYMOND
: (étonné) Qu'est-ce que c'est que ce
monstre-là ? Je n'ai jamais rien vu de pareil !
JEAN
:
(en plaisantant) C'est un œuf de jument...
RAYMOND
: C'est pas croyâbe !
JEAN
:
(air sérieux) Mais si, je vous l'confirme !
RAYMOND
: Un œuf de jument ! Ben donc !
JEAN
:
Et je peux même vous garantir que si vous le couvez durant
huit jours au fond de
votre lit, il vous en sortira un beau poulain !
RAYMOND
: Diable, un poulain ! (air rêveur) Voilà qui
arrangerait bien mes affaires !
JEAN
:
C'est une occasion unique, je vous le certifie.
RAYMOND
: Et combien il coûte cet œuf ?
JEAN
:
A peine cinq francs !
RAYMOND
: Vinguette ! Ben ce n'est pas donné, nem donc ?
JEAN
:
(convaincant) C'est même pas le prix d'une volaille...
Ça fait pas cher pour un tel
animal !
RAYMOND
: (convaincu) Pour sûr !
JEAN
:
Alors vous me l'achetez ?
Scène
2
SUZANNE
: (étonnée) Qu'est-ce que c'est qu'ce
bidule orange ?
RAYMOND
: (fier) Ben ! C'est un œuf de jument !!!
SUZANNE
: Quoi ! Ah bon ? C'est fantastique !
RAYMOND
: Oui, tu as raison, cela va régler tous nos problèmes
!
(ton autoritaire) Bon ! Je vais sous mon édredon pour
couver mon bidule d'œuf.
Tu me remplaceras au champ où tu bineras les lisettes, au
pré où tu couperas l'herbe
des lapins, nourris les volailles et nettoies l'clapier !
SUZANNE
: Oui, j'ai compris.
Scène
3
RAYMOND
: (inquiet) Je n'y comprends plus rien ! Le
délai est largement dépassé et pas un signe
décelable ! Qu'en pensez-vous ?
GUY :
(air sérieux) Il te faut désormais le mettre au
soleil afin d'en hâter la maturité.
HENRI
: (air
sérieux) Expose-le donc au milieu de ton potager !
Scène
4
SUZANNE
: (à Jean, le marchand) Mon Raymond
m'envoie vous prévenir que l'œuf de jument
n'a toujours pas éclos et il me dit de vous demander ce qu'il
faut faire maintenant.
JEAN
:
(pensif) Faites rouler l'œuf sur un chemin rocailleux
afin que les aspérités aident à
l'éclosion du poulain.
Scène
5
SUZANNE
: Il faut faire rouler le bidule sur le
chemin pour le faire éclore.
Scène
6
RAYMOND
: (déçu) Oh ! C'est bien dommage, j'aurais bien
voulu avoir ce poulain !
HENRI
: (ton
rassurant) Ne regrette rien... Avec la taille qu'il avait,
il t'aurait coûter une
fortune à élever !
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