Editorial

 

 

 

 

 

 

 

AVANT - PROPOS

 

              « L’ordinateur sera pour les jeunes de  demain aussi  indispensable que l’étaient l’encrier  et  le cartable pour  l’écolier d’hier » 

 

                                          René Monory          

            « Améliorer l’accès au savoir ne changera pas une virgule à la situation de désir de savoir qui doit animer l’élève »

                                         Philippe Breton

 

  Les principes fondamentaux de l’école de Jules Ferry, qu’il s’agisse des méthodes pédagogiques ou des structures générales ont été définis et mis en oeuvre en prenant en compte les conditions politiques, socio-économiques et les moyens techniques d’enseignement de l’époque. L’organisation de l’enseignement s’est donc développé autour de la classe avec un maître face à un groupe d’élèves où l’école constitue un lieu premier des apprentissages essentiels.

L‘école continue d’être un lieu de préparation à la vie. Cependant « être préparé » signifie aujourd’hui anticiper sur le changement c’est à dire prendre en compte les mutations actuelles de la société. Il est vrai que celles-ci ne sont pas des phénomènes nouveaux, mais depuis la société industrielle, les transformations sont profondes, rapides et incessantes. Et la micro informatique avec ses cortèges d’application  en constitue le moteur essentiel.

Nous pouvons nous demander ce que doit faire l’école pour composer avec les nouvelles réalités de l’enfance et les exigences de la société .

             L’enfant d’aujourd’hui a souvent des acquis plus nombreux  mais en général moins bien intégrés et l’école a, de plus en plus souvent, comme mission d’aider l’élève à organiser ses savoirs en un tout cohérent. Sur le plan de l’attitude, il fait preuve d’une attention et d’un intérêt plus mitigé envers le savoir proprement scolaire car il est plus curieux et plus éveillé. L’école, en concurrence avec d’autres lieux éducatifs, doit donc proposer des environnements éducatifs ayant le plus de sens possible pour lui afin d’entretenir davantage la motivation intrinsèque et de lier l’apprentissage au plaisir de la maîtrise. L’enfant a besoin, à la fois des autres pour se développer harmonieusement mais en même temps, il a des rapports plus conflictuels avec ses camarades que par le passé. L’école a donc aussi pour objectif de lui apprendre à vivre en groupe.

Si nous prenons conscience que la mission de l’école n’est pas seulement d’accumuler des connaissances, mais aussi et surtout de former des individus susceptibles de s’adapter aux problèmes de leur temps, la mise en œuvre à l’école des technologies de l’information et de la communication revêt une importance particulière.

          La grande diversité de ces nouveaux outils au service de l’éducation offre de multiples possibilités pour de nouvelles formes, de nouvelles organisations, de nouvelles méthodes de travail et de nouvelles relations entre les individus.

Apprendre avec le multimédia et les outils qui lui sont associés – réseaux comme internet -  signifie d’abord apprendre autrement. Tout en étant porteur de nouvelles modalités de travail à l’école, ils doivent permettre de réaliser à la fois une véritable individualisation des apprentissages et une socialisation de ceux-ci dans le sens d’une mutualisation impliquant échanges, confrontation et élaboration en commun.

L’individualisation permet à chacun de construire son savoir à partir de ses propres processus d’association, de ses cheminements personnels, à travers des itinéraires sans cesse modifiables qui paraissent en bonne adéquation  avec la diversité des styles d’apprentissage. Et la mutualisation participe à la construction et au partage des savoirs.

Le travail est en même temps collectif et individualisé. Des enfants peuvent apprendre à lire, à compter, à reconnaître, à assembler, à visualiser l’espace en trois dimensions, à se repérer individuellement ou en équipes...

La mise en réseau des écoles et son utilisation offrent la possibilité aux classes de faire connaître leur savoir-faire, de travailler en commun et à distance en temps réel ou en temps différé.  C’est un moyen d’acquérir de nouvelles compétences de travail en groupes et de collaboration entre équipes réparties dans une société en réseau.  Mais la communication dans sa dimension pédagogique ne se limite pas à la correspondance. Les activités de production de documents, destinés à être diffusés, constituent une part de plus en plus importante. Cette possibilité d’être « visité » par d’autres personnes impose alors une nécessité de clarté et de rigueur que nous trouvons rarement dans d’autres travaux scolaires.

La dimension de motivation de ces activités paraît évidente et leur sens profond semble résider dans la fonction de fédération de l’ensemble des apprentissages scolaires qui peut être la leur.

             En conclusion, je me permettrai tout de même de préciser que malgré l’intérêt pédagogique évident des ces nouvelles technologies, l’utilisation de celles-ci nécessite encore réflexion  et recherches. Il ne faudrait pas s’imaginer que grâce à ces dernières les problèmes d’éducation seront résolus car ce serait se méprendre et faire fi des besoins des enfants. Je me permettrai aussi d’ajouter que, malgré l’envahissement de l’informatique,  l’ordinateur ne remplacera jamais le « Maître » qui fait « vivre le savoir au point de vivre du savoir et qui fait par là rencontrer l’existence au lieu de se replier dans son monde » (B. Vergely)

 Chantal CABUS

 IEN St Avold Sud