L'Ecole de nos grands parents 

 

Mardi 8 octobre 2002, les CP/CE1/CE2 de l'école de Guebenhouse ont accueilli Mme ROHR Yvonne, Mme MUNIER Odile et M. BECKER Michel
tous les trois grands-parents d'élèves du regroupement.
Ces derniers ont raconté aux élèves leur enfance d'écolier et d'écolière.

Tout le monde s'est présenté et les élèves ont ensuite posé les questions qu'ils avaient préparées quelques jours avant.

A quel âge avez-vous commencé à aller à l’école ?
Il n'y avait pas d'école maternelle, nous sommes entrés directement au CP à six ans.

Où était votre école, comment y alliez-vous ?
Il y avait deux écoles à Guebenhouse, l'actuelle école était celle des garçons, celle des filles se trouvait à côté du café là où commence la route qui mène au lotissement.
On allait à l'école à pied, beaucoup avait des sabots et tous les élèves étaient de Guebenhouse. Il y avait peu de voitures donc peu de circulation.

Combien étiez-vous d’élèves, y avait-il plusieurs cours, y avait-il plusieurs maîtres ou maîtresses ?
Il y avait beaucoup d'élèves car l'école accueillait ensemble tous les enfants de six à quatorze ans.
L'école des garçons était dirigé par un maître alors que celle des filles était dirigée par une religieuse (une soeur).

Comment étiez-vous habillé ?
Nous n'avions pas d'habits spéciaux pour l'école mais nous portions presque tous des blouses ou des tabliers pour éviter d'user ou de salir nos vêtements car on n'avait pas de machines à laver le linge à la maison.

Quels étaient vos horaires de classe, aviez-vous les mêmes vacances que nous ?
L'école commençait à 8h et se terminait à 11h, l'après-midi les cours reprenaient à 13h et se terminaient à 16h.
Nous n'avions pas classe le jeudi, par contre on allait à l'école le lundi, le mardi, le mercredi, le vendredi et le samedi toute la journée.
Les dates des vacances n'étaient pas les mêmes. Les grandes vacances commençaient le 14 juillet et la rentrée se faisait le 1er octobre. Nous n'avions pas de vacances à la toussaint, juste quelques jours entre Noël et Nouvel An, pas de vacances en février et encore une fois quelques jours pour Pâques pendant la semaine sainte.

Apportiez-vous des jouets à l’école le dernier jour avant les vacances?
Le dernier jour de classe n'était pas un jour comme un autre, on faisait quelques jeux ensemble ou alors une activité manuelle.

Qu’est-ce que vous aviez comme affaires de classe ?
Nous avions tous une ardoise avec des bords en bois auxquels étaient accrochées deux morceaux de tissus cousus par notre maman. Le premier était mouillé et servait d'éponge et le second restait sec et servait à essuyer l'ardoise mouillée. Pour écrire sur l'ardoise on n'utilisait pas de craie mais un crayon spécial qu'on taillait en le frottant sur une pierre en grès.
Nous avions aussi des cahiers dans lesquels on écrivait avec une plume qu'on trempait dans l'encrier de notre table que le maître remplissait le matin.
On la rangeait ensuite dans notre plumier. Les plus chanceux avaient des plumiers à deux compartiments.

Quelles matières faisiez-vous en classe, aviez-vous des cours de religion ?
Nous avons étudié les mêmes matières que vous, le français, les mathématiques; l'histoire, la géographie, les sciences, mais aussi des activités manuelles, les filles apprenaient par exemple la couture à l'école.
Monsieur le curé venait environ 3h par semaine pour nous donner des cours de catéchisme.
Nous n'apprenions pas de langues étrangères, mais il faut dire que c'était la seconde guerre mondiale et que nous avons connu l'école française puis l'école allemande (où il était interdit de parler français) et à nouveau l'école française (où il était bien sûr interdit de parler allemand sous peine de punition). L'enfant qui parlait allemand à l'école française se faisait remettre par l'instituteur une plaque qui désignait qu'il était fautif, si un autre élève parlait allemand, le premier élève pouvait lui donner cette plaque. Et ainsi de suite jusqu'à la fin des cours. Celui qui avait la plaque avant de quitter l'école devait faire une punition à la maison pour le lendemain.

Qu’est-ce que vous aviez comme goûter ?Est-ce que vous mangiez à l’école à midi ?
Il n'y avait pas de cantine à l'école car nous n'habitions pas trop loin de l'école. Comme goûter on avait des tartines de beurre ou des tartines de saindoux qui provenait de la graisse des cochons que nos parents tuaient pour manger.

Quels étaient vos jeux à la récréation ?
Cela dépendait des saisons les filles jouaient souvent à la marelle ou à la corde et les garçons jouaient aux billes ou aux osselets. On jouait aussi à des jeux de balles comme "gobé" où il fallait attraper un ballon lancé par un adversaire, le foot n'était pas encore un jeu de récréation. En hiver on faisait des batailles de boules de neige.

Aviez-vous des animaux en classe ?
Nous n'avions pas d'animaux en classe mais on s'occupait des plantes de l'école et quand un élève était "de service" il devait pendant une semaine venir plus tôt à l'école pour essuyer les tableaux ou pour faire le feu dans le poêle à bois qui chauffait la classe.

Faisiez-vous des sorties, prépariez-vous des fêtes ?
On ne faisait pas d'excursions en bus, les classes de mer n'existaient pas non plus. On partait des fois en randonnée à pied, même qu'un jour on a marché jusqu'à Sarralbe aller-retour...
On sortait parfois se promener dans la nature pour des leçons de choses, toute la classe partait aussi à la chasse aux doryphores, petits insectes qui menaçaient nos récoltes de pomme de terre.
On apprenait des poésies pour le 14 juillet jour de notre fête nationale (qui marquait aussi le début des grandes vacances).
A cet occasion tout le monde recevait du chocolat ou une friandise.

Le maître était-il sévère ?
Le maître était assez sévère car il avait beaucoup d'élèves mais il n'exagérait pas.
Il nous donnait des punitions ou nous mettait au piquet (au coin) et pour des fautes vraiment graves, il nous tapait sur les doigts avec une baguette en bois.

Aviez-vous un règlement à l’école ?
Le règlement n'était pas affiché en classe mais tout le monde savait ce qu'on avait le droit de faire et ce qu'il ne fallait pas faire.
Par contre, les journées commençaient souvent le matin par une prière et ensuite par la leçon de morale qui partait d'une phrase écrite au tableau. Elle nous expliquait qu'il fallait être poli, appliqué dans son travail et serviable avec les autres.

Avec quel livre avez-vous appris à lire ?
Nous n'avions pas de livre spécial pour apprendre à lire, on commençait par apprendre l'alphabet par coeur puis on apprenait à construire des syllabes. Avec ces syllabes on fabriquait des mots et c'est comme cela qu'on apprenait à lire.


un GRAND MERCI 
à Mme MUNIER, Mme ROHR et M. BECKER pour leurs témoignages.


Quelques liens pour en savoir encore plus sur "l'école de nos grands-parents"
Le musée de l'école
"la leçon de morale"
L'école aujourd'hui et autrefois