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Elémentaire : Le regard sur les images (extrait)
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Des sens multiples sont attachés au mot « image»: imitation,
représentation, illustration, apparence, portrait, simulacre, masque...
Une image est constituée d’un ensemble de signes en relation les uns
avec les autres pour produire du sens, lequel se construit à partir de
divers codes de représentation. Une première perception permet
d’en comprendre la signification immédiate ; une observation plus précise
et guidée
permet de découvrir les intentions et les codifications; dans l’image
interviennent des effets sensibles et des effets de représentation. Ce
sens peut avoir été anticipé ou non par ceux qui l’ont
fabriqué. À la différence du texte, les signes sur lesquels
se fonde ce langage appartiennent à des registres variés et s’organisent
selon des logiques et des parcours croisés.
On s’intéressera à toutes les images, fixes ou animées:
peinture, dessin, bande dessinée, photographie (de presse, d’art ou de
pratique de vie), cinéma (documentaire, de fiction ou d’animation), télévision
(journal, émission de plateau, séries, dessins animés,
publicités, reportages)... L’enseignant donne aux élèves
les moyens d’apprendre à comprendre les images par l’observation, la
transformation et la production.
Il les amène à construire des relations, à partir des procédés
divers et des sens possibles de l’image.
Il les aide à prendre conscience de la polysémie en fonction des
récepteurs. Les opinions et les points de vue peuvent être confrontés
lors de discussions.
Au cycle 2, l’image est envisagée comme un langage que l’élève
utilise dans ses activités d’expression et de narration. À travers
ses réalisations, il passe d’une approche essentiellement affective à
un regard plus objectif. Il apprend à voir au-delà des apparences.
Il fait l’acquisition de notions qui lui permettent de décrire et de
nommer les éléments constitutifs des images, cadrage et point
de vue en particulier.
Les images de son environnement visuel servent de supports à des activités
de repérage et de tris (identifier des images par rapport au contexte,
à leur usage et leur destination, repérer celles qui informent,
illustrent, émeuvent, effraient, incitent à l’achat...) et des
opérations qu’on peut leur appliquer pour jouer sur leur sens (recomposer
une partie disparue, prolonger, associer, transformer par l’usage de couleurs
sur un document noir et blanc...).
Des techniques telles que la photographie analogique et numérique, la
photocopie, le scanner, les logiciels graphiques, sont mises au service de la
recherche artistique.
Exemples
- Mettre en correspondance une image et un objet.
À partir d’une image (apportée par l’enfant, choisie dans un ensemble
réuni par l’enseignant ou proposée par ce dernier), l’élève
est
invité à chercher un objet réel qui ait un lien avec l’image.
Ce lien peut être d’ordre plastique, sémantique, affectif. L’objet
apporté peut faire « l’objet» d’une analyse plastique en
dehors
de sa fonction utilitaire. Poser ensuite la question : «comment présenter
ce couple image-objet ? » (Horizontalement, verticalement,
objet collé sur l’image, objet à distance de l’image, photographie
de l’ensemble pour créer une nouvelle image unifiée, etc.)
- Modifier une image: sa propre production, une photographie, un dessin scientifique,
un dessin d’architecte, une case de bande dessinée... Avec l’outil informatique
: ajouter des couleurs, ajouter ou retrancher des éléments figuratifs,
effacer, brouiller, grossir...
L’élève constate des effets et se pose la question du sens sur
les images obtenues.
Dans un second temps, il réutilise ses constats pour fabriquer une image
avec une intention délibérée.
- L’enseignant distribue à chaque élève trois ou quatre
reproductions d’un paysage photocopiées en noir et blanc.
Il s’agit de raconter une histoire en trois ou quatre étapes par le dessin,
le collage d’éléments découpés dans d’autres images...
On confronte l’histoire inventée et des planches de bandes dessinées;
c’est l’occasion d’aborder quelques codes de la bande dessinée.
- Prendre chaque jour la photo d’un même objet sous des angles différents.
Au cycle 3, l’élève utilise de manière plus réfléchieles
différents procédés et commence à savoir choisir
un mode de fabrication en fonction d’un projet.
L’enseignant l’amène à développer son point de vue sur
ses propres images et celles des autres.
L’identification des composantes est conduite à partir d’une approche
structurée : les éléments perçus sont mis en relation
avec le sens produit, le message transmis. Les procédés utilisés
en photographie (images de presse et images à visée esthétique),
dans la publicité (clips), la vidéo, les films et les émissions
de télévision, et les « nouvelles images » multimédia
et des jeux vidéo, sont identifiés et comparés (voir
la partie sur l’image animée ci-dessous).
Les élèves comprennent que fabriquer une image, c’est avoir des
intentions et faire des choix, exprimer un point de vue ou une opinion, une
sensation, une idée...
À partir d’une création personnelle, ils apprennent à expliquer
et justifier des choix personnels.
exemples
- «Mettre en image » un paysage . Les différentes images
produites par les élèves sont comparées, différenciées
en fonction du procédé utilisé, de leur lisibilité,
en relation avec l’information qu’elles véhiculent.
Dans un deuxième temps, le paysage est photographié de manière
à constituer une série de clichés à partir de la
proposition suivante : « Faire voir de manière inattendue».
Les différentes prises de vue sont présentées sous la forme
d’un montage d’images. Des images artistiques et non artistiques sont roposées:
une peinture de Cézanne, une cartede géographie, une carte postale...
Elles sont décrites et comparées. Une collection peut être
constituée.
- Lors d’une première approche, les élèves prennent des
vues très rapprochées d’objets de leur environnement (cadrageparticulier).
Ces images en gros plan servent de matériaux pour raconter une histoire
(bande dessinée, montage photographique,
composition associant dessin et photographie...)
- Les élèves réalisent un grand nombre de prises de vue
(au moyen d’un appareil photo numérique, par exemple) d’un lieu animé
: la cour au moment de la récréation, la sortie de l’école,
une place publique, un marché.
Au vu des résultats photographiques, on met en valeur la variété
des points de vue, les différents cadrages, les vues d’ensemble, les
vues rapprochées, les vues de détails.
Cet inventaire d’images est ensuite rapproché d’autres formes d’inventaires
comme ceux de Georges Perec ( Tentative d’épuisement d’un lieu parisien,
par exemple).
- Détourner une image publicitaire de sa fonction en la transformant.
Différentes modalités sont expérimentées : ajouts
graphiques, collage d’éléments provenant d’autres images.
C’est l’occasion de questionner le fonctionnement du message publicitaire.