Auschwitz-Birkenau,

ou la vie dans un camp de la mort

Bouchaud Myriam

Denis Camille

Fauvel Anne-Solène

Knepper Jessica

Lecomte Adeline

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Auschwitz est une ville de Pologne, près de Katowice. Pendant la seconde guerre mondiale, c’est dans cette ville que fut créé le plus grand des camps de concentration et d’extermination : Auschwitz-Birkenau. Dans ce camp furent emprisonnés et tués hommes, femmes et enfants pour des raisons qui attentent gravement à la morale et aux droits de l’Homme. En effet, les Nazis y enfermaient, ainsi que dans d’autres camps, toute personne appartenant à des " races " que la folie hitlérienne avait classées au rang d’une " sous-humanité " (Juifs, Slaves ou Tziganes), toute personne dérogeant aux règles discriminatoires imposées par les Nazis, ainsi que des prisonniers de guerre. Alors qu’au printemps 1942 ce camp devient tout juste un instrument de mise à mort, en 1945, il détient le record d’environ 1,5 million de morts, dont 1 million de Juifs.

Pour les Juifs, Auschwitz-Birkenau symbolise la " Shoah ", mot provenant de l’hébreu et signifiant " catastrophe ". Cette Shoah désigne ici l’entreprise d’extermination de leur peuple par les Nazis.

Les locaux

-Le camp d’Auschwitz-Birkenau est composé de trois secteurs dans lesquels sont réparties les différentes catégories de prisonniers :

- Le premier secteur est divisé en deux : la partie Est est réservée aux femmes et la partie Ouest aux hommes.

- Le second secteur est divisé en cinq parties : le camp de la quarantaine, le camp des femmes juives, le camp des hommes juifs, le camp des Tziganes et l’hôpital où l’on expérimentait de nouveaux "traitements."

- Le troisième secteur était en construction.

Dans les camps habités se trouvaient également une place d’appel, des cuisines, des douches et des latrines, ainsi qu’une salle de spectacle et un bordel où des femmes furent obligées de se prostituer à partir de juin 1943.

Certains bâtiments devinrent rapidement des cellules-bunkers où les SS interrogeaient et torturaient les prisonniers ( supplice de la balançoire qui consistait à faire éclater les organes génitaux ).

 

Le camp était surveillé par quelques S.S. qui restaient dans des baraquements situés à l’avant du camp. Un mirador surplombait le camp pour pouvoir surveiller les prisonniers et éviter d’éventuelles évasions. Mais peu nombreux étaient les prisonniers qui espéraient s’enfuir car le camp était entouré d’une clôture électrifiée.

Pour accéder à Auschwitz-Birkenau, une voie ferrée, sur laquelle des wagons de détenus circulaient, traversait le camp. A l’arrière du camp se situait le secteur de la mort : les chambres à gaz que faisaient fonctionner les S.S. Tout au fond du camp avaient été creusées des fosses afin de pouvoir y enterrer les cadavres.

La vie quotidienne

° L’arrivée des détenus :

A l’arrivée du train, les femmes, les hommes et les enfants sont séparés. Sont considérées enfants toutes les personnes âgées de moins de quinze ans ; elles sont automatiquement envoyées dans les chambres à gaz.

Après être passés à la sélection, s’être fait raser le crâne et tatouer le numéro d’immatriculation sur le bras gauche, les prisonniers récemment arrivés doivent se réunir sur la place afin qu’on puisse y effectuer l’appel.

° La nourriture :

La faim, obsédante, n’est jamais assouvie. Menu habituel :

Le matin : - ½ litre de succédané de café

- 400 grammes de pain

Le midi : - 1 litre de soupe de carottes ou de choux blancs six fois par semaine

- 1 litre de soupe aux pâtes une fois par semaine

Le soir : - 1 litre de soupe

- 30 grammes de saucisson ou de fromage

- ¾ litres de thé

° L’hygiène :

Des latrines sont installées devant chaque baraquement, mais le mot hygiène ne fait ni partie du vocabulaire d’Auchwitz-Birkenau, ni de tous les autres camps : " Ses vêtements grouillant de bestioles la dérangeaient tant qu’elle les avait jeté. " ( Anne Frank - une vie - )

Les maladies contagieuses font des ravages incroyables dans la camp : typhus endémique, dysenterie, tuberculose...

° L’appel :

L’appel était effectué dehors, parfois dans le froid et la neige, à n’importe quelle heure du jour et de la nuit et pouvait durer plusieurs heures : " Toutes les nuits à 3 heures, nous sortons à peine couvertes d’une petite robe et les pieds nus, quel que soit le temps. Seul importe le nombre de présents, certains pendant les appels meurent de faim, de froid, de maladie. C’est très long, 5 heures... " ( Denise Holstein, Je ne vous oublierai jamais, mes enfants d’Auschwitz )

° Le travail forcé :

Quand les déportés ne sont pas victimes des chambres à gaz ou d’autres assassinats, ils sont obligés de travailler jusqu’à l’épuisement ( ex : travaux de terrassement )

Ce travail forcé est une des conditions de l’avilissement des prisonniers (11 heures de travail par jour), il fait partie d’une machine à tuer programmée : " Si je pouvais résumer tout le mal de notre temps en une seule image, je choisirais cette vision qui m’est familière : un homme décharné, le front courbé et les épaules voûtées, dont le visage et les yeux ne reflètent nulle trace de pensée. " ( Primo Levi, Si c’est un homme )

° Les dortoirs :

Les " dortoirs " étaient de pitoyables baraques de bois au sol de terre battue qui contenaient les " couchettes " : des planches de bois où les détenus s’entassaient par groupe de six ou sept. Ces dortoirs étaient également une condition de l’avilissement des détenus.

Les différentes morts

Auschwitz-Birkenau était le plus grand camp de la mort. A la différence des autres camps, on y utilisait le cyanure d’hydrogène, qui est un gaz très rapidement mortel. Les victimes de ce camp venait de toute l’Europe : Norvège, France, Pays-Bas, Italie, Allemagne, Hongrie, Tchécoslovaquie, Pologne, Yougoslavie et Grèce. Une grand partie des prisonniers était utilisée par l’industrie d’Auschwitz. Beaucoup, surtout les enfants, furent soumis à des expériences médicales " in vivo " concernant la biologie héréditaire, la stérilisation, l’effet des mutilations, la gémellité... L’expérimentateur le plus connu pour son sadisme est le docteur Mengele.

Beaucoup de Juifs et de Tziganes étaient gazés systématiquement. Plusieurs centaines de milliers d’autres prisonniers moururent de faim, de soif, de froid, de douleur, de manque de sommeil, du travail forcé éreintant et avilissant, de maladies ( dysenterie, tuberculose...), de piqûres de phénol au cœur, de pendaisons (en musique et devant tout le camp pour des raisons de sabotage ou de tentative d’évasion)...

Pour éliminer toute trace de ces massacres, de grands crématoriums furent construits et on y incinéra les cadavres des personnes gazées.

En 1944, les usines d'Auschwitz furent bombardées, mais pas les chambres à gaz. Le nombre des exterminations s’élève à plus d’un million rien que dans ce camp.

la libération

La libération des rares survivants eut lieu le 18 janvier 1945 par des soldats russes. Lorsque les rescapés racontèrent leur histoire, ils ne rencontrèrent que scepticisme et incrédulité. Mais l’état de délabrement physique dans lequel ils se trouvaient et la révélation que les déportés ont été systématiquement exterminés les soutinrent et renforcèrent la conviction que les Nazis qui étaient impliqués dans ce système devaient être jugés et punis en tant que criminels de guerre.

En définitive, nous pouvons dire que ces camps visant à détruire ceux qui y étaient enfermés peuvent être considérés comme une allégorie de la caverne (Socrate). C’est-à-dire que les prisonniers n’étaient pas seulement prisonniers physiquement, mais aussi mentalement, puisqu’ils se faisaient des illusions quant à leur utilité pour l’Allemagne et quant à l’impossibilité des Nazis à tous les supprimer.

Il semblerait cependant que la leçon du procès intenté par les Alliés à Nuremberg n’ai pas été retenue étant donné qu’à cette première liste, née des crimes nazis, se sont ajoutés et s’ajoutent encore des actes inhumains tels, qu’aujourd’hui, le génocide ruandais et le " nettoyage ethnique " en Bosnie-Herzégovine. L’ampleur de ce massacre passé ne doit pas nous faire oublier que les crimes contre l’humanité restent imprescriptibles et que la volonté d’anéantissement systématique de minorités est inacceptable.