L'organisation de la vie Romaine

a) La vie religieuse
Le calendrier Romain comportait de nombreuses fêtes religieuses. Il y avait plus de 100 fêtes, festivals et célébrations par an. Les fêtes portaient des noms de Dieux mais c'était souvent un prétexte pour se divertir lors de festins plantureux.
* Les cultes
Les Romains vénèrent de nombreux Dieux allant des divinités obscures adorées dans les villages aux puissants Dieux Grecs de l'Olympe. Pour gagner la faveur des Dieux, les Romains offrent toutes sortes d'animaux ou encore des dons plus modestes comme des fleurs, du vin, du lait et de l'encens. En voyageant dans l'Empire, les Romains découvrirent de nombreux autres Dieux et se mirent à les vénérer comme Isis en Egypte et Mithia, Dieu Perse très populaire chez les marchands et les soldats.
* Les principaux dieux : Les Dieux du ciel
Les Romains connaissent cinq planètes en plus du soleil et de la lune. Mercure, aux pieds légers était le messager des Dieux. Vénus, brillante et mystérieuse, était la déesse de l'amour. Mars, rouge sang, était le Dieu de la guerre. Jupiter gouvernait les cieux et Saturne, au loin, était le Dieu de l'agriculture.
Les Médiomatriques accueillirent les divinités gréco-romaines et certaines se prêtèrent facilement à l'assimilation. Jupiter, Mars, Apollon, Minerve et surtout Mercure, à la fois dieu des sommets et des routes, des commerçants et des voleurs et souvent associé à la déesse gauloise Rosermerta, figuraient en bonne place dans ce panthéon.
* Les pratiques
Les simples citoyens peuvent assister aux cérémonies dans les temples mais ni participaient guère. C'étaient les prêtres et les magistrats qui les accomplissaient, suivant l'ancienne coutume.
b) Les activités
* Le chef de famille :
En vertu des lois romaines, le Pater familias ou père de famille a un pouvoir absolu sur sa femme, ses enfants et tous les biens de la famille. Au début de la République, le père avait droit de vie ou de mort sur ses enfants : il pouvait même les vendre comme esclaves. Mais peu à peu, la loi protégea les enfants et les femmes contre les excès. Cependant, l'organisation du foyer revient souvent aux femmes, qu'elles fussent les épouses de puissants sénateurs ou de simples artisans. En fait, le père était souvent absent, au service de l'Etat ou de l'armée.
Les romains raffolent plus de courses de char que de combats de gladiateurs. Ils faisaient la queue bien avant l'aube pour accéder aux arènes. Toute la journée, ils regardaient courir des chars tirés par des chevaux. Les conducteurs vainqueurs recevaient une palme et une bourse d'or. Quant aux vaincus, ils étaient heureux d'être saufs.
* Les femmes :
La plupart des femmes passent leur temps à s'occuper du ménage et des enfants. Les plus riches échappent à ses tâches en employant des esclaves. Les enfants sont élèves en bas âge par la mère ou la nourrice mais ils passent très vite dans les bras des esclaves, affranchis ou des pédagogues (Famille riche). Les enfants pauvres s'élèvent dans la rue.
Quelques femmes revendiquent parfois avec violence l'égalité des sexes : on en voit habillées en homme, aux courses de char. Certaines osent se battre à l'épée et lutter. Metz à aussi ses femmes savantes : avocates, politiciennes, littéraires... D'autres avaient une situation, quelques unes devenaient même médecin ou sage-femme, mais elles ne pouvaient ni voter, ni travailler pour l'Etat. Mais si le mari s'oppose à sa volonté, la femme peut quand même divorcer et demander à ses parents de la rappeler. Si elle est répudiée, elle peut exiger sa dot.
c) La vie familiale
*L'accouchement et la naissance d'un romain :
La future mère accouche assise avec l'aide d'une sage-femme expérimentée. Si un problème se pose, elle a recours à un médecin ou un chirurgien. On utilise déjà les forceps.
Jeune romain, vous venez de naître. Lavé, vous êtes déposé aux pieds de votre père. Vous n'êtes pas difforme ? Alors il ne vous abandonnera pas à la mort en vous exposant en dehors de la maison. Il est heureux, il vous prend dans ses bras et vous reconnaît pour son enfant.
Vous êtes ensuite emmailloté. Des flambeaux sont allumés, la maison est décorée de fleurs pour remercier Junon. Suivent huit jours de fête. Le neuvième jour, votre père offre aux dieux en sacrifice une brebis ou un porc. Il prend de l'eau et vous ondoie pour vous purifier.
Il choisit votre prénom. Serez vous Caius, Lucius, Publius ou Titus ? Contre le mauvais sort, il met à votre cou la bulle remplie d'amulettes.
Vous grandissez. Votre père vous apprend à honorer et prier les divinités du foyer situés sur un petit autel, dans l'atrium. Que de divinités à prier et à ne pas mécontenter !
Lors de vos 16 ans, vous célébrerez en offrant au Lare votre bulle et votre "toge prétexte" ; vous revêtez alors la toge blanche.
* Le mariage :
A cette époque, le mariage était une occasion de faire la fête. On le concluait plus par intérêt que par amour. Les pères de famille arrangeaient généralement le mariage de leurs enfants afin de sceller des accords politiques ou commerciaux. Les femmes ne choisissaient pas leurs époux. On considérait que les filles étaient prêtes pour le mariage dès l'âge de douze ans.
L'épouse pénètre pour la première fois dans la maison. Trois amis du marié l'accompagnent : le garçon d'honneur brandit la torche nuptiale en aubépine, les deux autres portent la jeune femme et lui font franchir le seuil sans que ces pieds touchent le sol. Des tentures de lin blanc recouvrent les murs. Des feuilles de lierre, signe de force et de santé décorent les colonnes, ainsi que des feuilles de laurier. Trois amis de la mariée la suivent : l'une porte la quenouille, l'autre le fuseau. La troisième, la demoiselle d'honneur, va la conduire vers le lit nuptial. Le marié, lui, attends dehors et jette des noix aux enfants. Il rentre le dernier.
* La mort :
La personne venant de mourir est exposé sur un lit funéraire. Le corps est disposé d'une façon naturelle, comme s'il vivait encore. Derrière le lit, la nourrice et les pleureuses font les lamentations rituelles. Dehors, des branches de sapin avertissent les passants qu'il y a un mort dans la maison.
d) L'habillement et la toilette
* L'habillement
Les Romains prenaient la mode très au sérieux. Il fallait avoir une apparence irréprochable. Une femme qui portait une " stola " ou robe, qui n'était pas au goût du jour était sévèrement critiquée.
Les Romains ne connaissaient pas les vêtements tels que nous les concevons : caleçons, chaussettes, maillots de corps... Le seul vêtement de dessous porté par les deux sexes est une tunique qui descend au-dessous du genou pour les hommes, sur les chevilles pour les femmes.
La toge qui semble être le seul vêtements des anciens Romains. Celles des magistrats et des enfants sont bordées d'une bande pourpre. Cette robe, dite prétexte, est porté par les adolescents jusqu'à 16 ans, après quoi ils portent la toge virile, toute blanche.
Sous l'Empire, la toge est de plus en plus abandonnée pour ne plus être revêtue qu'au cours de certaines cérémonies ou au sénat. On met alors, au dessus de la tunique, le . La tunique, elle même devient le vêtement de dessus qu'on enfile sur une autre tunique d'intérieur dont l'un des noms est " camisia " d'où vient notre mot chemise. On adopte aussi des pantalons étroits, et également la .
Les femmes portent aussi la tunique longue au dessus de la . Elles mettent, pour sortir, une sorte de manteau drapé la .
* La toilette
La toilette se pratique dans les thermes publics. Elle se fait selon le principe que l'on a décrit plus haut ( voir dans la partie monuments). C'est aujourd'hui le principe du sauna.
Les thermes, dont l'entrée est gratuite, sont construits par l'Etat ou par les villes. Les Romains s'y rendent en masse à des heures déterminée. En effet, les bains privés sont un luxe réservé aux riches. Les hommes et les femmes ne peuvent se baigner ensemble. Les bains sont un lieu privilégié de rencontre, d'affaire et de détente.
Les vespasiennes publiques permettent aux Romains de satisfaire leur besoins naturels. Ces latrines accueillaient plusieurs personnes à la fois. L' eau coulait en permanence, par une rigole, en dessous du lieu public, entraînant les déchets dans un égout.
Les femmes riches utilisent des produits de beauté pour avoir le teint pâle, à la mode. Elles se mettent également du rouge à lèvre, du fard à joues et se maquillaient les yeux. La coiffure est tout aussi importante et les esclaves passent du temps à faire des coiffures compliquées à leur maîtresse. On utilise les fers à friser, on fixe les boucles avec des épingles et on arrache les cheveux blancs. Quand ils deviennent rares les femmes s'achètent des perruques.
Les hommes sont également soucieux de leur apparence mais ils n'y consacrent pas trop de temps de peur de paraître efféminés.
e) L'habitat
La plupart des Romains vivent dans des immeubles à étages appelés " insulae ". Ceux-ci manquent de confort : on se chauffe à l'aide de braseros, il faut aller chercher de l'eau à la fontaine... Ces immeubles font l'objet d'incendies terribles.
Les demeures des riches se différencient beaucoup de celles des pauvres. Ceux-ci habitent des maisons à colonnes aux sols et murs de marbres. Ils possèdent de luxueux rideaux et de superbes meubles de bronze, d'ivoire, de bois rares et précieux... On paie des artistes afin de décorer les villas ou couvrir les murs de fresques et les sols de mosaïques.
f) La nourriture
Des farines, des féculents, peu de légumes, de viande fraîche et de matière grasse : le peuple des villes se nourrit mal. Les enfants souffrent de cette alimentation incomplète. La plupart des gens se contentent d'un verre d'eau et de pain frotté d'ail le matin, d'un repas froid et frugal à midi. Ils mangent mieux le soir
Les riches soignent particulièrement ce grand repas de fin de journée où la famille, et souvent les amis se réunissent. Dans les palais romains, la cuisine est une pièce immense, où une multitude d'esclaves prépare d'interminables festins.
L'été, les grands repas se termine en général avant la tombé du jour, mais ils se prolongent parfois toutes la nuit.
Les convives se couchent sur des lits à deux ou trois places disposés autour d'une table. Ils utilisent des cuillères pour se servir, des couteaux pour couper les viandes, et des cure-dents. Ils ignorent la fourchette et mangent avec leurs doigts.
Les menus comptent au moins sept services.
Après le hors-d'oeuvre, trois entrées, deux rôtis, et le dessert. Les entrées sont substantielles : des volailles, des rognons, des tétines de truie, des lièvres ou des poissons. Les rôtis sont des marcassins ou des veau bouillis.
Les invités boivent du vin miellé au début du repas et goûtent à tous les mets en mangeant de petits pains chauds. On sert les convives en puisant le vin dans des cratères avec leurs coupes.
Cependant il s'agit là de repas exceptionnels. La plupart des soupers sont modestes mais consistants : une entrée, avec des olives, du thon, ou des anchois ; un plat unique, du chevreau ou des côtelettes grillées ; puis un dessert.
Repas du midi : le " prandium "
Repas du soir : la " cena "
* Un exemple de menu
" De l'art de bien traiter ses convives en leur servant des mets choisis "
Pour le " gustus "
Poisson salés et oeufs.
Tétines de truies farcies.
Médaillons de cervelle, cuite au lait et aux oeufs.
Champignons arboricoles bouillis
avec sauce poivrée à la graisse de poisson.
Oursins avec épices, miel,
sauce à l'huile et aux oeufs.
Pour la " cena "
Daim rôtis avec sauce aux oignons
Dattes de Jéricho, raisins, huile et miel.
Autruche bouillie avec sauce douce.
Tourterelle bouillie dans ses plumes.
Perroquet rôti.
Loirs farcis au porc et aux pigeons.
Jambon bouilli aux figues et aux feuilles de laurier,
enduit de miel et cuit en croûte pâtissière.
Flamant bouilli aux dattes.
Pour la " seconde table "
Fricassée de roses avec pâtisseries.
Dattes dénoyautées, farcies de noix et de pignons
et frites dans le miel.
Gâteaux africains chauds au vin doux, avec miel.
" Lettre de Cassius à Rufus... "
Lexique
La palla : Sorte de manteau drapé.
La stola : Robe serrée à la taille.
La paenula : Epais manteau de pluie à capuchon.