mardi
28
novembre
2006

La marelle des fondeurs

mardi
28
novembre
2006

Quatre élèves du lycée Hanzelet ont réussi le challenge : livrer à temps une commande bien spéciale destinée au Centre mondial de la Paix, à Verdun.
 

A l'atelier de fonderie, la tension est palpable. Dans le vacarme du four à induction monté à 1.500 degrés est versée la fonte, de chaque côté. « Si la coulée n'est pas réussie, il faudra tout recommencer depuis le début », souffle un élève.
Pas question de perdre ce challenge lancé il y a quelques semaines déjà. Les quatre élèves qui ont travaillé sur ce projet ont un défi à relever. La marelle géante destinée au Centre mondial de la Paix à Verdun doit être livrée à temps. « Le 15 décembre exactement », précise Denis Cogniel, chef des travaux et responsable des ateliers au lycée Hanzelet. « Il y a un degré d'exigence au-delà de ce qu'on demande habituellement à nos élèves car ici, il s'agit d'une commande. On travaille sur du concret. La marelle à elle seule fait une tonne de coulée », précise ce dernier.
Sous l'oeil aguerri de l'artiste Stéphane Lallemand qui a monté le projet, et de leur professeur Denis Marchal, les élèves passent à la phase suivante. « Après avoir extrait le modèle, reste l'empreinte. Il y a toujours quelques retouches à faire », soutient Stéphane Lallemand.

 

 


La marelle à elle seule fait une tonne de coulée.
 

« Pour ce travail bien précis, il y a une grande quantité de textes. Là, on peut encore voir quelques grains de sable restés accrochés dans l'empreinte. » montre l'artiste, tout en rectifiant minutieusement à l'aide d'une spatule du fondeur. 

Précision d'un demi-millimètre
« Au départ, il faut calibrer correctement. On travaille avec une précision d'un demi-millimètre. Il faut avoir un certain coup de patte », précise Denis Marchal à l'encontre de ses élèves qui mesurent alors le chemin qu'il leur reste encore à parcourir.
« Au début, on ne savait pas trop ce qu'on allait faire, juste qu'on devait réaliser une marelle destinée au Centre mondial de la paix à Verdun. Puis Stéphane Lallemand nous a expliqué le
projet », avance Mehdi Aced, élève en bac pro de l'atelier fonderie. « On était heureux de participer à ce travail. On a tous joué un jour ou l'autre à la marelle, pendant les récrés », étaye Anthony Manzoni.
 

« Et surtout, c'était la première fois qu'on coulait de la fonte, la base de notre métier. On a acquis de bonnes connaissances. Et surtout, on a respecté le délai de cette commande particulière », appuie Joffrey Genter, jeune mussipontain. « Restait ensuite à se confronter à l'artiste », souligne Julien Aiguier, qui a déjà fait ses preuves comme apprenti à Rambervillers.
« Il est vrai que mixer un public scolaire et d'apprentissage permet de tirer vers le haut », reconnaît Denis Cogniel, déplorant toutefois « qu'il y ait trop peu de jeunes qui s'intéressent à la fonderie, malgré la demande ».
Une belle collaboration entre l'artiste Stéphane Lallemand, vivant à Strasbourg et les élèves de la seule fonderie en lycée professionnel dans le grand Est.
Tous sont conviés à l'inauguration de la marelle qui sera installée devant l'entrée du Palais épiscopal.

Cécile RUGA

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 l'artiste et l'oeuvre